Premier concile de Braga

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Le premier concile de Braga (ou Brague) eut lieu à Bracara Augusta (aujourd'hui Braga dans le nord du Portugal), capitale du royaume suève autorisé par Théodemir en 561 selon d'Aguirre, ou en 563 selon Baronius, ou 560 selon Carranza et le P. Pagi. Huit évêques y assistèrent à l'initiative de Lucrétius, archevêque de Brague soutenu par le pape Jean III. On y publia un total de 39 canons, les dix-sept premiers pour combattre les hérésies (notamment celles portées par Mani et Priscillien) et les vingt-deux suivants concernant l'organisation de l'Église[1],[2].

Le roi Théodimir avec les évêques Lucrecio, André et Martiño.

Déroulement

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ICI COMMENCENT LES ACTES DU SYNODE DE BRAGA DES SEPT ÉVÊQUES, SOUS LE RÈGNE DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST, EN LA SIX CENT SOIXANTE-NEUVIÈME ANNÉE DE L'ÈRE [ESPAGNOLE], LA TROISIÈME ANNÉE DU ROI ARIAMIRE, LE JOUR DES CALENDES DE MARS.

Alors que les évêques de la province de Galice — Lucrèce, André, Martin, Cottus, Ildéric, Lucentius, Timothée, Maliosus —, sur les ordres dudit très glorieux roi Ariamire, se furent réunis dans l'église métropolitaine de cette même [province] pour la connaissance de la droite doctrine. Je crois cependant que la fraternité de votre Béatitude sait qu'à l'époque où les venins très impies de la secte de Priscillien se répandaient dans ces régions, le très bienheureux pape de la ville de Rome, Léon, qui fut presque le quarantième successeur de l'apôtre Pierre, par l'intermédiaire de Turibius, notaire de son siège, adressa au synode de Galice [des lettres] contre l'impiété de Priscillien. Lorsque [les évêques] de l'église de Brague se furent réunis, les évêques étant assis ensemble, les prêtres également présents et les ministres debout ainsi que tout le clergé, Lucrèce, évêque métropolitain de cette même église, dit : Il y a longtemps, très saints frères, que, selon les institutions des vénérables canons et les décrets de la discipline catholique et apostolique, nous désirions qu'un concile sacerdotal eût lieu entre nous, parce que [cette assemblée] procure non seulement aux règles et aux ordres ecclésiastiques ce qui leur est opportun, mais aussi une concorde stable et perpétuelle de la charité fraternelle, tandis que les prêtres, rassemblés ensemble au nom du Seigneur, recherchent entre eux, par cette conférence salutaire, ce qui, selon la doctrine apostolique, maintient l'unité de l'Esprit dans le lien de la paix. Maintenant donc, puisque le très glorieux et très pieux fils que vous êtes, par l'inspiration du Seigneur, nous a utilement accordé le jour désiré de cette assemblée, conférons d'abord, comme il a été dit plus haut, sur l'état de la foi ; car bien que jadis déjà le contagion de l'hérésie de Priscillien ait été découvert et condamné dans les provinces d'Espagne, de peur cependant que quelqu'un, par ignorance ou trompé par quelques écrits apocryphes, comme il arrive, ne soit encore infecté de quelque pestilence de cette erreur, qu'il soit déclaré plus manifestement aux hommes ignorants ; [et] il [le pape Léon], qui résidait aux confins mêmes du monde et aux limites extrêmes de cette province, adressa ses écrits contre la secte de cette hérésie, soit peu nombreux, soit presque nuls. Dont aussi les préceptes, les évêques de Tarragone et de Carthagène, ainsi que ceux de Lusitanie et de Bétique, ayant tenu entre eux un concile, rédigèrent une règle de foi contre l'hérésie de Priscillien, avec certains chapitres, et l'envoyèrent à Balconius, alors évêque de cette église de Brague, en disant. C'est pourquoi, puisque nous avons sous la main ici même l'exemplaire de la foi susdit avec ses chapitres, pour l'instruction de l'ignorance, s'il plaît à votre Révérence, qu'il soit lu. Tous les évêques dirent : La lecture de ces chapitres est très nécessaire, afin que, tandis que les anciens statuts des saints Pères sont exposés aux plus simples d'entre tous, ils connaissent les inventions de l'hérésie de Priscillien, déjà jadis abhorrée par le siège du très bienheureux apôtre Pierre et condamnée. On lut en effet l'exemplaire de la foi avec ses chapitres, lesquels, pour ne pas faire de prolixité, n'ont pas été insérés dans ces actes. Après la lecture des chapitres, une lecture nécessaire a été récitée ; cependant, pour que [les choses] soient plus évidentes et plus simples, ce qui est exécrable soit déclaré, même maintenant, par des chapitres ainsi disposés, afin que celui qui est moins instruit comprenne, et qu'ainsi, sous le coup de la sentence d'anathème, les inventions déjà jadis réprouvées de l'erreur de Priscillien soient condamnées ; de sorte que tout clerc, moine ou laïc qui sera surpris à penser ou à défendre encore une telle chose, comme un membre vraiment pourri, soit aussitôt retranché du corps de l'Église catholique, de peur que, par sa souillure ou sa perversité, il ne soit imputé aux orthodoxes, parmi les croyants droits, quelque opprobre à cause du mélange avec de tels [hommes].

