Ibrahim Shasho
Ibrahim Shasho (en arabe : إِبْرَاهِيمُ شَاشُو), né en 1978 à Alep, est un homme politique et religieux syrien, affilié à Ahrar al-Cham puis à Hayat Tahrir al-Cham.
| Ibrahim Shasho | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Mufti d'Alep | |
| En fonction depuis le (1 an, 8 mois et 26 jours) |
|
| Président | Ahmed al-Charaa |
| Prédécesseur | Mahmoud Akkam (ar) |
| Ministre des Dotations (Gouvernement de salut syrien) | |
| – (1 an et 11 jours) |
|
| Président du gouvernement | Ali Keda |
| Gouvernement | Keda I |
| Prédécesseur | Moayad Sahari |
| Successeur | Hossam Haj Hussein (en) |
| Ministre de la Justice (Gouvernement de salut syrien) | |
| – (2 ans, 1 mois et 14 jours) |
|
| Président du gouvernement | Mohammed al-Cheikh Mohammed Jamal Chahoud (intérim) Fawaz Hilal (en) |
| Gouvernement | al-Cheikh Hilal |
| Prédécesseur | Poste créé |
| Successeur | Anas Suleiman |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Ibrahim Mohammed Shasho |
| Date de naissance | (47-48 ans) |
| Lieu de naissance | Alep (Syrie) |
| Nationalité | Syrienne |
| Parti politique | Ahrar al-Cham puis Hayat Tahrir al-Cham |
| Diplômé de | Université de Damas |
| Profession | Comptable, enseignant, cadi |
| modifier |
|
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierIbrahim Shasho est né à Alep en 1978. Il est le fils d'un laitier et n'est pas issu d'une famille d'érudits musulmans (ouléma). Pourtant, il envisage dès son « plus jeune âge » de faire des études et de « devenir cheikh, imam, khatib, érudit, enseignant ». Pendant son adolescence, il s'instruit religieusement en assistant aux cours d'érudits alépins, comme Muhammad Zayn al-'Abidin al-Jadhba (ar), Hassan Khayata ou Daoud Attallah, auprès duquel il mémorise le Coran. Première personne de sa famille à obtenir le baccalauréat, Ibrahim Shasho s'inscrit à la faculté de charia (ar) de l'université de Damas en 1996. Il obtient sa licence en 2000 en faisant partie des dix meilleurs élèves de sa promotion. Par la suite, il poursuit un diplôme d'études supérieures (obtenu en 2001), tout en perfectionnant sa connaissance de la langue arabe à l'Institut islamique al-Fath (ar). Il obtient une maîtrise en jurisprudence islamique et ses principes en 2005, ainsi qu'un doctorat en finance islamique en 2011[1]. Son mémoire de master porte sur « L'erreur et ses effets dans les actes d'adoration et les contrats » et sa thèse sur le contrat de fourniture (ar) ('aqd al-tawrid). Pour financer ses études, il travaille en parallèle comme comptable d'entreprises. À partir de 2009, il commence également à donner des cours à la faculté de charia de l'université d'Alep.
Carrière judiciaire, universitaire et politique
modifierPendant la guerre civile syrienne
modifierAprès le déclenchement de la bataille d'Alep, il fait le choix de rester dans la ville, contrairement à d'autres chouyoukh. Sa mosquée, la mosquée Al-Batoul, située dans le quartier de Zabadiya (ar), sert alors de point de ralliement aux différentes factions révolutionnaires. Des conflits entre elles y sont notamment réglés. Fin 2012, il prend part à la fondation du Conseil de la charia, qui regroupe initialement le Liwa al-Tawhid, les Ahrar al-Cham, le Front al-Nosra et les Suqour al-Cham. En 2014, il devient le chef de son bureau judiciaire. Le de la même année, il est brièvement détenu par le Liwa al-Tawhid pour avoir critiqué l'ingérence de la Cour suprême (nouvelle instance créée par le Liwa al-Tawhid et les Ahrar al-Cham après le départ du Front al-Nosra du Conseil de la charia) dans les nominations à la direction des Awqaf[2]. Ibrahim Shasho participe également à la fondation de la Cour de cassation d'Alep, où il siège un temps comme juge des transactions.
