Invisible Touch
Invisible Touch est le treizième album studio du groupe rock britannique Genesis, sorti le chez Atlantic Records aux États-Unis et le chez Charisma/Virgin Records au Royaume-Uni. Après avoir fait une pause en 1984 pour que chaque membre puisse poursuivre sa carrière solo, le groupe se réunit à nouveau en pour écrire et enregistrer cet album avec l'ingénieur et producteur Hugh Padgham. Comme pour leur album précédent, il est entièrement écrit à travers des improvisations du groupe et aucun matériel développé avant l'enregistrement n'est utilisé.
| Sortie | |
|---|---|
| Enregistré | d'octobre 1985 à mars 1986 |
| Durée | 45:42 |
| Genre | Pop rock[1], néo-prog, new wave, rock expérimental, Pop |
| Producteur | Hugh Padgham et Genesis |
| Label | Atlantic Records |
Albums de Genesis
Singles
- Invisible Touch
Sortie : 19 mai 1986 - Throwing It All Away
Sortie : 6 août 1986 (USA)[note 1] - In Too Deep
Sortie : 18 août 1986 (Royaume-Uni)[note 2] - Land of Confusion
Sortie : 10 novembre 1986[note 3] - Tonight, Tonight, Tonight
Sortie : 29 janvier 1987[note 4]
Invisible Touch est un succès mondial et atteint la première place du UK Albums Chart et la troisième du Billboard 200 américain. Il reste l'album le plus vendu du groupe après avoir été certifié multi-platine pour plus de 1,2 million d'exemplaires vendus au Royaume-Uni et 6 millions vendus aux États-Unis. Genesis devient le premier groupe britannique à avoir cinq singles d'un album parmi les cinq premiers du Billboard Hot 100 américain, Invisible Touch étant leur première et unique chanson à atteindre la première place des classements. L'album reçoit des critiques mitigées à sa sortie et rétrospectivement, avec son approche plus pop et ses similitudes perçues avec le travail solo de Phil Collins. En 2007, l'album est réédité avec de nouveaux mixages de son stéréo et surround 5.1.
De cet album sont extraits la chanson éponyme, ainsi que Throwing It All Away, Land of Confusion, Tonight, Tonight, Tonight et In Too Deep. La chanson Anything She Does fait l'objet d'une vidéo avec Benny Hill mais ne sort pas en single.
Contexte
modifierEn , le groupe termine sa tournée 1983-1984, organisée pour promouvoir leur précédent album Genesis, qui devient leur plus gros succès commercial à sa sortie et contient le tube Mama, classé dans le top 5 britannique. Le groupe connaît ensuite une période d’inactivité, permettant à chaque membre de poursuivre sa carrière solo : Mike Rutherford forme son groupe Mike + The Mechanics et connaît le succès avec leur premier album, Tony Banks se consacre à la composition de musiques de films et sortSoundtracks en 1986, quant à Phil Collins, il sort son troisième album solo, No Jacket Required, en 1985, qui remporte un immense succès commercial à l’échelle mondiale. À l'été 1985, vers la fin de sa tournée solo, Phil Collins confirme que Genesis a accepté de commencer à travailler sur un nouvel album en octobre de la même année[2]. Cette annonce met fin à une fausse information diffusée sur BBC Radio 1, qui laissait entendre que les trois membres s’étaient séparés[3]. Mike Rutherford considère que cette pause a influencé le style musical du groupe : « Nous avions tellement travaillé en dehors du groupe qu’il semblait que nous ayons subi bien plus de changements musicaux, même si cette évolution s’est faite en grande partie inconsciemment »[4].
Écriture et enregistrement
modifierInvisible Touch est enregistré entre et à The Farm, le studio d'enregistrement privé du groupe à Chiddingfold, dans le Surrey[5],[4]. Ils sont rejoints par l'ingénieur et producteur Hugh Padgham, qui travaille avec le groupe depuis l'album Abacab, sorti en 1981, et qui produit l'album avec le groupe, avec Paul Gommersall en tant qu'ingénieur assistant[6]. Plus tôt en 1985, le studio a fait l'objet de travaux de modernisation supervisés par Masami « Sam » Toyishima[7].