Participants

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Huit évêques assistent au premier concile de Braga :

  1. Lucretius, métropolitain de Braga
  2. Ilderic
  3. Andreas d'Iria
  4. Sauncius de Lamego
  5. Martinus de Dume
  6. Timothy d'Astorga
  7. Chotus d'Empúries
  8. Malilus de Tui

Principaux canons

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Canon 1

«Si quelqu'un, au lieu de confesser avec l’Église catholique trois personnes consubstantielles, prétend avec Sabellius et Priscillien qu'il y a qu'une personne en Dieu, en sorte que le Père, soit le Fils, et que le Fils soit la même personne que le Saint-Esprit ; qu'il soit anathème

Canon 2

«Si quelqu'un, en dehors de la sainte Trinité, introduit je ne sais quels mauvais noms de divinité, disant que la divinité elle-même est la Trinité, comme les Gnostiques et Priscillien l'ont dit, qu'il soit anathème

Canon 3

«Si quelqu'un dit que le Fils de Dieu, notre Seigneur, n'était pas avant de naître de la Vierge, comme Paul de Samosate, Photin et Priscillien l'ont dit, qu'il soit anathème

Canon 4

«Si quelqu'un n'honore qu'hypocritement la naissance du Christ selon la chair, en jeûnant ce jour-là, aussi bien que le dimanche, comme s'il était faux que le Christ a pris notre nature, comme l'ont nié Cerdon, Marcion, Mani et Priscillien ; qu'il soit anathème.»[3]

Canon 5

«Si quelqu'un a cru que les âmes humaines ou les anges ont existé à partir de la substance de Dieu, comme Mani et Priscillien l'ont dit, qu'il soit anathème.»

Canon 6

«Si quelqu'un dit que les âmes humaines ont péché auparavant dans la demeure céleste et qu'à cause de cela elles ont été précipitées dans les corps humains sur la terre, comme Priscillien l'a dit, qu'il soit anathème.»

Canon 7[4]

«Si quelqu'un prétend que le diable n'a pas été d'abord un (bon) ange fait par Dieu, et que sa nature n'a pas été l'œuvre de Dieu, mais (s'il) prétend qu'il est sorti du chaos et des ténèbres et qu'il n'a personne pour auteur de son être, mais qu'il est lui-même le principe et la substance du mal, comme le disent Mani et Priscillien, qu'il soit anathème.»

Canon 8

«Si quelqu'un prétend, comme Priscillien, que le diable a fait certaines créatures immondes, et qu'il crée par sa propre vertu les tonnerres, les foudres, les tempêtes et les sécheresses ; qu'il soit anathème.»

