Hôtel Turgot

hôtel particulier à Paris

L'hôtel Turgot est un hôtel particulier situé au no 121, rue de Lille dans le 7e arrondissement de Paris en région Île-de-France.

Hôtel Turgot
Fondation Custodia
Portail d'entrée de l'hôtel au 121, rue de Lille
Présentation
Type
Destination initiale
Hôtel particulier
Destination actuelle
Fondation Custodia
Style
Architecte
Louis Parent (immeuble sur la rue de Lille)
Matériau
Construction
1742-1744
Restauration
1895
Commanditaire
Société Salle-Lefranc de Jettonville
Propriétaire
Localisation
Pays
Division administrative
Subdivision administrative
Subdivision administrative
Commune
Adresse
no 121, rue de Lille
Accès et transport
Métro
(M) (12)
Coordonnées
Carte

À l'origine d'une série de sept dont il est le seul subsistant, l'hôtel est construit à partir de 1742 pour le compte de la société Salle-Lefranc de Jettonville. Il tient son nom d'Anne Robert Jacques Turgot, contrôleur général des Finances du roi Louis XVI qui le possède de 1779 jusqu'à son décès en 1781.

L'hôtel est, depuis 1953, la propriété de la fondation Custodia dont il est l'écrin de leurs collections d'Art.

Situation

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L'hôtel est immédiatement voisin de l'Assemblée nationale ainsi que de l'hôtel de Brienne, ministère des Armées ou encore de l'hôtel de Beauharnais, résidence de l'ambassadeur d'Allemagne.

Histoire

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Anne Robert Jacques Turgot

Dans les années 1730, les terrains sur lesquelles est élevé l'hôtel appartiennent à Victor Marie, maréchal-duc d'Estrées. C'est sa veuve, Lucie-Félicité de Noailles, qui, le , vend les parcelles à une société formée par un consortium entre le banquier Pierre Salle et l'avocat Armand-Claude Lefranc de Jettonville via Antoine Dupuy de Lagarde de Seuilly, agissant par procuration en leurs noms, conclue le . La vente est actée pour une somme totale de 150 000 livres, mais finalement sous le seul nom de Pierre Salle[1].

Par cette vente, l'acquéreur accepte d'élever les sept hôtels, tous identiques, sur une durée n'excédant pas les trois ans à partir du . L'hôtel, réalisé comme les autres par le maître maçon, Gennebault-Delassaulx, est considéré terminé en 1744, après de nombreux désagrément qui entraînent alors des dépenses imprévues et coûteuse, notamment au sujet des fondations, rendues difficiles par la proximité avec la Seine. Ce sont, entre autres, ces désagréments qui ont raison de l'indivision de Pierre Salle avec Armand-Claude Lefranc de Jettonville, par la liquidation de la société le , Pierre Salle rachetant les parts de son ancien associé et devenant pleinement propriétaire. Tout comme les six autres, l'hôtel est mis en location à partir de 1745, à la duchesse de Saint-Pierre qui l'occupe jusqu'en 1751[1].

Le , l'hôtel est vendu par Pierre Salle à Alexandre-Louis Gagnat, baron de Longny pour 135 000 livres dont 25000 de mobilier. Ce dernier meurt dans l'hôtel en 1764, et ce sont ses filles, Adélaïde et Sophie, marquise de Louvois qui vendent l'hôtel à Jean-Baptiste-Elie Camus de La Guibourgère, ancien maire de Paris (1758-1764), par acte établi par Me. Blacque, notaire à Paris le [1].

Le seigneur de Pontcarré, meurt dans l'hôtel le , passant la propriété à son fils, Louis-Jean. L'année suivante ce dernier loue l'hôtel moyennant la somme de 8 000 livres par an à Joseph Hyacinthe François-de-Paule de Rigaud, comte de Vaudreuil. Afin de payer ses créanciers, ce dernier se sépare de l'hôtel le , pour la somme de 140 000 livres dont 98000 serviront à solder ses créances, en faveur d'Anne Robert Jacques Turgot, contrôleur général des Finances du roi Louis XVI et fils de Michel-Etienne Turgot, marquis de Soumont qui laissa son nom au fameux plan de Turgot[1].

S'empressant d'évincer le comte de Vaudreuil de sa location moyennant finance, Turgot décède néanmoins endetté dans un hôtel en partie en travaux le . Son frère, Etienne-François et sa sœur, Françoise-Hélène, duchesse de Saint-Aignan, héritent de la propriété. Dès le , ils vendent l'hôtel pour 160 000 livres, à Jean-Thérèse-Louis de Beaumont, marquis d'Autichamp par acte passé devant Me. Arnaud, notaire à Paris[1].

Frits Lugt et son épouse Jacoba Klever

En 1789, la Révolution éclate, le marquis est contraint à l'exil et l'hôtel est mis sous séquestre puis finalement devient propriété du Département. À partir du 13 ventôse an II (), l'hôtel est loué par le Département au citoyen Girette pour 3 000 livres par an. L'hôtel est cédé en démembré au citoyen Musset et à Joseph-Henri-Guislain Goessens, négociant à Bruxelles, le 2 fructidor an III (), à la suite de la première loterie nationale instaurée par la Convention en date du 29 germinal an III (). L'hôtel porte le no 144426 de cette loterie. Ces derniers vendent l'hôtel à peine dix mois plus tard, le 16 fructidor an IV (), à Pierre-Nicolas Nolleval. Les enfants de ce dernier vendent l'hôtel à leur tour pour la somme de 34 000 francs, le 25 pluviôse an IX (), à Gertrude Preuss qui meurt peu de temps plus tard, laissant la propriété à ses trois enfants mineurs. L'hôtel est donc mis en adjudication et acquis pour 85 000 francs, durant l'audience des criées du tribunal de la Seine le , par le comte Claude-Silvestre Colaud. La veuve et les héritiers de ce dernier, vendent l'hôtel le , Amédée-Marie-Charles-François, marquis d'Harcourt et pair de France pour la somme de 240 000 francs. George Trévor, comte d'Harcourt et Marie-Augusta, comtesse de Castries, enfants du précédent vendent l'hôtel le , à Françoise-Victurienne de Rochechouart de Mortemart, par mariage duchesse de Crillon, déjà liée à la famille par sa mère, née d'Harcourt, moyennant 225 000 francs[1].

