Inscriptions d'Aïn Nechma
Les inscriptions d'Aïn Nechma, également appelées inscriptions de Guelma, sont un ensemble d’inscriptions en langue punique, découvertes pour la première fois en 1837 dans la nécropole d’Aïn Nechma, dans l’actuelle wilaya de Guelma en Algérie (ancienne Calama).
| Inscriptions d'Aïn Nechma | ||
Croquis de Delamare (planche 187) des inscriptions puniques de Guelma | ||
| Type | Sculpture | |
|---|---|---|
| Matériau | Pierre calcaire | |
| Méthode de fabrication | Bas-relief et Technique de taille | |
| Fonction | Vocation funéraire et votive | |
| Période | Ier siècle av. J.-C. | |
| Culture | Civilisation carthaginoise Numidie |
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| Lieu de découverte | Calama, (Ben Djerrah), Guelma | |
| Coordonnées | 36° 25′ 56″ nord, 7° 22′ 07″ est | |
| Conservation | Musée du Louvre Musée archéologique de Narbonne Musée national Cirta |
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| Géolocalisation sur la carte : Algérie
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Au début du XXe siècle, on en avait découvert environ quarante. Elles étaient devenues bien connues en épigraphie sémitique en raison de l’emploi unique de certaines tournures et de la forme particulière donnée à certains signes de l’alphabet punico-phénicien[1].
Un certain nombre des inscriptions les plus notables ont été rassemblées dans les Kanaanäische und Aramäische Inschriften (KAI), sous les numéros 166 à 169.
Ces inscriptions sont conservées au Musée du Louvre, au Musée archéologique de Narbonne et dans d’autres institutions muséales.
Contexte historique
modifierLe site archéologique d’Aïn Nechma, situé dans la commune de Ben Djerrah, à environ cinq kilomètres au sud-ouest du chef-lieu de la wilaya de Guelma, constitue un véritable témoin du passage de multiples civilisations, parmi lesquelles les Numides et les Phéniciens. D’après les archéologues et les historiens, son occupation remonte entre le IIᵉ et le IIIᵉ siècle av. J.-C.[2].
Entre le Iᵉʳ siècle av. J.-C. et le Iᵉʳ siècle apr. J.-C., le site révèle une transition significative : celle du recours à l’écriture punique, également appelée carthaginoise ou phénico-punique. Ces vestiges épigraphiques livrent de précieuses informations non seulement sur les habitants et leurs systèmes d’écriture, mais aussi sur leurs rites religieux et funéraires[2].
Découverte initiale
modifierLes deux premières inscriptions furent découvertes en 1837 par Jean Guyon[3]. Entre 1843 et 1845, Adolphe Delamare en recueillit un plus grand nombre et les publia en 1850[4]. La plupart des stèles furent envoyées au Musée du Louvre, d’autres déposées dans le jardin public de la ville de Guelma, chez des particuliers, et au musée national Cirta[5].
Les inscriptions de Guelma ont d’abord fait l’objet d’études par des archéologues qu’Auguste Célestin Judas, Heinrich Ewald et Moritz Abraham Levy[6].
Inscriptions
modifierDeux types d'inscriptions sont connus : les inscriptions votives et les inscriptions funéraires. Les inscriptions funéraires, à quelques exceptions près, présentent les formules habituelles des épitaphes néopuniques. Les inscriptions votives, en revanche, contiennent une formule propre aux stèles trouvées à Aïn Nechma, dont l'interprétation soulève des difficultés plus faciles à exposer qu'à résoudre[7].
