Hôpital de Sant Pau

ancien hôpital à Barcelone, Espagne

L'hôpital de Sant Pau (en catalan : Hospital de la Santa Creu i Sant Pau) est un ancien hôpital de Barcelone, en Espagne. Situé dans le quartier de El Guinardó, il est depuis 1997 inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco, conjointement avec le palais de la musique catalane.

Hôpital de Sant Pau
L'entrée principale de l'Hôpital Sant Pau.
Présentation
Type
Ancien hôpital, bâtiment d'hôpital (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Partie de
Liste des bâtiments Modernistes de Barcelone (en), Palais de la musique catalane et hôpital de Sant Pau, Barcelone (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondation
Styles
Architectes
Matériau
Surface
67 400 m2 (patrimoine mondial) ou 231 400 m2 (zone tampon d’un bien du patrimoine mondial de l’UNESCO (d))Voir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
Site web
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial
Nom du Bien
Palais de la musique catalane et hôpital de Sant Pau, Barcelone
Site du Bien
Palais de la musique catalane et hôpital de Sant Pau, Barcelone (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Identifiant
Année d'inscription
Localisation
Pays
Communauté autonome
Ville
Coordonnées
Carte

L'hôpital a été dessiné en 1901 par l'architecte catalan Lluís Domènech i Montaner et il a été terminé en 1930[1]. Le fils de l'architecte, Pere Domènech i Roura, y travailla également[1]. L'hôpital est orné de sculptures d'Eusebi Arnau.

Histoire

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Dans son testament, Pau Gil i Serra, un banquier barcelonais établi à Paris, où il meurt célibataire en 1896, décide de consacrer la moitié du produit de la liquidation de sa banque à la construction d'un «nouvel hôpital» à Barcelone, que l'on baptiserait Sant Pau, voué à l'assistance aux pauvres, et qui devrait être géré par une institution de prestige reconnu[2]. Projeté par l'architecte Lluís Domènech i Montaner, il est construit en deux phases : la première, mise en œuvre par lui-même entre 1902 et 1913, qui comprend treize édifices modernistes ; et la seconde, réalisée par son fils Pere Domènech i Roura à partir de 1920, qui comporte six autres bâtiments d'un modernisme plus modéré, ainsi que d'autres constructions ultérieures. Il reprend les matériaux et la décoration propres à un modernisme d'inspiration néogothique et se distingue par la profusion de céramiques aux fonctions prophylactiques et décoratives, par des structures en briques apparentes et des sculptures recouvrant une vaste iconographie correspondant à la vision religieuse et historiciste de l'auteur. De par la quantité des édifices qu'il englobe, sa richesse ornementale et son niveau de conservation, il s'agit là du plus grand ensemble architectural du modernisme catalan.

L'hôpital remplace l'hôpital de la Sainte-Croix (hospital de la Santa Creu, aujourd'hui bibliothèque de Catalogne), situé dans le Raval et datant du XVe siècle, peu adapté à la croissance de la ville au XIXe siècle[1].

Entre 2003 et 2009, l'hôpital déménage dans de nouveaux locaux. En 1991, il reçoit la Creu de Sant Jordi, distinction décernée par la Généralité de Catalogne.

Aménagement de l'espace

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Ébauche originale de Domènech publiée dans l'Annuaire du Col·legi d'Arquitectes de Catalunya (ca), de 1914.

Le terrain occupait une superficie totale de 145 470 m2, l'équivalent de neuf blocs du plan Cerdà[3].

Domènech i Montaner jouit d'une liberté absolue quant à la conception, la construction et la décoration de l'hôpital, ce qui lui permet de mettre largement à profit toutes les connaissances qu'il a accumulées sur le chantier du château des Trois Dragons, créé après l'Exposition universelle de Barcelone de 1888, où il a travaillé avec des artisans disposés à collaborer avec lui sur le chantier de l'hôpital de Sant Pau, comme Eusebi Arnau ou les établissements Pujol i Bausis[4]. Il avait eu l'occasion de développer des conceptions et des techniques applicables à un établissement de santé à l'Institut Pere Mata (ca), de Reus, qu'il vient construire. Il étudie également différentes solutions appliquées en Europe (hôpital Lariboisière à Paris, St.Thomas à Londres, Brugmann à Laeken, en Belgique, hôpital militaire de Toul), enfin, il conçoit un programme d'architecture hygiéniste reliant entre eux des pavillons isolés par un passage souterrain, solution éminemment innovante[3].

Le terrain choisi répond à des critères sanitaires importants qui ne sont plus guère pris en compte aujourd'hui, comme l'« emplacement au pied de la montagne dans une zone à l'écart de la ville et avec vue sur la mer », tandis que d'autres seraient encore valables de nos jours, comme le fait de disposer de grands espaces extérieurs aménagés, où les malades et les visiteurs peuvent se promener et se reposer à l'air libre, se sentant plus dans un sanatorium que dans un hôpital fermé. Tout cela est rendu possible par la conception urbanistique adoptée par Domènech, qui oriente le centre hospitalier selon un axe nord-sud, ce qui permet de faire profiter les façades principales d'un rayonnement solaire maximal. La vision novatrice de l'architecte confère à l'ensemble une personnalité propre, abandonnant le concept de «palais-hôpital» pour se rapprocher de celui d'une « cité-jardin », une petite ville insérée dans l'espace urbain, un ensemble fonctionnel, esthétique, humain et moderne[3].

