International Crane Foundation

parc zoologique américain

L'International Crane Foundation (en français : Fondation internationale pour les Grues), abrégé en ICF, est une organisation non gouvernementale consacrée à la protection des Grues, l'une des familles d'oiseaux les plus menacées au monde.

International Crane Foundation
Une ornithologue de l'ICF entre dans un eclos de jeunes Grues blanches.
Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
(en) ICFVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Forme juridique
Siège
Pays
Coordonnées
Organisation
Chiffre d'affaires
4,7 M$ (), 5,4 M$ (), 6,2 M$ (), 11,6 M$ (), 7,4 M$ (), 11,2 M$ (), 7,4 M$ (), 11,5 M$ (), 15,5 M$ (), 8,7 M$ (), 10,6 M$ (), 9,6 M$ (), 16,5 M$ ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Identifiants
IRS
Carte

Historique

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En 1970, George W. Archibald (en), étudiant à l'université de Cornell où il prépare une thèse sur la classification scientifique des Gruidés d'après leurs vocalisations[1], est missionné par Birdlife International pour organiser un groupe de travail international sur les Grues[2]. Ce groupe rassemble une quarantaine de chercheurs et aboutit à la publication de plusieurs rapports sous la direction de l'Union internationale pour la conservation de la nature[2]. En 1971, Archibald et son camarade d'université Ronald Sauey décident de créer une association consacrée à la conservation des Grues[3],[4].

L'International Crane Foundation est finalement fondée en 1973 à Baraboo, dans le Wisconsin, dans le but de participer à la protection des 15 espèces de Grues, notamment grâce à l'élevage conservatoire en captivité[5],[1]. Leur projet initial est de réunir un couple de chaque espèce[1]. Des programmes d'élevage de certaines espèces avaient déjà été menés dans les années 1950 et 1960, d'abord au Japon, à l'initiative du docteur Tadamichi Koga, puis aux États-Unis, où plusieurs centres d'élevage sont créés suivant le modèle de Koga[6].

Dès sa création, l'ICF agit en partenariat avec l'UICN, où elle forme le Groupe spécialiste des Grues (Crane Specialist Group)[4]. Elle est y est inscrite comme membre depuis [7].

Missions et projets

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Photographie d'un enclos contenant plusieurs Grues, au milieu d'un grand espace d'herbe.
Enclos d'élevage en captivité au White Lake Wetlands Conservation Area (en), en Louisiane.

Les principales missions de l'ICF sont l'étude et la protection des 15 espèces de Grues, de leurs écosystèmes et de leurs voies migratoires[7]. Elle gère un parc de Grues élevées en captivité, un centre d'éducation et une bibliothèque de recherche[7]. Cette bibliothèque, la Ron Sauey Memorial Library for Bird Conservation, est créée en hommage au cofondateur de l'ICF, décédé en 1987. Elle conserve les principales publications sur les Grues, y compris des publications internationales traduites en anglais[8],[9]. En 1996, ses collections comprennent près de 7 000 rapports et articles, 2 000 ouvrages monographiques, 12 journaux scientifiques et plus de 200 lettres d'information et magazines[9].

Études et projets de conservation

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La fondation dirige également des études scientifiques sur différents aspects liés à la conservation des Grues et coordonnent des projets à grande échelle[7],[4]. Ces projets prennent notamment la forme de groupes de travail, les Crane Working Groups, à l'échelle internationale, nationale et locale en plusieurs endroits à travers le monde[10],[11]. Entre 1973 et 1996, plus de 30 ateliers internationaux et conférences sont organisés par l'ICF, ce qui a donné lieu à une importante production scientifique[12].

