Institut national des sciences de l'Univers

institut de recherche en France

CNRS Terre & Univers

Navire Théthys II de la division technique de l'INSU

L'Institut national des sciences de l'Univers (INSU), également appelé CNRS Terre & Univers, est l'institut du CNRS qui coordonne les recherches en astronomie et astrophysique, sciences de l'océan et de l'atmosphère, sciences de la Terre et sciences des surfaces continentales. Structuré autour des observatoires des sciences de l'Univers (OSU) et engagé dans des programmes nationaux et internationaux, l'INSU s'attache à relever les défis scientifiques concernant l'origine et l'évolution de la Terre et de l'Univers et répondre aux enjeux planétaires tels que les effets du changement climatique, les solutions pour un développement durable, la nature et l'état des ressources et l'anticipation des risques naturels.

L’INSU est un des dix Instituts du CNRS dont il partage les missions avec l’ensemble des autres Instituts tout en assumant des missions nationales supplémentaires qui lui sont assigné par décrêt.

Historique

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L'INSU, créé le [1], succède à l'INAG[2] (Institut National d’Astronomie et de Géophysique), lui-même créé le avec pour mission « de développer et de coordonner les recherches en astronomie et en géophysique menées par les organismes de recherche français »[3]. Dans les mots de Jean-François Denisse, un des principaux acteurs de la création de l'INAG : « Je pensais qu’une certaine cohérence – mais pas une centralisation – était nécessaire au niveau des décisions à prendre (...). L’Inag a été créé essentiellement pour assurer cette cohérence. Pour moi, un institut national était d’abord nécessaire pour mettre en place de très gros instruments ou de grosses opérations qui réclament d’importants moyens »[4]. À sa création, l'INSU recouvre l'ensemble du département TOAE (Terre, Océan, Atmosphère, Espace) du CNRS, devenu département des sciences de l’Univers (SDU). Le directeur de l’INAG, tout comme celui de l'INSU à ses débuts était nommé après avis de la direction de l’enseignement supérieur et de la recherche du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Ce fait traduisait la réalité que ces Instituts étaient certes des instituts du CNRS mais qu’ils avaient une dimension plus large que celui-ci[5]. Notamment une certaine indépendance de gestion et d'action au niveau de la collaboration internationale. Cela a été le cas jusqu'à la mise en place en 2009-2010 des dix instituts actuels du CNRS. Avec le mandat de Sylvie Joussaume à la direction scientifique de l'INSU et du département des sciences de l’Univers de à , l'INSU s'est ouvert à l'interdisciplinarité avec le projet de création de l'INSU-E (INSU-Environnement), qui ne s'est finalement pas réalisée[6]. Mais cela s'est néanmoins concrétisé par la mise en place d'une quatrième division, Surfaces et Interfaces Continentales (SIC), en plus des trois divisions originelles – Astronomie-Astrophysique (AA), Océan Atmosphère (OA), et Sciences de la Terre (ST) et de 2 divisions transversales, l’une pour faire l’interface avec la biologie, essentiellement l’écologie, l’autre pour faire l’interface avec la société et l’environnement[7].

Sous la direction de Sylvie Joussaume puis de Dominique Le Quéau, l'INSU renforce l'approche intégrée des sciences du système Terre en promouvant le concept de chantiers régionaux parmi lesquels AMMA[8] dans la zone Sahelienne et de l'Afrique de l'Ouest, le chantier Arctique et le chantier Mistrals[9] en Méditerannée.

Sous l'impulsion de Nicolas Arnaud, entre 2019 et 2026, l’INSU mêt en oeuvre un prospective transverse (2020–2025) définissant 17 défis interdisciplinaires (climat, risques, ressources, spatial, données) avec pour priorités [10]

  • Structurer l’interdisciplinarité (ex : chimie-astrophysique pour l’héritage interstellaire).
  • Consolider les infrastructures de recherche (IR, SNO, nanosatellites) et les programmes nationaux.
  • Accélérer l’innovation (capteurs, HPC, exascale) et l’accès ouvert aux données.
  • Répondre aux enjeux sociétaux (ODD, transition écologique) et être ressource pour la société

L’INSU se positionne alors comme acteur clé de la science ouverte et de la coordination nationale/européenne.

Mission nationale

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Au sein du CNRS, l’Institut national des sciences de l’Univers a pour mission d’élaborer, de développer et coordonner en France les recherches d’ampleur nationale et internationale en astronomie, sciences de la Terre, de l’océan, de l’atmosphère et de l’espace.

Dans le domaine de la recherche , l’Etat a confié à l’INSU une mission de coordination des efforts et des visions à long terme. Dès 1985, l’arrêté de création de l’INSU[1] stipule en effet

“ L'Institut national du Centre national de la recherche scientifique (C.N.R.S.), dénommé Institut national des sciences de l'univers (I.N.S.U.) a pour mission d'élaborer, de développer et coordonner les recherches d'ampleur nationale et internationale en astronomie, sciences de la Terre, de l'océan, de l'atmosphère et de l'espace, menées au sein des établissements publics relevant du ministère de l'éducation nationale, et au sein du Centre national de la recherche scientifique et plus particulièrement de son institut regroupant les disciplines correspondantes, dont il renforce et prolonge l'action.”