Plan d'élévation d'un pavillon d'infirmerie

Par cette orientation et la distribution intérieure du complexe, l'architecte manifeste par ailleurs son opposition au design urbaniste retenu pour l'Eixample par le plan Cerdà[5].

Projet original

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Le projet original comprenait 48 pavillons construits selon un plan bien défini et distribués autour de deux axes principaux (sud-nord et est-ouest) de 50 m de largeur, coupés par des allées de 30 m de largeur. Ces deux axes principaux, formant les diagonales du terrain, constituent une croix, symbole omniprésent dans l'hôpital, faisant référence à son prédécesseur. 25 pavillons devaient être d'un étage, 11 de deux étages et 12 autres devaient être destinés à des services divers. Ils comportaient tous un sous-sol et étaient reliés par des galeries souterraines de façon que le personnel et les malades pussent s'y déplacer sans sortir à l'extérieur. Ces galeries abritaient également les installations et conduits externes aux pavillons, ce qui devait en faciliter la maintenance.

Salle d'un pavillon de chirurgie peu après l'inauguration de l'hôpital.

Les différences de hauteur devaient amortir l'effet visuel résultant de la pente du terrain. Les seuls bâtiments se distinguant en forme et en hauteur étaient ceux de l'administration (édifice principal), celui de la communauté religieuse qui assurait les services – au milieu de la croix – et celui abritant les salles d'opération, à mi-chemin entre les deux.

Les pavillons consacrés aux malades comprenaient une salle d'hospitalisation rectangulaire de grandes dimensions, dont la structure modulaire était composée de huit arcs légèrement brisés et sept voûtes intermédiaires soutenues par des piliers placés entre les fenêtres. À l'une des extrémités de la nef centrale, Domènech ajouta deux éléments cylindriques : un réservoir d'eau et un espace de service qui comprenait une salle ronde, près de l'entrée, servant de « salle de jour » pour les malades et leurs familles. Chaque étage comportait un espace indépendant pour le personnel sanitaire.

La porte d'entrée, sur la façade principale de chaque pavillon, est richement ornementée, avec encadrement en pierre et décoration florale. C'est immédiatement au-dessus de la porte que se trouve la partie décorative la plus riche, symbolique par rapport à l'identité du pavillon : y apparaît le saint patron ou la sainte patronne dans une niche flanquée de deux pinacles coiffés d'ornements en céramique vitrifiée. Dans certains cas, l'ensemble est complété, à côté de la niche, par des figures d'anges tenant un phylactère.

Domènech a tenu, dans le dossier des termes de l'ouvrage, à décrire d'une manière détaillée les matériaux à utiliser. Y sont précisées les qualités, les dimensions, les épaisseurs, les couleurs et les finitions. Les principaux matériaux sont la brique, la pierre de Montjuïc pour les sculptures, les frises et les éléments décoratifs, le marbre de Macael pour les escaliers du pavillon d'administration, la pierre nummulitique de Gérone, les tuiles arabes vitrifiées monochromes de différentes couleurs pour la décoration des toits, la mosaïque en céramique, les carreaux ciment, le bois de pin de Russie et de Suède[3].

Entre les pavillons étaient aménagés des espaces verts pour offrir aux malades un environnement sain, calme et agréable en toute saison. on y planta des maronniers, des érables, des arbres de Judée, des cèdres, des cyprès, des ifs, des sapins blancs etc.

Les pavillons étaient séparés entre hommes et femmes. Ceux des hommes, à l'est, portaient des noms de saints protecteurs masculins et ceux des femmes, à l'ouest, étaient dédiés à des saintes ou à la Vierge Marie[6]. L'architecte avait pris soin de séparer les pavillons de chirurgie de ceux réservés aux maladies contagieuses ou infectieuses, et à l'intérieur de ces derniers, il avait prévu des petits pavillons de quarantaine, qui ne furent finalement pas construits.

Un autre aspect du design initial résolument innovant concernait l'usage des nouvelles technologies tant pour le confort, comme le chauffage et la lumière électrique, que pour les techniques médicales ; l'électricité était générée sur place et une section importante de pharmacie fut mise en place, comportant des activités de recherche propres d'une université[7].

Architecture

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Pavillons de Domènech i Montaner[6]

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Édifice Description Image
Pavillon de l'administration Édifice principal et façade officielle de l'hôpital

1902-1911 - Bon état

Trois corps de bâtiment : un central à structure néogothique avec imposante tour à l'horloge et riche décoration iconographique ; deux corps latéraux d'une facture plus conventionnelle, bien que comportant de nombreux éléments décoratifs modernistes.

Pavillon d'opération Au centre de l'allée principale

1902-1911 - Bon état

Bâtiment de trois étages et demi-souterrain. Ses saints patrons sont Côme et Damien, patrons des médecins et pharmaciens. Le programme iconographique ne se limite pas à ceux-ci, mais comporte de nombreuses autres sculptures et céramiques.

Sant Salvador et Sant Leopold Premier et deuxième pavillons à l'est après l'entrée

1902-1911 - Bon état

Pavillons édifiés en l'honneur de Leopold Gil i Lleopart, neveu du mécène, que représente la sculpture.

La Puríssima; Mare de Déu del Carme; Mare de Déu de la Mercè; Mare de Déu de Montserrat Quatre premiers pavillons à l'ouest après l'entrée

1902-1911 - Bon état

Pavillons jumeaux, si l'on fait abstraction des transformations et extensions ultérieures.

