Ilm-ud-din
Ilm Deen ou Ilm-ud-din, né le à Lahore et mort le à la prison centrale de Mianwali, est un charpentier indien, connu pour avoir assassiné l'éditeur de livres hindou Mahashe Rajpal après la publication du livre Rangila Rasul, perçu comme désobligeant à l'égard de Mahomet par la communauté musulmane.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture |
Miani Sahib Graveyard (en) |
| Nom dans la langue maternelle |
عِلم دین |
| Nationalité | |
| Activité |
| Condamné pour |
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En raison de son acte, Ilm-ud-din est perçu par de nombreux musulmans indiens comme un héro, à l'instar de Mohamed Iqbal, le « père spirituel » du Pakistan, qui fit son éloge funèbre après sa condamnation à mort et son exécution par les autorités coloniales de Raj britannique. Il est cité en exemple par les partisans de la loi interdisant le blasphème au Pakistan, qui prévoit la peine de mort, ainsi que par les soutiens de l'assassin du gouverneur du Pendjab Salman Taseer.
Contexte
modifierEn 1923, Rajpal publie un pamphlet anonyme intitulé Rangila Rasul, contenant un recensement des hadiths de Bukhari, entre autres sources, accompagnés, selon ses détracteurs, de commentaires « salaces ». Rangila Rassoul se présentait en surface comme un texte lyrique et élogieux sur Mahomet et ses enseignements, mais le désignait par exemple comme une « personne expérimentée » en raison de ses « nombreuses épouses », en contraste avec le Brahmacarya et l'ascétisme des saints Hindous[1].
Les différentes sections indiennes de la communauté musulmane initièrent un mouvement, exigeant que le livre soit interdit. En 1927, l'administration du Raj Britannique promulgue une loi interdisant les insultes visant les fondateurs et les dirigeants des communautés religieuses.
Meurtre
modifierLe , Ilm Deen achète au bazar un poignard pour une roupie. Il le cache dans son pantalon et attend Rajpal dans la boutique de celui-ci. Lorsque Rajpal entre, Ilm Deen le poignarde à la poitrine et le tue. Ilm Deen ne fera aucune tentative pour s'échapper. Il est arrêté par la police et mis en détention à la prison centrale de Mianwali.
Procès et exécution
modifierFier de son acte, Ilm-ud-din admet ouvertement sa culpabilité et assume avoir assassiné en pleine conscience, en raison d'une « provocation extrême » de la part de Rajpal. Deux témoins de l'accusation confirment également sa culpabilité. Muhammad Ali Jinnah, à ce moment éminent avocat Indien, et plus tard, fondateur du Pakistan, interjette appel à la Haute Cour de Lahore (en) au motif qu'Ilm-ud-din était un homme de 19 ou 20 ans, et qu'il était affecté par un sentiment de vénération pour le fondateur de sa foi. Il demande que la peine de mort soit commuée en prison à perpétuité. Cette demande est rejetée (faisant de cette affaire la seule que Jinnah ait jamais perdue[2]). Ilm-ud-din est déclaré coupable, condamné à la peine de mort selon le Code Pénal Indien (en), et exécuté par pendaison, le , dans l'enceinte de la prison centrale de Mianwali.
Funérailles
modifierDes millions de personnes assistèrent à ses funérailles, le à Lahore. Le père d'Ilm-ud-din demanda à Allama Mohamed Iqbal - considéré comme le père spirituel du Pakistan - de diriger la prière funéraire de son fils. Allama Mohamed Iqbal répondit qu'étant pécheur, il n'était « pas assez compétent pour diriger la prière funéraire d'un tel guerrier ». Mais il accepta finalement de diriger l'éloge funèbre du meurtrier, et au moment de placer le corps d'Ilm-ud-din dans sa tombe, il déclara en sanglotant : « Nous ne faisions que parler, le fils du charpentier nous a surpassés en défendant la gloire de la religion. »[2]. Il jeta ainsi les bases d'une société où les lois sur le blasphème entravent ouvertement la liberté d’expression.
Objet de vénérations au Pakistan, Ilm-ud-din est cité en exemple lors des nombreux meurtres qui ont lieu au Pakistan contre des personnes soupçonnées de blasphème, à l'instar de l'assassin du gouverneur du Pendjab Salman Taseer, qui fait l'objet d'une même vénération. Des mausolées honorent les deux hommes. Le gouvernement de la province du Khyber Pakhtunkhwa a ajouté un chapitre le glorifiant dans les programmes scolaires, où il est présenté comme un modèle aux élèves pakistanais[3],[4].
Références
modifier- ↑ John Dunham Kelly, A Politics of Virtue : Hinduism, Sexuality, and Countercolonial Discourse in Fiji, Chicago, United States, University of Chicago Press, , 266 p. (ISBN 978-0-226-43031-7, lire en ligne), p. 208
- 1 2 (en) Sabir Shah, « Khadim Hussain Rizvi’s funeral one of the biggest in Lahore’s history », sur TheNews.com.pk, (consulté le ).
- ↑ Pakistan’s Blasphemy Accusations: A Remorseless Fire That Spares Nobody sur midstonecentre.com
- ↑ Where executed blasphemy killer is revered as a saint sur newindianexpress.com, le 23 octobre 2016