Institut français de presse
L'Institut français de presse (IFP) est le département d'information-communication de l'université Paris-Panthéon-Assas. Il délivre des diplômes en sciences de l'information et de la communication et en sciences politiques. Ses locaux sont situés au sein du campus Assas de l'université dans le 6e arrondissement de Paris.
| Fondation |
1937 en tant qu'Institut des sciences de la presse de l'université de Paris, et refondation en 1951 |
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| Type | |
|---|---|
| Disciplines | |
| Fondateur |
Fernand Terrou (d) |
| Président | |
| Directeur | |
| Membre de |
Université Paris 2 Panthéon-Assas, Commission paritaire nationale de l'emploi des journalistes, Conférence des écoles de journalisme, Programme Erasmus+ |
| Site web |
| Étudiants |
500 (env.) |
|---|
| Pays | |
|---|---|
| Campus |
92, rue d'Assas |
| Localisation |
Fondé en 1937, il est la plus ancienne école de journalisme publique de France.
L'Institut français de presse forme ses étudiants aux métiers de la communication politique et institutionnelle, du journalisme, des études d’audience, de la programmation audiovisuelle et des écritures numériques. Il est une des 16 formations en journalisme reconnues[1] par la profession en France via le dispositif prévu par la Convention collective nationale de travail des journalistes.
L'IFP est membre de la Conférence des écoles de journalisme (CEJ).
Histoire
modifierL'IFP a connu plusieurs dénominations.
1937 : fondation au sein de l'université de Paris
modifierUn Institut des sciences de la presse est créé par décret () au sein de la faculté de droit de l’université de Paris. L'institut cesse de fonctionner dès 1939, à cause de la guerre. En 1945, il reprend vie sous le nom de Centre d’étude scientifique de la presse grâce à l'action du haut fonctionnaire et spécialiste du droit de la presse, Fernand Terrou[2],[3].
1951 : refondation après une fermeture en 1947
modifierEn 1947, le Centre d’étude scientifique de la presse ferme mais renaît de ses cendres quatre ans plus tard, le , sous le nom d’ « Institut français de presse ». C'est alors une association loi de 1901, liée à la Fondation nationale des sciences politiques (IEP de Paris) qui l'héberge, et à l'UNESCO. Premier centre de recherche français consacré à l'étude et à l’analyse des médias, il développe très tôt des relations avec des universités et des instituts de recherche étrangers pour la réalisation de ses activités, puis s’ouvre progressivement à l’enseignement supérieur.
S’appuyant sur des partenariats internationaux, l’Institut français de presse devient après la guerre, un institut d'études de référence internationale sur l’évolution des médias. Sous l’impulsion de Fernand Terrou, son premier directeur et de ses travaux, l'IFP participe activement aux questions de liberté d'information à la conférence inaugurale de l'UNESCO à Genève en 1948, et développe des relations privilégiées avec l'Institute for Communication Research de l'université Stanford aux États-Unis. En 1957, il joue un rôle majeur en coopération avec l’UNESCO dans la création de l’Association internationale des études et recherches sur l’information et la communication (AIERI[4]).
Logé à l’Institut d’études politiques de Paris, il est rattaché à l’université de Paris, et devient un institut académique par un décret du . En 1961, le premier diplôme universitaire de l’IFP est créé. En 1964, l'institut peut délivrer le titre de docteur sur les enjeux de l'Information[5].
1969 : éclatement de l'université de Paris
modifierAvec l’éclatement de l'université de Paris en plusieurs universités et écoles autonomes, les membres de l'Institut français de presse se divisent entre Sciences Po et Panthéon-Assas. En 1969, l'Institut français de presse rejoint l’université Panthéon-Assas en tant que département des sciences de l'information et de la communication.
Dans les années 1970, le ministère de la Coopération se tourne vers l’Institut français de presse, en association avec le Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ), pour favoriser la création de deux grandes écoles de journalisme à Yaoundé[6] (Cameroun) et à Dakar[7] (Sénégal). À la même époque, il noue aussi des relations privilégiées avec l'Institut de presse et des sciences de l'information de Tunis et l'Institut supérieur de journalisme de l'université de Rabat.
