Hugues de Chalon (1220-1266)
Hugues de Chalon, dit de Bourgogne, né vers 1220/1230 et mort en 1266, est un sire de Salins issu de la maison de Chalon, obtenant le titre de comte palatin de Bourgogne par son mariage avec Adélaïde Ire de Bourgogne.
| Comte de Bourgogne | |
|---|---|
| - | |
| Prédécesseur | |
| Successeur | |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
Après |
| Sépulture | |
| Activité | |
| Famille | |
| Père | |
| Mère |
Mahaut de Bourgogne (d) |
| Fratrie |
Jean Ier de Chalon-Auxerre (frère consanguin) Jean Ier de Chalon-Arlay (frère consanguin) Hugues de Chalon (frère consanguin) |
| Conjoint |
Alix de Méranie (à partir de ) |
| Enfants |
Otton IV de Bourgogne Hippolyte de Bourgogne (d) Agnès de Bourgogne (d) Jean de Bourgogne (d) Elisabeth de Bourgogne (d) Renaud de Bourgogne Guyette de Bourgogne (d) Hugues de Bourgogne (d) |
Il est numéroté Hugues III comme comte de Chalon, comté échangé par son père Jean en 1237 au duc Hugues IV contre Salins.
Biographie
modifierOrigines
modifierHugues semble naître vers 1220[1] et 1230[2]. Il est le fils du comte de Chalon Jean Ier de Chalon le Sage ou l'Antique † et de Mahaut ou Mathilde de Bourgogne († ), fille d'Hugues III duc de Bourgogne et de la comtesse-dauphine Béatrice d'Albon[2],[1].
Il a deux sœurs, Élisabeth († ), qui épouse successivement Henri Ier de Bourgogne-Mâcon-Vienne, comte de Vienne † , Ulrich II de Ferrette, puis Henri Ier de Vergy, seigneur de Mirebeau et d'Autrey ; et Marguerite († ), qui s'unit à Henri de Brienne (maison de Brienne), seigneur de Venizy, puis Guillaume Ier de Courtenay-Champignelles[2],[1].
Des deux unions suivantes de son père, il a notamment pour frères ou sœurs consanguins[2],[1]
- Jean Ier, seigneur de Rochefort, comte d'Auxerre par mariage avec la comtesse Alix de Bourgogne-Auxerre et auteur de la tige des Chalon-Auxerre-Tonnerre.
- Jean Ier, seigneur d'Arlay, auteur de la tige des Chalon-Arlay.
- Hugues († ), prince-évêque de la principauté de Liège (1295-1301), puis archevêque de Besançon.
- Agnès († ), comtesse de Genève.
Comte de Bourgogne, par alliance
modifierHugues, alors âgé de seize ans, est marié par contrat, datant de , à Alix de Méranie (alias Béatrice de Bourgogne)[3]. Un délai de cinq ans est mis en place[3]. Le comte duc Othon Ier d'Andechs et de Moravie, et comte par alliance de Bourgogne, à la suite de son union avec sa première femme, la comtesse de Bourgogne Béatrice II, s'était engagé à donner sa fille Alix ou une autre de ses filles en union[4].
Le mariage a lieu avec Alix, en 1236[5],[6]. Par cette union, on met fin aux tensions entre les branches aînée et cadette des comtes palatins de Bourgogne[3],[6]. L'année suivante, son père, Jean Ier de Chalon le Sage ou l'Antique obtient la seigneurie ou « sirerie » de Salins en échange de sa terre de Chalon[7].
Son beau-frère le comte Othon III de Bourgogne est assassiné en 1248[8]. Alix devient l'héritière du titre comtale[7]. Son père, Jean l'Antique, en raison de sa puissance, joue un rôle « intermittent dans la gestion des affaires »[9]. La suzeraineté envers l'Empire se distant et Jean de Chalon permet la diffusion d'une « sympathie pour la culture française » dans la région et à la cour[10].
