Hôtel de Felzins

hôtel particulier à Toulouse (Haute-Garonne)

Hôtel de Molinier

Hôtel de Molinier,
de Cathelan ou de Felzins
La façade de l'hôtel sur la rue de la Dalbade.
Présentation
Type
Destination initiale
résidence de Gaspard de Molinier
Destination actuelle
propriété privée
Style
Construction
milieu du XVIe siècle
Patrimonialité
Localisation
Pays
Commune
Adresse
Coordonnées
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L’hôtel de Molinier, également désigné comme l’hôtel de Cathelan et de Felzins, est un hôtel particulier, situé au no 22 rue de la Dalbade, dans le centre historique de Toulouse. Construit au milieu du XVIe siècle pour le conseiller au parlement Gaspard Molinier, il est ensuite la propriété de la famille de Cathelan entre 1601 et 1794. C'est alors qu'il passe à Raymond Dumas, ancien procureur au parlement, puis à son beau-fils, Pierre Louis Anet Dufau de Felzins. Les élévations sont modifiées par ce dernier et par son fils au cours du XIXe siècle.

L'hôtel est représentatif des hôtels particuliers de la Renaissance toulousaine. Il est particulièrement remarquable pour son portail maniériste sur la rue de la Dalbade, au décor riche et exubérant, un des plus beaux de la ville. L'hôtel est classé aux monuments historiques en 1889[1].

Localisation

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Histoire

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La construction de l'hôtel de Molinier

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Gaspard de Molinier (vers 1500-1570) appartient à une famille de la noblesse de robe toulousaine. Licencié en droit, avocat en 1524, il est juge d'Albigeois avant d'être reçu conseiller au parlement de Toulouse entre 1537[2],[3]. Il épouse la même année Jeanne de Baussonnet[N 1],[3]. C'est à la même époque qu'il achète deux petites maisons contiguës avec jardins, bordant la rue du Temple (emplacement de l'actuel no 22 rue de la Dalbade, et y fait construire un vaste logis[2],[3].

En 1550, Gaspard de Molinier s'adresse au maître maçon Jean Molières, qu'il engage afin de travailler à sa nouvelle demeure : l'année suivante commence la construction d'un premier corps de bâtiment, en milieu de parcelle mais n’occupant que le tiers de la largeur de celle-ci, complété par un deuxième corps de bâtiment, disposé perpendiculairement au premier : l'ensemble forme ainsi un édifice en L qui encadre une cour d'honneur, séparée de la rue par un mur[3]. En 1552, la construction se poursuit avec le tailleur de pierre Raymond Bessac, qui élève les deux corps de bâtiments de deux étages et reliés par une tourelle d'angle[4]. Enfin, en 1555, la construction est achevée par l'édification du mur de clotûre, complété l'année suivante par l'aménagement d'un imposant portail[5] : décalée sur la droite, l'ouverture permet la construction d'un troisième corps de bâtiment, probablement après 1560, sur le côté nord de la cour d'honneur et en retour du logis, composé d'un portique supportant deux étages d'habitation[5].

En 1570, à la mort de Gaspard Molinier, l'hôtel passe à son fils, Guillaume de Molinier, conseiller au présidial de Toulouse. Il ne semble pas avoir fait de travaux dans l'hôtel de son père[6].

L'hôtel de Cathelan

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En 1600, un an après la mort de Guillaume de Molinier, sa veuve, Marie de Ferrier, le vend à Jean de Cathelan, conseiller du roi et trésorier général pour la généralité de Languedoc. En 1630, l'hôtel passe à ses deux fils, Aymable et François de Cathelan. C'est finalement Aymable, conseiller au parlement en 1635, marié la même année à la fille du vicomte de Saint-Geniès, Isabeau de Ciron, qui hérite de la totalité de l'hôtel en 1646. En 1679, il achète une partie de l'immeuble d'Étienne de Bonald, conseiller au parlement, et fait construire un logis au nord du jardin[6],[5].

L'hôtel reste dans la famille de Cathelan jusqu'à la Révolution française. D'importantes modifications ont lieu vers 1760-1770 : ainsi, la plupart des fenêtres sont modifiées, entraînant la destruction des croisées[5], tandis que la grande salle est réduite afin de permettre le percement d'un passage reliant la cour d'honneur au jardin, transformé en seconde cour[7]. C'est probablement à la même époque que, au revers du portail, une pièce en coursive et éclairée par deux petites fenêtres placées de part et d’autre du portail, est aménagée au-dessus d'une partie de la cour d'honneur[8].

L'hôtel de Felzins

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En 1794, l'hôtel est vendu à Raymond Dumas (1747-), ancien procureur au parlement. Sa fille, Sophie Dumas (1779-1866), qui hérite de l'hôtel, épouse Adrien Dufau (1777-), baron de Felzins. Ils ont un fils, Adolphe Dufau de Felzins (1810-1891), marié à Mathilde de Carayon Talpayrac (1821-1879). Leur fils, Raymond Dufau de Felzins (1846-1913), est le fondateur et premier directeur de la Caisse d'épargne de Toulouse. Les propriétaires engagent au cours du XIXe siècle d'importants travaux de restructuration de l'hôtel[9] : dans la première cour, les arcades du portique sont fermées, afin de permettre l'aménagement de nouvelles pièces d'habitation. Dans la seconde cour, un grand bâtiment est construit en 1835, ainsi que des écuries[8].

En 1889, l'ensemble de l'hôtel est protégé au titre des Monuments Historiques[1]. Une campagne de restauration du portail est menée en 2000-2001 par Bernard Voinchet, architecte des Monuments historiques[10].

