Hugues Raymond
Hugues, également appelé Hugues Raymond ou Hugues Raimond, mort le , est un ecclésiastique français, évêque de Riez de 1202 à sa mort.
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Imbert (d) Rostaing de Sabran (d) |
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Il est légat pontifical de 1208 à 1213, dans le cadre de la croisade des albigeois.
Biographie
modifierOrigines
modifierPour Thierry Pécout, on ne connaît pas les origines de Hugues — ce qui peut être un indice qu'il est issu d'une famille modeste — et la tradition lui donne le nom de Hugues Raymond, mais dans ses actes en tant qu'évêque, il est toujours appelé uniquement Hugues[1]. Selon Roger Aubert, Hugues Raymond semble être originaire de Moustiers[2].
Selon Roger Aubert, il est pendant quelques mois abbé de Lérins[3]. Pour le chanoine Albanès, « il n'y eut jamais à Lérins d'abbé portant son nom » et Hugues Raymond est cité en 1194 comme sacriste de la cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence[4] et en 1197 comme prévôt du chapitre d'Aix-en-Provence[4],[3]. Thierry Pécout souligne qu'on le confond avec plusieurs de ses contemporains[1].
Évêque de Riez
modifierHugues est cité pour la première fois en tant qu'évêque de Riez en 1202[3]. C'est probablement l'année de son élection sur ce siège épiscopal[5], où il succède à Imbert[5],[1], qui a dû abandonner son siège à la suite d'une procédure dirigée contre lui en 1199[6].
Dans son diocèse, Hugues cherche à maintenir ou restaurer la paix[7]. Le , il est présent à Manosque, assistant à un accord conclu par le comte de Forcalquier Guillaume IV avec ses vassaux[5],[8]. En 1203 et 1204, il est nommé dans deux diplômes du comte de Provence Alphonse II[5], notamment quand Alphonse II de Provence et Guillaume IV de Forcalquier cessent la guerre[8].
En 1206, Hugues scelle un acte de donation des seigneurs de Beaudiner aux templiers[5]. En 1207, le pape lui donne le pouvoir d'absoudre l'évêque de Nice, qui avait utilisé une fausse bulle[5]. Le fait que le pape lui confie une tâche dans cette procédure est un indice que Hugues a reçu une formation de juriste, comme beaucoup d'évêques provençaux[9]. En 1210, il fait un don à l'abbaye Saint-Thiers de Saon[5]. En 1211, il participe à la réforme de l'abbaye Saint-Victor de Marseille[10].
Légat pontifical
modifierPendant la croisade des albigeois, il est légat du pape Innocent III[5],[3],[11] de 1208 à 1213[1]. Il est nommé après le meurtre de Pierre de Castelnau le . Le mandat de légation qui le désigne est émis le en faveur d'Arnaud Amaury, de Navarre d'Acqs, évêque de Couserans et de Hugues. Il est ainsi légat aux cotés du notaire pontifical Milon, mort vers 1210, puis, entre 1209 et 1211 avec maître Thédise, chanoine de Gênes — et évêque d'Agde en 1215 — et Rainald, évêque d'Uzès. Hugues est probablement soumis à l'autorité du légat Arnaud Amaury[11].
Il préside le concile d'Avignon de 1209 avec Milon[5],[3],[8]. Ce concile préconise de mieux contrôler le comte de Toulouse Raymond VI et de réformer le clergé[12]. À la mort de maître Milon vers 1210, sa légature est étendue sur les provinces ecclésiastiques de Vienne, Besançon, Bordeaux et les diocèses voisins[13],[12].
Il préside un second concile à Saint-Gilles en 1210, avec le chanoine de Gênes Thédise[5],[3],[12]. À la suite de ce concile Raymond VI de Toulouse est excommunié[3]. Hugues est partisan d'une ligne dure avec lui[7]. En 1213, en tant que légat pontifical, il préside avec Arnaud Amaury[3] un autre concile réuni à Lavaur[5],[3]. Les légats essayent d'empêcher le roi Pierre II d'Aragon d'intervenir en faveur de Raymond VI de Toulouse [8]. Ils en rendent compte au pape par une lettre qui a été conservée[3], où ils listent les reproches qu'ils font au comte de Toulouse[12]. Sa légation semble cesser en 1213[13],[1].
En 1218, il s'occupe, à la demande du pape Honorius III de faire remettre à l'abbaye Saint-Victor de Marseille des biens qui lui ont été donnés par le vicomte Roncelin de Marseille, qui y avait été moine[13],[8]. Hugues Raymond scelle encore un acte le [13] et meurt le [13],[2]. Son successeur est Rostaing de Sabran[13].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 Pécout 1999, p. 386.
- 1 2 Aubert 1995, col. 274.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Aubert 1995, col. 275.
- 1 2 Albanès 1899, col. 593.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Albanès 1899, col. 594.
- ↑ Pécout 1999, p. 388.
- 1 2 Pécout 1999, p. 390.
- 1 2 3 4 5 Pécout 1999, p. 391.
- ↑ Pécout 1999, p. 387.
- ↑ Pécout 1999, p. 393.
- 1 2 Pécout 1999, p. 389.
- 1 2 3 4 Pécout 1999, p. 392.
- 1 2 3 4 5 6 Albanès 1899, col. 595.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Joseph-Hyacinthe Albanès, Gallia christiana novissima. Histoire des archevêchés, évêchés et abbayes de France, vol. 1 : Aix, Apt, Fréjus, Gap, Riez et Sisteron, Montbéliard, (lire en ligne), col. 593-595.
- Roger Aubert, « Hugues Raymond », dans Roger Aubert (dir.), Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, t. 25 : Hubert-Iriarte Estañan, Paris, Letouzey et Ané, , col. 274-275.
- Thierry Pécout, « À propos de l'épiscopat provençal au XIIIe siècle : un évêque de Riez dans la croisade albigeoise, Hugues Raymond, légat du pape », Provence historique, vol. 49 « De Provence et d’ailleurs. Mélanges offerts à Noël Coulet », nos 195-196, , p. 385–396 (DOI 10.3406/prohi.1999.1211, lire en ligne, consulté le ).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la religion :