Incendie du Cuba Libre
L’incendie du Cuba Libre, bar situé au no 44 avenue Jacques-Cartier à Rouen, en France, survient dans la nuit du au et fait quatorze morts et cinq blessés graves.
| Incendie du Cuba Libre | |
Stèle commémorative de l'incendie du Cuba Libre à Rouen. | |
| Type | Incendie |
|---|---|
| Pays | |
| Localisation | no 44 avenue Jacques-Cartier, Rouen (Seine-Maritime) |
| Coordonnées | 49° 26′ 08,8″ nord, 1° 05′ 11,6″ est |
| Date | |
| Bilan | |
| Blessés | 6 |
| Morts | 14 |
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|
L'incendie se déclenche accidentellement à partir de bougies décoratives utilisées à l'occasion d'un anniversaire organisé au sous-sol de l'établissement, transformé sans autorisation en boîte de nuit.
L'enquête relève plusieurs manquements à la sécurité : accès étroit, porte de secours verrouillée, isolation acoustique en matériau extrêmement inflammable et absence de système de désenfumage ou d’alarme.
Il s’agissait alors de l'incendie le plus meurtrier dans un bar ou un dancing survenu en France depuis celui du 5-7 en à Saint-Laurent-du-Pont (Isère) qui avait fait 146 victimes[1].
Le Cuba Libre
modifierHistorique
modifierLe bar est géré par Nacer Boutrif, 45 ans, et son frère Amirouche, 37 ans[2].
Selon une expertise ultérieure, « cet établissement recevant du public (ERP) aurait dû être classé en 4e catégorie et non en 5e catégorie. »[3]. Le bar aurait dû respecter des normes plus strictes, accepter un passage de la commission de sécurité, bénéficier d’un arrêté d’ouverture signé du maire et faire l’objet de contrôles réguliers[3].
Les gérants ont fait installer de la mousse isolante en polyuréthane hautement inflammable[3]. Ils avouent plus tard ignorer la nature exacte des matériaux utilisés[2]. Ils font installer cette mousse isolante après avoir reçu des plaintes pour tapage nocturne[2].
L'incendie
modifierDéclenchement
modifierDans la nuit du 5 au , un groupe d’amis fête les 20 ans de leur amie Ophélie[3].
Alors qu'une amie apporte le gâteau d'anniversaire, elle trébuche et une bougie de type « fontaine pyrotechnique » déclenche un incendie dans l’escalier qui mène à la cave[4]. Le feu se propage à la mousse isolante[3].
Les pompiers arrivent sur place à 0 h 27[5].
Bilan humain
modifierTreize jeunes périssent durant la nuit[4]. Une quatorzième personne, alors en urgence absolue, décède un mois plus tard, ce qui porte le bilan à quatorze victimes[5].
Les victimes, âgées de 19 à 42 ans, sont[6] :
- Brahim Gouijjane, 28 ans
- David Lecomte, 42 ans
- Donatienne Tête, 22 ans
- Florian Dugnétai, 19 ans
- Jennifer Decayeux, 22 ans
- Julie Martin, 27 ans
- Karima Ababsa, 25 ans
- Mavrick Boitout, 22 ans
- Mégane Autin, 20 ans
- Ophélie Cordier, 20 ans
- Romain Lesur, 21 ans
- Sarah Messaoudi, 19 ans
- Steve Legros, 35 ans
- Zacharia Hubert, 25 ans
Conséquences
modifierConséquences sur les autres établissements de Rouen
modifierÀ la suite de ce drame, l’ensemble des vingt-quatre bars à ambiance musicale de la ville de Rouen sont inspectés. Selon le maire, Yvon Robert, quatorze établissements ont dû être totalement ou partiellement fermés pour des travaux de mise aux normes[2].
Conséquences judiciaires
modifierLe gérant du bar et son frère sont jugés pour « homicides et blessures involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité et de prudence. »[4]. Cent quarante parties civiles sont présentes[4].
Le , le tribunal correctionnel de Rouen condamne les deux responsables de l'établissement à cinq ans de prison, dont trois fermes[7],[8].
En , ils bénéficient d'une libération conditionnelle car ils avaient commencé à indemniser les victimes et ils ont trouvé un travail à durée indéterminée. Les deux hommes devront en effet payer plusieurs centaines de milliers d’euros aux nombreuses parties civiles[9]. Mais le parquet du Havre a aussitôt fait appel de cette décision de libération anticipée, la considérant « prématurée au regard de l'émoi suscité par le drame dans l'opinion publique ». C'est donc la cour d'appel de Rouen qui a tranché le et confirmé la décision du juge de l'application des peines. Les deux hommes sont finalement libérés mais porteront un bracelet électronique[9],[10].
Cette décision est contestée par les familles de victimes. L'une d'entre elles déclare à ce sujet : « Je suis blasée… je m'étais dit qu'avec ces trois ans ferme il y avait une justice. Et maintenant on apprend qu'ils sont relâchés au bout de moins d'un an et demi. »[9].
Commémoration
modifierNotes et références
modifier- ↑ « ROUEN. Drame du Cuba Libre : trois ans après l'incendie, les gérants face aux juges », sur ledauphine.com (consulté le )
- 1 2 3 4 « Incendie mortel à Rouen: L'un des gérants du Cuba Libre fait son mea culpa », sur www.20minutes.fr, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « Incendie à Rouen : « Ce bar relevait d’un bricolage inconséquent » », sur www.20minutes.fr, (consulté le )
- 1 2 3 4 « Incendie du bar « Cuba Libre » à Rouen : 3 ans après le drame, des familles écœurées avant même le début du procès », sur France 3 Normandie (consulté le ).
- 1 2 « Le procès des patrons du Cuba Libre s'ouvre ce lundi à Rouen », sur www.20minutes.fr, (consulté le ).
- ↑ Aude Bariéty de Lagarde, « Qui sont les quatorze victimes du Cuba Libre? », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « Procès du Cuba Libre : cinq ans de prison, dont trois ferme, pour les deux gérants du bar de Rouen », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Au procès du Cuba Libre, les récits bouleversants des proches des victimes », sur www.20minutes.fr, (consulté le )
- 1 2 3 « Incendie du Cuba Libre à Rouen : pourquoi les gérants du bar sont sortis de prison », sur France 3 Normandie (consulté le )
- ↑ « Incendie mortel du Cuba Libre à Rouen : les gérants ont bénéficié d'une libération anticipée », sur Franceinfo, (consulté le )
- ↑ Simon Louvet, « La stèle en hommage aux 14 victimes de l'incendie du Cuba Libre a été posée, à Rouen », sur 76actu,