Organisation
modifierDirection de l'IFP
modifier| Portrait | Identité | Période | Durée | |
|---|---|---|---|---|
| Début | Fin | |||
| Fernand Terrou (d) ( - ) | 25 ans | |||
| Francis Balle (né en ) | 10 ans | |||
| Pierre Albert ( - ) | 8 ans | |||
| Rémy Rieffel (né en ) | 5 ans | |||
| Nadine Toussaint-Desmoulins (d) | 5 ans | |||
| Josiane Jouët (née en ) | 5 ans | |||
| Nathalie Sonnac (née en ) | 6 ans | |||
| Valérie Devillard (d) | 10 ans | |||
| Fabrice d'Almeida[8] (né en ) | ||||
Enseignants
modifierL'IFP comprend une équipe permanente de dix-sept enseignants-chercheurs spécialistes des médias et de la communication (droit, économie, sociologie, histoire, sémiologie, réseaux numériques) présents à tous les niveaux de formation de l’IFP. L'équipe comprend notamment Rémy Rieffel, Nathalie Sonnac, Fabrice d'Almeida, Frédéric Lambert, Cécile Méadel, Arnaud Mercier, Romain Badouard, Tristan Mattelart, Josiane Jouët ou encore Bibia Pavard.
Chaque année, une dizaine de professeurs et intervenants étrangers assurent un à deux mois de conférence auprès des étudiants de l’IFP[9]. Parmi eux, on peut compter Marc Lits de l'université catholique de Louvain (Belgique), Kent Wilkinson de l'université du Texas (États-Unis), David A. Welch de l'université du Kent à Canterbury (RU), Riadh Ferjani de l'université de Manouba (Tunisie) Marc-François Bernier de l'Université d’Ottawa (Canada), Gaetano Quagliariello Professeur d'histoire contemporaine à la LUISS Guido Carli (Rome, italie), Tamara Chaplin de l’université de l'Illinois (Etats-Unis), Laurence Kaufmann de l'Université de Lausanne (Suisse), ou encore Gilson Schwartz de l’université de Sao Paulo (Brésil).
Les enseignements de l’IFP sont aussi assurés par des intervenants professionnels provenant des secteurs médiatiques et de la communication. Certains sont associés aux formations : Agence France-Presse, Le Monde, ministère de la Culture, etc. D’autres interviennent seulement sur certains cours : Le Figaro, L'Express, Radio France internationale, La Chaîne Info, le Centre national du cinéma et de l'image animée, SFR, OpinionWay, France 2, BFM TV, Audipresse[10], Affimétrie[11], Ipsos, Prisma Media, Microsoft, Le Nouvel Observateur, TNS Sofres.
Équipements et ressources
modifierL’IFP est situé dans les locaux de l'université Paris-Panthéon-Assas.
Les étudiants du master de journalisme bénéficient d’un studio radio, de postes de montage radio et vidéo, ainsi qu’un plateau télévision pour 4 personnes[12].
Depuis 2013, l’Institut français de presse (IFP) collabore étroitement avec la bibliothèque universitaire pour proposer des collections spécialisées en sciences de l’information et de la communication, à l’image de sa médiathèque originelle[13].
Le Centre de documentation de l’IFP a établi des liens étroits et des collaborations durables avec : la Bibliothèque universitaire d’Assas, l’InaThèque ; il leur a confié la conservation et la mise à disposition du public d’une partie de ses collections : monographies, revues scientifiques et professionnelles, travaux d’étudiants et dossiers documentaires.
Par ailleurs, une convention de coopération numérique a été signée avec la Bibliothèque nationale de France (BnF) pour numériser une sélection de ses revues historiques dans le cadre du dispositif Gallica.
Les formations
modifierL’IFP accueille plus de 1000 étudiants.
L’IFP a pour vocation de fournir des formations d’excellence dans le domaine des Sciences l’information et de la communication et des sciences politiques. Il forme les étudiants aux métiers de journaliste, d’ingénieur et de chargé d’études, de programmateur, de direction et d’encadrement de projets multimédias, mais aussi de la recherche et de l’enseignement universitaires (maitres de conférences, professeurs des universités, chercheurs du CNRS)
Deux finalités orientent les programmes des différentes formations : l’acquisition d’outils d’analyse transdisciplinaires et de connaissances fondamentales en Sciences de l’information et de la communication d’une part, l’insertion professionnelle des étudiants d’autre part. L’équipement des locaux permettant l’intégration d’ateliers pratiques dans les programmes et les cursus pédagogiques reflètent un équilibre entre enseignement universitaire théorique et formation pratique professionnelle : cas pratiques, enquêtes de terrain, reportages, pratiques d’outils logiciels. Une grande place est accordée à l’apprentissage et au stage en entreprise[14].
