Hôtel de ville de Limoges
L'hôtel de ville de Limoges est un édifice public situé dans la ville de Limoges, commune française du département de la Haute-Vienne.
| Type |
Hôtel de ville, équipement (en) |
|---|---|
| Style | |
| Architecte | |
| Construction |
1876-1883 |
| Ouverture | |
| Propriétaire |
Ville de Limoges (d) |
| Usage | |
| Gestionnaire |
Ville de Limoges (d) |
| Patrimonialité |
| Division administrative | |
|---|---|
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
Situé au 1, square Jacques-Chirac, à la porte sud du centre-ville, il accueille les institutions municipales de la commune.
Le bâtiment, édifié au XIXe siècle et inscrit aux monuments historiques depuis , est largement détruit par un incendie criminel consécutif aux manifestations du .
Histoire
Ancien hôtel de ville
À la fin du XVe siècle, la maison des consuls prend place dans l'actuelle rue du Consulat, en plein cœur du quartier historique du Château, et y demeure jusqu'à la Révolution[1].
Parallèlement, sous l'Ancien Régime, un quartier administratif et judiciaire se constitue place du présidial.
En , il est décidé d'installer les institutions municipales place Saint-Gérald, sur l'emplacement de l'actuel hôtel de ville. Pendant un temps, la commune loue les murs d'un ancien couvent des chanoines réguliers de la Congrégation de France, avant de racheter le modeste édifice en [2].
Bâtiment actuel

L'hôtel de ville, inauguré en , s’élève à l'emplacement de l'ancien forum antique.
Sa construction a été rendue possible par l'important legs d'Alfred Fournier, riche propriétaire rentier limougeaud, mort sans descendance le [3]. Un buste sculpté de celui-ci orne le hall d'entrée, placé au centre de l'escalier d'honneur[note 1].
Avant l'inauguration du nouvel édifice, les services communaux avaient été provisoirement transférés à l'hôtel Martin de La Bastide, situé rue Turgot[4].
Architecture et décor
Le bâtiment, conçu par Charles-Alfred Leclerc, grand prix de Rome et architecte des palais de Versailles et du Trianon[5], est inauguré le [6]. Les trois corps de bâtiments avec une toiture en ardoise sont dominés par un campanile.
La façade principale mêle les styles Renaissance et Louis XIII, et son esthétique s'inspire largement de celle de l'hôtel de ville de Paris[7]. Elle comporte une horloge supportant le blason de Limoges, entourée de deux frontons sur lesquels figurent deux grandes allégories de Tony Noël, représentant L'Orfèvrerie et L'Émaillerie[5].
Quatre médaillons en céramique, œuvre de l'italien Giandomenico Facchina[8], qui a notamment travaillé pour le Petit Palais, la basilique du Sacré Cœur ou encore la basilique de Lourdes[3], accueillant les portraits de quatre limougeauds célèbres : Léonard Limosin, Henri François d'Aguesseau, Pierre Victurnien Vergniaud et Jean-Baptiste Jourdan, sont situés de part et d'autre du blason.
- Détails de la façade avant l'incendie du
- Fronton : l'horloge entourée des allégories de l'Orfèvrerie et de l'Émaillerie, du blason de la ville et de médaillons à l'effigie d'Henri François d'Aguesseau et Pierre Victurnien Vergniaud.
- Blason de la ville.
- Allégorie de l'Orfèvrerie par Tony Noël.
- Allégorie de l'Émaillerie par Tony Noël.
- Campanile.
- Le vase émaillé au sommet de la fontaine, avec le fronton de l'hôtel de ville à l'arrière.
À l'intérieur deux huiles sur toiles marouflées en dessus-de porte exécutées par le peintre d'histoire français Henri-Paul Motte (-) ornent le palier du 1er étage de l'escalier d'honneur : Passé et Présent : union du Limousin à la France par Henri IV[9] (salon de ) et son pendant L'Atelier de Léonard Limosin[10] (). Le plafond du salon bleu est peint par Jean-Joseph Weerts et la salle des mariages par Urbain Bourgeois[11].
