Iphigénie Hôtel est une pièce de théâtre écrite par Michel Vinaver en 1959. Elle a été publiée en 1960 et jouée pour la première fois à Paris, au Centre Georges Pompidou en 1977 dans une mise en scène d'Antoine Vitez.

Iphigénie Hôtel. Pièce en 3 journées
Auteur Michel Vinaver
Pays France
Genre Pièce de théâtre
Éditeur L'Arche
Collection Théâtre populaire
Date de parution 1960
Date de création 1977
Metteur en scène Antoine Vitez
Lieu de création Paris, Centre Georges-Pompidou

Contexte historique de la pièce

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Charles de Gaulle au début des années 1960

L’Algérie est une possession coloniale de la France depuis 1830. Après avoir participé à la Première Guerre mondiale parmi les troupes de tirailleurs, le sentiment nationaliste des Algériens monte. Le gouvernement français prévoit une série de réformes pour la région, ce que les Français n’approuvent pas. Le conflit s’escalade et aboutit, le au putsch d’Alger mené par des généraux français en opposition à une tentative de négociations avec les nationalistes algériens. Les manifestants créent un premier «Comité de salut public».

Le , qui correspond au premier jour de la pièce Iphigénie Hôtel, un second «Comité de salut public» se forme en Corse. Les manifestants qui prennent le pouvoir à Ajaccio sont des partisans du Général de Gaulle et au moyen de ce coup d’état ils souhaitent l’installer au gouvernement français. En réaction, le général de Gaulle rencontre secrètement le Président du Conseil des ministres Pierre Pflimlin mais les deux hommes ne parviennent pas à s’entendre, le général refusant de reconnaître les actions de ses partisans à Alger et à Ajaccio.

Le , le deuxième jour de la pièce, de Gaulle déclare qu'il est «prêt à assumer les pouvoirs de la République». L’influence et le contrôle de Pflimlin sur la France diminuent et le , le troisième jour dans Iphigénie Hôtel, il démissionne. Ces événements de fin évoqués dans la pièce entraînent la chute de la IVe République et le début de la Ve, menée par le général de Gaulle qui est sommé de créer un nouveau gouvernement mais exige les pleins pouvoirs et une nouvelle Constitution.

Structure

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L'action de la pièce est divisée en trois journées: la première journée (soit le ), la deuxième journée (le ), et enfin la troisième journée (le ).

L'action se joue dans quatre lieux de l'Iphigénie Hôtel, situé dans la ville de Mycènes en Grèce:

  • l'office: lieu où les employés (hormis ceux de la cuisine) prennent leurs repas
  • le hall: lieu de rencontre des clients, certains employés y sont également présents, tels que Jacques et Alain, Éric
  • la chambre d'Oreste: composée du lit d'Oreste, d'une grande armoire, seuls les employés y ont accès
  • la chambre de Laure et Pierrette: composée de deux lits, assez en désordre, seuls les employés y ont accès

Chaque journée se divise en plusieurs scènes en fonction des lieux où se passe l'action.

Répartition des scènes par lieu
PREMIÈRE JOURNÉE DEUXIÈME JOURNÉE TROISIÈME JOURNÉE
1 L’office L’office Le hall
2 Le hall Le hall La chambre de Laure et Pierrette
3 La chambre d’Oreste La chambre de Laure et Pierrette Le hall
4 Le hall Le hall L’office
5 La chambre de Laure et Pierrette La chambre d’Oreste La chambre d’Oreste
6 Le hall
7 L’office

Personnages

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Avant les premières répliques[1], Michel Vinaver dresse la liste des personnages par ordre d'apparition et précise son âge et sa fonction au sein de l'hôtel. Pour des raisons de clarté, les personnages sont ci-dessous répartis par catégories.

Employés de l'hôtel

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  • Oreste, soixante ans, réceptionniste et concierge, ancien propriétaire. Lorsque la pièce commence, il est alité et est sur le point de mourir. Il meurt peu de temps après le début de la pièce et n'apparaît plus sur scène.
  • Alain, quarante-cinq ans, valet de chambre puis chef de la réception, français
  • Jacques, seize ans, groom, assistant d'Alain, français
  • Pierrette, dix-neuf ans, femme de chambre, française
  • Laure, vingt-quatre ans, femme de chambre, française
  • Émilie, cinquante-huit ans, gouvernante, française
  • Éric, quarante-cinq ans, maître d'hôtel, suisse
  • Aphrodite, vingt ans, serveuse, personnage muet, grecque
  • Théodora: vingt ans, serveuse, personnage muet, grecque
  • Patrocle: trente ans, muletier, personnage muet (à une exception près), grec.