Sant Jordi et Santa Apol·lònia[4] De chaque côté du pavillon de l'administration

1902-1911 - Restaurés en 2014

Deux petits pavillons isolés où étaient détectés les cas potentiellement infectieux.

Sant Rafael Troisième pavillon à l'est après l'entrée

1914-1918 - Restauré en 2014

Ce fut le premier pavillon à ne pas avoir été construit sous le mécénat de Pau Gil. Il a été financé par Rafael Rabell et sa fille Concepció. L'initiale «R» se répète dans la décoration, sur les mosaïques intérieures, sur le remplage extérieur ; elle se réfère au mécène et se substitue au «G» omniprésent dans les pavillons précédents.

Pavillons de Domènech i Roura[6]

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Édifice Description Image
Sant Manuel et L'Assumpció 1922 - Bon état

Toujours dans le style moderniste, le pavillon de Saint- Manuel a été financé par les frères Mariné Molins. Celui de l'Assomption a été réalisé en collaboration avec Lluïsa Rabell i Patxot, en mémoire de sa mère Assumpció. Ce dernier est adossé au bâtiment de la fondation Puigvert et a subi de nombreuses altérations.

Église Av. Sant Antoni Ma. Claret

1922-25 - Bon état

Elle est constituée d'une nef centrale et de deux latérales avec abside et déambulatoire ; le clocher repose sur la coupole de la croisée du transept.

Bâtiment du couvent Au fond de la grande allée

Années 1920 - Bon état

Composé de trois bâtiments. L'édifice central abritait le couvent des sœurs qui travaillaient à l'hôpital. Dans le bâtiment à l'ouest se trouvait la pharmacie. Le troisième, à l'est, était occupé par les cuisines ; plus tard, la cafétéria s'y installa ; son entrée, côté est, arbore la façade de l'église baroque de Santa Marta, rasée lors de la construction de la Via Laietana et transférée ici en 1928.

Santa Victòria Av. Sant Antoni Ma. Claret

1926 - Bon état

Ce bâtiment a été construit en collaboration avec Elvira et Emília Llagostera, qui l'avaient donné au pape Benoît XV, lequel le légua à l'hôpital ; y participa également Francesca Prat, veuve Barbey.

Sant Frederic et Sagrat Cor (Sacré Cœur, détruit) 1926 - Bon état

Sant Frederic est un pavillon de dimensions moindres par rapport aux autres et a été financé par Frederic Benessat. Le sacré Cœur était un pavillon financé par divers apports ; il disposait d'un accès direct depuis la rue Sant Quintí. C'était un édifice aux lignes conventionnelles, qui a été rasé en 2011.

Sant Antoni Entre les bâtiments du couvent et de convalescence

1929 - Amplement modifié

C'est l'édifice dont le style est le plus altéré quant à son plan, sa hauteur par rapport aux autres bâtiments et ses finitions. Par ailleurs, il a subi maintes extensions dépourvues de tout intérêt architectonique.

Le pavillon de l'administration

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Le pavillon de l'administration se trouve immédiatement derrière l'entrée principale et constitue l'image officielle de l'ensemble du centre hospitalier. Sa façade est la plus richement décorée de toutes et aussi la plus élevée ; elle est de plus surmontée d'une tour qui lui donne un aspect imposant.

Corps latéral du pavillon de l'administration

Ici, Domènech déploya tous les fastes que permet l'usage de la céramique, de la mosaïque et de la sculpture. Pour marquer le caractère religieux de l'institution qui devait gérer l'hôpital, il eut recours à une iconographie reflétant les différentes sensibilités des hôpitaux que regroupait jusqu'alors l'institution et mettant en valeur le caractère bénéfique des prestations du nouvel hôpital. Sa parfaite maîtrise de la symbolique chrétienne et de l'héraldique lui permit d'être lui-même l'auteur des dessins jusque dans les moindres détails.

Il fut vite critiqué pour avoir créé un hôpital qui « ressemblait davantage à une résidence royale qu'à un lieu accueillant des patients aux ressources modestes » ; d'ailleurs, lors de l'inauguration officielle, le roi Alphonse XIII ne put réprimer ce commentaire : « Vous êtes bien paradoxaux, les barcelonais : pour vos malades, vous bâtissez un palais et pour votre roi une étable » [8].

L'édifice s'articule en trois corps de bâtiment : la partie centrale, qui est surmontée par la tour de l'horloge et dont la façade regroupe la majeure partie de l'iconographie, contient les locaux administratifs ; les deux corps latéraux décrivent de part et d'autre un angle obtus par rapport à la façade principale, donnant à l'ensemble une concavité marquant sa fonction d'accueil et d'accès principal. L'espace laissé entre la rue et le bâtiment réserve la distance nécessaire pour admirer le majestueux édifice ; un aménagement discret en jardin enveloppe le double escalier qui mène au porche d'entrée du vestibule. Au centre de l'escalier, présidant l'accès, se dresse le monument consacré au mécène Pau Gil, œuvre d'Eusebi Arnau consistant en un buste du bienfaiteur et une composition allégorique représentant les trois étapes de la vie.

Les corps latéraux s'étagent sur trois niveaux ; leur décoration est moins somptueuse que l'édifice central, avec de grandes ouvertures en arcades au rez-de-chaussée, des fenêtres géminées au premier étage et des baies trigéminées au deuxième. Les deux ailes s'élargissent à leur extrémité donnant sur la rue et abritent à ce niveau des salles nobles, à l'est la bibliothèque et à l'ouest les archives historiques de l’hôpital, espaces un temps malmenés pour des raisons de fonctionnalité, mais désormais réhabilités.

