Hyacinthe-Marie Houard
Hyacinthe-Marie Houard, né le à Étables-sur-Mer (Côtes-d'Armor) et mort le aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire), est un prêtre catholique français, cofondateur de l'Institut des relations publiques et de la communication (Ircom) à Angers. Il est accusé d'avoir commis de nombreuses violences sexuelles sur des mineurs.
| Directeur Institut des relations publiques et de la communication (d) | |
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| - | |
Pierre Collignon (d) | |
| Directeur Centre international d'études françaises | |
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| Secrétaire général Université catholique de l'Ouest | |
| à partir de | |
| Directeur Institut Albert-le-Grand |
| Naissance | |
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| Décès | |
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| Activité |
Prêtre catholique (à partir de ) |
| Distinction |
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Biographie
modifierHyacinthe-Marie Houard naît le à Étables-sur-Mer[1],[2].
Prêtrise
modifierEn 1951, il est ordonné prêtre à Saint-Brieuc et devient aumônier des Scouts de France[3]. Il les quitte quand l'organisation scoute s'engage contre la guerre d'Algérie[4] et rejoint les Scouts d'Europe[5].
Enseignement
modifierAprès avoir enseigné au collège Saint-Charles de Saint-Brieuc de 1955 à 1963[3], il rejoint en 1963 l'Université catholique de l'Ouest (UCO) en tant qu'aumônier des étudiants[2]. Il est nommé en 1965 secrétaire général de l'UCO.
Selon le quotidien La Croix, il se comporte comme un « électron libre » dans le diocèse d'Angers, auquel il n'a jamais été rattaché canoniquement, en conflit constant avec Henri Mazerat, l'évêque de ce diocèse. Le prêtre affiche son conservatisme, « ne rendant de comptes à personne ». Il est « une figure de l’Église locale et une icône pour la bourgeoisie catholique angevine[6]. »
En 1970, il est aumônier chez les Scouts d'Europe[7].
Il est cofondateur en 1984 de l'Institut des relations publiques et de la communication (Ircom), basé à Angers, avec le soutien du conseil général du Maine-et-Loire et de la région des Pays de la Loire[7] .
Il crée l'Institut Albert-le-Grand (formation en lettres et sciences politiques) en 1993[2].
Dernières années
modifierEn 2002, il prend sa retraite mais continue à s'occuper des Scouts d'Europe d'Angers.
En 2004, François Fillon, alors ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité, lui remet la Légion d'honneur[8].
Il meurt en . Ses funérailles sont présidées par Emmanuel Delmas, évêque d'Angers[1].
Décoration
modifierAccusations d'abus sexuels
modifierMise au jour des abus
modifierEn 2017, cinq ans après la mort de l'abbé, deux femmes révèlent les abus sexuels subis quand elles n'étaient que des fillettes[8],[10],[11]. À l'époque, le diocèse d’Angers se limite à dénoncer les « comportements inappropriés »[12] de l’abbé sur deux mineures (de moins de 10 ans)[6] avant de publier un communiqué plus affirmatif qualifiant ces comportements d'« agissements graves et profondément destructeurs »[13].
Sept sollicitations sont déposées auprès de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation ; certaines aboutissent à une reconnaissance de l’Église de France et à des réparations financières atteignant parfois l’indemnisation maximale possible[6].
Enquête et suites
modifierEn 2024, un collectif de victimes demande que l’Église aille jusqu’au bout de l’enquête sur le passé de ce potentiel abuseur en série. Une enquête de La Croix révèle des violences sexuelles commises entre les[années 1960 et le début des années 2000 sur des enfants âgés de 5 à 13 ans[6]. À la suite de cette enquête, le diocèse d'Angers publie un nouveau communiqué, dans lequel il rappelle « le soutien de Mgr Emmanuel Delmas aux personnes victimes, sa détermination pour permettre à celles qui le souhaitent de pouvoir être reçues et de pouvoir entreprendre ainsi un réel chemin de reconnaissance et de réparation[14]. »
Le 30 mai 2026, Emmanuel Delmas assiste à « une cérémonie de reconnaissance, de repentance et de pénitence pour les victimes de l’abbé Houard »[15], marquée par les témoignages publics de trois victimes sur la place du parvis Saint-Maurice. S’ensuit au sein de la cathédrale d’Angers la demande de pardon de l’Église par l’évêque, avant que celui-ci n’inaugure et ne bénisse une plaque commémorative, installée dans la cathédrale, sur laquelle est inscrit : « L'Église d'Angers demande pardon aux personnes victimes d'emprises et violences sexuelles commises par des membres de l'Église, notamment de la part de clercs. » La cérémonie se déroule en présence de Marie Derain, présidente de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation (INIRR), qui a recensé un total de 25 victimes du prêtre[16]. Certaines victimes de Hyacinthe-Marie Houard se désolidarisent de cette initiative qui est, selon elles, « un moyen pour le diocèse de se donner bonne conscience après avoir manqué d’écoute pendant tant d’années[17]. »
Publications
modifier- Des Signes sur ta piste, Ed. Villa Sainte Anne,
- Parcours d'un combattant, Paris, Presses de la Renaissance,
- Mots de passe, Scouteuropresse, coll. « Compagnon de Route », , 122 p. (ISBN 978-2-913539-15-0)
- avec Laurence Papon-Mermet, La foi n'est pas coutume, Paris, Sarment-Éd. du Jubilé,
Références
modifier- 1 2 « Le Père Hyacinthe-Marie Houard est décédé », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 « Mort du P. Hyacinthe-Marie Houard, fondateur de l’Ircom d’Angers », La Documentation catholique, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 Louis Fontaine, La Mémoire du scoutisme : dictionnaire des hommes, des thèmes et des idées, , 360 p., « HOUARD Hyacinthe-Marie ».
- ↑ Stéphanie Pichon, « Les Scouts d'Europe misent sur la transparence pour redresser leur image », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Élisabeth de Baudoüin, « Le Père Sevin, l’autre père du scoutisme », Famille chrétienne, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 Matthieu Lasserre, « Abus sexuels dans l’Église : nouvelles révélations sur le fondateur de l’Ircom d’Angers », La Croix, (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 Denis Lensel, « L’abbé Houard : un pédagogue et un bâtisseur », France catholique, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 « Angers : enquête sur un curé pédophile breton », Le Journal du dimanche, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Décret du 9 avril 2004 portant promotion et nomination.
- ↑ Céline Hoyeau et Gauthier Vaillant, « Une affaire ancienne de pédophilie révélée à Angers », La Croix, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Hugues Lefèvre et Pierre Jovanovic, « Abus sexuels : l’évêque d’Angers révèle des accusations contre l’abbé Houard », Famille chrétienne, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Une vieille affaire de pédophilie révélée à Angers », 20 Minutes, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Message de Mgr Delmas aux diocésains » [archive du ], sur Diocèse d'Angers, (consulté le ).
- ↑ « Communiqué du Diocèse d’Angers du 10 janvier 2024 », sur Diocèse d'Angers, (consulté le ).
- ↑ « Cérémonie de reconnaissance, de repentance et de pénitence pour les victimes de l'abbé Houard », sur Diocèse d'Angers (consulté le ).
- ↑ « "Il y a des victimes qui ne peuvent plus entrer dans une église." Agressions sexuelles, viols, l'abbé Houard, pédocriminel, a sévi pendant des décennies », sur France 3 Pays de la Loire, (consulté le ).
- ↑ Florence Pagneux, « À Angers, une cérémonie pour les victimes de l’abbé Houard suscite des réactions contrastées », La Croix, (lire en ligne).