Clients

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  • Mlle (Danielle) Lhospitallier, vingt-neuf ans, fille de Mme Lhospitallier, s'intéresse au site de fouilles près de Mycènes
  • Mme Lhospitallier, cinquante-quatre ans, mère de Mlle Lhospitallier, se languit d'avoir des nouvelles de Paris et veut pousser M. Veluze dans les bras de sa fille
  • M. (André) Veluze, quarante ans, avocat
  • Mme Simone Sorbet, trente-cinq ans, femme de Louis Sorbet
  • M. Louis Sorbet, trente ans, mari de Simone Sorbet
  • Le professeur (Eddie) Babcock, soixante-dix ans, mari de Mrs Babcock, ancien archéologue, a participé aux fouilles de Mycènes, personnage muet, anglais
  • Mrs Babcock, soixante-cinq ans, femme du professeur Babcock
  • Christophe Laboureur, vingt-huit ans, venu de Jérusalem, photographe pour Paris Match
  • Judy, dix-huit ans, mannequin, venue de Paris avec Yvette, travaille pour Christophe
  • Yvette, dix-huit ans, mannequin, venue de Paris avec Judy, travaille pour Christophe
  • Liliane Moreau, vingt-cinq ans, assistante de Christophe

Personnages mentionnés

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Quatre personnages n'apparaissent pas sur scène mais sont régulièrement mentionnés. Monsieur Diamant, nouveau directeur de l'hôtel, qui est en Belgique; Madame Hermione, cuisinière grecque; Madame Ellénore, une cliente qui ne quitte jamais sa chambre (elle travaille dans l'industrie du cosmétique et la rumeur court qu'elle serait intéressée par les jeunes hommes); Freddie, chef de l'expédition de fouilles archéologiques.

Résumé de la pièce

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L'édition de 2003, propose le résumé suivant:

Habituellement on ne s'arrête qu'une demi-journée à Mycènes, le temps d'une visite guidée des ruines de l'acropole où régna Agamemnon. Mais nous sommes quelques jours après le , et des touristes français, inquiets de ce qui leur parvient des nouvelles du séisme politique en cours à Alger et à Paris, prolongement leur séjour à l'Iphigénie Hôtel. Alain, le valet de chambre, étend dans l'hôtel le champ de son autorité en même temps qu'il mène à bon terme la conquête d'une des deux femmes de chambre[2].

Première journée

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L’office

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Alain et Jacques, tout en faisant luire l’argenterie, parlent d'Oreste, qui agonise non loin de là. Alain sort pour servir une cliente qui souhaite avancer son départ. Laure entre et Jacques la questionne sur Oreste.

Le hall

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Les deux clientes qui souhaitent quitter l'hôtel sont Mme Lhospitallier et sa fille. Alors qu’il s’occupe d'elles à la réception , Alain demande aux autres employés d'appeler Jacques. La discussion entre Alain et Mme Lhospitallier évolue sur la situation politique de la France et le maintien de l’ouverture des frontières à la suite des incidents liés à la guerre d’Algérie.

Pendant ce temps, Mme Sorbet et M. Sorbet entrent et demandent de la glace. M. Sorbet fait la connaissance de Mlle Lhospitallier. Arrivée du professeur Babcock et de sa femme. Mme Lhospitallier et sa fille attendent Alain. Jacques arrive pour se charger des valises. Mlle Lhospitallier tente de convaincre sa mère de rester.

La chambre d’Oreste

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Alain et Émilie se tiennent auprès du lit où git Oreste. Alain fait sortir Émilie et se met à fouiller l’armoire du mourant. Pierrette, qui entre avec une jarre d'huile, le surprend. Ils commentent la relation entre Oreste et Émilie. Pierrette se demande si Alain va prendre la succession d'Oreste.

