Inondations de 2024 au Soudan du Sud

catastrophe naturelle en Afrique

Les inondations de 2024 au Soudan du Sud sont des inondations catastrophiques qui ont touché plus de 735 000 personnes dans 38 des 78 comtés du Soudan du Sud et dans la zone administrative d’Abyei. Cette situation entraine le déplacement de 65 000 personnes, dont 41 000 originaires de Warrap[1],[2].

Inondations de 2024 au Soudan du Sud
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Caractéristiques
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Les chercheurs en climatologie ont émis l'hypothèse que des modifications des schémas climatiques autour de la région des zones humides du Sud pourraient entraîner le premier déplacement massif de population causé par le changement climatique, en raison de l'expansion permanente des zones humides inhabitables causée par des pluies prolongées et des inondations[2].

Inondation

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À partir d'août 2024, d'importantes précipitations en Afrique de l'Est ont provoqué un niveau d'eau record dans le lac Victoria, entraînant un important débit d'eau sur le Nil en aval, vers le Soudan du Sud. De plus, de fortes pluies sont tombées dans tout le pays entrainant d'importantes inondations dans une grande partie du Sud-Soudan[1],[2].

Tiit Mamar , chercheur principal en environnement à l'Institut Sudd, déclare que les niveaux d'eau du lac Victoria ont atteint entre 13,44 mètres et 13,60 mètres en partie à cause d'El Niño[3].

Des inondations importantes se sont produites dans la vaste zone humide du Sud, où le Nil se divise en un réseau complexe de cours d'eau plus petits, de marais et de plaines inondables. Sa géographie crée des régimes d'inondations annuelles particuliers, fortement influencés par les niveaux d'eau du lac Victoria. De plus, la composition de la région, faite de limon et d'argile, rend difficile l'infiltration de l'eau dans le sol, tandis que les eaux de crue du Sudd ne retournent pas facilement dans le lit principal du Nil Blanc. Les inondations persistent dans la région du Sud pendant des périodes relativement prolongées, nécessitant une évaporation à long terme pour que le niveau de l'eau diminue[2].

Dégats

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Les inondations prolongées touchent au moins 735 000 civils sud-soudanais. Parmi ces personnes, 65 000 civils sont déplacés, dont plus de 41 000 personnes à Warrap et 10 375 autres dans l'État de Jonglei[4]. Les inondations ont considérablement aggravé les crises humanitaires existantes causées par les hostilités régionales, en plus de l'afflux de réfugiés du Soudan provoqué par la guerre civile soudanaise concomitante[1].

De nombreuses zones sinistrées par les inondations sont touchées par des épisodes de famine dus à la destruction des terres agricoles et des réserves alimentaires. Ces régions ont également souffert d'épidémies, notamment de paludisme, causées par la stagnation des eaux créant des terrains propices à la prolifération des vecteurs d'infection et de maladies d'origine hydrique, en plus d'une augmentation des attaques d'animaux[5].

Depuis la mi-août, 3 600 citoyens déplacés sont arrivés à Upper Nile en provenance de New Fangak dans l'État de Jonglei, ainsi que 1 000 ménages (6 000 personnes) du comté de Nasir également déplacés. 20 000 personnes (5 700 ménages) sont déplacées du comté de Jur River, où 147 750 fedans de terres agricoles ont été déclarés submergés. Selon des rapports nationaux, 21 863 citoyens du comté de Mayendit sont déplacés, et onze de ses treize payams sont touchés par les inondations. En outre, 4 275 hectares de terres agricoles ont été submergés[1].

Les inondations sont sans précédent dans la région du Sud, au Soudan du Sud, qui abrite l'une des plus grandes zones humides du monde. D'importantes quantités de populations locales de la région ont été déplacées. En raison de l'ampleur et de la durée sans précédent des inondations, les communautés autochtones du Sud, notamment les peuples Anuak, Dinka, Shilluk et Nuer, n'ont pas pu s'adapter en utilisant des mesures traditionnelles de prévention des inondations telles que le déplacement des animaux de ferme vers des terrains plus élevés ou la protection des infrastructures avec des murs de terre compactée[6],[7].

De nombreux civils de la région se sont déplacés à l'intérieur de leur propre pays et contraints de vivre dans des camps de réfugiés[2].

Selon les chercheurs en climatologie, de nouveaux régimes météorologiques provoquant des précipitations et des inondations plus importantes pourraient à leur tour entraîner l'expansion des zones humides habitables du Sud. De nombreuses personnes pourraient donc quitter leur habitation en raison de ces régimes en rapport avec le changement climatique[2].

Réactions

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Le Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies a administré 10 millions de dollars pour venir en aide à environ 700 000 citoyens touchés par les inondations dans les comtés d'Aweil Est, de Mayiandit, de Fangak, de Rubkona et de Nasir. Le Fonds humanitaire pour le Soudan du Sud a ajouté 5 millions de dollars à ce montant afin de fournir des services humanitaires essentiels supplémentaires[1],[8].

Les dégâts causés par les inondations et la submersion des routes ont rendu difficile l'acheminement de l'aide humanitaire. Les agences humanitaires utilisent des moyens de transport aériens et fluviaux plus coûteux pour transporter les fournitures. De plus, de nombreuses personnes sont mortes de fréquentes morsures de serpents sans antivenin dans le comté de Lafon, dans l'est de l'Équatoria [1].

Voir aussi

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 (en) « South Sudan: Flooding Situation Flash Update No. 3 (As of 12 September 2024) - South Sudan | ReliefWeb », reliefweb.int, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 (en) Stephens et Levi, « South Sudan floods: The first example of a mass population permanently displaced by climate change? », phys.org (consulté le )
  3. ↑ (en) « In South Sudan, floods drown hopes », The East African, (consulté le )
  4. ↑ (en-US) umajulius, « Over 735,000 people affected by floods across South Sudan: UN », sur Sudan Tribune, (consulté le )
  5. ↑ (en-US) Kerry Cullinan, « Sudan Starves As War, Floods And Disease Take Their Toll - Health Policy Watch », (consulté le )
  6. ↑ (en-GB) Conor Byrne, « South Sudan floods: the first example of a mass population permanently displaced by climate change? », sur Connecting Research, (consulté le )
  7. ↑ Deng Majok Chol, Amelie Paszkowski, Kevin G. Wheeler et Steve Smith-Kroll, « Dynamics of human adaptation to flood risk in the Sudd wetlands, South Sudan », Regional Environmental Change, vol. 26, no 3,‎ , p. 183 (ISSN 1436-378X, DOI 10.1007/s10113-026-02664-1, lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ (en-US) « Over 735,000 people affected by floods across South Sudan: UN », Sudan Tribune, (consulté le )