Incendie de 1949 dans la forêt des Landes
L'incendie de dans la forêt des Landes est un feu de forêt se déroulant du au dans le massif forestier des Landes, détruisant 52 000 hectares de forêt et entraîne la mort de 82 personnes[1],[2]. Les communes touchées sont Cestas, Saucats, Marcheprime, Mios et La Brède en Gironde.
| Pays | |
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| Lieu | |
| Localisations administratives | |
| Coordonnées |
| Date de début | |
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| Date de fin | |
| Superficie brûlée |
52 000 hectares |
| Nombre de morts |
82 |
État de la forêt en
modifierÀ la fin de la Seconde Guerre mondiale, le massif forestier des Landes est en piteux état : non entretenus, les coupe-feu sont embroussaillés et inaccessibles. Les moyens de lutte contre le feu sont, en outre, peu efficaces à cette époque. Après trois étés caniculaires, la région souffre de sécheresse et sa forêt de pins, particulièrement inflammable, a déjà perdu 100 000 ha au .
Déroulement
modifierLe , vers 13 heures, le feu prend au lieu-dit Le Murat, dans la commune de Saucats. L'enquête conclut qu'il serait parti de la cabane de la scierie Pioton, où un gardien fumait sur son lit.
Les premiers sauveteurs, armés de branches de pin, ne peuvent lutter contre la propagation du feu qui s'étend rapidement dans les pins, les landes et les chaumes.
Un premier contre-feu est allumé au lieu-dit la Lagune du Merle, mais en vain, le feu passe.
Le vent violent souffle du nord-est et le feu se dirige rapidement vers la commune du Barp. Son front s'étale alors sur une longueur de 5 km. Toute la nuit, des mesures sont prises pour contrer l'avancée du feu. Trois autres contre-feux échouent. Le vent tourne et le feu se dirige à l'ouest, il parcourt alors 4 kilomètres par heure. Il menace les villages de Salles et de Mios (le vers 10 heures, le feu n'est qu'à 600 m de Mios).
D'importants contre-feux sont mis en œuvre dans la matinée du , et l'on croit alors à une accalmie. Mais, à 15 h 15, le vent tourne brusquement et prend une direction nord-est. Les flammes, attisées par un vent puissant, raniment l'incendie partout où il semblait éteint. Les flammes bondissent de 200 mètres, comme lancées par des engins de guerre. On estime que l'incendie a parcouru 6 000 hectares en 20 minutes. Une véritable tempête de feu s'abat sur la zone et ses occupants, tuant 82 sauveteurs présents sur le front nord.
« On voyait les flammes courir tout au long de leurs corps étendus ; la graisse gonflait et les flammes gouttaient au bout de leurs souliers, de leurs bottes ou de leurs sabots carbonisés… » raconte un des sept survivants de la tragédie.
À 17 heures, la région est plongée dans l'obscurité. Une pluie de feuilles et d'aiguilles carbonisées, de morceaux d'écorce calcinée et de cendres recouvre Bordeaux. Le nuage de fumée est visible à plus de 100 km à la ronde.
À 22 heures, le vent s'étant calmé, la situation s'améliore. Ne restent que deux fronts inquiétants vers Léognan et Pierroton, mais ceux-ci demeurent maîtrisables.
Dans la nuit du au , Paul Ramadier, ministre de la Défense nationale, se rend à Bordeaux où il réunit un conseil extraordinaire avec le préfet de Gironde, Pierre Combes ; il se rend le lendemain à Cestas, puis à Marcheprime[3].
Bilan
modifierLe feu de forêt de est l'incendie le plus meurtrier qu'ait connu la France. Il a fait 82 victimes (des fonctionnaires des Eaux et Forêts encadrant des pompiers, des bénévoles — dont le maire de Saucats, Roger Giraudeau[4] — et 23 militaires du 33e régiment d'artillerie de Poitiers stationnés à Chatellerault)[5]. La commune de Canéjan a perdu plus d'habitants que lors de la Première et la Seconde Guerre mondiale[3].
Au cours de l'année , le massif landais totalise une dévastation par le feu de 131 300 hectares, chiffre record inégalé, au moins jusque . Lors des incendies de , la surface ravagée du même massif atteint 32 000 hectares. Pour mémoire, le massif des Landes totalise environ 1,4 million d'hectares[6].
Hommages
modifierLe est déclaré journée de deuil national à la suite de la catastrophe[7],[8].
Un hommage est rendu le à l'hôpital militaire Robert-Picqué de Villenave-d'Ornon pour les victimes militaires.