De son vivant, son père, malgré des tensions entre eux — il père prendra les armes contre lui —, le fait son véritable successeur et chef de famille[11], en lui léguant « la baronnie de Salins, le tiers du puits de cette ville, la suzeraineté de tous les fiers et alleux détenus par ses frères et plusieurs domaines dans le Duché »[12]. Ses frères hériteront des autres biens à la mort de son père en 1267[12].
Mort
modifierHugues meurt en 1266, un an avant son père[13]. Son corps est inhumé dans l'église de l'abbaye de Cherlieu[14].
La comtesse Adélaïde Ire de Bourgogne se remarie, l'année suivante, en , à l'âge de 58 ans avec le comte Philippe Ier de Savoie (1207 † 1285) (sans enfants de ce second mariage)[15],[16]. Elle meurt en 1279, sans avoir toutefois organisé sa succession[16]. Son fils aîné, Othon, s'impose face à ses frères comme le successeur à la tête du comté de Bourgogne[16].
Armes et sceaux
modifierLes armes d'Hugues de Chalon sont les armes anciennes du comté. Elles se blasonnent ainsi de gueules à l'aigle éployée d'argent. L'aigle est à deux têtes sur les sceaux d'Alix[17].
Famille
modifierDescendance
modifierHugues de Chalon épouse le la comtesse de Bourgogne, Alix de Méranie[1], avec qui il a[18] :
- Othon IV, futur comte, ∞ (1°) Philippa de Bar, ∞ (2°) Mahaut d'Artois ;
- Hugues/Hugonin († apr. ), seigneur de Fraisans, de Montbrison/Montbouson et d'Apremont, ∞ (1282) Bonne (it), fille d'Amédée V le Grand, comte de Savoie[19]. Sans postérité ;
- Étienne († ) ;
- Renaud († ), ∞ avec Guillemette de Neufchâtel, fille d'Amédée Ier de Neuchâtel, et héritière des Montfaucon-Montbéliard en tant qu'arrière-petite-fille de Thierry III ; seigneur entre autres de Montaigu (Jura), Dramelay, Sellières, Pymorin, Montfleur, Binans, Marigna ;
- Henri ;
- Jean Ier († ), seigneur de Montaigu à Colombier (Haute-Saône), Fontenoy-le-Château, d'Amance, Fondremand, Port, etc., inhumé à Faverney puis transféré dans l'église de l'abbaye de Cherlieu, le , en même temps que son frère Othon IV de Bourgogne ; ∞ Marguerite de Blâmont,
- Elisabeth († ), mariée en 1254 avec le comte Hartmann V de Kibourg († ) ;
- Hippolyte († ), dame de Saint-Vallier, ∞ (1270) Aymar IV de Poitiers-Valentinois († ), comte de Valentinois et de Diois ;
- Guye ou Guyonne († ), ∞ (vers 1274) Thomas III de Savoie († ), prince de Piémont ;
- Agnès, dame de Saint-Aubin, ∞ (1259) Philippe II, comte de Vienne († ), seigneur de Pagny ;
- Marguerite, religieuse à l'abbaye de Fontevraud ;
- Béatrix († v. ), religieuse (avant 1266), puis abbesse de Baume-les-Dames[21] ;
- Alix, religieuse à l'abbaye de Fontevraud (attestée en 1260).
Filiation
modifierNotes
modifier- 1 2 3 4 5 Jacques Paviot, « Note sur les archives des Chalon conservées à Paris et en Île-de-France », Annales de Bourgogne, Éditions Universitaires de Dijon, nos 1-96, , p. 17-30.
- 1 2 3 4 Petit 1894, lire en ligne sur Gallica, p. Deuxième tableau. Généalogie de Jean de Chalon le Sage ou l'Antique.
- 1 2 3 Ernest Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne avec des documents inédits et des pièces justificatives. t. 4, Paris, Lechevalier, , p. 57, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Allemand-Gay 1988, p. 144.
- ↑ Petit 1894, lire en ligne sur Gallica, p. 25.
- 1 2 Allemand-Gay 1988, p. 141.
- 1 2 Allemand-Gay 1988, p. 16.
- ↑ Allemand-Gay 1988, p. 16, 182.
- ↑ Allemand-Gay 1988, p. 150.