Canon 9

«Si quelqu'un croit, avec les païens et Priscillien, que l'âme et le corps sont fatalement assujettis au cours des astres ; qu'il soit anathème.»

Canon 11

«Si quelqu’un condamne le mariage humain et abhorre la procréation des enfants, comme Mani et Priscillien l’ont dit, qu’il soit anathème.»

Canon 12

«Si quelqu’un dit que la formation du corps humain est l’œuvre du diable et que la conception dans le sein maternel est le travail des démons, et si, pour ce motif, il ne croit pas à la résurrection de la chair, comme Mani et Priscillien l’ont dit, qu’il soit anathème

Canon 13

«Si quelqu'un au lieu de rapporter à Dieu la création de la chair, l'attribue aux mauvais anges, qu'il soit anathème.»

Canon 14

«Si quelqu'un, partageant la doctrine de Mani et de Priscillien regarde comme impures les viandes que Dieu a créées pour notre nourriture et qu'aussi il n'ose gouter des légumes mêmes cuits avec de la viande, qu'il soit anathème.»

Canon 15

«Si quelque clerc, en dehors de sa mère, de sa sœur germaine, ou de celles qui lui sont unies par une proximité de consanguinité, retient avec lui d'autres femmes comme adoptives et habite avec elles, comme la secte de Priscillien l'a enseigné, qu'il soit anathème.»

Canon 16

«Si quelqu'un, le cinquième jour de la semaine pascale, qui est appelé le repas du Seigneur, à l'heure légitime après la none, ne tient pas les messes à jeun dans l'église, mais, selon la secte de Priscillien, célèbre la fête de ce jour même à partir de la troisième heure par des messes pour les défunts, le jeûne étant rompu, qu'il soit anathème.»

Canon 17

Si quelqu'un lit les Écritures que Priscillien a corrompues selon son erreur, ou les traités de Dictinius, que ce même Dictinius, avant sa conversion, a écrits sous le nom des patriarches, des prophètes ou des apôtres, et qu'il a fabriqués en accord avec son erreur, et s'il suit ou défend leurs impies inventions, qu'il soit anathème.»

Ces chapitres ayant été proposés et relus, l'évêque Lucrèce dit : Puisque ce que [l'Église] a reçu des cathédrales catholiques... L'évêque Lucrèce dit : Il est juste que votre fraternité, en vertu de l'autorité du siège apostolique, se soit souvenue [que ces choses] ont été abhorrées et condamnées, et qu'elles ont été déclarées plus manifestement et plus ouvertement même à ceux qui les ignorent. Je juge nécessaire après cela, s'il semble bon à votre fraternité, que les institutions des saints Pères, par la récitation des anciens canons, soient portées à notre connaissance ; lesquels, même si ce ne sont pas tous, que du moins quelques-uns, ceux qui concernent l'instruction de la discipline cléricale, soient relus. Tous les évêques dirent : Cette proposition nous plaît, et la chose est convenable : que ceux à qui, par négligence, les constitutions ecclésiastiques ont peut-être été abolies, entendent la règle des saints canons et l'observent. Ayant été relus du codex devant le concile tant les canons des synodes généraux que ceux des synodes locaux, après la lecture desquels l'évêque Lucrèce dit : Voici que, par la lecture même des canons, votre sainte fraternité reconnaît que, non seulement dans les conciles généraux, mais aussi dans les conciles locaux, les prêtres rassemblés ensemble ont statué d'un commun accord sur ce qui convenait à l'ordre ecclésiastique, et, selon que la raison de chaque chose l'exigeait, ils ont pourvu, suivant la sentence de la doctrine apostolique, disant : « Éprouvez ce qui est bon, et retenez-le. »

