Ievgueni Ioufit

réalisateur russe

Ievgueni Gueorguievitch Ioufit[1] (russe : Евге́ний Гео́ргиевич Юфи́т), né le à Léningrad en Union soviétique et mort le dans la même ville renommée Saint-Pétersbourg en Russie, est un réalisateur, scénariste, acteur, chef opérateur et chef décorateur soviétique puis russe[2]. Il est l'un des représentants du mouvement nécroréaliste au sein du cinéma parallèle soviétique.

Ievgueni Ioufit
Naissance
Léningrad (RSFS de Russie, Union soviétique)
Nationalité soviétique
russe
Décès (à 55 ans)
Saint-Pétersbourg (Russie)
Profession réalisateur, scénariste, acteur, chef opérateur, chef décorateur

Biographie

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Son père, Gueorgui Aleksandrovitch Ioufit, est un scientifique spécialisé dans le domaine de la radiotechnique et de la métrologie, auteur d'inventions et d'une monographie intitulée « Conception de dispositifs hyperfréquences à l'aide d'un ordinateur », publiée par les éditions « Sovetskoïe radio » en 1975[3].

Selon l'artiste et photographe Vladimir Koustov (ru), son intérêt et celui d'Ievgueni Ioufit pour la réflexion sur la mort est né dès 1982, après qu'un de ses amis eut acheté l'Atlas de médecine légale d'Eduard von Hofmann (de)[4]. À cette époque, Ievgueni Ioufit et un groupe d'amis organisent divers spectacles de rue à l'aide de mannequins et de faux sang. Une partie des expériences est déjà filmée sur pellicule 8 mm. Certaines d'entre elles sont intégrées aux films Le Bûcheron (1985) et Le Printemps (1987).

En 1987-1988, il suit une formation à la cinémathèque Lenfilm dans l'école de cinéma d'Alexandre Sokourov.

Iufit développe son intérêt pour l'art et le cinéma lorsqu'il est étudiant à l'institut technique de Leningrad (ru)[5]. En raison du contrôle exercé par le Goskino sur le cinéma populaire soviétique, Ievgueni Ioufit décide de fonder le style alternatif du nécroréalisme dans le mouvement d'avant-garde[5],[6]. Ioufit s'est d'abord fait connaître pour ses courts métrages macabres qui, comme ceux de Guy Maddin, semblent souvent avoir été réalisés dans les années 1920 ou 1930, au temps du cinéma soviétique d'avant-garde.

En 1991, il tourne son premier long métrage à Lenfilm, Papa, le père Noël est mort, qui remporte le Grand Prix au festival du film de Rimini en Italie. Au cours des années suivantes, il travaille pour les studios de cinéma STV et Nikola-Film.

Les films parallèles avant-gardistes d'Ioufit se caractérisent par leur thème homoérotique et l'hybridation de l'humour noir et de la comédie burlesque[5]. Au début de l'année 1986, au commencement de la perestroïka, il fondd les premiers studios de cinéma indépendants d'art et d'essai en Russie soviétique, appelés « Les Films Mjalala »[7]. La société de production se concentre sur la production de courts métrages expérimentaux réalisés par des artistes, des écrivains et des réalisateurs qui pratiquaient l'esthétique radicale du cinéma parallèle[7].

Des expositions de peintures, de photographies et des rétrospectives cinématographiques d'Ievgueni Ioufit ont lieu dans les plusieurs musées internationaux d'art contemporain et dans des festivals de cinéma. En 2005, il est élu réalisateur à l'honneur au Festival du film de Rotterdam, où il présente un programme spécial de ses films et une exposition de photographies.

Les œuvres d'Ievgueni Ioufit sont présentes dans des collections publiques et privées en Russie et à l'étranger, notamment au Musée national russe, au Musée du cinéma néerlandais, au Musée d'art moderne de New York et au Musée d'art moderne de Moscou (ru).

Il décède le d'une insuffisance cardiaque[8].

Vie privée

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Il était marié à Maria Godovanna, artiste cinématographique et vidéo spécialisée dans le cinéma expérimental. De cette union est né un fils, Timofeï Ioufit (né le ). Il participe à l'exposition « PERSONNE AU COIN DE LA RUE » (НИКТО ЗА УГЛОМ) au Musée des rêves de Freud (ru) de l'Institut de psychanalyse d'Europe de l'Est (ru) à Saint-Pétersbourg[9].

Filmographie

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Réalisateur

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  • 1984 : Infirmiers loups-garous (Санитары-оборотни) [court métrage de 5 mn]
  • 1985 : Le Bûcheron (Лесоруб) [court métrage de 6 mn]
  • 1987 : Le Printemps (Весна) [court métrage de 10 mn]
  • 1988 : Le Courage (Мужество) [court métrage de 3 mn]
  • 1988 : Les Monstres du suicide (ru) (Вепри суицида) [court métrage de 4 mn]
  • 1989 : Les Chevaliers du ciel (Рыцари поднебесья) [court métrage de 22 mn]
  • 1991 : Papa, le père Noël est mort (Папа, умер Дед Мороз)
  • 1994 : La Volonté (Воля) [court métrage expérimental de 9 mn]
  • 1995 : La Chambre en bois (Деревянная комната)
  • 1998 : Les Têtes d'argent (Серебрянные головы)
  • 2002 : Tués par l'éclair (ru) (Убитые Молнией)
  • 2004 : Bipédalisme (Прямохождение)

Notes et références

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  1. « Ievgueni Ioufit », sur kinoglaz.fr
  2. (ru) « Феофанова Ирина Вячеславовна », sur ruskino.ru
  3. (ru) « Патенты автора ЮФИТ ГЕОРГИЙ АЛЕКСАНДРОВИЧ », sur findpatent.ru
  4. (ru) Alekseï Iourtchak et A. Beliaïev, Это было навсегда, пока не кончилось: Последнее советское поколение C'était éternel, jusqu'à ce que ça prenne fin : La dernière génération soviétique »], Новое Литературное Обозрение, , 1687 p. (ISBN 9785444803615, lire en ligne), p. 477—480
  5. 1 2 3 (en) Iles, Andrew (1 octobre 2003). "Necrorealism: a Russian death experience". BMJ. 327 (Suppl S4) 0310386. doi:10.1136/sbmj.0310386. ISSN 1756-1833. S2CID 155825229.
  6. (en) Dmitry Shlapentokh et Vladimir Shlapentokh, Soviet Cinematography, 1918-1991: Ideological Conflict and Social Reality, A. de Gruyter, , 278 p. (ISBN 978-0-202-30462-5), p. 226
  7. 1 2 (en) Dennis Ioffe et Eugénie Zvonkine, « Russian pathographical cinema: the films of Evgenii Iufit », sur École Normale Supérieure Louis Lumière
  8. (ru) « Умер отец некрореализма Евгений Юфит », sur artguide.com
  9. (ru) « Автономная некоммерческая организация высшего образования Восточно-Европейский Институт психоанализа », sur eeip.ru

Liens externes

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