Formations
modifierIl délivre une licence disciplinaire, une double licence Histoire-information médias, des diplômes propres (DU), des diplômes nationaux de master et de doctorat, et trois double-diplôme en partenariat avec Sorbonne Université, l'ESSEC et l'École W[14],[15]. Le Master se compose de neuf parcours : Médias et mondialisation ; Médias, cultures et sociétés ; Usages du numérique, innovation, communication ; Médias, publics et culture numérique ; Journalisme ; Médias, communication et territoires numériques; Global journalism and communication, Environnement, organisations et communication ; Médias, communication et sport.
Depuis 2022, l'IFP propose également sa licence en Information-Communication en enseignement à distance. Elle délivre le même diplôme que la licence dispensée en présentiel[16].
Le pôle de recherche : le CARISM
modifierLongtemps fusionnés, les pôles pédagogiques et scientifiques étaient regroupés sous l'entité commune : IFP. Ce n'est qu'en 2005 qu'un pôle recherche autonome se crée sous le nom de CARISM .
Le Centre d’analyse et de recherche interdisciplinaire sur les médias (CARISM[17]) regroupe les enseignants-chercheurs de l’IFP autour de programmes de recherche définis par l’équipe. Centre pionnier en France dans la recherche sur les médias, ses travaux se fondent sur une approche transdisciplinaire puisant dans le droit, l’économie, la science politique, la géopolitique, la sociologie et la sémiotique.
Le CARISM est le lointain descendant de l'Institut des sciences de la presse, centre de recherche créé en 1937 au sein de l’université de Paris par le professeur de droit Boris Mirkine-Guetzevitch et le journaliste Stephen Valot, membre de la direction du Syndicat national des journalistes (SNJ). L'esprit de ce premier centre est prolongé après-guerre par la création de l'IFP. Dans les années cinquante, sous l’impulsion des juristes Fernand Terrou et Lucien Solal, cet institut devient un carrefour de rencontres entre professionnels de journalisme, patrons de presse et universitaires. Très tôt, il donne lieu à des publications pluridisciplinaires de référence dans le domaine de l’information et des médias. Convaincu de la nécessité de construire une instance internationale qui dépasse les clivages de la guerre froide, Fernand Terrou fait collaborer l’IFP à la fondation de l’AIERI[4] par l’UNESCO en 1957. S’alignant sur les ambitions de l’IFP, cette nouvelle organisation est destinée au développement des sciences de la presse. Face aux difficultés de communication des instances gouvernementales et professionnelles de l’époque, une collaboration de centres de recherche plurinationaux permet à cette science naissante de se développer.
Le centre donne aussi lieu à des publications de référence dans le domaine de l’information et des médias. La revue trimestrielle Études de presse diffusée en France et à l’étranger qui comprend une partie doctrinale et une partie documentaire témoigne des premières spécialités choisies par l’Institut : le droit et l’histoire des médias. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’ouvrage de Fernand Terrou L’Information (1re édition en 1962) ou encore plusieurs ouvrages collectifs dont l’Histoire générale de la Presse (5 volumes, 1969-1976). Un peu plus tard, les approches sociologiques et économiques se développent. Les ouvrages Médias et société de Francis Balle (1re édition datant de 1973 sous le titre : Institutions et publics des moyens d’information), Économie de l’information de Nadine Toussaint-Desmoulins (1re édition, 1978), Droit de l’information d’Emmanuel Derieux (1re édition, 1986) font partie des ouvrages fondateurs dans ces matières.
Les partenariats internationaux de l'IFP
modifierDepuis sa création, l’IFP fait reposer une partie de ses activités de recherche et d’enseignement sur des partenariats internationaux avec des universités et des fondations étrangères.
De nombreux protocoles permettent des échanges avec des enseignants étrangers. Ainsi, une demi-douzaine d’enseignants-chercheurs étrangers est invitée chaque année à dispenser une semaine de cours à l’institut. Ces universitaires proviennent des universités de Munich (Allemagne), Madrid, Pampelune (Espagne), Istanbul (Turquie), Rome (Italie), Warwick (Grande-Bretagne), Bogota (Colombie), Pékin (Chine), Ottawa (Canada), et Buenos Aires (Argentine).
Les échanges d’étudiants ifpéens et étrangers sont favorisés par les nombreuses conventions liant l’IFP avec des universités étrangères.
Des programmes d’échange[18] ERASMUS+ sont établis avec l'université libre de Bruxelles, l'université de Varsovie, l'université Louis-et-Maximilien du Munich, l'université technique de Dortmund , l'université de Brême, l'université de Navarre à Pampelune, les universités de Valence San Pablo Ceu et de Carlos III de Madrid, L'université Panteion, l'université de Tampere, l'université de Rome « La Sapienza », l'université de Tuscia, l'université Galatasaray d'Istanbul et l'université de Lisbonne.