Le hall

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Mme Lhospitallier et M. Veluze commentent la situation politique de la France. Jacques décroche plusieurs fois le téléphone et Mme Lhospitallier espère des nouvelles de Paris. Jacques reçoit les Babcock, qui ont déjà séjourné à l'hôtel plusieurs années auparavant. Mrs Babcock demande des nouvelles des employés dont elle se souvient.

M. Sorbet arrive, ayant entendu des nouvelles à la radio : il y a eu un soulèvement en Corse. Mme Lhospitallier et sa fille ont raté leur bateau car la première ne retrouvait plus son chapeau.

M. Sorbet veut acheter une carte postale. Mlle Lhospitallier invite M. Veluze à sortir de l'hôtel. Alain cherche Jacques qui a de nouveau disparu. Mme Lhospitallier et M. Sorbet discutent et l'on apprend que ce dernier, avec sa femme, attendent des amis.

La chambre de Laure et Pierrette

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Laure et Pierrette parlent d'Alain, de leurs amours et des Sorbet. Le badinage s'envenime : Laure accuse Pierrette de séduire Alain pendant qu'elle-même travaille à sa place. Elles se réconcilient et se questionnent sur les ambitions d'Alain à l'hôtel. Pierrette voudrait retourner en France alors que Laure juge que le pays est dans le chaos. Elles sortent pour reprendre leur service.

Le hall

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Les Babcock et les Sorbet sont à table. Alain répond au téléphone pour prendre une réservation. Jacques entre et demande à Alain de venir. L'appel terminé, Alain montre le livre d'or à M. Sorbet.

Alain et Jacques sortent pour échanger. Mrs Babcock reconnaît Émilie, qui vient d'entrer, et elles échangent des nouvelles. Émilie est appelée par Laure. Mme Lhospitallier demande d'assoir M. Veluze sur une table à côté d'elle et de sa fille.

Mlle Lhospitallier et M. Veluze rentrent de leur expédition. Mme Lhospitallier informe sa fille qu'elle a décidé de rester encore quelques jours à Mycènes, le temps que les tensions en France se calment. Mme Lhospitallier entretient une conversation à laquelle elle fait participer sa fille et M. Veluze.

L'office

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Laure met la table. Pierrette, retenue par Émilie, arrive en retard. Alain s'assoit en bout de table, à la place d'Oreste – ce qui choque Émilie. Alain critique la cuisine d'Hermione. Il appelle de ses vœux un retour de l'ordre dans l'hôtel, tout comme en France. Ils sont interrompus par M. Veluze qui annonce que le téléphone sonne. L'appel est destiné à Madame Ellénore.

Deuxième journée

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L'office

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Alain et Jacques cirent des chaussures. Alain envoie Jacques chercher Émilie et Laure entre. Elle informe Alain qu'Éric veut lui parler au sujet de Madame Hermione et d'une jarre d'huile qu'on lui aurait volée. Émilie rejoint Laure et Alain, qui demande que la chambre d'Oreste soit nettoyée après l'enterrement. Avant de sortir, Émilie affirme que Jacques aurait maltraité Pierrette.

Mlle Lhospitallier puis M. Veluze apparaissent pour réclamer leurs chaussures. Alain sort puis Pierrette entre et discute avec Laure des échanges suspects d'objets antiques qu'elle a supris dans la chambre de Madame Ellénore. Laure réalise que sa collègue s'est enduite de l'huile qu'elle a volée. Elle l'interroge aussi sur ce qui s'est passé entre Pierrette et le jeune groom pendant la nuit. Jacques entre et interrompt la conversation pour informer que des messieurs d'Argos sont arrivés avec le cercueil pour emporter Oreste.

Le hall

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À la table du petit-déjeuner, M. Veluze relate à M. Sorbet sa conversation de la veille avec Mrs Babcock sur la découverte de nouvelles tombes à Mycènes. Il s'interrompt lorsque Mme Lhospitallier entre et demande à M. Veluze s'il n'a pas vu Mlle Lhospitallier. Répondant qu'elle est déjà sortie de bonne heure, la mère lui raconte qu'elle et sa fille sont en Grèce pour distraire la fille d'une déception amoureuse. Lorsque M. Veluze veut partir, Mme Lhospitallier tente tant bien que mal d'intéresser l'homme à sa fille bien qu'il ne préfère rejoindre la jeune femme.