Façade

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Façade principale qui contient la majeure partie de l'iconographie religieuse relative aux virtus et aux saints patrons des hôpitaux d'origine

Le corps central de la façade principale est structuré comme un retable, en trois panneaux verticaux séparés par quatre pilastres de pierre jusqu'au premier étage et de brique pour le reste, et en trois niveaux.

Au niveau inférieur se trouvent les portes d'accès surmontées d'arcs surhaussés dotés d’une voussure décorée de carreaux bleu et blanc aux initiales «P» et «G» faisant allusion à leurs mécènes ou représentant la croix de l'hôpital d’origine, les quatre barres catalanes et le navire du blason de Paris. Ces éléments iconographiques se retrouvent à différents endroits de l'hôpital et plus particulièrement dans ce bâtiment.

Les arcs s'appuient sur des colonnes triples de pierre sur lesquelles sont adossées quatre grandes sculptures, également de pierre, d'anges ou d'hermès wagnériens qui se fondent dans l'architecture, œuvre de Gargallo, représentant les trois vertus théologales chrétiennes (la foi, l'espérance, la charité) et les œuvres qui doivent accompagner nos virtus.

Le premier niveau arbore de grandes fenêtres (à trois baies au centre et à deux baies sur les côtés) surmontées d'arcs similaires à ceux des portes d'accès, mais présentant une décoration trilobée en pierre ouvragée de style néo-gothique. Les trois fenêtres s'ouvrent sur un balcon cérémoniel s'étendant sur toute la largeur de la façade[6].

Un grand ensemble de sculptures orne le troisième niveau, constitué de :

Groupe sculpté du deuxième étage de la façade principale avec, au centre, l’écu d'Eusebi Arnau, et les personnages de Pablo Gargallo.
Tour de l'horloge avec sculptures de Pablo Gargallo et pinacles d'Eusebi Arnau.
  • L'écu, placé au milieu de la façade principale : c'est une adaptation de l'écu original de l’ancien Hôpital de la Sainte-Croix, situé dans le quartier du Raval, à l'ouest de la Rambla. Œuvre d'Eusebi Arnau, il suit les mêmes modèles iconographiques que l'ancien écu, sauf que ce dernier n'était pas couronné et que les anges qui le flanquaient n'étaient pas agenouillés. Il s'inscrit dans un cercle disposé sous un arc aveugle. Le cercle est décoré de mosaïques bleu et jaune représentant la sphère céleste, sur lesquelles se détache l'écu avec ses barres et ses croix finement ouvragées et ses incrustations dorées. L'écu est surmonté par la couronne royale et flanqué de deux personnages ailés représentant Esculape, muni d’un casque et d'un bâton le long duquel s'enroule un serpent, et Hippocrate, considéré comme le père de la médecine, qui porte le livre de la vie. Ils se tiennent debout sur des piliers qui représentent l'axe du monde[9].
  • Les anges qui, placés sous un dais sur chacune des quatre colonnes frontales, protègent l'ensemble du groupe. Ils sont l'œuvre de Gargallo, bien qu'ils présentent un style plus réaliste et humanisé que ceux du niveau inférieur ; on les retrouvera dans d'autres sculptures des pavillons[10].

Au dessus du corps central du bâtiment se dresse la tour de l'horloge, surmontée d'une grande croix, dont le sommet est à une hauteur de 62 m par rapport à la rue et de 32 m par rapport au pignon de l'édifice. Cet élément architectonique a été réalisé en technique de remplage, les arcatures évidées reposant sur quatre contreforts quadrangulaires en brique reliés par une série de cinq arcs juxtaposés sur chaque face, donnant au tout l'aspect d’une galerie[6]. À chacun des quatre angles de la tour se trouvent des sculptures d'êtres ailés assis sous un dais, réalisées également par Gargallo. Ces personnages tiennent à la main un livre, une croix, une ancre et le corps de la tunique relevé, éléments interprétés comme symbolisant les vertus cardinales : Justice, Prudence, Force et Tempérance. La tour de l'horloge est par ailleurs décorée d'une grande profusion de sculptures de tout genre[10].

L'ensemble est présidé par un grand ange aux ailes ouvertes se dressant à la pointe du pignon de la façade principale ; on le retrouve au sommet du fronton du pavillon des opérations. Domènech i Montaner a chargé Eusebi Arnau de réaliser les pinacles et les autres éléments décoratifs, s'en remettant à Gargallo pour les figures d'anges[10].

Vestibule et escalier d'honneur

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Vestibule du pavillon d'administration
Détails du vestibule du pavillon d'administration Détails du vestibule du pavillon d'administration
Détails du vestibule du pavillon d'administration Détails du vestibule du pavillon d'administration
Détails du vestibule du pavillon d'administration Détails du vestibule du pavillon d'administration
Détails du vestibule du pavillon d'administration Détails du vestibule du pavillon d'administration
Détails du vestibule du pavillon d'administration Détails du vestibule du pavillon d'administration
Détails du vestibule du pavillon d'administration

L'intérieur regorge de représentations symbolistes en rapport avec le mécène Pau Gil. Le vestibule, où l'on retrouve une bonne part de la symbolique relative à l'histoire de l'hôpital, est une grande salle à neuf travées surmontées de voûtes — certaines sphériques, d'autres ellipsoïdales — recouvertes de carreaux en céramique disposés en épis et soutenues par des colonnes de marbre avec bases et chapiteaux en pierre de plan octogonal et décoration florale. Les pendentifs des voûtes arborent toute une série d'emblèmes, certains portant un message iconographique, d'autres héraldiques, que l'on retrouve à d'autres endroits de l'ensemble moderniste. Les 36 pendentifs du vestibule portent onze symboles différents :