« Le premier jour, nous n'avions ni chansons, ni idées, juste une feuille de papier vierge. Phil avait toujours à cœur de remplir cette feuille – il était très organisé – et nous l'avons laissé faire —Mike Rutherford[8]. »
Le groupe aborde les sessions d’écriture de l'album avec davantage d’assurance, puisqu’il est désormais devenu un groupe incontournable sur scène aux États-Unis et qu’il a atteint un nouveau niveau de succès commercial à l’échelle mondiale[9]. Comme pour Genesis, ils entrent en studio sans idées préconçues et développent leurs morceaux à partir d’enregistrements de jams et d’improvisations, un processus que Collins compare à « quelque chose de proche du jazz ». Le groupe considère que ses meilleures chansons sont celles arrangées de cette manière, il répète donc cette approche pour Invisible Touch. Collins déclare : « On ne sait jamais vraiment ce qui va se passer. C’est juste nous trois qui travaillons sans relâche, affinant et peaufinant toutes ces idées ». Au cours d’une session typique, le trio travaille de 11 h jusqu’à parfois 2 h du matin le lendemain[5], en commençant par Collins qui programme un rythme sur la boîte à rythmes afin que Banks et Rutherford puissent improviser des idées. Collins chante ensuite des lignes vocales, ce qui crée une ambiance et jette les bases d’une chanson[10],[11]. Collins se souvient de son attitude impulsive pendant les sessions d’écriture et de sa volonté d’assembler des fragments de chansons le plus tôt possible, mais Banks et Rutherford étaient réticents à le faire[12]. Bon nombre des chansons de l’album voient le jour lorsque Banks utilise la fonction d’enregistrement de son E-mu Emulator pour capturer des sons en studio, puis les réécoute à la recherche de sons et de rythmes susceptibles d’être utilisés dans une chanson. Le clavier ne permettait d’enregistrer que 17 secondes[13].

Sur cet album, Collins joue sur une batterie électronique Simmons. Afin de mieux capturer le son de cette batterie plutôt que de l'envoyer directement à la table de mixage, Padgham fait également passer les pistes par un mixeur puis par un système de sonorisation avant de les diffuser « très, très fort » dans le studio. Padgham déclare plus tard que le son de la Simmons était « un peu faible et sans relief »[14]. Collins utilise également un Roland Pad-8, un pad électronique qui déclenche des sons de percussion provenant des instruments MIDI utilisés sur l’album, notamment une boîte à rythmes Roland TR-707 avec des échantillons d’inspiration latine et son propre E-mu Emulator[15].
Après avoir enregistré plusieurs improvisations sur bande, le groupe les réécoute et sélectionne les moments les plus marquants dans le but de les assembler pour former une chanson[16]. Une boîte à rythmes est utilisée pour créer un rythme de base, puis les parties de guitare et de clavier sont entièrement arrangées et réenregistrées, avant que Collins ne remplace enfin la boîte à rythmes par sa propre batterie[5],[17]. Le groupe discute de la durée potentielle d’une chanson et s’il faut écrire des paroles ou la conserver en version instrumentale[4]. Les paroles d’un morceau sont écrites après l’enregistrement de la musique et sont rédigées par un seul membre, le groupe estimant que cette personne a une vision suffisamment forte pour transmettre le message de la chanson[18]. Collins écrit les paroles de Invisible Touch, Tonight, Tonight, Tonight et In Too Deep ; Rutherford celles de Land of Confusion et Throwing It All Away[16], Banks celles de Domino et Anything She Does[18].
Le groupe compose un plus grand nombre de chansons pour Invisible Touch que par le passé, ce qui nécessite plus de temps pour sélectionner les titres à inclure sur l’album. Cette situation ne s’était pas présentée avec Genesis, où les idées suffisamment solides étaient plus rares, Banks expliquant que : « S’il y avait une chanson, on la mettait sur l’album »[19]. Rutherford note que Genesis dégageait une atmosphère sombre, tandis qu’Invisible Touch dégage une énergie plus intense[20]. Au cours des sessions d’écriture, Collins réalise que le groupe est en train de créer un répertoire original et unique, ce qu’il n’avait pas fait auparavant, « ce qui n’est pas facile après 15 albums », et il considère ces morceaux comme plus forts que ceux de Genesis[4]. Banks partage cet avis, estimant que les morceaux plus courts d’Invisible Touch sont plus percutants que ceux de l’album précédent[4].