Si donc il plaît à votre charité, parce qu'il y a quelques observances de l'institution ecclésiastique qui, surtout dans cette extrémité de la province, non par contention — ce qu'à Dieu ne plaise — mais plutôt, comme nous avons failli, par négligence ou par ignorance, [sont variées], établissons entre nous quelques chapitres, afin que ce qui n'est pas tenu par nous d'une seule manière soit ramené à une seule et même règle. Tous les évêques dirent : Nous jugeons nécessaire et très utile que ce qui, chez chacun de nous, est retenu par une coutume variée et désordonnée, soit célébré d'un office uni entre nous par la grâce de Dieu et concordant ; et c'est pourquoi, que ce soit une chose grande ou petite que nous voyons varier, qu'elle soit ramenée à une seule formule, comme il a été dit, par des chapitres fixés rationnellement ; d'autant que nous avons aussi parmi nous, sur certaines causes déterminées, une instruction du siège apostolique, qui [a été donnée] par la prudence de ton prédécesseur Profuturus, de vénérable mémoire, aux interrogations de certains, [instruction] qui émane du siège du très bienheureux Pierre ; laquelle, bien qu'elle ait été connue au moment même où elle fut envoyée, cependant, pour la fermeté du témoignage et l'instruction de beaucoup, s'il plaît à votre unanimité, parce qu'elle est sous la main, qu'elle soit lue devant tous ceux-ci.

Tous les évêques dirent : Il est juste que, puisque mention a été faite de cette autorité, sa doctrine soit entendue par ceux qui sont présents.

Fut relue l'autorité du siège apostolique envoyée à un certain évêque Profuturus, laquelle, à cause de sa prolixité, n'a pas été insérée dans ces actes. Après la lecture de laquelle l'évêque Lucrèce dit : Il apparaît plus manifestement que la doctrine apostolique nous est en aide ; et c'est pourquoi, comme votre fraternité l'a dit auparavant, si quelque chose varie par ignorance chez quelques-uns, qu'il soit astreint à une seule forme par une règle concordante, au moyen de chapitres prescrits entre nous.

Les canons suivants sont relatifs à la discipline du clergé. Furent donc proposés les chapitres, qui contiennent ceci :

Canon 1

«Il a plu à tous, d'un commun consentement, qu'un seul et même ordre de psalmodie soit observé dans les offices de matines et de vêpres, et que les coutumes diverses et privées des monastères ne soient pas mêlées contre les règles ecclésiastiques.».

Canon 2

«De même il a plu que, pendant les veilles ou les messes des jours solennels, on lise dans l'église toutes les mêmes leçons, et non des leçons différentes.».

Canon 3

«De même il a plu que les évêques ne saluent pas le peuple autrement que les prêtres, mais d'une seule manière, en disant : « Que le Seigneur soit avec vous », comme il est lu dans le livre, et que le peuple réponde : « Et avec votre esprit », comme tout l'Orient retient [cela] comme transmis par les apôtres eux-mêmes, et non comme la perversité de Priscillien l'a changé.».

Canon 4

«De même il a plu qu'aucun [prêtre] ne célèbre les messes dans un ordre différent de celui que Profuturus, jadis évêque de cette église métropolitaine, reçut par écrit de l'autorité même du siège apostolique.».

Canon 5

«De même il a plu que personne n'omette l'ordre de baptiser que l'Église métropolitaine de Brague a observé auparavant, et que, pour retrancher le doute de quelques-uns, le susdit évêque Profuturus reçut [cet ordre] écrit et envoyé du siège du très bienheureux apôtre Pierre.».

Canon 6

«De même il a plu que, le primat de l'évêque métropolitain étant conservé, les autres évêques, selon le temps de leur ordination, défèrent l'un à l'autre la place en siégeant.».

Canon 7

«De même il a plu que, des biens ecclésiastiques, trois parts égales soient faites, à savoir : une pour l'évêque, une autre pour les clercs, la troisième pour la réparation ou pour les luminaires de l'église. Quant à la quatrième part, soit l'archiprêtre, soit l'archidiacre qui l'administre, en rende compte à l'évêque.».

Canon 8

«De même il a plu qu'aucun évêque ne présume d'ordonner un clerc d'un autre [évêque], comme les anciens canons l'ont également interdit, à moins qu'il n'ait reçu les lettres signées de cet évêque.».