- ↑ Allemand-Gay 1988, p. 181-182.
- ↑ Allemand-Gay 1988, p. 182.
- 1 2 Michelle Salitot, Héritage, parenté et propriété en Franche-Comté du XIIIe siècle à nos jours, Editions L'Harmattan, , 239 p. (ISBN 978-2-73840-079-6, lire en ligne), p. 19.
- ↑ Allemand-Gay 1988, p. 183, 431.
- ↑ Jean-Pierre Kempf, L'Abbaye de Cherlieu : XIIe – XIIIe siècles, économie et société, Vesoul, Société d'agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône, , 127 p. (lire en ligne), p. 125.
- ↑ Bernard Andenmatten, « Philippe Ier de Savoie » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
- 1 2 3 Nicole Brocard, « Les circonstances de l’élaboration du cartulaire de Bourgogne », dans Xavier Hélary, Jean-François Nieus, Alain Provost et Marc Suttor, Les archives Princières XIIe – XVe siècles, Arras, Artois presses université, , 344 p. (ISBN 978-2-84832-363-3, lire en ligne), p. 181-203.
- ↑ Dr J. Meynier, « Essai historique sur Ornans », Mémoires de la Société d'émulation du Doubs, 1889, p. 73 (lire en ligne).
- ↑ Allemand-Gay 1988, p. 431.
- ↑ Nicole Brocard et Laurence Delobette, « Entre France et Empire: Le mariage d'Otton IV et de Mahaut d'Artois (1285) », dans Laurence Delobette et Paul Delsalle (éd.), La Franche-Comté et les anciens Pays-Bas, XIIIe – XVIIIe siècles, vol. 1 : Aspects politiques, diplomatiques, religieux et artistiques, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, (ISBN 978-2-84867-276-2, DOI 10.4000/books.pufc.24662, lire en ligne), p. 17-42.
- ↑ Michelle Bubenicek, « De Jean l'Aîné († 1306) à Jean II de Bourgogne († 1373) : les sires de Montaigu, des héritiers déçus ? », Revue du Nord, vol. 2. La face noire de la Splendeur : crimes, trahisons et scandales à la cour de Bourgogne aux XIVe et XVe siècles, no 380, , p. 259 à 293 (lire en ligne).
- ↑ Laurence Delobette, « L'abbesse de Baume, Beatrix de Bourgogne (+ v. 1313) ou la dynamique de l'affranchissement », dans Nella Arambasin, coord., Les affranchies : Franc-comtoises sans frontières. Colloque transdisciplinaire, Besançon, Faculté des Lettres (17-18 juin 2011), Presses universitaires de Franche-Comté, 2013, p. 25-52.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Marie-Thérèse Allemand-Gay, Le pouvoir des comtes de Bourgogne au XIIIe siècle, vol. 368, Presses universitaires de Franche-Comté, coll. « Cahiers d'études comtoises », , 495 p. (ISBN 978-2-251-60368-1, lire en ligne).
- Jean-Pierre Beau, Paul Frédéric Chalon, Histoire de la maison de Chalon : Tome 1. Comtes de Bourgogne, Comtes d'Auxerre et Tonnerre, Barons d'Arlay, Xe – XVe siècles, Montsoult (réimpr. 1990), 238 p..
- Thierry Le Hète, Les comtes palatins de Bourgogne et leur descendance agnatique, histoire et généalogie d'une dynastie sur 8 siècles, IXe – XVIIe siècle, , 416 p..
- Ernest Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne avec des documents inédits et des pièces justificatives. t. 5, Paris, Lechevalier, , « Deuxième tableau : Généalogie de Jean de Chalon, le Sage ou l'Antique », notamment 494-495, lire en ligne sur Gallica.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) Charles Cawley, « « Burgundy kingdom – Counts of burgundy ». D. Comtes palatins de Bourgogne 1248-1330 (Ivrea) », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025, dont la notice (en) Charles Cawley, « Hugues de Chalon », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025.
- « Sceaux de Hugues III de Chalon, Comte de Bourgogne (1231-1266) », sur Sigilla : base numérique des sceaux conservés en France.