La conversation se tourne vers Mrs Babcock, qui entrée avec son mari le professeur, et Émilie au sujet de l'avenir touristique de Mycènes, et par conséquent de l'hôtel.

Pendant ce temps, M. Sorbet tente d'avoir des nouvelles de la France au moyen d'un transistor. Mme Lhospitallier s'approche avec intérêt et raconte son rêve sur un membre du gouvernement français qui prenait le pouvoir[3].

Arrivent alors les quatre nouveaux clients ayant réservé la veille: Christophe, Judy, Yvette et Liliane. Émilie sort chercher Alain. En attendant, les nouveaux arrivant réagissent à l'exemplaire du Match que M. Sorbet est en train de lire, et on comprend que Christophe est photographe pour le journal. Mme Lhospitallier interroge les nouveaux venus sur la situation à Paris à la suite des querelles gouvernementales, mais les deux mannequins Judy et Yvette qui en viennent ne semblent pas avoir remarqué plus d'agitations que d'habitude.

La chambre de Laure et Pierrette

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Pierrette recoud un de ses bas déchiré lorsqu'Éric rentre pour lui demander si elle sait quelque chose par rapport à une jarre d'huile volée. Alain arrive à ce moment-là et accuse Patrocle, mais Éric mentionne qu'il dispose de preuves contre Pierrette, et Alain tente de le détromper pour protéger la jeune femme. La tension monte entre les deux hommes par rapport à l'influence grandissante d'Alain. Une fois Éric parti, furieux, Alain questionne Pierrette sur sa relation avec Jacques. Jacques arrive et Alain, jaloux, s'énerve contre lui à propos de son aventure avec Pierrette et les hommes se battent. Jacques se souvient qu'il était monté informer Alain que les mannequins voulaient plus de cintres. Laure entre et, avec Alain, s'exaspère de la vanité de ces dames, et le valet de chambre dit de leur donner tous les cintres de l'hôtel.

Le hall

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Les Sorbet reçoivent des nouvelles de leurs amis qui étaient bloqués à Corinthe, ils vont bientôt pouvoir partir. Liliane entre et rejoint Christophe. Elle s'exaspère du manque de place pour installer les vêtements et rapporte que les filles se plaignent de la chaleur dans leurs vêtements particuliers, mais Christophe balaie les remarques car trop occupé à prendre des photos de Patrocle avachi dans un coin. Mlle Lhospitallier arrive de l'extérieur avec des fragments d'objets antiques qu'elle a trouvé. Lorsque Christophe évoque les lieux antiques où il souhaite réaliser sa séance photo, Mlle Lhospitallier le renseigne. M. Veluze entre et s'intéresse aux découvertes de la jeune femme. Mme Lhospitallier arrive et les interrompt pour impliquer M. Veluze dans sa conversation avec M. Sorbet au sujet du projet de développement touristique de Mycènes, et il donne son avis. Mme Lhospitallier s'enthousiasme de l'avancée du projet économique, elle est convaincue que cela implique des bonnes nouvelles concernant Paris. Mme Sorbet communique ce qu'elle a entendu à la radio de la situation en France.

Liliane entre et cherche Alain. Judy, enjouée, fait une brève apparition à la porte et attire l'attention de Liliane qui la rejoint. Mme Lhospitallier et Mme Sorbet critiquent le mystère créé autour de cette nouvelle collection de vêtements, ainsi que les dernières modes.

La chambre d'Oreste

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Laure et Pierrette nettoient la chambre d'Oreste. Laure revient sur la mystérieuse scène que Pierrette a vu dans la chambre de Madame Ellénore: un garçon lui montrait des objets (voir deuxième journée, scène 1). Les femmes spéculent sur la possibilité d'un trafic d'objets antiques. Elles se demandent si elles devraient rapporter cette scène. Puis Laure reproche à Pierrette de soutenir Alain dans sa prise de pouvoir. Émilie entre et leur donne des draps propres pour faire le lit et les filles comprennent qu'Alain veut reprendre la chambre. Laure s'en offusque. Émilie les informe qu'il a reçu un télégramme de Monsieur Diamant et qu'Alain a convenu avec Éric et madame Hermione que les femmes de chambre effectueront d'autres tâches, ce dont les filles s'offusquent.

