Hâble d'Ault

aire protégée de France
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Le Hâble d'Ault est une aire protégée du littoral picard située dans le département de la Somme (France) sur le territoire des communes de Cayeux-sur-Mer, Woignarue et Brutelles.

Hâble d'Ault
Réserve de chasse du Hâble d'Ault.
Géographie
Pays
Région
Arrondissement français
Département français
Canton français (avant 2015)
Commune française
Coordonnées
Ville proche
Superficie
161 ha[1]
Administration
Catégorie UICN
IV
WDPA
Création
18 septembre 1986[1]
Patrimonialité
Administration
Conseil général de la Somme et Syndicat mixte Baie de Somme Grand Littoral picard
Site web
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-France
(Voir situation sur carte : Hauts-de-France)
Géolocalisation sur la carte : Somme
(Voir situation sur carte : Somme)

Localisation

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Le Hâble d'Ault se situe entre les falaises crayeuses d'Ault et la Baie de Somme. Il est inscrit à l'Inventaire du Patrimoine Culturel de Picardie[2].

Toponymie

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L'élément Hâble est une variante graphique de l'ancien nom commun hable « port de mer naturel », « port de mer » (1606, Nicot, Thrésor, s. v.)[3]. L'accent circonflexe de Hâble n'est dans ce cas pas la trace d'un ancien -s-, mais marque la prononciation plus arrondie de la voyelle -a-. La forme la plus conventionnellement admise du nom commun est havre de même sens, terme vieilli au sens de « port », mais resté dans l'expression plus courante havre de paix.

Les termes hable et havre sont attestés dès le XIIe siècle dans les textes concernant la Normandie sous les formes hafne, havene, havne et haule. La plupart des Dictionnaire étymologique ou des Dictionnaires historiques de la langue française font remonter ce mot au moyen néerlandais hafen « port »[4]. Cette étymologie est contestée car le foyer du mot semble être la Normandie et son attestation dès le XIIe siècle exclut un emprunt au moyen néerlandais, la langue française n'ayant pas emprunté de termes maritimes à cette langue avant le XIVe siècle[3]. Il s'agit plutôt d'un emprunt à l'ancien scandinave hafn, également höfn (génitif hafnar), « port de mer naturel, havre »[3] cf. danois et norvégien havn. L'évolution phonétique est identique à celle du mot étrave (*estavre), jadis aussi estable, issu de l'ancien scandinave stafn[3].

Parmi les mentions du mot, on trouve « Si arivai droit al Troisport (Le Tréport).../ c'est un havenes de Normendie » ( c. 1188 Partonopeus, éditions Crapelet, vers 1369-70) ou encore « Il est assavoir que tous poissons qui sont pris en la mer et apportez au hable au port de Dieppe, nul pesqueur qui les apporte, ne les puet descarchier ne vendre en auscune maniere » (1396 Coustum. Vicomté de Dieppe, p. 33 [et p. 44])[3]. Par ailleurs, le nom de la ville du Havre est attesté sous la forme hable en 1489 et parmi les autres toponymes, on note le port du Hable à Omonville-la-Rogue (La Hague, Cotentin, Manche), etc.

Le Hâble d'Ault, qui se nommait auparavant le Hable d'Hautebut, servait en effet de refuge aux bateaux lorsque sa zone était encore reliée à la mer[5], quand Ault était un des plus grands centres de pêche du Nord de la France[6], c'est-à-dire jusqu'au milieu du XVIIIe siècle.

Caractéristiques

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Le site contient des prairies herbeuses, des marais, des pelouses graveleuses, des levées de galets et quelques fragments de dunes.
Il abrite des espèces rares et protégées de la flore et de la faune, il est inscrit en Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (Z.N.I.E.F.F.) sous le no 220 004 977[7].

Formation et histoire du site

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Digue de galets.

