Mohammed Saïd Ben Ahmed al-Zawawi al-Djennadi, plus connu sous le nom d’Ibnou Zakri, né en 1853 en Kabylie et mort en 1914 est un ouléma et imam algérien. Clerc musulman officiel, il a œuvré pour la modernisation de l’enseignement des zaouïas en Algérie.

Ibnou Zakri
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière de Sidi Abderrahmane, Alger
Nationalité
Activité
Autres informations
Maître
Titres honorifiques
cheikh

Origines et formation

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Ibnou Zakri naît en 1853 dans le village de Ivessekriene en Kabylie. Son père est un imam[1]. Il suit un enseignement religieux à la mosquée locale puis à la zaouïa de Sidi Abderrahmane à Iloula Oumalou[2].

Il rejoint ensuite la madrasa al-Kittania de Constantine fondée par Salah Bey où il étudie auprès des savants tels que Cheikh El Mouhoub et Abdelkader El Medjaoui. Il fait alors la connaissance de Jean-Dominique Luciani, qui deviendra par la suite administrateur des Affaires indigènes[2].

Une figure précurseur de la modernisation de l’enseignement religieux en Algérie

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Fort de sa formation religieuse, Ibnou Zakri devient un clerc musulman et officie notamment comme mufti de la grande mosquée d’Alger et imam de la mosquée de Sidi Abderrahmane dans la casbah d’Alger[2]. Il s’oppose à la révolution kabyle de 1871 qu’il ne considère pas comme légitime[2].

En 1903, il publie une épître intitulée Awḍaḥ al-dalā’il ‘al ujūb iṣlāḥ al-zawāya bi-bilād al-Qabā’il (Les plus clairs arguments qui prouvent la nécessité de réformer les zāwiyas kabyles)[3]. A travers cet ouvrage, il appelle à la modernisation de l’enseignement dans les zaouïas en Algérie. Cette pensée s’inscrit dans un contexte d’encadrement strict de l’islam par les autorités coloniales françaises[2].

Sa pensée est précurseur du mouvement réformiste algérien, symbolisé notamment par Ibn Badis et l’association des oulémas algériens fondée en 1931[4].

Références

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  1. ↑ Hugh Roberts, « La Kabylie à la lumière tremblotante du savoir maraboutique », Insaniyat / إنسانيات. Revue algérienne d'anthropologie et de sciences sociales, no 16,‎ 2002/avr./30, p. 99–115 (ISSN 1111-2050, DOI 10.4000/insaniyat.7722, lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 Kamel Chachoua, « La part arabe de l’identité berbère Radiographie du patronyme d’Ibnou Zakri (1853-1914) », dans Mutations, identités en Méditerranée, Éditions Bouchène, , 191–206 p. (ISBN 978-2-912946-21-8, DOI 10.3917/bouch.coll.2000.01.0191., lire en ligne)
  3. ↑ Ben Mansour et Abd El Hadi, « Chachoua Kamel, L’islam kabyle, religion, État et société en Algérie, suivi de l’Épître (Rissala) d’Ibnou Zakri (Alger, 1903) Mufti de la Grande Mosquée d’Alger. Maisonneuve & Larose, Paris, 2001 », Bulletin critique des Annales islamologiques, vol. 19, no 1,‎ , p. 48–49 (lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ Kamel Chachoua, « Changer pour conserver "Les intellectuels algériens musulmans en Algérie à l’époque coloniale: l’Islam à l’épreuve de la modernité économique et politique coloniale" », Annals of Japan Association for Middle East Studies, vol. 37, no 2,‎ , p. 165-187 (lire en ligne)