Initiative des observatoires océaniques

programme américain de mesures océanographiques

L'Initiative des observatoires océaniques, en anglais Ocean Observatories Initiative (OOI), est un programme d'observation scientifique océanographique américain. Imaginé dans les années 2000 par la Fondation nationale pour la science, qui le finance, il devient opérationnel en 2016. Il consiste en sept installations de trois types — côtières, de pleine mer et câbles sous-marins — abritant au total environ 900 appareils de mesure, dans les océans Atlantique et Pacifique ainsi qu'en mer d'Irminger. Les mesures et observations permises par l'OOI contribuent à la recherche scientifique sur plusieurs sujets parmi lesquels la circulation méridienne de retournement Atlantique (AMOC), les échanges de carbone atmosphère-océans ou les vagues de chaleur océaniques.

Le projet, qui devait durer 25 ans, est prématurément abrégé en 2026 par l'administration Trump, dans le cadre de ses attaques contre la science. Les installations scientifiques doivent commencer à être démantelées en .

Histoire

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L'Initiative des observatoires océaniques, en anglais Ocean Observatories Initiative (OOI), naît aux États-Unis dans les années 2000 au sein de la Fondation nationale pour la science (NSF), d'abord comme projet potentiel sous le nom ORION en 2000, puis de manière plus concrète en 2004 avec l'établissement d'un bureau consacré à sa planification[1]. En 2007, la NSF obtient de premiers fonds du Congrès pour construire ce réseau de mesures en temps réel, après une période de concertation avec la communauté scientifique afin d'en déterminer les contours précis. Le projet intègre ainsi des installations de mesure aux hautes latitudes, dans des zones difficilement accessibles, en plus des sites de mesure sur les côtes est et ouest des États-Unis[2]. La NSF attribue la supervision du projet au Consortium for Ocean Leadership, émanation de l'University Corporation for Atmospheric Research (UCAR), la construction devant être opérée par l'Institut océanographique de Woods Hole, l'université de Washington, l'université d'État de l'Oregon, l'université de Californie à San Diego et l'Institut d'océanographie Scripps[1].

En 2014, la mise en œuvre du projet, d'un montant total de 386 millions de dollars, est toutefois ralentie par un changement d'équipe pour le développement de l'outil informatique dédié (70 millions de dollars), qui doit permettre la consultation des données ainsi que de commander certaines mesures à distance, effectuées par des planeurs sous-marins : jusque-là développé par l'université de Californie à San Diego, il est confié à l'université Rutgers[3]. L'année suivante, sur fonds de critiques envers les gros projets d'infrastructures qui mobilisent l'essentiel des finances de la NSF, un comité du Conseil national de la recherche des États-Unis suggère une réduction de 20 % du budget annuel de l'OOI[4],[5].

L'OOI échoue à être opérationnel en 2015, avant l'éruption du mont sous-marin Axial, au large de la côte pacifique des États-Unis, où ont eu le temps d'être installés des appareils de mesure. Il entre officiellement en fonctionnement en 2016[5].

Les observations de l'OOI contribuent dès lors à des recherches scientifiques sur des sujets tels que la circulation méridienne de retournement Atlantique (AMOC), les échanges de carbone atmosphère-océans, les vagues de chaleur océaniques et les écosystèmes marins, et aident à anticiper les phénomènes El Niño, les inondations côtières ou encore l'impact de différents paramètres climatiques et marins sur la pêche[6],[7].

Les deux sites de mesure situés dans l'hémisphère sud sont décommissionnés respectivement en 2018 et 2020[8].

En 2025 et 2026, l'administration Trump, connue pour ses attaques contre les sciences, notamment celles du climat, cherche à réduire de 80 % le financement du projet, qui s'élève à une cinquantaine de millions de dollars chaque année, mais le Congrès s'y oppose[6],[9]. Sous ses ordres, la NSF décide finalement le démantèlement de toutes les installations du projet (qui n'est toutefois pas officiellement « annulé »), qui doit commencer à être mis en œuvre dès juin de cette année, suscitant l'ire de la communauté scientifique[6],[9],[10].