Alain entre en uniforme de chef de la réception et commence à donner des ordres. Il propose à Laure d'accompagner le convoi funèbre pendant que Pierrette doit reste à l'hôtel pour répondre aux éventuelles demandes des clients. Alain, Laure et Émilie sortent, laissant Pierrette seule, mais elle est rejointe par Jacques qui tente de s'enfuir en la voyant. Pierrette convainc Jacques de faire quelque chose de secret pour elle, et qu'en échange elle fera tout ce qu'il voudra.

Troisième journée

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Le hall

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Les Sorbet vont partir. Ils communiquent à Mme Lhospitallier les dernières informations entendues sur le contexte de crise politique en France. Mme Lhospitallier et M. Velue regrettent le départ des Sorbet car, sans leur radio ils seront sans nouvelle de la France. Puis, les Sorbet et Mme Lhospitallier critiquent le service de l'hôtel. Ils évoquent aussi la construction d'un amphithéâtre, qui fait partie du projet de développement touristique de la région basée sur la mise en valeur du passé mythique.

Pendant cette conversation, Laure entre et cherche Émilie. Lorsque celle-ci entre, Alain l'appelle mais elle se dirige vers Laure, et elles murmurent entre elles. Alain et Éric s'échangent un clin d’œil.

Alain reproche à Jacques et Pierrette leur absence pour servir un client. Pierrette balaie le reproche. Elle informe Alain qu'elle souhaite partir le soir-même pour Paris car elle déplore son autorité croissante. Mais l'homme tente de la retenir en lui déclarant son amour et lui propose de se marier.

Christophe entre et souhaite emprunter Patrocle pour une séance photo, ce qu'Alain accepte. Liliane réclame une salle d'essayage car les chambres sont trop petites. Mlle Lhospitallier interrompt Alain et Liliane pour faire une réclamation. Quand Alain propose à Liliane le hall comme salle d'essayage, elle refuse à cause du va-et-vient de tout le monde. Il propose alors l'office. Alain sort et Éric entre pour prendre la commande de Mlle Lhospitallier et par la même occasion celle de Christophe et Liliane qui terminent en évoquant les différents lieux pour réaliser les photos.

La chambre de Laure et Pierrette

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Laure et Pierrette sont en petite tenues sur leur lit respectif et évoquent le fait qu'Émilie est bouleversée par l'enterrement. Laure parle de sa vie avant l'Iphigénie Hôtel. Elle se remémore son histoire d'amour passée avec un client anglais. Pierrette dit qu'elle est amoureuse. Laure demande s'il s'agit de Jacques ou d'Alain. Puis Pierrette pense aux clients et leurs potentielles liaisons amoureuses. Les femmes de chambre se prennent à rêver à la vie des mannequins de Dior, Judy et Yvette.

Jacques arrive dans la chambre et annonce à Laure qu’Émilie la cherche. Elle sort, ce qui laisse Jacques seul avec Pierrette. Elle lui demande s'il a obtenu la chose qu'elle lui a demandé, mais Jacques veut d'abord la mettre à l'épreuve en lui posant une question. Lassée, elle lui répond que oui et prend l'objet à Jacques: une bague en or volée. Il demande à Pierrette si elle l'emmènera à nouveau à la source, lieu de leur précédant rendez-vous, pour reprendre leur relation, mais Pierrette refuse et Jacques sort bouleversé.

Le hall

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Assis à table avec le couple d'archéologues anglais, M. Veluze les questionne sur la récente découverte d'une tombe antique. Alain, Émilie et Laure entrent et Alain demande que celle-ci nettoie la chambre d'Éric le maître d'hôtel. Laure refuse catégoriquement et sort, et Émilie s'offusque car cela n'est pas dans les habitudes de l'hôtel. La conversation des clients reprend sur Christophe le photographe du Match qui s'est vu refusé par le chef du chantier de fouilles l'autorisation de prendre photographier ses mannequins devant les ruines nouvellement découvertes.

Les Babcock quittent la table, et M. Veluze demande à Mlle Lhospitalier qui les avait rejoint à table de lui montrer ses débris archéologiques. La jeune femme parle de sa vie et de ses passions. Elle propose à M. Veluze de continuer leur voyage ensemble et lui demande de lui parler de lui, mais il est réticent. La scène se termine par la jeune femme qui demande à M. Veluze s'il souhaite faire une dernière promenade.

