Hôtel Radziwill
L'hôtel Radziwill est un hôtel particulier situé au no 5, place d'Iéna dans le 16e arrondissement de Paris en région Île-de-France.
| Type | |
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| Destination initiale |
Habitation |
| Destination actuelle |
Habitation Bureaux |
| Style | |
| Architecte | |
| Matériau |
Pierre de taille Brique |
| Construction |
1880-1885 |
| Commanditaire |
Jean-Baptiste Java-Mignon |
| Envergure |
1800 m2 |
| Propriétaire |
Propriété privée |
| Patrimonialité |
| Pays | |
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| Division administrative | |
| Subdivision administrative | |
| Subdivision administrative | |
| Commune | |
| Adresse |
no 5, place d'Iéna |
| Métro |
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| Coordonnées |
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L'hôtel est construit pour l'industriel et inventeur Jean-Baptiste Java-Mignon par l'architecte Henri Parent entre 1880 et 1885, qui y réside jusqu'à son décés en 1894.
De 1896 à 1922, il est la propriété du prince Constantin Radziwill et de son épouse Marie Louise Blanc puis de leur fils le prince Léon Radziwill.
De 1919 à 1922, l'hôtel accueille l'ambassade des États-Unis puis, à partir de 1922, devient la résidence de l'ambassadeur Hugh Campbell Wallace.
L'hôtel sert de lieu de tournage au film L'Aile ou la Cuisse de Claude Zidi, tourné en 1976.
De 1992 à 2005, l'hôtel est la propriété de l'homme d'affaires libanais Rafiq Hariri.
Depuis 2006, l'hôtel appartient à la famille saoudienne Alshaikh.
Situation
modifierL'hôtel est voisin des palais d'Iéna, Galliera et de Tokyo ainsi que du musée Guimet et du palace Shangri-La, ancienne résidence du prince Roland Bonaparte.
Il est desservi par la ligne 9 du métro, station Iéna ainsi que par la ligne 63 du réseau de bus, arrêt Iéna.
Histoire
modifierVers 1860, le site de l'hôtel, qui n'existe pas encore, fait partie, à l'origine, d'un vaste terrain s'étendant de la rue des batailles, remplacée aujourd'hui par l'avenue et la place d'Iéna, jusqu'au quai Debilly, aujourd'hui avenue de New-York. Ce terrain est alors occupé par les usines Cail[1].
En 1865, les usines sont détruites par un violent incendie et sont transférées vers le second site de Grenelle. Elle ne seront jamais reconstruites et les rues Fresnel et Foucault sont percées dès 1877, après la démolition des ruines de l'usine dont l'exécution avait été ralentie par les évènements de la Commune de Paris[2].
Le terrain est acheté le [3] par Jean-Baptiste Java-Mignon, industriel. Il fait construire l'hôtel et y habite de 1885 à sa mort en 1894. Sa veuve, Madeleine Martinot et sa fille, Marie Louise Mignon, épouse de Jean-Charles Desmonts, vendent l'hôtel à Marie Louise Antoinette Sophie Blanc, épouse du prince Constantin Vincent Marie Radziwill, le [4].

Marie Louise Antoinette Sophie Blanc est la fille et l'héritière de François Blanc, fondateur de la société des bains de mer de Monaco et du casino de Monte-Carlo.
Le prince Constantin Radziwill, homosexuel en dépit de son mariage avec Louise Blanc, que ses relations n'affecte pas du tout, côtoie tout un cercle de personnalités notoirement homosexuelles de l'époque, comme Élisabeth de Gramont ou Marcel Proust, qui fait notamment, dans l'hôtel, la rencontre du jeune Albert Le Cuizat, dont il s'inspira pour son personnage de Jupin dans La Recherche. Le prince est également un proche du mondain et poète, le comte Robert de Montesquiou, qui se moquait parfois notamment par cette citation : « Parler femme est incivil chez Constantin Radziwill »[5].
Le prince avait un certain penchant pour ses domestiques, en particulier ses célèbres valets de pied comme le citera George D. Painter : « Il était célèbre pour son escouade de douze valets, vigoureux et beaux garçons, à chacun desquels il avait fait, dit-on, présent d’un collier de perles »[6].
D'après les témoignages d'Élisabeth de Gramont, ces valets lui feront dire également : « Ses valets de pied vêtus dès l’aurore de panne bleue, en culottes courtes, avaient des cheveux blonds crêpelés au petit fer – qui nous inspiraient une si grande admiration – qu’on [n’]osait leur demander aucun travail […] [nous] respections la beauté inutile de ces statues bleues »[7],[8].
Le prince Radziwill possède également l'une des plus grandes et prestigieuses écuries de Paris, sises non loin de l'hôtel, au no 12, rue Mesnil. Ces écuries ont aujourd'hui disparues, remplacées par un immeuble de rapport[9].
En 1919, l'hôtel est loué aux États-Unis afin que ces derniers y installent provisoirement leur ambassade[10].
L'année suivante, à la suite de la disparition de son père, l'hôtel échoit au prince Léon Radziwill[11]. Ce dernier se sépare de l'hôtel en 1922, en faveur de Hugh Campbell Wallace, ambassadeur des États-Unis, qui profite du déménagement de l'ambassade sur son nouveau site de la rue de Chaillot, pour acquérir les lieux moyennant la somme de 2 500 000 francs de l'époque, surpassant l'offre faite par un nonce du pape Pie XI, qui voulait y installer l'ambassade du Saint-Siège en France[12]. Il reste la propriété de ce dernier jusqu'à son décès en 1931.