Chansons
modifierFace A
modifierInvisible Touch est née pendant que le groupe travaille sur The Last Domino, la deuxième partie de Domino. Au cours de la session, Rutherford se met à jouer un riff de guitare improvisé avec un effet d’écho, auquel Collins répond par ces paroles improvisées : « She seems to have an invisible touch, yeah ». Collins écrit alors les paroles de la chanson, son improvisation devenant le refrain. Les paroles évoquent une relation obsessionnelle mais toxique et s'inspirent principalement de la première femme de Phil Collins, Andrea Bertorelli, avec qui il a été marié de 1975 à 1980[21],[8],[22]. Le groupe souhaite conserver une structure simple pour la chanson, mais estime qu’un pont de huit mesures avec un changement de tonalité et une partie de clavier séquencée complète bien l’arrangement. Banks produit huit versions différentes en rythmique binaire, , dont certaines idées lui étaient venues à l’avance tandis que d’autres étaient le fruit de l'improvisation. La version retenue est la plus « aléatoire »[13]. En tournée, le groupe interprète le titre dans une tonalité plus basse, et Banks doit alors composer une nouvelle section séquencée, ce qui fut « une vraie corvée » car, il ne parvient pas à en créer une aussi percutante que celle de l'album[13]. Rutherford exprime le souhait que le groupe explore différents thèmes musicaux pour la chanson, mais finit par se rendre compte que les paroles lui ont toujours semblé « très naturelles » et ne voit aucune raison de les modifier[23]. Collins apprécie beaucoup le morceau et le considère comme sa chanson préférée de Genesis[8]. Il ajoute : « C'est une excellente chanson pop. Elle résume parfaitement l'album et oriente Genesis vers un registre R&B, un peu à la manière de Prince », et compare également son jeu de batterie sur ce titre à celui de la chanteuse américaine Sheila E., dont il est fan[8],[23].
L'idée de base de Tonight, Tonight, Tonight nait d'une improvisation de Banks, qui explore différents sons de clavier sur un rythme joué par Collins et Rutherford[21]. Comme pour Invisible Touch, Collins improvise en prononçant « monkey » et explore vocalement le mot, donnant ainsi au titre le nom provisoire de Monkey/Zulu. Les paroles sont ensuite écrites autour de ce mot[21]. Rutherford trouve que le morceau rappelle le style « old school » de Genesis, car il couvre un spectre musical plus large avec une section instrumentale « assez complexe » au milieu[21]. Banks partage l'avis de Rutherford sur la chanson, soulignant sa complexité[4].
Les paroles de Land of Confusion sont écrites par Rutherford et sont les dernières écrites pour l'album. Rutherford prend du retard dans la rédaction des paroles de la chanson, mais il estime que « le moment est venu » pour lui d’écrire une chanson engagée[24]. Grippé au moment où Collins doit enregistrer les parties vocales de la chanson. Il se souvient que Collins « est venu chez moi… il s’est assis sur mon lit comme une secrétaire… J’étais dans un état de délire, avec une forte fièvre, et je lui ai dicté les paroles. Je me souviens m’être dit : “Je crois que je lui ai dit ce qu’il fallait… Est-ce que c’était n’importe quoi ou est-ce que ça valait le coup ? »[23].
Les paroles de In Too Deep sont écrites par Collins après avoir été sollicité pour composer une chanson destinée à la bande originale du film policier britannique Mona Lisa, sorti en 1986. Il écrit le refrain pendant un moment de détente dans un hôtel de Sydney, en Australie, mais il ne parvient à composer les couplets que lorsque le groupe enregistre la chanson en studio. Le groupe ayant du mal à trouver un refrain, Collins suggère la partie qu’il a écrite[25].
Face B
modifierBanks trouve l'inspiration pour Anything She Does dans des photos de femmes légèrement vêtues que les membres du groupe découpaient pour les accrocher au mur de leur studio d'enregistrement[21]. Le morceau contient un son de cuivres que Banks sample à partir d'une une cassette qu'il possède[26]. Il précise que ces cuivres ne proviennent pas des Phenix Horns, la section de cuivres d’Earth, Wind and Fire qui avait été utilisée auparavant sur l’album 'Abacab[26].
Domino est un morceau divisé en deux parties : In the Glow of the Night et The Last Domino. Banks écrit les paroles en partant du constat que les politiciens négligent souvent de réfléchir à fond à leurs idées et aux conséquences de leurs actes[27]. Rutherford considère Domino comme « l'une des meilleures choses » que le groupe ait réalisé[28]. Il est conscient qu'avec la popularité de MTV et de la pression croissante pour produire des tubes, le public a tendance à oublier leurs morceaux plus longs comme Domino au profit de titres plus courts et plus commerciaux[29].