Après la libération d'Idlib en 2015, il devient doyen de la faculté de charia de l'université de la ville (en), qu'il contribue à organiser. Il effectue alors des allers-retours hebdomadaires entre Alep et Idlib, où il donne des cours du samedi au mardi. En 2016, il prend la présidence du tribunal révolutionnaire d'Alep[1]. Lors du siège final de la ville, il se retrouve coincé à Idlib et contraint d'abandonner un grand nombre de ses affaires sur place.
Le , il démissionne de son poste de juge chariatique au sein des Ahrar al-Cham pour protester contre l'adoption de la « loi arabe unifiée » par le mouvement. Celle-ci est basée sur le code pénal arabe unifié adopté en 1996 par la Ligue arabe[3].
En , il devient ministre de la Justice dans le gouvernement de salut syrien (GSS) formé par Hayat Tahrir al-Cham (HTC)[4], puis reconduit en [5]. Il devient ensuite ministre des Dotations le [6], avant d'être remplacé par Hossam Haj Hussein (en) en [7]. Selon des militants, il se rapproche du chef de HTC, Abou Mohammed al-Joulani, pour obtenir de larges pouvoir et lancer des mandats d'arrêts contre ses détracteurs en s'appuyant sur les troupes du groupe[8].
Après son départ du gouvernement, il retourne à l'université d'Idlib, où il redevient professeur et doyen de la Faculté de charia[9].
Le , après la prière de l'aube, il est victime d'une tentative d'assassinat au sortir de la mosquée Al-Fourqane, à Idlib[10]. Grièvement blessé, il est transféré dans un hôpital en Turquie, où il est soigné[8]. Le , le service général de sécurité (en), affilié à HTC, annonce avoir « réussi à tuer le dénommé « Abou Doujana al-Daghestani », membre de l'« organisation Dawla », dans la ville de Dana (en), au nord d'Idlib, un mois après son crime où il a ouvert le feu sur le Dr « Ibrahim Shasho ». »[11]
À la suite de protestations de ses étudiants, qui lui reprochent une mauvaise gestion et de faire preuve de favoritisme, il démissionne de son poste de doyen en [12].
Le , le ministre de la Justice du GSS, Chadi al-Waissi, nomme Ibrahim Shasho à la tête de l'Autorité d'inspection judiciaire. Cette nomination suscite des critiques, certains y voyant une tentative de récompenser les proches de HTC plutôt que de désigner des personnalités nouvelles et qualifiées pour les fonctions judiciaires[13].
Dans la Syrie post-Assad
modifierEn , après la chute du régime Assad, il est nommé mufti d'Alep et doyen de la Faculté de charia de l'université d'Alep par le Commandement général[14]. Dans la foulée, il revient sur sa fatwa, émise l'année précédente, faisant le takfir des dirigeants de l'Égypte et de l'Arabie saoudite, Abdel Fattah al-Sissi et Mohammed ben Salmane, arguant que « la situation a changé ».
Le , il est nommé membre du Conseil supérieur de l'Ifta, par décret du nouveau président de la République arabe syrienne, Ahmed al-Charaa[15].