  • Le blason de Barcelone
  • Les quatre barres catalanes
  • Le blason de Paris, nef aux trois lys d’or, rappelant le fait que Pau Gil résidait à Paris
  • Un lion rampant avec la légende « prospérité et honnêteté », devise de la banque Gil
  • La lettre alpha (commencement), accompagnée de l'année de commencement des travaux de construction (1905)
  • La lettre oméga (fin), accompagnée de la date d'achèvement des travaux (1910)
  • Le blason de l'hôpital de la Santa Creu
  • Le blason de l'hôpital de Sant Pau, créé par Domènech i Montaner
  • La Croix de saint Georges
  • La croix pattée de la Cathédrale Sainte-Croix de Barcelone
  • Le prénom du mécène, «Gil»[7].

Deux courts escaliers conduisent au corridor de distribution des deux ailes latérales de l'édifice. Il s'agit d'un espace très lumineux, aux grandes fenêtres, qui comprennent une bonne partie des vitraux du bâtiment. Les voûtes sont profusément décorées de céramiques aux motifs héraldiques fabriquées par l'usine Pujol i Bausis[4].

Sur la gauche du vestibule s'ouvre un espace d'où part l’escalier d'honneur ; on remarquera ici une porte qui mène au souterrain, flanquée de deux sculptures sous dais représentant les ordres religieux oeuvrant à l'hôpital : les Frères de la Charité de la Sainte Croix et les Sœurs hospitalières de la Sainte Croix. Au-dessus de la porte, un tympan en haut relief symbolise saint Martin de Tours à cheval, partageant sa cape avec les pauvres. L’image s'inscrit dans un cadre ogival à la décoration florale néogothique, avec deux dragons sur les pendentifs. Cet ensemble sculptural de Pablo Gargallo est dédié au patron catalan du XIIe siècle et ressemble à la partie intérieure de la porte de la salle de réception, consacrée, elle, à saint Georges, l'actuel patron de la Catalogne[10].

L'escalier d'honneur, de forme hélicoïdale, ainsi que les colonnes sont de Joaquim Solé[7]. Les marches sont en marbre de Macael et la contremarche est recouverte de pièces de céramique vitrée jaune en relief. La balustrade en pierre est ornée de rosaces perforées alternant le « G » de Gil et la croix de l'hôpital. Les murs sont bicolores, alternant le rouge de la brique et des bandes du même marbre blanc que les marches, ornées de la symbolique habituelle : le «P», la croix, le «G» et les barres barcelonaises.

La cage d'escalier est couverte d'une croisée d'ogives octogonale à nervures en briques vitrées de couleur caramel. Les intersections des arcs sont complétées de reliefs floraux en céramique. L'espace compris entre les arcs est revêtu d'une mosaïque jaune sur fond blanc avec motifs floraux, de Maragliano (es) ; un quart de la voûte octogonale est pour ainsi dire replié verticalement sur l'un des murs, ce qui lui confère une asymétrie peu ordinaire. La voûte est soutenue par de courtes colonnes qui s'appuient sur de puissants encorbellements en pierre, ressemblant à des bras, qui, sortis du mur, s'élancent vers le haut pour plonger dans des chapiteaux formés des mêmes fleurons de céramique que l'on trouve à l'intersection des arcs.

La partie centrale de la voûte est constituée d'un grand vitrail octogonal multicolore, œuvre des ateliers Rigalt i Granell (ca), qui préfigure le futur vitrail du Palais de la musique catalane[11].


Au bout de l'escalier, au premier étage, se trouve une série de plafonds portant des représentations des œuvres de miséricorde, de Pablo Gargallo.

Salle de réception

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Salle de réception avec balustrade de Maragliano, un tableau de Clapés (ca) et l'inscription sur la balustrade.

On accède au premier étage du corps central du pavillon d'administration par l'escalier d'honneur et arrive à une grande salle de 14 x 6 m qui donne sur l'entrée principale et sert d'antichambre à la salle de réception. C'est un espace ouvert et très lumineux, aux fenêtres à vitraux de quelque 4 m de hauteur.

La salle de réunion mesure 14 x 10 m et culmine à une hauteur majestueuse de 17,4 m. Cette pièce n'a pratiquement pas subi d'altérations. À mi-hauteur, une galerie en fait tout le tour, dont la balustrade porte une inscription en catalan qui se traduit comme suit : « Seigneur, protège les bienfaiteurs et les personnes hébergées dans cette Sainte Maison, sur la terre comme au Ciel, et inspire-leur des sentiments de charité. Amen. »

Plafond de la salle de réception.

La porte d'entrée est ornée, du côté intérieur d'un tympan sculpté par Gargallo représentant saint Georges, flanqué de deux colonnes surmontées de gardes armés de massues. Cet ensemble, à l'instar de celui du hall du rez-de-chaussée, s'inspire des portails des palais et églises gothiques et constitue une réplique quasi parfaite de la porte Saint-Michel de la Basilique de la Merci de Barcelone[10].

La décoration présente une profusion de mosaïques et de céramique. On remarquera notamment les balustrades, les colonnes et le plafond orné de volutes en mosaïque.