Throwing It All Away nait d'un riff de guitare de Rutherford, qui en a également écrit les paroles. Collins le décrit comme une sorte de « samba monocorde »[30]. Dans sa version originale, c'est un morceau aux sonorités de guitare puissantes, avec Collins à la batterie « dans le style de John Bonham ». Au fur et à mesure que le refrain se développe, l'atmosphère s'adoucit, « en harmonie avec les paroles d'une simple chanson d'amour »[31].
The Brazilian est un morceau instrumental construit autour d'un sample que Banks a enregistré sur son E-mu Emulator et qui est joué tout au long du morceau. Il obtient cet effet en collant un couteau sur le clavier. Il réalise qu’il aurait pu le faire électroniquement, mais que le couteau « rend mieux comme ça »[26]. Collins se souvient que le morceau est composé alors que le groupe « s'amuse » en studio et qu'il expérimente des sons pouvant être programmés sur sa batterie Simmons[32].
Titres supplémentaires
modifierTrois titres supplémentaires, Do the Neurotic, Feeding The Fire et I'd Rather Be You, sont enregistrés lors des sessions de l'album, mais ne sont pas retenus pour la sélection finale. Ils sont ensuite publiés en face B des cinq singles tirés de l'album. Ces titres figurent dans le coffret Genesis 1983–1998, sorti en 2007, ainsi que dans le coffret Genesis Archive 2 : 1976–1992 sorti en 2000.
Illustration
modifierLa pochette est conçue par David Baker, surnommé « Baker Dave », âgé de 26 ans, du studio Assorted iMaGes, qui avait déjà réalisé la pochette de No Jacket Required ainsi que celles de plusieurs singles de Collins. Au moment de leur première rencontre, le groupe n’a ni musique prête ni titre défini, mais souhaite une pochette qui allie la personnalité de chaque membre et qui ne comporte pas de photo de groupe. Il réalise plusieurs ébauches et les présente au groupe pour recueillir leurs impressions. À ce stade, une partie de la musique est déjà enregistrée et le titre de l'album choisi. S'inspirant des thèmes suggérés par le titre, Baker propose quinze idées, dont l'une est une représentation graphique de la façon dont l'oreille interne perçoit le son. Une autre idée est l’image d’une main transparente qui séduit les trois membres. Baker l’associe alors à un schéma représentant un motif d’ondes sonores, avec en arrière-plan l’image d’une famille nucléaire[33].
Sortie
modifierL'album Invisible Touch sort le aux États-Unis chez Atlantic Records[34], puis au Royaume-Uni le 9 juin chez Charisma et Virgin Records[35]. L'album se classe à la première place du UK Albums Chart pendant trois semaines à partir du , et reste classé pendant 96 semaines[36]. Il atteint la troisième place du Billboard 200 américain, où il reste 85 semaines[37].
Entre 1986 et 1987, Genesis sort cinq singles extraits de l'album : Invisible Touch, Throwing It All Away, Land of Confusion, In Too Deep et Tonight, Tonight, Tonight. Ces cinq titres se sont tous classés dans le top 5 du Billboard Hot 100 américain, faisant de Genesis le premier groupe et le premier artiste non américain à réaliser cet exploit. Le groupe égale ainsi lle record de cinq singles classés dans le top 5 issus d’un même album, établi par Michael Jackson, qui avait placé cinq singles du même album dans le top 5, puis égalé par Janet Jackson et Madonna[38].
En 1987, Genesis est nommé aux American Music Awards dans la catégorie En 1987, Genesis est nommé aux American Music Awards dans la catégorie « Groupe, duo ou formation pop/rock préféré ». Lors des Brit Awards de 1987, le coproducteur Hugh Padgham est nommé dans la catégorie « Producteur britannique »[39], tandis que Phil Collins est nommé dans la catégorie « Artiste masculin britannique » pour sa contribution à l'album. En 1988, le groupe remporte l'un des deux seuls Grammy Awards décernés dans la catégorie éphémère du « Meilleur clip vidéo conceptuel » pour Land of Confusion[40]. Le titre est également nommé pour le prix du Clip de l'année aux MTV Video Music Awards, mais est devancé par Sledgehammer de leur ancien chanteur, Peter Gabriel. The Brazilian est nommé aux Grammy Awards dans la catégorie « Meilleure interprétation instrumentale pop », mais perd face au morceau instrumental rock Top Gun Anthem de Harold Faltermeyer et Steve Stevens.
En 2007, l'album est réédité avec un nouveau mixage stéréo et surround 5.1[41].