L’arrêté[11] en vigueur de 2016 renforce encore ces missions nationales en en précisant les modalité d’action

“L'Institut national des sciences de l'Univers du Centre national de la recherche scientifique exerce des missions nationales d'animation et de coordination dans les domaines des sciences de la Terre, des surfaces et interfaces continentales, de l'océan, de l'atmosphère, de l'astronomie et de l'astrophysique.

Pour la réalisation de ces missions, l'Institut national des sciences de l'Univers

- organise et conduit, en y associant tous les organismes et acteurs concernés, des exercices de prospective nationale permettant de définir une stratégie scientifique de long terme et d'identifier les équipements nationaux et internationaux nécessaires à sa mise en œuvre. Il veille à la plus large diffusion des résultats de ces travaux et favorise leur prise en compte dans l'élaboration des programmes de recherche et d'équipement à l'échelle nationale et internationale ;

- conçoit, coordonne et anime des programmes de recherche nationaux et internationaux dans ses domaines de compétence ;

- favorise et coordonne la participation des opérateurs de recherche aux structures d'intérêt national ainsi qu'aux très grandes infrastructures de recherche et aux programmes scientifiques qu'elles permettent de réaliser ;

- coordonne les services nationaux d'observation dans ses domaines de compétence, notamment par la mise en réseau des observatoires des sciences de l'Univers. Il contribue à la constitution de systèmes d'information permettant le stockage et la mise à disposition des données scientifiques collectées, notamment pour la communauté scientifique, leur valorisation ainsi que leur archivage.”

Enfin, la consolidation du code de l’éducation (section “CNRS”, sous-section “Instituts”) de décembre 2023 en confirme le placement au sein du CNRS tout en en réaffirmant les missions nationales

“L'Institut national de physique nucléaire et de physique des particules, l'Institut national des sciences de l'Univers et l'Institut des sciences mathématiques et de leurs interactions sont des instituts du Centre national de la recherche scientifique, au sens de la présente sous-section. Ils exercent des missions nationales.”

L'INSU a donc outre son rôle au sein du CNRS, une mission d'acquisition de données de long terme afin de quantifier l'évolution de l'univers et de l’environnement en coordonnant les Services Nationaux d'Observation (SNO)[12].

Laboratoires et observatoires des sciences de l’Univers (OSU)

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À l'instar des autres instituts du CNRS, l’INSU partage la tutelle de la plupart de ses unités de recherche avec ses partenaires académiques. L'originalité de son organisation réside dans le regroupement de ses laboratoires en observatoires des sciences de l’Univers (OSU) qui mettent notamment en œuvre les actions et les services nationaux d’observation labellisés par l'institut[13].

Structures territoriales originales, les observatoires des sciences de l’Univers ont pour mission principale « d’organiser les moyens nécessaires à l’acquisition d’observations des systèmes astronomiques ou des composantes du système Terre ». Au sein des centres universitaires, ils ont un statut d’école interne ou de grand établissement et constituent des unités d’appui et de service (UAR) pilotées en partenariat par le CNRS, l'Université et le plus souvent, d’autres établissements ou organismes de recherche.

Au niveau local, les observatoires des sciences de l’Univers mettent en œuvre à long terme les actions et les services nationaux d’observation et favorisent les recherches interdisciplinaires. Ils facilitent notamment l’accès aux grandes infrastructures de recherche et aux plateformes expérimentales ou numériques d’intérêt régional ou national.

Thématiques de recherches

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Les recherches menées à l’INSU portent en priorité sur :

  • La formation et l’évolution de l’Univers, de ses constituants (matière baryonique, matière et énergie noires) et des objets qui le composent (galaxies, étoiles, systèmes planétaires) ;
  • L’évolution de la structure de la Terre et des planètes, les ressources naturelles (métaux, combustibles fossiles, eau, sols…) et l’origine des risques telluriques ;
  • L’évolution et la variabilité de l’atmosphère et du climat, les cycles biogéochimiques (carbone, azote…), la dynamique de l’océan, de l’atmosphère et des glaces ainsi que leurs interactions ;
  • Les échanges des surfaces continentales et de la zone critique avec l’atmosphère, l’océan et la terre profonde, l’évolution des éco-hydrosystèmes, des sols et de leur qualité, et les aléas météorologiques[10].

