Hôtel de Clermont (Paris)

hôtel particulier dans le 7e arrondissement de Paris

L’hôtel de Clermont est un hôtel particulier situé dans le 7e arrondissement de Paris, 69 rue de Varenne. Il s'étend sur 4 250 m2.

Hôtel de Clermont
L'hôtel de Clermont en 2023.
Présentation
Destination initiale
Résidence de la marquise de Saissac
Destination actuelle
Architecte
Construction
Propriétaires
Patrimonialité
Localisation
Arrondissement
Commune
Coordonnées
Carte

Historique

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L'hôtel de Clermont, l'un des plus anciens hôtels particuliers du faubourg Saint-Germain[2], a été édifié de 1708 à 1714 sur des plans de l'architecte Jean-Baptiste Alexandre Le Blond, pour la marquise de Saissac, née Jeanne Pélagie d'Albert de Luynes, épouse de Louis III de Saissac, comte de Clermont[3].

Sans enfant, veuve dès 1705, celle-ci mourut en 1756, léguant l'hôtel à son petit-neveu Charles Louis d'Albert, duc de Luynes et de Chevreuse[4].

Ce dernier le vend à sa parente Anne Josephe Bonnier de La Mosson, épouse de Michel Ferdinand d'Albert d'Ailly, duc de Chaulnes, laquelle le revend en 1769 à Pierre Gaspard Marie Grimod d'Orsay.

Collectionneur très actif, celui-ci réunit de nombreux objets d'art dans son hôtel, qu'il fait redécorer par l'architecte Jean Augustin Renard[2]. C'est de cette époque que datent les plus beaux décors intérieurs de l'hôtel, à l'exception des boiseries de la salle à manger, qui proviennent du château de Marly[5].

Marié avec la princesse allemande Marie Anne Elisabeth de Hohenlohe Waldenbourg, Pierre Gaspard Marie Grimod d'Orsay émigre dès 1789 et son hôtel lui est confisqué comme bien national. Passé alors entre diverses mains, il échoit en 1836 à Jacques Juste Barbet de Jouy, qui l'ampute vers 1837, d'une partie de ses jardins pour ouvrir, sur son côté est, la rue Barbet-de-Jouy. En 1838, Jacques-Juste Barbet de Jouy revend l'hôtel de Clermont à Rosalie Paulée, épouse de Tanneguy Duchatel, plusieurs fois ministre sous Louis-Philippe. L'hôtel est alors complètement restauré par Louis Visconti. Ce dernier surélève le bâtiment d'un étage et ajoute à la façade sur cour un vaste péristyle couvert[2].

Le mariage de Marie d'Harcourt, fille du comte Bernard d'Harcourt, avec le comte Charles Duchâtel, fils de Tanneguy Duchatel, a eu lieu le 17 juillet 1874[6]. Le 29 novembre 1888, les d'Harcourt habitaient l'Hôtel de Clermont, appelé à l'époque Hôtel Duchâtel, 69 rue de Varenne, et ils y reçurent pour le mariage de leur autre fille Gilonne d'Harcourt avec Alexandre Catoire de Bioncourt[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13].

Le bureau du ministre en 2015.

Depuis 1948, l’hôtel de Clermont appartient à l’État[2]. Il accueille d'abord la Haute Cour de justice, puis le Commissariat à l'énergie atomique et, successivement, plusieurs ministères. Il est actuellement occupé par le ministère des relations avec le Parlement[14].

Façade sur jardin.
Salon (détail).

Selon certaines rumeurs, l’État a voulu le vendre début 2012[15]. Le , le ministre Alain Vidalies inaugure un mur à l'effigie de tous les ministres qui ont occupé ce portefeuille depuis 1943[16],[17].

Description

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L'hôtel de Clermont possède notamment un escalier avec rampe en fer forgé, des plafonds peints et une salle à manger donnant sur un jardin d'un demi-hectare[18].

Protection

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L'hôtel de Clermont, ses façades, ses toitures, sa cour, ses jardins, une partie des décors intérieurs, sont classés monuments historiques une première fois en 1949[19] puis par arrêté du .