Canon 9

«De même il a plu que, puisque dans quelques églises de cette province les diacres se servent d'écharpes cachées sous la tunique, de telle sorte qu'ils semblent ne différer en rien d'un sous-diacre, dorénavant ils se servent de l'écharpe posée sur les épaules, comme il convient.».

Canon 10

«De même il a plu qu'il ne soit pas permis à un lecteur quelconque de porter les vases sacrés de l'autel, ni à d'autres qu'à ceux qui auront été ordonnés sous-diacres par l'évêque.».

Canon 11

«De même il a plu que les lecteurs, dans l'église, parés d'un habit séculier, ne psalmodient pas, et qu'ils ne laissent pas tomber des grains [de chapelet] selon le rite païen.».

Canon 12

«De même il a plu que rien de composé en vers tiré de l'Ancien Testament ne soit psalmodié dans l'église, comme les saints canons le prescrivent également.».

Canon 13

«De même il a plu qu'il ne soit pas permis aux laïcs, hommes ou femmes, d'entrer dans les sanctuaires pour communier, mais seulement aux clercs, comme il a été établi par les anciens canons.».

Canon 14

«De même il a plu que tous ceux qui, dans le clergé, n'usent pas de viandes, pour retrancher le soupçon de l'hérésie de Priscillien, soient contraints de goûter du moins des légumes cuits avec de la viande. Que s'ils méprisent [cela], selon ce que les saints Pères ont statué anciennement sur de tels [hommes], il est nécessaire que, pour le soupçon de cette hérésie, ils soient absolument éloignés de leur office par l'excommunication.».

Canon 15

«De même il a plu que, si quelqu'un est excommunié pour une hérésie ou pour quelque crime, nul ne présume de communiquer avec lui, comme aussi les anciens statuts des canons le contiennent. Que si quelqu'un méprise cela, il se rend volontairement étranger à la communion.».

Canon 16

«De même il a plu que, pour ceux qui s'infligent la mort à eux-mêmes, soit par le fer, soit par le poison, soit par une précipitation, soit par une pendaison, ou de quelque manière que ce soit par violence, aucune commémoraison ne soit faite pour eux dans l'oblation, et que leurs corps ne soient pas conduits à la sépulture avec des psaumes. Beaucoup en effet s'arrogent cela par ignorance. De même il a plu d'en faire autant pour ceux qui sont punis pour leurs crimes.».La défense de chanter les psaumes concerne aussi les catéchumènes dont on parle au canon 34[5],[6]

Canon 17

«De même il a plu que pour les catéchumènes décédés sans la rédemption du baptême, d'une manière semblable, ni la commémoraison de l'oblation ni l'office de la psalmodie ne soit accordé. Car cela aussi a été usurpé par ignorance.».

Canon 18

«De même il a plu qu'à aucun titre les corps des défunts ne soient ensevelis à l'intérieur de la basilique des saints ; mais si c'est nécessaire, à l'extérieur, autour du mur de la basilique, jusqu'à lui, [cela] ne répugne pas. Car si les cités conservent jusqu'à présent ce privilège très ferme, qu'à aucun titre le corps d'un défunt quelconque ne soit inhumé à l'intérieur de l'enceinte des murs, combien plus la révérence due aux vénérables martyrs doit-elle obtenir cela.»[7].

Canon 19

«De même il a plu que, si quelque prêtre, après cette interdiction, a osé bénir le chrême, ou consacrer une église ou un autel, il soit déposé de son office. Car les anciens canons l'ont également interdit.».

Canon 20

«De même il a plu que, du laïcat, nul ne parvienne au grade du sacerdoce, s'il n'a d'abord, pendant une année entière, dans l'office des lecteurs ou du diaconat, appris la discipline ecclésiastique, et qu'ainsi, instruit par chaque grade, il parvienne au sacerdoce. Car il est tout à fait répréhensible que celui qui n'a pas encore appris, présume déjà d'enseigner, alors que cela a été interdit par les anciennes institutions des Pères.».