Par la suite, l'hôtel est vendu à plusieurs sociétés et sert à diverses attributions, notamment de bureaux et espaces de réception puis mise à disposition pour des tournages, notamment le film L'Aile ou la Cuisse en 1976, puis un épisode de Chapeau melon et bottes de cuir, l'année suivante.
L'hôtel est acquis en 1992 par l'homme d'affaires libanais Rafiq Hariri pour en faire sa résidence parisienne. Il y reçoit notamment Jacques Chirac, ami proche, alors président de la République, ou encore le diplomate égyptien Boutros Boutros-Ghali. Il en reste propriétaire jusqu'à son assassinat en 2005[13].
L'hôtel appartient, depuis 2006, à des proches de Rafiq Hariri, la famille saoudienne Alshaikh, via une société civile immobilière.
Description
modifierL'hôtel est construit sur une vaste parcelle en L, enserrée entre la place d'Iéna et la rue Fresnel, située en contre-bas. En effet, le terrain situé du côté de cette dernière est retenu par un imposant mur de soutènement.
L'entrée vers l'hôtel se fait via une imposante porte cochère au no 5, place d'Iéna, dont la particularité réside dans la présence d'une servitude empiétant sur l'immeuble du no 3. En effet, cette porte cochère ainsi que le rez-de-chaussée situé à droite de cette dernière appartiennent à l'hôtel et constituent, à l'origine les remises, écuries et la loge du portier. Le passage cocher suivant cette porte est pourvu d'imposantes colonnes en pierre de taille.
L'hôtel lui-même est construit dans le style Second Empire ou éclectique. Réalisé en pierre de taille et véritable appareillage de briques, il possède un décor extérieur chargé dont un grand pot à feu en pierre sur la travée centrale au premier étage du pavillon d'entrée. L'entrée se fait via une grille en fer forgé surmontée d'une large marquise en verre débouchant sur un péristyle, à l'origine, ouvert sur l'extérieur, débouchant lui-même sur le vestibule d'entrée.
De ce vestibule démarre l'imposant escalier d'honneur, surmonté d'une large verrière zénithale, construit dans le style néo-classique, desservant uniquement le premier niveau, quasi copie de l'hôtel du prince Roland, actuel hôtel Shangri-La, modification due à l'architecte de ce dernier, Ernest Janty, reprenant les mêmes codes architecturaux, comme le sol en damier de marbre noir et blanc, l'allure générale très théâtrale avec les balustrades ou les multiples allusions à l'Empire comme la présence, au plafond, de quatre aigles impériaux en pierre sculptée, situés dans les angles, montrant l'appartenance initiale à un membre de la famille Bonaparte. Heureux hasard ou simple coïncidence, l'aigle couronné est également l'emblème du prince Radziwill, qui fait également rajouter un double R entrelacé sur la rampe en fer forgé de style Louis XV. Cette cage d'escalier a été modifiée, notamment le sol qui est aujourd'hui une marqueterie de marbre polychrome ou la rampe qui est passée du style Louis XV au style Louis XVI, probablement à partir des années 1980.
Dès sa construction, l'hôtel possède tout le confort de l'époque, comme le chauffage central à air pulsé plus tard remplacé par le chauffage au gaz, l'électricité sur tous les niveaux, l'ascenseur ainsi que des cuisines situées en sous-sol. L'hôtel dispose d'un parc paysagé avec une exceptionnelle vue sur la Seine et la tour Eiffel.
À l'occasion du tournage de L'Aile ou la Cuisse, le rez-de-chaussée de l'hôtel est en grande partie redécoré, avec notamment du mobilier Second Empire pour les besoins du film.
Les décors intérieurs, non-protégés par l'inscription aux monuments historiques, ont été modifiés au cours du temps mais restent dans l'esprit d'origine.
Protection
modifierL'hôtel fait l'objet d'une protection par inscription aux monuments historiques pour ses façades et toitures sur jardin à la suite de l'arrêté du [14].
Au cinéma
modifierFilm
modifier1976 : L'Aile ou la Cuisse de Claude Zidi - Figurant les bureaux et la résidence de Charles Duchemin et de son fils Gérard.
Série
modifier1977 : Chapeau melon et bottes de Cuir - Saison 2, épisode 7 « Le Lion et la Licorne »
Références
modifier- ↑ « Archives numérisées », sur archives.paris.fr (consulté le )
- ↑ Alexandre Gady, Hôtels particuliers de Paris, Parigramme, (ISBN 978-2-84096-704-0)
- ↑ Archives nationales minutes de Maître Pourcelt.
- ↑ Archives nationales minutes de Maître Bazin MC/ET/LXIX/1401.
- ↑ Robert de Montesquiou, Papillotes mondaines, poèmes, Paris, Mercure de France, , p. 558
- ↑ George D. Painter, Marcel Proust. Les années de maturité (1904-1922), Mercure de France, , p. 327
- ↑ Natalie Clifford Barney, Souvenirs indiscrets, Paris, Flammarion, , 234 p. (BNF 32913712), p. 123-124
- ↑ Elisabeth de Gramont, Correspondance, Paris, BNF, NAF 26329 - f.143
- ↑ figoli, « En 1900 Ecurie et équipages du prince Radziwill », sur attelage-patrimoine (consulté le )
- ↑ « Le Journal », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Société des amis du Louvre Auteur du texte, « Annuaire de la Société des amis du Louvre... », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ « RetroNews.fr - Le site de presse de la BnF », sur www.retronews.fr (consulté le )
- ↑ « Chirac-Hariri, une amitié intéressée de quinze ans », Libération, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ « Hôtel - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