Le côté où se trouve la table présidentielle est décoré d'une structure néogothique en pierre avec à sa base un panneau de mosaïque aux motifs floraux qui s'inscrivent dans une polychromie de couleurs très vives simulant un rideau. Plus haut, une petite galerie aligne ses colonnes, coiffée, à la hauteur du premier étage, d'un tympan semi-circulaire affichant un grand écu de Pablo Gargallo portant les armoiries des hôpitaux réunis, flanqué de deux anges et surmonté d'un casque et d'une chauve-souris. Les voussoirs du tympan alternent la brique et la pierre, produisant un effet décoratif multicolore qui rappelle la porte Saint-Étienne de la mosquée-cathédrale de Cordoue[10].

Salles nobles

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Les extrémités des deux ailes du pavillon d'administration, qui donnent sur la rue, sont plus larges que le reste du bâtiment ; elles abritent deux salles nobles. Ces deux salles, d'un volume imposant, avaient à l'origine une hauteur correspondant à trois étages et leur forme rappelait la salle de réception. Elles furent néanmoins défigurées par des modifications intervenues au XXe siècle, qui créaient des étages intermédiaires pour mieux mettre à profit l'espace disponible, reléguant aux salles du troisième étage la somptuosité des plafonds. Plus précisément, on trouvait à l'est, le long de la rue Pare Claret, la bibliothèque Cambó et, à l'ouest, un espace administratif à l'origine dédié aux archives de l'hôpital[4].

La bibliothèque Cambó est une salle chargée de symboles et d'une grande richesse. Elle possède deux grandes voûtes d’ogives d'inspiration mudéjare, très compartimentée, où brique et céramique se mêlent pour créer une symbolique aux références déjà connues : Gil, «P», croix pattée, blason de Paris, blason de l'Hôpital de la Sainte-Croix, etc. C'est la salle la plus originale de tout le complexe, tant par sa forme que par ses couleurs, qui rappellent les voûtes de la chambre Dorée ou la tour des Infantes de l'Alhambra. Sur un socle de brique de style mudéjar, les voûtes associent des carreaux et des pièces de céramique réalisés en blanc et bleu, aux motifs floraux et zoomorphes ou portant des dessins héraldiques ou des références au répertoire iconographique de l'hôpital. Les extrémités des pendentifs ornées de muqarnas renforcent l'impression de contempler un plafond du palais de Grenade. Le dessin des pièces de céramique est de Francesc Madurell.

La salle des archives, située à l'extrémité de l'aile ouest, le long de la rue Cartagena, a été rénovée et a retrouvé sa morphologie d'origine. Les voûtes en céramique peinte, imitant les rayons du soleil avec des nuages blancs au centre, entourant les armoiries de l'hôpital et de l'apôtre saint Paul, sont remarquables. Les nervures en céramique dessinent des structures en forme d'étoile avec des gerbes de fleurs à leurs extrémités. La salle possède un grand vitrail qui occupe une bonne partie du mur[12].

Le pavillon des opérations

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Groupe sculpté du pavillon des opérations. Le blason central est d'Arnau, alors que les autres éléments sculpturaux sont de Gargallo.

Le pavillon des opérations se trouve au milieu de l'allée centrale, juste derrière une croix de chemin qui reproduit l'original de l'ancien hôpital. Il affiche une architecture singulière et est dédié aux médecins, plus précisément aux saints Côme et Damien, patrons de la médecine. Il comprend un sous-sol et trois étages et l'on y accède par un court mais magnifique escalier qui débouche sur un porche sous une tribune protégeant l'entrée.

L'édifice comporte trois corps : l'un, au centre, qui regroupe la majeure partie de l'iconographie, et deux ailes latérales percées d'imposantes fenêtres et ornées de mosaïques représentant les saints patrons, œuvre de Mario Maragliano (es). Trois autres panneaux de mosaïque décorent les fenêtres latérales et celle du fond : il s'agit d'invocations à la Vierge des Désemparés, à la Vierge de Miséricorde et à l'Assomption. Le premier représente une vierge assise avec l'enfant, accompagnée d'un homme en prière. La Vierge de Miséricorde, patronne de Barcelone, est flanquée de deux portraits masculins figurant probablement saint Pierre Nolasque et l'évêque Jaume Català (es). La Vierge de l'Assomption est ici emportée au ciel par des anges. Les frontons des fenêtres reprennent des motifs similaires aux autres éléments, réalisés en céramique peinte en bleu. Au troisième étage du corps central, se trouvent de grands panneaux de céramique avec des aigles aux ailes bleues déployées, sur lesquels apparaissent les noms de médecins célèbres : Letamendi (ca), Mendoza (ca), Giné (ca) (à l'époque écrit Jiner), Gimbernat, Virgili (es), Marsillach (ca), Torent (ca) et Soler (ca). Tout comme les fenêtres et la galerie du deuxième étage du corps central, ces panneaux sont encadrés de colonnes et d'arcades en pierre et présentent de nombreux éléments d'une grande valeur iconographique : dais, pinacles, gargouilles, griffons, anges, armoiries de Barcelone (ca) et un grand ange aux ailes déployées au sommet de la façade principale, ainsi qu'un autre sur la façade arrière[6]. Les armoiries figurant sur le fronton sont l'emblème des hôpitaux réunis ; elles sont couronnées et protégées par deux lions. Elles sont l'œuvre d'Arnau, alors que les autres éléments sculpturaux sont de Gargallo.[10]

Le pavillon des opérations comprenait des services de désinfection au sous-sol, des salles d'opération, d'anesthésie et de surveillance port-opératoire au premier étage, des salles d'opérations mineures au deuxième étage et des services techniques de radiographie et de stérilisation au troisième étage[4].