Canon 21

«De même il a plu que, si quelque chose est offert par la collecte des fidèles, soit à l'occasion des fêtes des martyrs, soit pour la commémoraison des défunts, cela soit recueilli fidèlement chez un seul des clercs, et, au temps fixé, une ou deux fois par an, soit divisé entre tous les clercs. Car des discordes non minimes naissent de cette inégalité même, si chacun, dans sa semaine, s'attribue ce qui aura été offert.».

Canon 22

«De même il a plu que nul n'ose passer outre les préceptes des anciens canons, qui ont été récités dans le concile maintenant. Que si quelque contumace transgresse ces [préceptes], il est nécessaire qu'il soit dégradé de son office.».

Les chapitres ayant été relus, l'évêque Lucrèce dit : Puisque, avec l'aide du Seigneur, nous avons décrété par une conférence unanime, comme il convenait, ce qui concernait la sauvegarde de la foi catholique et orthodoxe, ou ce qui concernait l'office de l'ordre ecclésiastique, il reste maintenant que chacun de nous s'efforce d'enseigner et de former son diocèse selon toutes ces choses qui ont été salutairement établies par la grâce de Dieu.

Que si quelqu'un de nous, dans ses paroisses, après avoir connu les constitutions de ce concile, trouve un clerc ou un moine résistant à cette saine doctrine, ou s'il s'aperçoit que quelque erreur de la secte de Priscillien se cache encore en quelque point, et ne le jette pas aussitôt dehors de l'Église, excommunié et anathématisé, de sorte qu'aucun fidèle ne présume ni de manger ni de communiquer avec un tel homme, qu'il sache que celui qui aura reçu un tel [homme] est passible de la fraternelle excommunication et, sans nul doute, coupable devant la sentence divine. Tous les évêques dirent : Tout ce qui a été décrété par nous d'un consentement uni par la grâce de Dieu, il est nécessaire qu'il soit observé avec une sollicitude vigilante.

Afin que ces [décisions] obtiennent la fermeté stable d'une constitution plénière, que chacun de nous souscrive à ces actes de sa propre main.

Et après, la souscription des évêques s'ensuivit. Moi, Lucrèce, évêque, j'ai souscrit. Moi, André, évêque, j'ai souscrit. Moi, Martin, évêque, j'ai souscrit. Moi, Cottus, évêque, j'ai souscrit. Moi, Hildéric, évêque, j'ai souscrit. Moi, Lucetius, évêque, j'ai souscrit. Moi, Timothée, évêque, j'ai souscrit. Moi, Maliolus, évêque, j'ai souscrit.

ICI S'ACHÈVE LE SYNODE DE BRAGA PREMIER.


Notes et références

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  1. Encyclopédie Théologique - Dictionnaire des Conciles - A-D Peltier - Abbé Migne - 1844 T1 pp 371/375
  2. Dictionnaire des Conciles - Sans auteur - Gauthier Frères - 1822
  3. En clair, il est interdit de jeûner le dimanche et le jour de Noël.
  4. Aucune liste de démons n'est associée à ce canon - voir la rubrique discussion.
  5. http://www.documentacatholicaomnia.eu/03d/0563-0563,_Concilium_Bracarense_I,_Documenta_Omnia,_LT.doc XVII Item placuit, ut caticuminis sine redemptione baptismi defunctis simili modo neque oblationis commemoratio neque psallendi impendaturofficium. Nam et hoc per ignorantiam usurpatum est.
  6. http://www.documentacatholicaomnia.eu/01_20_0563-0563-_Concilium_Bracarense_I.html Il ne semble donc pas y avoir de volonté de stigmatiser mais de marquer l'importance d'avoir en soi l'Esprit saint au moment de la mort
  7. Cette interdiction a été progressivement assouplie ultérieurement, entre autres par le Concile de Mayence (813) qui, dans son canon 52, tolère des dérogations au profit des ecclésiastiques et des «laïques fidèles». Les fidèles ordinaires restent, quant à eux, exclus de ce privilège. Cette pratique irrite considérablement Voltaire qui la stigmatise dans son Dictionnaire Philosophique à la rubrique Enterrement

Annexes

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