Description

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L'hôtel se compose de plusieurs corps de bâtiment, à l'origine entre cour et jardin. L'édifice s’organise aujourd’hui autour de trois cours, le jardin ayant été transformé en cour au XVIIe siècle. Les matériaux employés sont la brique, la pierre et exceptionnellement le marbre : les jeux de polychromie sont recherchés sur l'ensemble des élévations du XVIe siècle et mettent en valeur l'architecture. En France, les façades enrichies de marbres se rencontrent d'ailleurs dans les demeures royales de la seconde moitié du XVIe siècle et de la première moitié du XVIIe siècle, mais peuvent aussi être employées dans les régions proches des voies de transport de marbres, comme celui des Pyrénées à Toulouse[10].

Le corps de bâtiment sur la rue de la Dalbade date du XVIe siècle, malgré des remaniements du XIXe siècle. Il s'ouvre par un portail, parfois attribué à Nicolas Bachelier, construit en 1556. Il est trop étroit pour laisser passer les carrosses, qui ne pourraient de toute façon pas manœuvrer dans la cour[2]. Richement décoré, le portail est encadré de deux paires de colonnes corinthiennes jumelées. Sa décoration est significative du style maniériste par l'exubérance de son traitement et son vocabulaire ornemental : bestiaire fantastique, jeux des reliefs, des matériaux et des couleurs[10]. Il porte la date de sa construction et la devise stoïcienne, sustine et abstine. Le linteau de boiserie de la porte conserve de belles sculptures en bas-relief[11]. Tout le portail affirme la richesse du commanditaire par son élévation entièrement en pierre avec des incrustations de marbre[10].

L'intérieur de l'hôtel a été profondément remanié au XIXe siècle. La première cour est très étroite et la distribution générale est permise par une tour d’escalier en fond de cour. La similitude des marbres du portail avec ceux de la frise de cette cour indique que les deux éléments auraient été réalisés durant la même campagne de travaux ou par le même sculpteur. Mais il ne reste de l'hôtel construit pour Gaspard Molinier que les deux arceaux surmontés de cabochons de marbre et la tour d'escalier. Les remaniements ont particulièrement affecté certaines baies[10], tandis que le passage entre les deux cours a été aménagé aux dépens de la salle dite « de la Belle Cheminée »[2].

Dans la deuxième cour, qui était autrefois le jardin, on estime que les travaux ont été réalisés autour des années 1550-1552. Trois corps de bâtiments en « U », construits à des époques différentes, du XVIIe siècle au XIXe siècle, viennent entourer cette cour, plus grande que la première[10]. On trouve une fenêtre Renaissance et une tourelle d'angle en encorbellement. Une salle du rez-de-chaussée a conservé sa cheminée monumentale du XVIe siècle, de style Henri II. Elle porte, gravé au-dessus du bas-relief supérieur, qui représente le demi-dieu Hercule, les mentions Hercules Gallicus et Charitas nunquam excidit. Deux médaillons représentent des empereurs romains[12].

Une troisième cour se développe latéralement en fond de parcelle. Elle est entourée de deux corps de bâtiments en angle droit, eux aussi construits à des époques différentes[10].

Notes et références

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  1. Elle a souvent été considérée comme la sœur de Jean de Boyssoné, docteur régent de l'université en 1537.

Références

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  1. 1 2 3 Notice no PA00094548, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. 1 2 3 4 Chalande 1914, p. 231.
  3. 1 2 3 4 Julien et Debuiche 2016, p. 152.
  4. Julien et Debuiche 2016, p. 154.
  5. 1 2 3 4 Julien et Debuiche 2016, p. 155.
  6. 1 2 Chalande 1914, p. 232.
  7. Julien et Debuiche 2016, p. 155-156.
  8. 1 2 Julien et Debuiche 2016, p. 156.
  9. Chalande 1914, p. 232.
  10. 1 2 3 4 5 6 7 Prat, Debuiche et Zimmermann, 1996 et 2008.
  11. Chalande 1914, p. 230-231.
  12. Chalande 1914, p. 230.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse - 39 - L'hôtel Molinier » », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, Toulouse, 11e série, t. II, , p. 230-232 (lire en ligne).
  • Pierre Lavedan, « Anciennes maisons - Hôtel de Felzins ou Molinier », dans Congrès archéologique de France. 92e session. Toulouse. 1929, Paris, Société française d'archéologie, , 588 p. (lire en ligne), p. 152-153
  • Pascal Julien et Colin Debuiche, « Architecture et décors de l'hôtel Molinier : « demeurance » parlementaire de la Renaissance toulousaine », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, tome LXXVI, Toulouse, 2016, p. 151-179 (lire en ligne).
  • Guy Ahlsell de Toulza, Louis Peyrusse et Bruno Tollon, Hôtels et demeures de Toulouse et du Midi toulousain, éd. Daniel Briand, Drémil-Lafage, 1998.
  • Patrice Cabau, « Portail de l'hôtel de Molinier, au no 22 rue de la Dalbade : “SUSTINE ET ABSTINE” », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, tome LXVI, Toulouse, 2006, p. 230-232.
  • Pascal Julien, « L'hôtel de Molinier, architecture en majesté de la Renaissance toulousaine », Merveilleusement entendu en architecture : mélanges en l'honneur de Claude Mignot, Presses de l'université Paris-Sorbonne, Paris, 2018.
  • Rémi Papillault, Les hôtels particuliers du XVIe siècle à Toulouse, Les Amis des Archives de la Haute-Garonne, Toulouse, 1996.

Articles connexes

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Liens externes

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