Au milieu du square situé devant l'entrée du bâtiment se trouve une fontaine de porcelaine, bronze et granit construite entre et [5]. Initialement prévue pour la place de la République et voulue par Auguste Louvrier-de-Lajolais, directeur de l'École nationale d'art décoratif de Limoges, elle est l'œuvre de Charles Genuys, architecte en chef du dôme des Invalides, et est le fruit d'une collaboration entre les écoles de Paris et de Limoges[12]. Le square porte le nom de Jacques Chirac depuis [13].
L'hôtel de ville fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le [6]. En , la municipalité, associée à la Fondation du patrimoine, lance un appel au mécénat populaire pour financer les travaux de rénovation du bâtiment[14].
Destruction par incendie
Lors des manifestations du , des émeutiers pénètrent dans l'hôtel de ville, menacent les personnels[15] et mettent le feu. Le campanile au sommet de la mairie s'effondre à cause de l'incendie et une grande partie du bâtiment est détruite[16],[17],[18],[19]. Trois suspects sont successivement arrêtés dans les jours qui suivent. Le principal suspect est membre de l'ultra-gauche[19]. Les deux premiers suspects sont mis en examen le 23 octobre et placés en détention provisoire[20].
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, se rend à Limoges six jours plus tard et confirme que « le contribuable local ne mettra pas 1 euro » dans la reconstruction et que le classement de l'édifice aux monuments historiques facilitera l'exécution des travaux[21]. La Fondation du patrimoine lance une collecte de fonds qui connaît un succès rapide et important[22].
- Incendie de l'hôtel de ville de Limoges
- Incendie en cours au soir du .
- Incendie en cours.
- Le campanile en feu.
- Effondrement du campanile.
- Phase critique de l'incendie, après effondrement du campanile.
- Après l'incendie
- L'hôtel de ville au lendemain de l'incendie.
- L'hôtel de ville au lendemain de l'incendie.
- Point de départ présumé du sinistre.
- Détail.
Histoire politique
Fin , le roi des Belges Léopold III choisit, non sans heurts, de capituler face à l'invasion allemande. Une partie des ministres — dont leur chef Hubert Pierlot — et des parlementaires belges quitte la Belgique. Après avoir trouvé refuge à Poitiers, les exilés rallient Limoges le , où ils sont accueillis par le maire Léon Betoulle, et condamnent par un vote la capitulation du souverain, ouvrant la voie à la future Question royale. Ils occupent plusieurs bureaux de la mairie et de la préfecture. Les drapeaux belges sont déployés au côté des drapeaux français[23]. Certains, dont Pierlot, fuient vers Sauveterre-de-Guyenne durant l'été et, acculés par le régime de Vichy, passent clandestinement en Angleterre.
En , la majorité municipale décide de changer l'adresse officielle de la mairie, et de remplacer « place Léon-Betoulle » par « square Jacques-Chirac », du nom du petit jardin public au centre de ladite place, ainsi baptisé en . Cette décision suscite les critiques de l'opposition au conseil municipal[24].
Dans les arts et la culture
La première scène du film Un balcon à Limoges, sorti en , se tient devant l'hôtel de ville, qui apparaît en plan fixe sur le générique.
Administration
Guillaume Guérin (LR) est le maire de la commune de Limoges depuis le .
Notes et références
Notes
- ↑ Le buste porte l'inscription « J'institue pour mon héritière générale et universelle de tous les biens meubles et immeubles que je laisserai à l'heure de mon décès la ville de Limoges. , Fournier ».
Références
- ↑ Service Ville d'art et d'histoire, « Laissez-vous conter l'hôtel de ville de Limoges » [PDF], sur limoges.fr (consulté le ).
- ↑ « Limoges : coup d'œil dans le rétro », Limoges Infos 87, (consulté le ).
- 1 2 Lefèvre et Capot 2009.
- ↑ Ducourtieux 1884.
- 1 2 3 Ferrer et Grandcoing 2003.
- 1 2 « Hôtel de ville et Fontaine », notice no PA00100361, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Vincent Gibert, « : à Limoges, les images de l'effondrement du clocher de l'hôtel de ville datant de », sur Le HuffPost, (consulté le ).