Le a lieu la cérémonie en l'honneur des sauveteurs civils qui ont succombé[3]. Elle se déroule à Cestas, face à l'hôtel de ville[3]. Les corps ne sont pas présents, mais symbolisés par un catafalque placé devant le monument aux morts[3]. Sont présents des pompiers de Paris, de Bordeaux, du Kent et de la Royal Air Force, des secouristes de la Croix-Rouge, et des marins du Mersey[3]. Le cortège se recueille successivement à Villenave-d'Ornon, Canéjan, Marcheprime et Saucats avant d'arriver à Cestas[3]. La cérémonie a lieu en présence d'Henri Queuille, président du Conseil, de Paul Ramadier, ministre de la Défense nationale, et de Raymond Marcellin, sous-secrétaire d'État à l'Intérieur[3]. L'office religieux est célébré par l'archevêque de Bordeaux, Maurice Feltin, qui vient d'être nommé archevêque de Paris[3].
Monuments
modifier- 44° 45′ 38,5″ N, 0° 38′ 58,5″ O
Monument au cimetière de Canéjan : « Aux victimes des incendies de forêt ». - 44° 40′ 55,2″ N, 0° 43′ 27,9″ O
Monument à Cestas, au lieu-dit du Puch[9] : « Le XX août MCMIL un cataclysme atmosphérique provoquait la mort de quatre-vingt-deux civils et militaires héroïques défenseurs de la forêt en feu », suivie du nom des victimes. - 44° 40′ 36″ N, 0° 43′ 40,4″ O
Monument à Cestas, sur la route de Marcheprime à Pessac[10] : « Ici périrent dans les flammes 82 héroïques sauveteurs / Pour honorer leur mémoire respectez et protégez la forêt ».
Notes et références
modifier- ↑ Deville 2009, p. 137.
- ↑ « Le récit chronologique de l'incendie du », sur cantereine80.free.fr (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Cubero 2019.
- ↑ Arnaud Dejeans, « Le , l'incendie tue le maire de Saucats »
, Sud Ouest, . - ↑ « Les incendies les plus meurtriers de l'histoire », sur NouvelObs.com, (consulté le ).
- ↑ Revue L'Histoire, no 503, janvier 2023. Dossier : Mille et une vies de la forêt française.
- ↑ Cathy Lafon, « Quand « l'incendie du siècle » faisait rage aux portes de Bordeaux, le »
, Sud Ouest, (consulté le ). - ↑ Max Baumann (avec la participation de Marc Jean-Jean), Arès, Marguerittes, Équinoxe (rééd. numérique FeniXX), coll. « Le temps retrouvé », , 107 p. (ISBN 2-84135-000-2 et 978-2-377-48091-3), p. 78 (lire en ligne
). - ↑ Willy Dallay, « Incendie de en Gironde, un souvenir d'actualité », Sud Ouest, .
- ↑ Arthur Carpentier, « Incendie en Gironde : à Cestas et à Marcheprime, sur les avant-postes qui défendent Bordeaux »
, Le Monde, (consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifierOuvrages
modifier- Robert B. Chevrou, « Gironde, », dans Pourquoi les incendies de forêts sont-ils si meurtriers ?, Les Ulis, EDP Sciences, , 201 p.-[4] p. de pl. (ISBN 978-2-86883-798-1 et 978-1-423-74485-6, lire en ligne
), p. 31-52. - José-Ramón Cubero, La lande, le pin, le feu : Le grand incendie de , Morlaàs, Cairn, , 225 p. (ISBN 978-2-35068-669-1 et 978-2-35068-786-5, lire en ligne
). 
- Joan Deville, L'Incendie meurtrier : dans la forêt des Landes en , Paris, Les Éd. des Pompiers de France, , 160 p. (ISBN 978-2-916079-20-2, présentation en ligne).

Articles
modifier- Pierre Lallemand, « Le drame de la forêt landaise », Revue forestière française, no 7, , p. 305-309 (DOI 10.4267/2042/27619, HAL hal-03535982, lire en ligne [PDF]).
- Charles Mercier, « Le massif landais », Revue forestière française, no spécial « Les incendies de forêts », , p. 21-25 (HAL hal-03395636, lire en ligne [PDF]).
- Christophe Neff, « - l'incendie meurtrier dans la forêt des Landes », dans le blog Paysages, (DOI 10.5445/IR/1000131914, HAL hal-05036783).
- Joseph Sanson, « La sécheresse remarquable de l'année agricole - en France », Annales de géographie, t. 59, no 315, , p. 234-235 (lire en ligne).
Vidéos
modifier- Les Actualités françaises, Institut national de l'audiovisuel (INA), avec des notices de Jean-Paul Saint-Marc :
- « L'incendie de », , 53 s.
- « Funérailles des victimes de l'incendie de », , 44 s.
- « Visite de Paul Ramadier après l'incendie de », 2 min 1 s.