Tournée
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La tournée Invisible Touch comporte 112 dates entre s et . Le trio de base est rejoint par ses musiciens de tournée de longue date, le batteur Chester Thompson et le guitariste/bassiste Daryl Stuermer. Tous les titres de l’album sont interprétés en live pendant la tournée, à l’exception de Anything She Does, utilisé pour l’introduction du spectacle. Les concerts de 1986 comprennent un medley de Genesis incluant les deux dernières parties de Supper's Ready, tiré de l'album Foxtrot, sorti en 1972. La production scénique comprend 400 projecteurs Vari-Lite, dont le transport nécessite cinq camions.
La tournée débute par une série de concerts à guichets fermés en Amérique du Nord, comprenant cinq soirées au Madison Square Garden et cinq autres au Los Angeles Forum. Chaque date de cette partie de la tournée rapporte en moyenne 300 000 dollars[42]. Les dates américaines sont sponsorisées par la bière Michelob[25]. Elle est suivie de la première et unique tournée du groupe en Australie et en Nouvelle-Zélande. Lors des dates en Australie, Genesis interprète Your Own Special Way, tiré de l'album Wind and Wuthering, sorti en 1976, accompagné d'un ensemble à cordes. Une étape en Chine était prévue, mais elle est annulée par la suite.[32] La tournée prend fin par quatre concerts à guichets fermés au stade de Wembley à Londres, rassemblant au total 288 000 spectateurs, ce qui établit un nouveau record. Le concert de clôture est un concert de bienfaisance au profit du Prince's Trust, auquel assistent Charles, prince de Galles, et Diana, princesse de Galles.
Les enregistrements de cette tournée sont sortis sur les albums live The Way We Walk, Volume One: The Shorts, en 1992, et Genesis Archive #2: 1976–1992, en 2000. Les concerts de Wembley sont filmés et sortis en vidéo en 1988 sous le titre Invisible Touch Tour. En 2003, ils sont réédités en DVD et rebaptisés Genesis Live at Wembley Stadium.
Réception
modifier| Périodique | Note |
|---|---|
| AllMusic | |
| Blender | |
| Kerrang! | |
| The Rolling Stone Album Guide | |
| The Village Voice | C+[47] |
À sa sortie, l'album reçoit un accueil mitigé de la part des critiques musicaux. J. D. Considine lui consacre une critique élogieuse dans Rolling Stone, affirmant que « chaque morceau est soigneusement ciselé pour que chaque fioriture ne soit pas une révélation instrumentale, mais un refrain accrocheur ». Le mérite en revient en grande partie à Tony Banks, dont le style au synthétiseur n’a jamais semblé aussi approprié ; ce sont ses claviers qui créent l’ambiance de In the Glow of the Night et maintiennent la tension dans Tonight, Tonight, Tonight »[48]. Daniel Brogan, du Chicago Tribune, ne semble pas aussi impressionné, affirmant que l’album n’a « ni l’inventivité, ni l’éclat, ni la puissance » de l’album So de l’ancien chanteur de Genesis, Peter Gabriel, sorti le mois précédent. Il estime que les contributions de Rutherford et Banks « semblent bien moins évidentes que d’habitude », et que la première face de l’album « pourrait presque passer pour des morceaux écartés de No Jacket Required ». Il conclut : « Le monde libre se lassera-t-il un jour de Phil Collins ? »[49]. Plusieurs des critiques de Brogan se retrouvent dans une critique de Steve Hochman, du Los Angeles Times. Hochman se demande : « Cet album était-il vraiment nécessaire ? » et estime que l’album « pourrait facilement passer pour un album de Collins. Sa voix fluette et son style de composition familier dominent, avec seulement quelques traces occasionnelles de la contribution de Rutherford et Banks ». Il suggère également que l’album « avait été conçu pour fournir des morceaux à la prochaine saison de Miami Vice »[50]. Larry Kilman, journaliste à l’Associated Press, n’est pas du même avis ; il débute sa critique par « Genesis a signé un Invisible Touch irrésistible… On est loin d’un album solo de Collins. Le répertoire du groupe est plus complexe que le son pop de Collins ». Il salue la « grande variété » de l’album, citant notamment Tonight, Tonight, Tonight comme l’un des morceaux phares, qui lui rappelle « le son épuré et art rock des débuts de Genesis »[51].