- ↑ Rémi Koltirine, Ville de Limoges, Fondation du patrimoine, Limoges Patrimoine, Paris, Apore, , 96 p. (ISBN 978-2-918285-00-7).
- ↑ « Passé et Présent : union du Limousin à la France par Henri IV », notice no PM87001110, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture
- ↑ « L'Atelier de Léonard Limosin », notice no PM87001111, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture
- ↑ Didier Rykner, « L'incendie de l'hôtel de Ville de Limoges »
, sur La Tribune de l'Art, (consulté le ). - ↑ Stéphane Capot et Bénédicte Sardin (avec la collab. de Jehanne Lazaj et Colette Chabrely), Entre rêve et réalité : Architecture et urbanisme à Limoges depuis la Révolution (exposition Limoges, Pavillon du Verdurier, - ), Limoges, Archives municipales de Limoges, coll. « Pages d'archives » (no 1), , 141 p. (ISBN 2-901596-15-0).
- ↑ Ville de Limoges, « Extrait des procès-verbaux des délibérations du Conseil municipal » [PDF], sur sig.limoges.fr, Ville de Limoges, (version du sur archive.org).
- ↑ « Souscription - appel à mécénat populaire pour l'hôtel de ville de Limoges »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?) [PDF], sur ville-limoges.fr, .
- ↑ Margot Delpech, « Incendie de la mairie de Limoges : le maire Guillaume Guérin accuse des auteurs qui seraient issus de “l'ultra gauche” », sur actu.fr, (consulté le ).
- ↑ Agnès Raimbault, « Mobilisation du à Limoges : la mairie de Limoges toujours en feu, le campanile, emblème de la ville, s'est effondré », sur franceinfo.fr, France 3 Nouvelle-Aquitaine, (consulté le ).
- ↑ « À Limoges, les images de la mairie incendiée », Le Monde, (consulté le ).
- ↑ Alexandra Filliot, « EN IMAGES. La mairie de Limoges dévastée par les flammes, le point sur les dégâts et le travail des secours », sur franceinfo.fr, France 3 Nouvelle-Aquitaine, .
- 1 2 Nicolas Daguin, « Membre de l'ultragauche, fiché S, parents militants… Ce que l'on sait de Hodei C.D., le principal suspect de l'incendie de la mairie de Limoges »
, Le Figaro, (consulté le ). - ↑ Soren Seelow, « Mobilisation du 17 octobre : l’homme suspecté d’avoir mis le feu à la mairie de Limoges a été mis en examen pour tentative de meurtre sur des policiers municipaux », sur Le Monde,
- ↑ Laurence Caramel, « À Limoges sous couvre-feu, Sébastien Lecornu promet la reconstruction de l'hôtel de ville incendié le et un dispositif sécuritaire fort »
, Le Monde, (consulté le ). - ↑ Clara Vincent, « “Je me suis dit qu'il fallait participer” : le succès inédit de la cagnotte en faveur de l'Hôtel de ville de Limoges », L'info d'ici, ici Limousin, (consulté le ).
- ↑ Bourdelas 2014.
- ↑ Maryline Rogerie, « La mairie de Limoges change d'adresse ! », Le Populaire du Centre, (consulté le ).
Voir aussi
Bibliographie
- Laurent Bourdelas, Histoire de Limoges, La Crèche, Geste, , 269 p. (ISBN 978-2-36746-213-4).

- Paul Ducourtieux, Le nouvel hôtel de ville de Limoges, Limoges, Ducourtieux, .

- Jean-Marc Ferrer et Philippe Grandcoing, Une histoire de Limoges, Limoges, Culture et patrimoine en Limousin, coll. « Patrimoine en poche », , 159 p. (ISBN 2-911167-33-3).

- Lisemarie Lefèvre et Stéphane Capot, D'art et d'histoire : l'Hôtel de Ville de Limoges, -, Limoges, Culture et patrimoine en Limousin, coll. « Ici et là », , 109 p. (ISBN 978-2-911167-60-7).