Notes et références

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  1. ↑ « Ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement », sur service-public.fr.
  2. 1 2 3 4 « Hôtel de Clermont », notice no PA00088708, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. ↑ Patrick Hernandez, « L'hôtel de Clermont à Paris », Bulletin du Groupe de recherches et d'études du Clermontais, vol. 161-162-163,‎ , p. 20-23 (lire en ligne, consulté le ).
  4. ↑ Jacques Hillairet, dictionnaire historique des rues de Paris, tome 2, Paris, Les Editions de Minuit, , 740 p., p. 597-598
  5. ↑ Yvan Christ, Jacques Silvestre de Sacy, Philippe Siguret, Le Faubourg Saint Germain, Paris, Henri Veyrier, , p. 300-303
  6. ↑ Borel d'Hauterive, « Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 42e année, 1886, Paris, entrée d'Harcourt : Bernard-Hippolyte-Marie d'Harcourt, Élisabeth de Saint-Priest, Marie d'Harcourt mariée au comte Duchâtel, Gilonne d'Harcourt née en 1867. », sur https://archive.org
  7. ↑ « Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, Paris, H. Champion, 1905, passage sur le 'sauvetage de l'hôtel Duchâtel, sis rue de Varenne, n° 69' et le comte Duchâtel, ancien ambassadeur et fils de l'ancien ministre. »
  8. ↑ « Assemblée nationale, base Sycomore, fiche 'Charles, Jacques, Marie, Tanneguy Duchatel', né en 1838, mort en 1907, député de Charente-Inférieure de 1885 à 1889. », sur assemblee-nationale.fr.
  9. ↑ Borel d'Hauterive, « Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 42e année, 1886, Paris, entrée d'Harcourt : Bernard-Hippolyte-Marie d'Harcourt, Élisabeth de Saint-Priest, Marie d'Harcourt mariée au comte Duchâtel, Gilonne d'Harcourt née en 1867. »
  10. ↑ « Le Sport, 28 novembre 1888, P. Demain jeudi la bénédiction nuptiale sera donnée en la chapelle de la Nonciature par Mgr Rotelli à Mlle Gillone d’Harcourt et à M. Alexandre Catoire de Bioncourt. Les invitations sont envoyées pour la mariée au nom du comte Bernard d’Harcourt, ancien ambassadeur, et de la comtesse née Saint-Priest, ses père et mère, pour le marié au nom de Mme Pierling, sa grand-mère, et de Mme Catoire de Bioncourt, sa mère. Un lunch aura lieu après la cérémonie chez la comtesse d’Harcourt, qui habite rue de Varennes une partie du magnifique hôtel de sa fille aînée, la comtesse Duchâtel. », sur Gallica, .
  11. ↑ « Le Gaulois, 30 novembre 1888, page 1, colonne 3 - Le mariage du comte Catoire de Bioncourt avec Mlle Gillone-Henriette d’Harcourt, fille du comte Bernard d’Harcourt, ancien ambassadeur de France près le Saint-Siège et à Londres, a été célébré hier, à midi, à la chapelle de la Nonciature.(...) Après la cérémonie religieuse, les invités se sont rendus chez les parents de la mariée, à l’hôtel de la rue de Varenne, où un lunch a été servi. », sur Gallica
  12. ↑ « La revue illustrée - 25 avril 1911 - La branche cadette, fixée en Russie, est représentée par Alexandre-Auguste Catoire de Bioncourt, né à Moscou, le 25 avril 1863, chevalier de la Légion d’Honneur, gentilhomme de la Chambre de S. M. l’Empereur Nicolas II et Conseiller d’État, marié à Gilone-Henriette-Marie d’Harcourt, fille du comte Bernard d’Harcourt, ancien Ambassadeur, Commandeur de la Légion d’Honneur, et d’Élisabeth de Saint-Priest. », sur Gallica, .
  13. ↑ Ludovic de Magny, « Recueil de généalogies de maisons nobles de France. Extrait du Nobiliaire universel, 1894, notice 'Catoire de Bioncourt' : branche russe, Alexandre-Auguste Catoire de Bioncourt, mariage avec Gilone-Henriette-Marie d'Harcourt le 29 novembre 1888. »
  14. ↑ « Page du ministre délégué auprès de la Première ministre, chargé des Relations avec le Parlement sur le site du Gouvernement »
  15. ↑ David Bensoussan, « Matignon veut vendre quatre joyaux immobiliers de l'État », Challenges,‎ (lire en ligne).
  16. ↑ « Le mur d'Alain Vidalies pour l'histoire », Le Figaro, encart « Culture »,‎ 11-12 janvier 2014, p. 36 (lire en ligne).
  17. ↑ « Le dur métier de ministre des Relations avec le Parlement », Le Figaro, encart « Culture »,‎ , p. 46 (lire en ligne).
  18. ↑ Caroline Pigozzi, « MAM : "France, ton patrimoine immobilier fout le camp" », Paris Match, no 3279,‎ 22 au 28 mars 2012, p. 102 (lire en ligne).
  19. ↑ « Immeubles parisiens classés monuments historiques », Combat, 6 août 1949, sur RetroNews.

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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