Hui Bon Hoa
Hui Bon Hoa ( - ), surnommé Chú Hỏa (en français Oncle Hoa), de son vrai nom Huỳnh Văn Hoa (chinois traditionnel : 黃文華[1], en transcription du mandarin Huang Wen Hua), est un homme d'affaires sino-vietnamien de nationalité française, originaire du village de Boun-Tchao-Sia, aujourd'hui dans le district de Siming, province du Fujian, en Chine[2]. Il était l’un des quatre grands magnats du vieux Saïgon dans la première moitié du XXe siècle mentionné dans le proverbe : « Nhất Sĩ, nhì Phương, tam Xường, tứ Hỏa » ( District Si - Le Phat Dat ; Gouverneur Phuong - Do Huu Phuong ; Ba Ho Xuong - Ly Tuong Quan et Oncle Hoa - Hui Bon Hoa). Bien qu'il soit classé quatrième, l'oncle Hoa a nourri des légendes et est celui qui a laissé le plus de traces, notamment par la construction de plusieurs hôpitaux. Son impact sur l'urbanisme de Hô Chi Minh-Ville est encore largement visible aujourd'hui.
Nom
modifierLe nom de naissance de l'oncle Hoa est Huỳnh Văn Hoa . Son nom Huỳnh Văn Hoa est transcrit depuis le hokkien influencé par la transcription anglaise de cette langue à la fin du XIXe siècle[2]. Depuis, ses descendants portent tous le nom de famille Hui Bon Hoa mais seul leur premier prénom en français diffère.
Biographie
modifierL'oncle Hoa est originaire de Boun Tchao Sia[3], près de Xiamen dans la province de Fujian en Chine, et est arrivé au Vietnam vers 1863. En 1865, il s'établit à Saïgon où il travaille pour un homme d'affaires chinois, A-Pan, associé à Antoine Ogliastro, dans la gestion de monts-de-piété. Il obtiendra la nationalité française le et deviendra Hui Bon Hoa Jean-Baptiste. Il meurt le au 57 rue Némésis (devenue rue d’Alsace-Lorraine le , et Pho Duc Chinh aujourd’hui), à Saïgon.

Ses enfants fondent par la suite, en 1925, la société immobilière Hui Bon Hoa, qui construira de nombreux édifices et immeubles dans la région de Saïgon-Gia Dinh qui existent encore aujourd'hui : le Musée des Beaux-Arts de Hô Chi Minh-Ville, l'hôtel Majestic Saigon, l'hôpital Tu Du, l'hôpital général de Saïgon, la résidence du gouvernement, de nombreuses banques, des bureaux commerciaux dans le district 5, à Ho Chi Minh-Ville, et d'autres maisons privées, temples et hôpitaux. Ces œuvres jouent un rôle important dans la formation du visage actuel de la ville de Saïgon[4].
Oncle Hoa est l’une des personnes les plus riches du Sud-Vietnam et une personne réputée généreuse envers sa communauté. L'historien Vuong Hong Sen a déclaré un jour : « Bien qu'il se soit enrichi, il a contribué aussi grandement à la prospérité économique du Sud. » Son œuvre au Vietnam est poursuivie par ses descendants après sa mort, mais s'arrête après 1975 lorsque ceux-ci partent vivre à l'étranger[5].
Postérité
modifier
Dans les années trente, Dominique Luciani, maire du village de Nessa en Corse, sollicita l’aide financière (3000 francs) de la famille Hui Bon Hoa pour la construction d’une route facilitant son accès ; ce sera l’avenue Hui Bon Hoa[Note 1],[6]. Le boulevard Hui Bon Hoa à Saïgon deviendra en 1955, la rue Ly Thai To, désormais située à cheval entre les districts 3 et 10[7],[8].
Dans l'art et la culture
modifier- Le film vietnamien Le Fantôme de la famille Hui (en)[9], basé sur une légende urbaine autour du fantôme de la fille de Hui Bon Hoa[10].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ voir article Les HUI BON HOA A SAIGON - CHAPLAIN Philippe sur liens externes
Références
modifier- ↑ « Con Đường Hui-Bon-Hoa », Điễn Tín, (lire en ligne)
- 1 2 (vi) Hồ Tường, « Sự thật về Chú Hỏa và 30.000 ngôi nhà ở Sài Gòn » [archive du ], Tuổi Trẻ, Tuổi Trẻ, (consulté le ).
- ↑ Francis Geronimi, « Nessa: la belle histoire de l'Avenue Hui Bon Hoa », Aria, Air Corsica,
- ↑ (vi) Diên Vỹ, « Từ nhà chú Hỏa đến Bảo tàng Mỹ thuật » [archive du ], Tuổi Trẻ, Tuổi Trẻ, (consulté le ).
- ↑ (vi) Lưu Đức - Hoàng Tuyên, « Người chết cả trăm năm bị đòi tiền nước » [archive du ], sur Báo điện tử Tuổi Trẻ, Người lao động, (consulté le ).
- ↑ Jean-Sébastien Gino-Antomarchi và Barbara Ignacio-Luccioni, « Nessa: un petit havre de paix où le temps n'a pas de prise » [archive du ], sur Corse-Matin via Internet Archive, Corse Matin, (consulté le ).
- ↑ Đường phố Thành phố Hồ Chí Minh, (lire en ligne)
- ↑ (vi) HỒ Tường, « Cạnh dinh Chú Hỏa tráng lệ xưa là đường Hui Bon Hoa », Tuổi Trẻ Online, Tuổi Trẻ, .
- ↑ (vi) Song Phạm, « Giai thoại nhà chú Hỏa » [archive du ], sur Báo sài gòn giải phóng, (consulté le ).
- ↑ Michel Dolinski, « De l’utilité d’un « héros » chinois au Viêt Nam », Moussons. Recherche en sciences humaines sur l’Asie du Sud-Est, Presses Universitaires de Provence, no 26, , p. 41–64 (ISBN 979-10-320-0023-6, ISSN 1620-3224, DOI 10.4000/moussons.3343, lire en ligne, consulté le ).