Hymne de la Perle

passage des actes de Thomas

L'Hymne de la Perle (également appelé Hymne de l'Âme, Hymne de la Robe de Gloire ou Hymne de Judas Thomas l'Apôtre) est un passage des Actes de Thomas, qui est un ouvrage apocryphe. Dans ce livre, écrit à l'origine en syriaque, l'apôtre Thomas chante cet hymne en priant pour lui-même et ses compagnons de captivité. Certains savants pensent que l'hymne est antérieur aux Actes, car il n'apparaît que dans un manuscrit syriaque et un manuscrit grec des Actes. L'auteur de l'hymne est inconnu, bien que l'on pense qu'il a été composé par le gnostique syriaque Bardesane d'Édesse en raison de certains parallèles entre sa vie et celle de l'hymne[1]. On estime qu'il a été écrit au IIe siècle[2] voire peut-être au Ier siècle[3], et qu'il porte l'influence des épopées populaires héroïques de la région[1].

Synopsis

modifier

L'hymne raconte l'histoire d'un garçon, « fils du roi des rois », envoyé en Égypte pour rapporter une perle d'un serpent. Durant sa quête, il est séduit par les Égyptiens et oublie ses origines et sa famille. Cependant, une lettre du roi des rois lui est envoyée pour lui rappeler son passé. À la réception de cette lettre, le garçon se souvient de sa mission, rapporte la perle et rentre chez lui. Le fait que ce garçon soit implicitement Thomas plutôt que Jésus est suggéré par l'affirmation finale selon laquelle il est le successeur de son frère aîné, ce dernier n'étant pas nommé et n'étant mentionné nulle part ailleurs dans le texte.

Interprétation

modifier

L'hymne est généralement interprété comme une vision gnostique de la condition humaine : nous serions des esprits perdus dans un monde matériel, oubliant notre véritable origine. Cet état pourrait être amélioré par un messager révélateur, rôle généralement attribué à Jésus. La lettre acquiert ainsi une signification symbolique de la gnose.

Cet hymne a été préservé et particulièrement chéri dans le manichéisme ; une version figure dans un recueil de psaumes coptes manichéens, intitulé les Psaumes de Thomas . L’Hymne de la Perle a également été admiré par des penseurs chrétiens orthodoxes et des membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours[4],[5].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 J.R. Russell, « Hymn of the Pearl », dans Encyclopædia Iranica, (lire en ligne)
  2. C. Vander Stichele et S. Scholz, Hidden Truths from Eden: Esoteric Readings of Genesis 1–3, SBL Press, coll. « Semeia Studies », (ISBN 978-1-62837-013-3, lire en ligne), p. 39
  3. K. Corrigan et T. Rasimus, Gnosticism, Platonism and the Late Ancient World: Essays in Honour of John D. Turner, Brill, coll. « Nag Hammadi and Manichaean Studies », (ISBN 978-90-04-25476-3, lire en ligne), p. 261
  4. Robinson, « Background for the Testaments », www.churchofjesuschrist.org (consulté le )
  5. (en-US) « The "Hymn of the Pearl": An Ancient Counterpart to "O My Father" – BYU Studies », (consulté le )

Voir aussi

modifier