Impôt de solidarité nationale

En France, l'impôt de solidarité nationale était un prélèvement sur le capital créé temporairement de 1945 à 1949.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, cette imposition des hauts patrimoines privés a été utilisé pour remédier au fort endettement public, permettre les investissement nécessaires à la reconstruction, et régler les dépenses exceptionnelles liées à la fin de la guerre.

Technique fiscale

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Institué par l'ordonnance du , cet impôt exceptionnel comportait d'une part un prélèvement sur les patrimoines existant à la date du et d'autre part une contribution sur les enrichissements réalisés entre le et le . Il était présenté comme un moyen de justice fiscale à la suite des profits de marché noir et sur les biens juifs.

Il était déclaratif, son recouvrement et son contrôle furent confié à la administration de l'enregistrement, des domaines et du timbre.

Ce type de prélèvement exceptionnel sur les hauts patrimoines a été utilisé pour relever deux défis, un fort endettement public, et les besoins d'investissement très importants nécessaires à la suite de la guerre. En 1945, l'Impôt de solidarité nationale, comprenait une contribution sur les enrichissements réalisés entre le 1er janvier 1940 et le 4 juin 1945, dont le taux progressif pouvait atteindre 100 % pour les enrichissements les plus importants. D'autres pays on eut des politiques proches, en 1952, l'Allemagne de l'ouest impose les grandes fortunes à un taux de 50 %, à la même époque le Japon le prélèvement équivalent est à un taux de 90 %[1],[2].

Intérêt historique et prospectif

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Les déclarations pour cet impôt constitue une source essentielle pour l'étude des patrimoines au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et des spoliations des biens juifs. Les archives départementales de la plupart des départements conservent des liasses de déclarations ISN et parfois des dossiers de contrôle. Toutefois les séries sont incomplètes.

D'un point de vue prospectif, Thomas Piketty s'appuie sur ce précédent historique pour y rechercher un élément solution concernant le probleme de la dette publique. Les pays occidentaux dont la France ont « accumulé des dettes publiques, tout en mettant en vente une part croissante de leurs actifs publics, si bien que les premières ont fini par dépasser légèrement les seconds ». Il propose comme solution possible une imposition des hauts patrimoines privés qui permettrait de réduire rapidement la dette publique, ce qui redonnerait des marges de manœuvres à la puissance publique pour mener la politique de son choix et reconstituer un patrimoine net public positif mais minoritaire du capital national[3].

Notes et références

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  1. Christian Chavagneux entretien avec Thomas Piketty, « Le modèle de sobriété que nous proposons dessine une autre définition de la prospérité », Alternatives Économiques, (lire en ligne Accès limité, consulté le )
  2. Ordonnance n° 45-1820 du 15 août 1945 instituant un impôt de solidarité nationale et édictant diverses mesures de simplifications fiscales, francearchives.gouv.fr
  3. Thomas Piketty, une brève histoire de l'égalité : Chapitre X vers un socialisme démocratique, ecologiste et métissé, Éditions du Seuil, coll. « Points histoire », (ISBN 978 2 7578 9935 9), p. 337

Voir aussi

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