Formation géologique

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Au fil des transgressions et régressions marines (transgression flandrienne au Pré-Boréal (Holocène), régression au Sub-Boréal, éloignant les flots de la falaise vive au nord d'Ault, transgressions dunkerquiennes jusqu'au XIe siècle), se sont formés la falaise morte (Sub-Boréal), puis un cordon de galets issu de l'érosion des falaises du Pays de Caux jusqu'à Ault.

À l'action de la mer et des vents[8], s'est ajoutée celle de la rivière.

Les dépôts alluvionnaires

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En effet le Hâble d'Ault est à la limite sud de l'ancienne baie de la Somme, beaucoup plus étendue qu'aujourd'hui à l'époque romaine puisqu'elle allait d'Ault au sud jusqu'à Quend au nord. À cette époque, elle comportait des îlots qui ont permis l'installation de quelques foyers, donnant naissance ensuite à des villages (Cayeux et Le Crotoy). Ces îlots ont ensuite été reliés les uns aux autres par les dépôts d'alluvions, réduisant ainsi la surface de la baie[5]. Ainsi, un vaste espace s'est formé, composé des dépôts sédimentaires successifs.

Les pêcheurs profitaient de la marée basse pour y installer leurs filets[9].

Le grand barrement du XVIIIe siècle

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La digue de galets qui le séparait de la mer a été fermée au milieu du XVIIIe siècle (1750 à 1773 : le grand barrement[2]) à des fins agricoles. Cette fermeture "concluait" les aménagements entrepris dès le XVIIe siècle avec la mise en place de nombreuses renclotures (enclos d'Onival, 1646, enclos de Woignarue, 1667, enclos de l'Enviette, 1750[10]..) pour retirer aux Bas-Champs de Cayeux-sur-Mer tout caractère maritime. Ainsi naissait le Hâble d'Ault.

La lutte contre la mer

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Le Hâble d'Ault.

En février 1990, la conjonction de marées importantes, d'une tempête de 4 jours et de forts vents d'ouest-sud-ouest, ont amené une inondation majeure de 3 000 ha des Bas-Champs. La mer, acculée derrière le cordon de galets, finit par se vidanger en emportant 100 m de cordon au niveau du Hâble d’Ault. Le cordon de galets a été renforcé par des épis (79 épis installés entre 1997 et 2002) pour protéger les Bas-Champs des attaques de la mer. Ces épis doivent être régulièrement (et souvent) rechargés en galets à cause du travail de sape de la mer, qui en 3 ans en emporte 450 000 m3 plus au nord. Les galets pour recharge sont donc récupérés plus au nord, vers Brighton (à km au nord de Cayeux-sur-Mer), et ramenés sur les épis d'Onival et du Hâble d'Ault. Pour les seuls épis de Woignarue ce sont 30 000 m3 de galets qui doivent être fournis chaque année[8].

Activités économiques

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Diverses activités subsistent au Hâble d'Ault :

  • l'élevage bovin ;
  • l'élevage équin (cheval Henson) ;
  • l'élevage ovin ;
  • la polyculture ;
  • des activités de loisirs comme la chasse au gibier d'eau, activité traditionnelle.

La réserve de chasse et de faune sauvage du Hâble-d'Ault

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Une hutte de chasse au gibier d'eau

Cette zone humide protégée est un site unique pour les ornithologues.

La réserve de chasse du Hâble-d'Ault et les marais et prairies contigus, ainsi que la Maison de la Baie de Somme et de l'Oiseau[11], sont réputés pour leur richesse ornithologique.

On y a recensé 270 espèces au cours des deux derniers siècles.
Le Groupe Ornithologique Picard (GOP)[12] y fait des observations[13] et comptages depuis quelques années.

Le Conservatoire du littoral a acquis, depuis 1986, plus de 100 ha de terrains dans cette zone[14], qui s'ajoute aux 62 ha de cette Réserve gérée par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)[15].

Mais avec les terrains communaux et privés, c'est une superficie de près de 750 ha qui est considérée comme "site naturel".