Les inscriptions recueillies par Adolphe Delamare et conservées au Musée du Louvre sont connues sous les numéros suivants :
- AO 5107 (Delamare 4 [187])
- AO 5108 (Delamare 5 [187]), exposée dans la salle 313 du Louvre[8]
- AO 5109 (Delamare 2 [187], Lidzbarski 7)
- AO 5110 (Delamare 1 [187], Lidzbarski 6)
- AO 5111 (Delamare 7 [187])
- AO 5112 (Delamare 6 [185], Lidzbarski 5)
- AO 5113 (Delamare 3 [187])
- AO 5114 (Delamare 6 [187])
- AO 5290 (Delamare 18 [178]), exposée dans la salle 313 du Louvre[9]
- AO 5291 (Delamare 9 [178])
- AO 5292 (Delamare 21 [178])
- AO 5293 (Delamare 10 [178])
Autres :
- Delamare 9 [185], Lidzbarski 2
- Delamare 7 [185], Lidzbarski 3
Galerie
modifierBibliographie
modifier- Jean-Baptiste Chabot, Punica XI : Les inscriptions néopuniques de Guelma, Imprimerie nationale, (lire en ligne)
- Jean-Baptiste Chabot, Punica, Imprimerie nationale, , XI : 57- (lire en ligne)
- Auguste Celestin Judas, Étude démonstrative de la langue phénicienne et de la langue libyque, J. Klincksieck, (lire en ligne), chap. pt. 89
- Auguste Celestin Judas, « Mémoire sur plusieurs inscriptions phéniciennes, et particulièrement sur celles qui ont été trouvées en Numidie », Journal asiatique, Société asiatique, (lire en ligne)
Références
modifier- ↑ Chabot, 1916, p. 483 : « Guelma rappelle le nom et représente le site de l'antique Calama. Dans cette localité et dans la nécropole voisine appelée Aïn Nechma, on a recueilli une quarantaine d'inscriptions néopuniques qui forment un groupe spécial, caractérisé par l'emploi de certaines tournures et par la forme particulière donnée à quelques signes de l'alphabet. »
- 1 2 « Site d’Aïn Nechma : Le souffle de l’Histoire », (consulté le )
- ↑ Guyon, Quelques Inscriptions de la Province de Constantine, (lire en ligne), p. 5
- ↑ Delamare, Adolphe Hedwige Alphonse, Exploration scientifique de l'Algérie pendant les années 1840, 1841, 1842, 1843, 1844 et 1845 : Archéologie, Imprimerie Nationale, (lire en ligne)
- ↑ Chabot, 1916, p. 483 : « Les deux premières inscriptions trouvées à Guelma ont été relevées dès 1837 par le Dr Guyon. Pendant les années 1843 et 1845, le capitaine Delamare en recueillit un plus grand nombre; il en a publié d'assez bonnes reproductions, et l'examen des monuments originaux, pour la plupart transportés à Paris, en facilite l'étude. Depuis cette époque, d'autres stèles ont été mises au jour à l'occasion de fouilles faites pour établir des constructions nouvelles. Elles ont été déposées dans le jardin public de Guelma. Quelques-unes sont aussi passées aux mains de particuliers, et le monument le mieux conservé a été transporté au musée de Constantine. »
- ↑ Chabot, 1916, p. 484 : « Les inscriptions de Guelma ont fait l'objet de plusieurs études de la part du docteur Judas, de H. Ewald, de M. A. Levy, à une époque où le déchiffrement des textes néopuniques était encore très incertain. Quelques-unes ont été reprises par P. Schröder (1869) et en dernier lieu par M. Lidzbarski (1898). Nous allons passer en revue tous ces textes, que nous partagerons en deux séries : inscriptions votives et inscriptions funéraires. »
- ↑ Chabot, 1916, p.484 : « Dans les inscriptions funéraires, à part quelques exceptions, on retrouve les formules habituelles des épitaphes néopuniques. Les inscriptions votives, au contraire, renferment une formule propre aux stèles trouvées à Guelma, et dont l'interprétation soulève des difficultés plus faciles à exposer qu'à résoudre. »
- ↑ ex-voto, Lieu de découverte : Aïn Nechma, AO 5108 ; P 319
- ↑ stèle, Lieu de découverte : Guelma, AO 5290