Références
modifier- 1 2 (ar) « اﻟﺪﻛﺘﻮر اﺑﺮاﻫﯿﻢ ﺷﺎﺷﻮ – وزﯾﺮ اﻟﻌﺪل » [« Le docteur Ibrahim Shasho – Ministre de la Justice »] [PDF], sur syrianmemory.org, (consulté le )
- ↑ (ar) Hana al-Halabi, « المؤسسة الأمنية في حلب تتدخل في عمل المؤسسة الدينية واعتقالات على خلفيةٍ مذهبية تيارات فكرية تؤثر على قرارات المؤسسة الدينية » [« L'institution sécuritaire à Alep intervient dans le travail de l'institution religieuse, avec des arrestations sur fond de divisions sectaires ; des courants idéologiques influencent les décisions de l'institution religieuse »], Enab Baladi, (consulté le )
- ↑ (ar) « استقالة أبرز قضاة “أحرار الشام” رفضًا لـ “القانون العربي الموحد” » [« Démission d'un des juges les plus en vue des « Ahrar al-Cham » en signe de refus du « code arabe unifié » »], Enab Baladi, (consulté le )
- ↑ (ar) « 11 وزيرًا في “حكومة الإنقاذ السورية”.. تعرف عليهم » [« 11 ministres dans le « gouvernement de salut syrien »... découvre-les »], Enab Baladi, (consulté le )
- ↑ (ar) « تعيين فواز هلال رئيسًا لـ”حكومة الإنقاذ” في إدلب » [« Fawaz Hilal nommé à la tête du « gouvernement de salut » à Idlib »], Enab Baladi, (consulté le )
- ↑ (ar) « الإعلان عن أسماء الوزراء الجدد لـ"حكومة الإنقاذ" برئاسة "كدّه" » [« Annonce des noms des nouveaux ministres du « gouvernement de salut » présidé par « Keda » »], Syria TV (en), (consulté le )
- ↑ (ar) « مجهولون يحاولون اغتيال وزير سابق في حكومة “الإنقاذ” » [« Des inconnus tentent d'assassiner un ancien ministre du gouvernement de « salut » »], Enab Baladi, (consulté le )
- 1 2 (ar) « إدلب.. محاولة اغتيال وزير سابق في "حكومة الإنقاذ" » [« Idlib : tentative d'assassinat d'un ancien ministre du « gouvernement de salut » »], Syria TV, (consulté le )
- ↑ (ar) « الذاكرة السورية », sur الذاكرة السورية (consulté le ).
- ↑ (ar) « محاولة اغتيال تطال "إبراهيم شاشو" وزير العدل السابق بحكومة "الإنقاذ" » [« Tentative d'assassinat visant Ibrahim Shasho, ancien ministre de la Justice du gouvernement de « Salut » »], sur Shaam News Network (en), (consulté le )
- ↑ (ar) « “الأمن العام” يكشف ملابسات محاولة اغتيال إبراهيم شاشو ويقتل منفذ العملية » [« La « Sécurité générale » révèle les circonstances de la tentative d'assassinat d'Ibrahim Shasho et tue l'exécuteur de l'opération »], sur Storm Agency, (consulté le )
- ↑ (ar) « إبراهيم شاشو يستقيل من عمادة كلية الشريعة والحقوق في إدلب بعد حراك طلابي » [« Ibrahim Shasho démissionne de la direction de la faculté de la charia et des droits à Idlib après un mouvement étudiant »], sur Hibr Press, (consulté le )
- ↑ (ar) « إعادة تدوير المناصب.. "الإنقاذ" تعين وزيراً سابقاً بمنصب مسؤول قضائي » [« Recyclage des postes... « Le Salut » nomme un ancien ministre à un poste de responsable judiciaire »], sur Shaam News Network, (consulté le )
- ↑ (ar) « مفتي حلب وعميد كلية “الشريعة”.. من إبراهيم شاشو؟ » [« Mufti d'Alep et doyen de la faculté de « charia »... qui est Ibrahim Shasho ? »], Enab Baladi, (consulté le )
- ↑ (ar) « ضم "النابلسي والرفاعي" وعلماء آخرون ... قرار رئاسي بتشكيل مجلس الإفتاء الأعلى في سوريا » [« L'inclusion d'« al-Naboulsi et al-Rifai » ainsi que d'autres savants... Décision présidentielle concernant la formation du Conseil supérieur de l'Ifta en Syrie »], sur Shaam News Network, (consulté le )