Écologie

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Pour beaucoup d'oiseaux d'eau qui empruntent le corridor des falaises du pays de Caux pour atteindre leur zone de nidification, le Hâble-d'Ault est leur première zone de halte migratoire.
Cet espace désormais protégé de prairies, étangs et roselières, est devenu pour beaucoup d'espèces aviaires une zone d'hivernage et de reproduction.

Chevaux Henson à Ault.

L'avifaune nicheuse y est riche. Pratiquement toutes les espèces d'anatidés nicheurs de France se reproduisent sur ce site :

Des espèces de limicoles comme :

Hâble-d'Ault, panneau indicateur de la réserve de chasse et de faune sauvage

Les laridés nicheurs sont :

On y trouve aussi les :

Par ailleurs c'est une zone d'hivernage pour trois espèces de fuligules :

également pour trois espèces de plongeons, cinq espèces de grèbes, le bruant lapon, le bruant des neiges, la linotte à bec jaune, l'alouette hausse-col

On y observe aussi :

Les étangs abritent :

On y observe des espèces rares ou remarquables :

Galerie

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Administration

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La gestion du Hâble d'Ault a été confiée au Syndicat mixte pour l'aménagement de la côte picarde (SMACOPI)[18], entité du Conseil général de la Somme, devenu depuis Syndicat Mixte Baie de Somme Grand Littoral Picard.

Partenaires et protection du site

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Panneau indicateur (Maison de l'Oiseau)

Le site est classé en ZSC depuis 2010. Appellation du site : Estuaires et littoral picards (baies de Somme et d'Authie). Code du site : FR2200346.

Dans le cadre de la convention de Ramsar sur les zones humides[19], le Hâble d'Ault est intégré dans le programme de la réserve naturelle de la Baie de Somme.


Un chemin de km longe la mer entre Cayeux-sur-Mer et Onival. Il permet d'observer de nombreux oiseaux tels que Cygne tuberculé, Courlis cendré, Oie cendrée, Tadorne de Belon… sur les étangs équipés de huttes pour la chasse au gibier d'eau.
Une table d'orientation se trouve sur ce chemin, au niveau du lieu-dit de Hautebut.

Pour approfondir

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Articles connexes

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Liens externes

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Références

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  1. 1 2 Muséum national d'Histoire naturelle, « HABLE D'AULT (FR1100007) », sur Inventaire national du Patrimoine naturel, (consulté le )
  2. 1 2 Cayeux-sur-Mer, Le territoire communal - Patrimoine culturel de Picardie.
  3. 1 2 3 4 5 Elisabeth Ridel, les Vikings et les mots : L'apport de l'ancien scandinave à la langue française, éditions Errance, Paris, 2009, p. 226-227-228.
  4. Site du CNRTL : étymologie de havre
  5. 1 2 Ault : Sa géographie, sur le site de la commune d'Ault.
  6. Ault : son histoire, sur le site de la commune d'Ault
  7. fiche ZNIEFF. Site officiel.
  8. 1 2 Le cordon littoral d'Ault au Hourdel et la protection des Bas-Champs. Par Jacques Beauchamp.
  9. Entre terre et mer dans la réserve d'avifaune - Le Hâble d'Hault. Henri Cappelle, dans Science & Vie no 1135, avril 2012, p. 50-63.
  10. Lefèvre, 1979
  11. Maison de l'oiseau Site : Destination Baie de Somme
  12. Avifaune picarde, site du Groupe Ornithologique Picard.
  13. observations effectuées au Hâble-d'Ault, site du Groupe Ornithologique Picard.
  14. Hâble d'Ault Conservatoire du littoral
  15. ONCFS, site officiel de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.
  16. Triton crêtéRéseau Natura 2000
  17. juncus compressus
  18. Syndicat Mixte Baie de Somme Grand Littoral Picard, site officiel.
  19. convention de Ramsarsite officiel