Dans une critique rétrospective de Stephen Thomas Erlewine pour AllMusic, l’album reçoit trois étoiles sur cinq. Il note que « Invisible Touch était perçu à l’époque comme un album solo de Phil Collins déguisé en album de Genesis… L’album le plus pop de Genesis, une œuvre épurée et fluide, construite sur des percussions électroniques et habillée de synthés », et ajoute que « l’accent mis sur les morceaux pop profite davantage au chanteur qu’au groupe ». Il estime que « [les] chansons possédaient des refrains accrocheurs qui faisaient oublier leur froideur, tandis que les passages arty passaient au second plan »[43]. Mark Putterford, du magazine Kerrang!, souligne que l’album présente « de nouvelles idées, de nouveaux sons, tout en restant très clairement du Genesis »[45]. The Rough Guide to Rock décrit Invisible Touch comme « un AOR calculé et étrangement dépourvu d’émotion et affirme que les tubes sont « désormais à peine distinguables des chansons de Collins en tant qu’artiste solo »[52]. En 2014, Stevie Chick, dans un article pour The Guardian, écrit que « le titre phare de l’album, une pop lumineuse et raffinée, le rock militant des baby-boomers de Land of Confusion, la ballade véritablement émouvante Throwing It All Away – auraient très bien pu figurer sur ses albums solo [ceux de Collins] ». Chick réserve des éloges particuliers à Domino, affirmant que ce morceau « s’est révélé être un dernier sursaut de génie avant la fadeur de We Can't Dance (1991) et l’inexplicable Calling All Stations (1997), sans Collins »[53].
Le site Ultimate Classic Rock classe Invisible Touch au 13e rang des meilleurs albums de Genesis, affirmant : « Ce jour sombre de l’histoire de Genesis où cet album est sorti, le groupe est passé définitivement de la gloire de l’art rock à des futilités destinées à la radio, regorgeant de tout ce que la surproduction des années 80 avait de pire à offrir. Le fait qu’on puisse encore percevoir un tout petit peu de l’« ancien » Genesis dans quelques morceaux est la seule chose qui place cet album un cran au-dessus de We Can’t Dance »[54].
Liste des titres
modifierToute la musique a été écrite et arrangé par Tony Banks, Phil Collins et Mike Rutherford[4].
| Face A | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Paroles | Durée | ||||||
| 1. | Invisible Touch | Collins | 3:29 | ||||||
| 2. | Tonight, Tonight, Tonight | Collins | 8:53 | ||||||
| 3. | Land of Confusion | Rutherford | 4:45 | ||||||
| 4. | In Too Deep | Collins | 4:58 | ||||||
| 22:05 | |||||||||
| Face B | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Paroles | Durée | ||||||
| 1. | Anything She Does | Banks | 4:21 | ||||||
| 2. | Domino
| Banks | 10:44 4:27 6:18 | ||||||
| 3. | Throwing It All Away | Rutherford | 3:53[note 5] | ||||||
| 4. | The Brazilian | (instrumental) | 4:50 | ||||||
| 23:36 | |||||||||
Personnel
modifierLes crédits sont tirés des notes de pochette de l'album[6].
Genesis
modifier- Tony Banks : claviers, basse synthétisée
- Phil Collins : batterie, percussions, chant
- Mike Rutherford : guitares, basse
Production
modifier- Genesis – producteurs
- Hugh Padgham – producteur, ingénieur du son
- Paul Gomersall – ingénieur assistant
- Bob Ludwig – mastérisation chez Masterdisk (New York City)
- Geoff Callingham – assistant technique
- Assorted Images – conception graphique du CD
- Baker Dave – conception graphique du CD
- John Swannell – photographie
Classements
modifier
Classements hebdomadairesmodifier
|
Classements annuelsmodifier
|
Classements de fin de décenniemodifier
|
Certifications
modifier| Région | Certification | Ventes/Streams |
|---|---|---|
| 210 000^ | ||
| 100 000* | ||
| 10 000^ | ||
| 391 900* | ||
| 500 000^ | ||
| 10 000* | ||
| 100 000* | ||
| 128 100[91] | ||
| 60 000^ | ||
| 50 000^ | ||
| 50 000x | ||
| 1 200 000^ | ||
| 6 000 000^ | ||
|
*Ventes selon la certification | ||
Notes et références
modifierNotes
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Invisible Touch » (voir la liste des auteurs).
Références
modifier- ↑ https://www.allmusic.com/album/invisible-touch-mw0000190104
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- ↑ Reissues Interview 2007, 00:28–00:42.
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- ↑ Reissues Interview 2007, 07:27–08:21.
- ↑ Reissues Interview 2007, 13:24–10:47.
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- ↑ (en) « Artists / Genesis: Chart History: Billboard 200 », sur Billboard (consulté le ).
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Annexes
modifierBibliographie
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Liens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :