Intismeran autogene
Intismeran autogene, aussi appelé mRNA-4157 ou V940 est un Vaccin personnalisé contre le cancer en cours de développement par Moderna, qui vise les cancers de la peau, du rein, de la vessie, de la prostate et du poumon. Dans le premier temps, il est testé contre le mélanome.
Mode d'action
modifierLa thérapie utilise une thérapie personnalisée avec des néoantigènes. Des cellules cancéreuses sont prélevées sur la patient, puis les antigènes tumoraux présents sont détectés : il s'agit d'antigènes non présents de façon naturelle dans l'organisme. Un vaccin spécifique au patient est fabriqué avec un maximum de 34 néoantigènes, sous forme d'ARN messager encapsulé dans des nanoparticules lipidiques, et injecté au patient environ 6 semaines après le prélèvement. Il agit en entraînant le système immunitaire à lutter contre les cellules qui contiennent ces antigènes. Le patient reçoit plusieurs rappels à 3 semaines d'intervalle[1].
Tests et AMM
modifierLa phase 2b de tests contre le mélanome, achevée fin 2022, montre une réduction de 44% des décès en cas d'aministration du traitement conjointement avec pembrolizumab (Keytruda), en comparaison avec l'administration de pembrolizumab tout seul. De ce fait, la FDA américaine accorde à ce traitement le statut de thérapie innovante en février 2023[2],[3].
La phase 3, dont les résultats sont dévoilés en août 2026, concerne 1 137 patients. Elle compare la prise de Intismeran autogene en association avec Keytruda à la prise de Keytruda seul. Elle montre une réduction de 49% des récidives ou décès à 5 ans, et de 59% du risque de métastases ou décès[4].
Aspects économiques
modifierModerna développe le traitement en partenariat avec Merck & Co., qui fabrique aussi le Keytruda dont il doit perdre le brevet en 2028[3],[5].
En 3 jours d'août 2026, après annonce des résultats de la phase 3, la capitalisation boursière de Moderna augmente de 177%, passant de 25 à 70 milliards de dollars. En effet, bien que les tests publiés ne concernent que le mélanome, le marché table sur le fait que d'autres cancers pourraient en bénéficier[6].
On estime que ce traitement sera disponible en 2027 aux États-Unis et en 2028 en France[7],[8].
Références
modifier- ↑ Myriam Chauvot, « Un vaccin efficace contre le cancer : Moderna réussit une première mondiale avec sa « thérapie néoantigène » contre le mélanome », Les Echos, (lire en ligne)
- ↑ (en) « FDA Greenlights BTD of a Personalized mRNA Vaccine for High-Risk Melanoma », Targeted Oncology, (lire en ligne)
- 1 2 Meg Tirrell, « Moderna and Merck receive FDA breakthrough status for personalized cancer vaccine », sur CNBC,
- ↑ (en) « Merck and Moderna Announce Phase 3 INTerpath-001 Trial of Intismeran Autogene Plus KEYTRUDA® Met Endpoints of Recurrence-Free Survival (RFS) and Distant Metastasis-Free Survival (DMFS) in Patients With Completely Resected Stage IIB-IV Melanoma »,
- ↑ Isabelle de Foucaud, « Oncologie : Merck MSD prépare l’après-Keytruda, son traitement phare contre le cancer », Challenges,
- ↑ Adèle Loisel, « Vaccin contre le cancer : à Wall Street, Moderna ouvre la voie et le marché s'emballe », Les Echos, (lire en ligne)
- ↑ Nicolas Berrod, « L'espoir d'un vaccin à ARN messager contre le cancer de la peau », Le Parisien, (lire en ligne)
- ↑ Isabelle Chaperon, « Un traitement anticancéreux fait bondir l’action Moderna », Le Monde, (lire en ligne)