Directions successives de l'Institut National des Sciences de l'Univers

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Directeurs et directrices de l'INSU

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  • André Semoir du 11 mars 1985[14] au 14 janvier 1993[15]
  • Michel Aubry du 15 janvier 1993[15] au 20 octobre 1996[16]
  • Jean-François Minster du 21 octobre 1996[16] au 31 décembre 2000[17]
  • Philippe Gillet du [17] au 28 avril 2003[18]
  • Sylvie Joussaune du 29 avril 2003[18] au 16 avril 2006[19]
  • Dominique Le Quéau du 17 mai 2006[19] au 28 juin 2010[20]
  • Jean-François Stéphan du 28 juin 2010[20] au 21 décembre 2013[21](décédé en fonction)
  • Michel Diamant du 21 décembre 2013[21] au 31 juin 2014[22] (en interim)
  • Pascale Delécluse du [22] au 30 avril 2018
  • Nicolas Arnaud du [23] au 29 février 2026
  • Jean-François Doussin du au 31 août 2026[24] (en interim)
  • Olivier Grasset depuis le [25].

Prix et distinctions

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Notes et références

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  1. 1 2 Décret n° 85-218 du 13 février 1985 créant l'Institut national des sciences de l'univers du CNRS, Journal officiel de la République française. Lois et décrets (version papier numérisée) n° 0041 du 17/02/1985
  2. ↑ Michel Petit, « De l’Inag à l’Insu », Histoire de la recherche contemporaine. La revue du Comité pour l’histoire du CNRS, Comité pour l’histoire du CNRS, no Tome II - N°1,‎ 2013/juin/15, p. 18–27 (ISSN 2260-3875, DOI 10.4000/hrc.720, lire en ligne, consulté le )
  3. ↑ Journal Officiel de la République Française, « Décret n°67-800 du 11 septembre 1967 Portant création au CNRS de l'Institut National d'Astronomie et de Géophysique (INAG) », (consulté le )
  4. ↑ Darmon, G., « Jean-François Denisse, une politique pour l’astronomie, entretien réalisé par Gérard Darmon, 2 juillet 1987 », Cahiers pour l’histoire du CNRS, archives orales du CNRS, vol. 2,‎ (lire en ligne [PDF], consulté le )
  5. ↑ Petit, M., « De l’Inag à l’Insu », Histoire de la recherche contemporaine. La revue du Comité pour l’histoire du CNRS, Comité pour l’histoire du CNRS, vol. II, no 1,‎ , p. 18‑27 (ISSN 2260-3875, DOI 10.4000/hrc.720, lire en ligne)
  6. ↑ Muxart, T., « La programmation des recherches interdisciplinaires en environnement au CNRS. Logique scientifique ou logique de pouvoir ? », Natures Sciences Sociétés, EDP Sciences, vol. 12, no 3,‎ , p. 310‑315 (ISSN 1240-1307, lire en ligne)
  7. ↑ Joussaume, S., « L’Insu au milieu des années 2000 : atouts et changements », Histoire de la recherche contemporaine. La revue du Comité pour l’histoire du CNRS, Comité pour l’histoire du CNRS, no Tome II-N°1,‎ , p. 38‑49 (ISSN 2260-3875, DOI 10.4000/hrc.742, lire en ligne)
  8. ↑ Jean-Luc Redelsperger, Arona Diedhiou, Cyrille Flamant et Serge Janicot, « Amma, une étude multidisciplinaire de la mousson ouest-africaine », La Météorologie, Société météorologique de France (Météo France), vol. 54,‎ , p. 22–32 (DOI 10.4267/2042/20098, lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ « MISTRALS », sur www.odatis-ocean.fr (consulté le )
  10. 1 2 « Prospective transverse INSU | CNRS Terre & Univers », sur www.insu.cnrs.fr (consulté le )
  11. ↑ Arrêté du 29 avril 2016 relatif à l'Institut national des sciences de l'Univers du Centre national de la recherche scientifique, Journal Officiel de la République Française n°0122 du 27 mai 2016
  12. ↑ « Les services nationaux d’observation | INSU », sur www.insu.cnrs.fr (consulté le )
  13. ↑ « Structures », sur INSU, CNRS (consulté le ).
  14. ↑ Journal Officiel de la République Française n°64 du 16 mars 1985
  15. 1 2 Journal Officiel de la République Francaise n°13 du 16 janvier 1993
  16. 1 2 Journal Officiel de la République Francaise n°253 du 29 octobre 1996
  17. 1 2 Journal Officiel de la République Française n°14 du 17 janvier 2001
  18. 1 2 Journal Officiel de la République Française n°110 du 13 mai 2003
  19. 1 2 Journal officiel de la République Française n°121 du 25 mai 2006
  20. 1 2 « CNRS-Hebdo Occitanie Ouest - Édition du 25/06/2010 », sur www.cnrs.fr (consulté le )
  21. 1 2 AEF Info
  22. 1 2 « Pascale Delécluse directrice de l’Institut national des sciences de l’univers », sur News Tank Éducation & Recherche (consulté le )
  23. ↑ Décision n°DEC181555DAJ du 30 avril 2018 du bulletin officiel du CNRS
  24. ↑ NewsTank du 27/07/2026
  25. ↑ « Olivier Grasset, nouveau directeur de l’institut national des Sciences de l’Univers », sur INSU, (consulté le ).

Voir aussi

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