Matériaux et techniques

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Céramique

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Les couvertures des pavillons en tuiles, carreaux en écailles, cheminées et pinacles témoignent de l'exubérant usage de la céramique pour décorer le complexe hospitalier.

Domènech i Montaner a largement utilisé la céramique à l'intérieur des pavillons dédiés aux malades. À l'extérieur, ce matériau a des fonctions décoratives, qu'il s'agisse de la céramique peinte sur les portes et les fenêtres ou des éléments en céramique émaillée sur les pinacles, les cheminées et les rosaces. Tout comme les pièces polychromes des plafonds en écailles, ces éléments témoignent de l'intérêt de l'architecte pour la recherche de formes et de motifs purement modernistes[4].

L'important ensemble de céramiques du complexe hospitalier peut être classé en quatre groupes, selon Bohigas[13] :

  • Pièces à motifs répétitifs formant des cadres, comme sur les voûtes et les balustrades.
  • Carreaux à motifs uniques recouvrant toute la surface. On y trouve des décors héraldiques, zoomorphes ou phytomorphes.
  • Céramiques émaillées en relief, nervures ou éléments de volume, utilisées pour les revêtements.
  • Trencadis en céramique émaillée.

Mosaïques

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Colonne et balustrade avec décoration florale en mosaïque dans la salle de réception.

L'utilisation de la mosaïque dans l'ensemble moderniste de l'hôpital est beaucoup plus modeste que dans d'autres édifices contemporains, comme le Palais de la musique catalane, œuvre du même Domènech i Montaner. Malgré la similarité des résultats picturaux, les exigences d'hygiène et le coût de la production ont limité l'usage de la mosaïque aux espaces plus somptueux que fonctionnels. On distinguera trois types d'utilisation :

Achèvement de la construction de l'hôpital (1909).
  • Dans les parties les plus prestigieuses du pavillon de l'administration : les voûtes de l'antichambre, l'entrée principale, la salle de réception…
  • Sur les panneaux de certains pavillons représentant des personnages : saint Georges et sainte Apolline dans les pavillons qui portent leur nom, et saint Damien et saint Côme dans le pavillon des opérations.
  • Sur les seize panneaux extérieurs qui retracent l'histoire de l’hôpital.

Autour du pavillon de l'administration, à hauteur du premier étage, se trouvent seize panneaux en mosaïque, dont quatre sont visibles directement depuis la rue et les autres depuis l’intérieur de l’établissement. Ils retracent l'histoire de l'hôpital, de ses origines médiévales à la création du centre de soins moderniste. Ils ont une fonction didactique visant à sensibiliser le public à l'engagement ancestral de garantir l’accès aux soins pour tous. Ils suivent un ordre chronologique, à l'exception des deux derniers, installés dans un angle de la façade une fois les travaux terminés et situés entre les septième et huitième panneaux.

Les quatorze premiers sont l'œuvre de Mario Maragliano (es), exécutée d'après des dessins de Francesc Labarta (es) ; les deux derniers datent de 1923 et ont été réalisés par Lluís Bru (es) [14].

Sculptures

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La sculpture joue un rôle fondamental dans l'iconographie souhaitée par le commanditaire et interprétée par Domènech i Montaner. Les deux artistes clés sont ici Eusebi Arnau et son élève Pau Gargallo.

Arnau est responsable des éléments décrits dans les contrats comme « images de 2 m et de 1,5 à 2 m » ; ce terme désigne les figures indépendantes qui entourent le pavillon administratif et celles des saints patrons des différents pavillons. Il est également l'auteur du blason central de la façade.

Gargallo a conçu toutes les figures ornementales et celles qui décorent le corps central du pavillon administratif et la tour de l'horloge, mais la sculpture architecturale qui orne chaque recoin des pavillons est l'œuvre de Francesc Modolell (ca)[15].

La pierre, comme pour la plupart des constructions de l'époque, provenait de la carrière de Montjuïc, bien que de la pierre nummulitique de Gérone ait été utilisée pour certaines parties exposées à une usure plus importante, telles que les marches des escaliers.

Vitraux

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Tous les vitraux ont été réalisés par la maison Antoni Rigalt i Granell (ca). Le verre utilisé était de type belge, flemish, qualité cathédrale (avec une face lisse et une face légèrement imprimée), blanc[7].

Les vitraux sont moins présents dans cet ouvrage que dans d'autres de Domènech i Montaner, comme la casa Lleó Morera ou la casa Navàs. Le cahier des charges prévoyait des vitraux aux couleurs claires et sobres, sauf dans les salles nobles du pavillon de l'administration, dans la bibliothèque, la salle de réunion, le musée et sur les portes d'accès aux bureaux du rez-de-chaussée. Les architectes modernistes utilisaient les vitraux comme symboles, pour créer des espaces chromatiques et des ambiances particulières ; c'est pourquoi Domènech a limité la couleur aux espaces administratifs et royaux, réservant le blanc aux zones de soins[9]. Cette rupture avec le style moderniste du reste du complexe est probablement due à un ajustement opéré pour des raisons budgétaires. Les dessins sont de Labarta et reprennent l'iconographie historiciste présente dans les hôpitaux d'origine et souhaitée par le mécène[16].

Les vitraux des pavillons de Domènech i Roura ont été réalisés sur des dessins de Miquel Farré i Albagés (ca)[9].