La duchesse s'éteint le en son château de Crillon. La propriété échoit en son veuf, Félix Berton des Balbes, 5e duc de Crillon et à leurs cinq filles. Le duc meurt à son tour dans l'hôtel le et la propriété échoit en indivision à ses cinq filles puis plus tard uniquement à Anne Victurienne dite Juliette, mariée au comte Sigismond de Lévis-Mirepoix. L'hôtel est hérité par l'aîné de leurs quatre fils, Gaston, comte de Lévis-Mirepoix. Ce dernier, après son mariage avec Marie-Thérèse d'Hinnisdal, le , fait démolir les anciens communs de l'hôtel sur la rue de Lille, et fait appel, en 1894, à l'architecte Louis Parent, alors très en vue, la construction d'un second hôtel de cinq niveaux, plus confortable et moderne afin de laisser l'ancien hôtel à l'occupation de sa mère, la comtesse douairière, qui décède dans l'hôtel en 1900. Le comte décède le et sa veuve vend l'hôtel à la duchesse d'Estissac de la Rochefoucault en 1928. Cette dernière vend à son tour l'hôtel en 1953, au couple de collectionneurs néerlandais, Frits Lugt et Jacoba Klever pour y installer leur fondation Custodia créée en 1947 et toujours occupante et propriétaire de nos jours[2].

Description

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Lors de sa vente du , l'hôtel est décrit comme suit :

« une grande maison,… rue de Bourbon,… consistante en cour, écurie, remise, jardin, appartements de maîtres, logemens de domestiques, appartenances et dépendances…, tenant d'une part, à droitte, à . . . (sic), d'autre, à gauche à M. le marquis de Berranger, par devant, sur la rue de Bourbon, et par derrière sur la rue de l'Université…; »[1]

Bâtiment dit hôtel de Lévis-Mirepoix, entrée de l'hôtel au no 121, rue de Lille.

Puis, lors de sa vente du  :

« Un hôtel,… rue de Lille (rue de Bourbon), no 103. Désignation. - Cet hôtel à son entrée principale par la rue de Lille. Il consiste en un bâtiment sur la rue, simple en profondeur, élevé d'un rez-de-chaussée, d'un entresol, d'un premier étage carré, avec lucarne à foin au-dessus. - Un autre corps de bâtiment en aile, joignant le précédent, aussi simple en profondeur, élevé d'un rez-de-chaussée, d'un entresol, d'un premier étage carré et d'un comble en appentis, couvert en ardoises. - Un troisième corps de bâtiment au fonds de la cour, élevé d'un étage de caves, dont la partie du côté de la cour forme caves et étage de soubassement, d'un rez-de-chaussée, d'un entresol, d'un premier étage carré et d'un comble couvert en ardoises. - Entre ces corps de bâtimens, une cour carrée, fermée du quatrième côté par un mur dans lequel existe un puit commun. - Derrière le corps de bâtiment du fonds de la cour, un jardin, clos de murs, s'étendant sur la rue de l'Université, sur laquelle il a une sortie. - Ensemble les glaces, poëles, boiseries dépendant de l'hôtel… - L'hôtel… portait autrefois le no 540 sur la rue de Lille … »[1]

En 1894, les communs de l'hôtel sur la rue de Lille sont détruit pour être remplacé par un nouveau bâtiment de cinq étages dit hôtel de Lévis-Mirepoix, réalisé par l'architecte Louis Parent. Le 1er et le 2e étage sont alors occupés respectivement par l'appartement du comte de Lévis-Mirepoix et de la comtesse. Les 3e et 4e étage sont occupés par le personnel. En 1953, lors de l'achat par le couple Lugt-Klever, les deux bâtiments sont l'objet de travaux importants, notamment l'importation, depuis les Pays-Bas, de nombreux éléments de décor[2].

De 1957 à 2013, le bâtiment sur rue dit hôtel de Lévis-Mirepoix, est occupé en location en totalité par l'Institut néerlandais[2].

Depuis 2013, ce dernier est occupé en sous-sol, au rez-de-chaussée, au 1er et au 4ème étage par la fondation Custodia qui n'occupait jusqu'à lors que l'hôtel Turgot en lui-même. Le 2ème étage est occupé par la Terra Foundation for American Art. Il ne reste aujourd'hui, rien des décors intérieurs d'origine de l'hôtel[2].

Hommage

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Plaque apposé sur la façade au no 108, rue de l'Université

Une plaque est apposée sur la façade du 121, rue de Lille en hommage à Turgot, décédé dans l'hôtel en 1781.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France. Auteur du texte, « Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France », sur Gallica, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 Mosquito, « Hôtels Turgot et Lévis-Mirepoix », sur Fondation Custodia, (consulté le )

Voir aussi

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Sources

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  • Michel Gallet, Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle : Dictionnaire biographique et critique, Paris, Éditions Mengès, , 493 p. (ISBN 2-85620-370-1)

Articles connexes

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Lien externe

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