Installations

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Carte des sept installations de l'Initiative des observatoires océaniques.

L'Initiative des observatoires océaniques comporte sept installations[1]. Quatre d'entre elles sont situées en pleine mer : deux dans l'hémisphère nord (une dans la mer d'Irminger, l'autre à la station P (en) dans le Pacifique nord), deux dans l'hémisphère sud (à l'est du sud de l'Argentine et à l'ouest du sud du Chili). Deux sont situées sur les côtes atlantique (à l'est de la Nouvelle-Angleterre) et pacifique (près des côtes de l'État de Washington et de l'Oregon) des États-Unis. La dernière est constituée de câbles sous-marins déposés sur le plancher océanique, à l'ouest de l'Oregon, qui couvrent notamment le mont sous-marin Axial[1],[8],[11].

Plus de 900 appareils de mesure sont répartis sur l'ensemble des installations, via des bouées, des planeurs sous-marins et d'autres types d'instruments installés à différentes profondeurs. Ils mesurent notamment la température de l'eau, les courants marins (y compris en profondeur), la salinité et l'acidité, les échanges océans-atmosphère, l'activité sismique. Ils permettent d'étudier, entre autres, l'acidification des océans, la variabilité climatique, la circulation thermohaline, la stratification de l'eau, le cycle du carbone, la biologie marine, les processus biogéochimiques océaniques, les événements météorologiques extrêmes, El Niño, la circulation méridienne de retournement Atlantique (AMOC), les échanges de carbone atmosphère-océans et les vagues de chaleur océaniques — un certain nombre de sujets étant liés au changement climatique d'origine anthropique[1],[8],[11].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 (en) John Trowbridge, Robert Weller, Deborah Kelley, Edward Dever, Albert Plueddemann, John A. Barth, Orest Kawka, « The Ocean Observatories Initiative », Frontiers in Marine Science, Frontiers in Marine Science, vol. 6,‎ (ISSN 2296-7745, DOI 10.3389/fmars.2019.00074, lire en ligne).
  2. ↑ (en) Robert F. Service, « Oceanography’s Third Wave », Science, Association américaine pour l'avancement des sciences, vol. 318, no 5853,‎ , p. 1056‑1058 (DOI 10.1126/science.318.5853.1056, lire en ligne).
  3. ↑ (en) Alexandra Witze, « Ocean observatory project hits rough water », Nature, Nature Publishing Group, vol. 515, no 7528,‎ , p. 474‑475 (ISSN 1476-4687, DOI 10.1038/515474a, lire en ligne).
  4. ↑ (en) Eli Kintisch, « A moment of truth arrives for U.S. ocean science », Science, American Association for the Advancement of Science, vol. 347, no 6221,‎ , p. 463‑463 (DOI 10.1126/science.347.6221.463, lire en ligne).
  5. 1 2 (en) Alexandra Witze, « Massive ocean-observing project launches — despite turmoil », Nature, Nature Publishing Group, vol. 534, no 7606,‎ , p. 159‑160 (ISSN 1476-4687, DOI 10.1038/534159a, lire en ligne).
  6. 1 2 3 Audrey Garric, « Le système mondial d’observation des océans fragilisé par l’arrêt d’un réseau de surveillance américain », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  7. ↑ (en-GB) Maya Yang, « Dismay as Trump officials to dismantle key ocean monitoring system », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne).
  8. 1 2 3 « The Arrays », sur oceanobservatories.org (consulté le ).
  9. 1 2 (en-US) Eric Niiler, « Trump Administration to Dismantle Ocean Monitoring System », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne).
  10. ↑ « Surveillance des océans : les scientifiques outrés par les coupes de l’administration Trump », sur Courrier international, (consulté le ).
  11. 1 2 (en) Leslie M. Smith, John A. Barth, Deborah S. Kelley, Al Plueddemann, Ivan Rodero, Greg A. Ulses, Michael F. Vardaro, Robert Weller, « The Ocean Observatories Initiative », Oceanography, The Oceanography Society, vol. 31, no 1,‎ , p. 16‑35 (ISSN 1042-8275, lire en ligne).

Voir aussi

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