Fer forgé

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Lampadaire au centre de l'escalier d'honneur.
Porte d'accès au centre hospitalier.

Les grilles s'inspirent des clôtures gothiques. L'entrée principale se compose de trois portes à deux vantaux dont les barres verticales se terminent en fleurons géométriques. Reliant le tout, une figure elliptique en forme de « T » au contour festonné débute près de la charnière supérieure et, après avoir parcouru tout l'espace, s'épanouit près de la base en une volute finale. La partie inférieure de la porte est constituée d'un panneau, avec un motif discret en « coup de fouet (ca) ». Lorsque la porte est fermée, la partie supérieure est couronnée d'une croix pattée gardée par deux anges. Le grand espace jardiné qui s'étend jusqu'à la façade du bâtiment principal est clos par une grille de même design, soutenue tous les dix mètres par des groupes de trois piliers en brique émaillée, coiffés de fleurons en pierre et ornés de décorations héraldiques.

Dans le reste de l'hôpital, le fer forgé est rare : les fenêtres sont munies de barreaux et les quelques balcons existants sont en pierre. Outre quelques éléments décoratifs dans le pavillon de l'administration, comme la grande lanterne au centre de l'escalier d'honneur, on trouve également dans les parties supérieures de ce bâtiment et dans la tour de l'horloge des éléments de sécurité à la décoration très discrète, presque noucentiste[17].

Emblèmes

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Les tympans des fenêtres de la façade principale constituent un résumé de la symbolique conçue par Domènech

L'hôpital regorge d'iconographie et de symboles religieux choisis et dessinés par Domènech, qui tenait à donner à chaque édifice une identité propre tout en reprenant des symboles récurrents, comme les initiales du testateur («P» pour Pau et «G» pour Gil), auquel il convenait de rendre hommage, ou encore la croix de l'hôpital ou la croix pattée.

Les tympans des fenêtres de la façade principale déclinent toute cette symbolique héraldique, qui côtoie les attributs des évangélistes : livre, taureau, lion et un ange se substituant à l'aigle de Saint Jean l'Évangéliste. Les ailes apposées au taureau et au lion symbolisent la lumière de l'éternité[12].

Protection

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L'hôpital fait l'objet d'un classement en Espagne au titre de bien d'intérêt culturel depuis le [18].

Depuis 1997, il est inscrit, conjointement avec le palais de la musique catalane qui est une autre réalisation de Lluís Domènech i Montaner, au Patrimoine mondial de l'Unesco. Ils constituent « des exemples exceptionnels du style Art nouveau, imaginatif et exubérant, qui fleurit dans la Barcelone du XXe siècle »[1].

Galerie

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Bibliographie

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  • (ca) Consol Bancells, Sant Pau, hospital modernista, Ed. Nou Art Thor, (ISBN 978-84-7327-180-6)
  • (ca) Maria Teresa Serraclara i Pla et Montse Martí i Aixelà, Hospital de la Santa Creu i Sant Pau, (ISBN 84-607-3140-5)
  • (ca) Manuel Garcia-Martín, L'Hospital de Sant Pau, Catalana de Gas, S.A., (ISBN 84-404-7880-1)

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 « Palais de la musique catalane et hôpital de Sant Pau, Barcelone », sur whc.unesco.org, Unesco (consulté le )
  2. (es) Lluís Permanyer, « Pau Gil donó el hospital », La Vanguardia. Vivir en Barcelona, , p. 7 (lire en ligne).
  3. 1 2 3 4 Serraclara i Pla et Martí i Aixelà 2001, p. 23-30.
  4. 1 2 3 4 5 6 Bancells 1988.
  5. (es) Lluís Permanyer, « El fracasado monumento a Cerdà », La Vanguardia, , p. 10.
  6. 1 2 3 4 5 6 7 Serraclara i Pla et Martí i Aixelà 2001, p. 32-47.
  7. 1 2 3 4 Garcia-Martín 1990, p. 100-110.
  8. (ca) Consol Bancells, « L’Hospital de Sant Pau: una ciutat modernista a Barcelona », sur Revista ESPAIS. Generalitat de Catalunya, (consulté le )
  9. 1 2 3 Serraclara i Pla et Martí i Aixelà 2001, p. 63-64.
  10. 1 2 3 4 5 6 7 Serraclara i Pla et Martí i Aixelà 2001, p. 65-75.
  11. (es) Oriol Bohigas, « El hospital de San Pablo », Cuadernos de arquitectura, no 52, , p. 46-60 (lire en ligne)
  12. 1 2 Serraclara i Pla et Martí i Aixelà 2001, p. 53-61.
  13. (es) Oriol Bohigas, Domènech i Montaner, Año 2000, Actar, (ISBN 9788495273888), p. 46-60.
  14. (es) Lluís Permanyer, « Lluís Bru, primer mosaicista catalán », La Vanguardia, , p. 17 (lire en ligne).
  15. (es) Oriol Bohigas, Domènech i Montaner, Año 2000, Actar, 2000.
  16. (ca) Joan Vila-Grau et Francesc Rodon, Els vitrallers de la Barcelona modernista, Poligrafa, .
  17. (ca) Lluïsa Amenos, El Modernisme : Foneria i Forja, vol. 2, Isard, (ISBN 9788489931237).
  18. Base BIC du ministère espagnol de la Culture sous le nom Hospital de la Santa Cruz y San Pablo

Voir aussi

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Liens externes

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