La plupart des Grues étant des espèces migratrices, leur conservation implique la coopération entre les différents pays où elles vivent[11]. Les groupes de travail de l'ICF cherchent à mettre en place des projets de coopération pour assurer la protection effective des Grues, malgré les conditions politiques ou économiques. Elle a ainsi initié des programmes de conservation en URSS, comme l'opération Sterkh pour la protection de la Grue de Sibérie, des réserves transnationales et des centres d'élevage conservatoire[13]. Cette connaissance internationale de la situation des Grues a permis à l'ICF de mettre à jour les statuts de conservation pour les différentes espèces et de renforcer le réseau international de chercheurs spécialistes des Grues[14]. Ses actions ont eu une grande influence sur la conservation de certaines zones humides[15]. Elle a édité plusieurs ouvrages de référence, notamment The Cranes: status survey and conservation action plan (« Les Grues : statut et plan de conservation », 1996) et Crane Conservation Strategy (« Stratégie de conservation des Grues », 2019)[16].

Reproduction en captivité et programmes de réintroduction

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L'ICF mène des programmes de reproduction en captivité et de réintroduction de Grues[7]. Il s'agit d'une des toutes premières initiatives menées par Archibald et Sauey à la création de la fondation[1]. Au départ, les premiers couples élevés sont maintenus dans de grands enclos, avec des écuries comme abris et des filets pour éviter qu'ils ne s'enfuient sans avoir besoin de mutiler leurs ailes[17]. La fondation récupère d'abord des Grues handicapées ou malades : les premiers spécimens sont un couple de Grues à cou blanc aveugles en provenance du zoo du Bronx, puis des Grues du Japon dans un mauvais état de santé[17]. Les premiers petits naissent au bout de deux ans et en quelques années, la fondation abrite une douzaine de Grues[17].

En 1976, l'ICF accueille sa première Grue blanche, une espèce américaine alors en danger d'extinction. Il s'agit d'une femelle nommée Tex, née au zoo de San Antonio, qui a été trop habituée aux humains et refuse de se reproduire avec les mâles de son espèce[17]. Afin de stimuler son instinct reproducteur, Archibald adopte le comportement des Grues mâles : il danse et l'aide à construire un nid, en espérant qu'elle finira par accepter de se reproduire avec l'un des mâles de Grues blanches de la fondation[18]. Elle donne finalement naissance à son premier gruau en 1987[19].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 Hughes 2008, p. 141.
  2. 1 2 Meine et Archibald 1996, p. 25.
  3. (en) « About Us », sur International Crane Foundation (consulté le ).
  4. 1 2 3 Meine et Archibald 1996, p. 26.
  5. (en) David H. Ellis, George F. Gee et Claire M. Mirande, Cranes: their biology, husbandry, and conservation, Department of the Interior, National Biological Service, et International Crane Foundation, (lire en ligne Inscription nécessaire), p. 24.
  6. Ellis, Gee et Mirande 1996, p. 24.
  7. 1 2 3 4 5 (en) « International Crane Foundation, Inc. », sur IUCN (consulté le ).
  8. Ellis, Gee et Mirande 1996, p. 1.
  9. 1 2 Meine et Archibald 1996, p. 209.
  10. (en) Curt D. Meine et George W. Archibald, The Cranes: status survey and conservation action plan, Gland, UICN, (lire en ligne Inscription nécessaire), p. III.
  11. 1 2 Hughes 2008, p. 57.
  12. Meine et Archibald 1996, p. IX.
  13. Meine et Archibald 1996, p. III.
  14. Meine et Archibald 1996, p. III, 26.
  15. (en) Paul A. Johnsgard, Cranes of the World, Bloomington, Indiana University Press, (lire en ligne Inscription nécessaire), p. XIII.
  16. (en) « Books », sur International Crane Foundation (consulté le ).
  17. 1 2 3 4 Hughes 2008, p. 142.
  18. Hughes 2008, p. 142-143.
  19. Hughes 2008, p. 143.

Annexes

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Bibliographie

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  • (en) Janice M. Hughes, Cranes. A Natural History of a Bird in Crisis, Buffalo, New York, Firefly Books, (lire en ligne Inscription nécessaire)

Articles connexes

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