Les étudiants peuvent également suivre des cours dans des universités extra-européennes grâce aux conventions bilatérales[19] avec l'Université de Laval (Canada), l'université de Kobé (Japon), l'École de communication et d'arts de l'université de São Paulo (en) (Brésil), l’université du Rosaire de Bogota (Colombie)...
Le programme MICEFA[20] est une mission interuniversitaire de coordination des échanges franco-américains (MICEFA) permet de partir étudier en Amérique du Nord dans une université anglophone
Des conventions d’enseignement ont aussi fait participer l’équipe universitaire de l’IFP à la formation des étudiants en journalisme de l’université libanaise, des étudiants de l’ISMA[21] à Cotonou (Bénin) et de l’école Com'Sup à Casablanca (Maroc).
Anciens élèves
modifierParmi ses anciens élèves, l'IFP compte des personnalités des mondes politiques et médiatiques, notamment Jean-Pierre Elkabbach, François Baroin, Jean Montaldo, Étienne Mougeotte, Thomas Sotto, Alix Girod de l'Ain, Amadou Ousmane[22], Étienne Carbonnier[23], David Castello-Lopes, Paul Larrouturou, Éric Brunet, Aurore Gorius, Rebecca Fitoussi, Lilia Hassaine, Charline Hurel, Daniel Riolo.
Notes et références
modifier- ↑ Conférence des Écoles de Journalisme, « Site internet de la conférence des écoles de journalisme »
, sur Conférence des écoles de journalisme (consulté le ) - ↑ « Histoire », sur IFP (consulté le ).
- ↑ « Histoire de l'IFP », sur ifp.u-paris2.fr (consulté le )
- 1 2 « AIERI »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?).
- ↑ IFP, « Histoire de l'IFP | IFP », sur ifp.assas-universite.fr (consulté le )
- ↑ « Universite yde2 », sur Universite yde2 (consulté le )
- ↑ « CESTI », sur CESTI (consulté le )
- ↑ « https://www.assas-universite.fr/fr/nomination-fabrice-dalmeida »
- ↑ « Intervenants à l'IFP »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?).
- ↑ « Actualités journalistiques et médiatiques », sur Presse Magazine (consulté le )
- ↑ « Affimétrie », sur affimetrie.fr via Internet Archive (consulté le ).
- ↑ Institut français de presse, « Vidéo d'inauguration de l'Institut français de presse à Assas »
[vidéo], sur Youtube, (consulté le ) - ↑ IFP, « Documentation et plateforme numérique : une ressource clé de la recherche à l’IFP | IFP », sur ifp.assas-universite.fr (consulté le )
- 1 2 « L’Institut Français de Presse, Université Paris Panthéon-Assas, la voie royale pour prétendre aux métiers de la communication et du journalisme », L'Étudiant, (lire en ligne
) - ↑ « Nouvelles formations pour la rentrée 2023 », sur Université Paris-Panthéon-Assas (consulté le )
- ↑ « Licence numérique en Information-Communication », sur ifp.u-paris2.fr (consulté le )
- ↑ « CARISM », sur u-paris2.fr via Internet Archive (consulté le ).
- ↑ Université Paris-Panthéon-Assas, « Partir étudier à l'étranger en programme d'échange | Université Paris-Panthéon-Assas », sur www.assas-universite.fr (consulté le )
- ↑ IFP, « Partir étudier à l'étranger | IFP », sur ifp.assas-universite.fr (consulté le )
- ↑ « MICEFA – Mission Interuniversitaire de Coordination Echanges Franco-Américains » (consulté le )
- ↑ « ISMA », sur isma-benin.org via Internet Archive (consulté le ).
- ↑ (en) Susan Gorman, « Amadou, Ousmane », dans Encyclopedia of African Literature, Routledge, (lire en ligne), p. 27.
- ↑ IFP, « ETIENNE CARBONNIER, ANCIEN DE L'IFP, ANIME UNE NOUVELLE ÉMISSION, CANAP 95 SUR TMC », sur u-paris2.fr
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jacques Godechot, « L'Institut français de Presse et les recherches sur l'histoire de la presse », dans Le Mouvement social, n° 53, 1965, p. 3-8.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- « Site du bureau des étudiants de l'IFP », sur Université Paris-Panthéon-Assas (consulté le )