L'office

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Jacques et Alain aménagent l'office pour accueillir les essayages des mannequins. Éric entre et relance le sujet de la jarre d'huile volée à Hermione, qui refuse de faire le dîner si elle ne parle pas à Pierrette. Jacques poursuit les aménagements seul pendant qu'Alain et Éric parlent. Le maître d'hôtel sort et Pierrette arrive. Elle prend Alain à part et lui montre sa bague en or en lui exposant les projets de vie commune qu'elle imagine pour eux deux. Choqué que Pierrette possède une bague volée, il se montre réticent aux projets de Pierrette, car il souhaite rester plus longtemps pour économiser.

Liliane, Christophe, Judy et Yvette arrivent pour la séance photo. Patrocle les suit et s'assoit dans un coin. Les mannequins se plaignent de leurs vêtements, mais Liliane tente de les motiver. Mme Lhospitallier entre et demande à Laure qui s’était glissée dans la pièce d’aller chercher le portier pour pouvoir régler sa chambre. Les mannequins s’amusent finalement de leur nouvelle mode et partent avec Christophe et Liliane pour poursuivre la séance. Laure, restée seule avec Patrocle, se plaint des critiques qu'elle a reçues. Elle se languit de pouvoir passer du temps avec lui. Jacques la surprend et exprime son dégoût à propos du rapprochement de Laure et Patrocle. Christophe revient brièvement pour prendre Patrocle avec.

Pierrette entre et se moque avec Laure de l’échec de rapprochement entre Mlle Lhospitallier et M. Veluze. Pierrette annonce à Laure qu’elle ne veut plus de la bague que Jacques a volé. Elle la rend à Jacques qui sort bouleversé. Laure et Pierrette se disputent sur leur façon de se comporter avec les hommes. Elles se battent, mais Émilie arrive pour les séparer. Pierrette sort. M. Veluze entre et dit qu’il cherche le portier. Laure sort et Émilie part chercher Alain.

La chambre d'Oreste

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Alain et Pierrette discutent sur le lit de ce qui est maintenant la chambre d’Alain. Ils parlent de leurs projets de vie commune: Pierrette veut qu’ils s’installent dans une maison mais Alain souhaite encore rester plusieurs années à l’hôtel, au désespoir de la femme de chambre. Alain dit à Pierrette de ne pas user d’artifices de femmes riches telle que Madame Ellénore et son huile, il ne veut pas qu’elle devienne comme les mannequins, et Pierrette le taquine en s’imaginant dans les mêmes tenues qu’elles. Jacques, puis Émilie, toquent à la porte, demandant à Alain de venir pour s’occuper de Mme Lhospitallier qui souhaite partir.

Le hall

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À la réception, Mme Lhospitallier règle sa note auprès d’Alain, pendant que sa fille et M. Veluze discutent de la dernière promenade de celle-ci. Alain appelle Paris pour Mme Lhospitallier qui désire des nouvelles avant de partir. M. Veluze partage les dernières informations sur la situation du gouvernement français. M. Veluze annonce qu'il a l'autorisation de visiter les tombes de personnages mythologiques nouvellement découvertes et Mlle Lhospitallier insiste auprès de sa mère pour rester afin de voir ces tombes. Mais Alain annonce que l'hôtel est complet.

M. Veluze, en tant qu’avocat, joue le procès fictif des personnages mythologiques concernés en imaginant qu’ils n’aient pas été assassinés. Tout le monde applaudit à la fin.

Pendant ce temps, Laure entre et fait lire une lettre de Jacques à Émilie. Pierrette entre et apprend qu’il s’est enrôlé dans les parachutistes. Alain lit également la lettre un peu plus tard et s’étonne du choix du garçon.

Rentrés de la séance photo, Liliane annonce à Christophe qu’ils ont l’autorisation d’emprunter des bijoux découverts parmi les ruines mais il manque un bracelet et une bague. Laure réalise que Jacques a joint à sa lettre la bague qu’il avait volé, abîmée. En entendant Liliane dire que les archéologues vont ouvrir une enquête sur ce vol, Laure empoche la bague et sort. La pièce se termine par l’annonce du départ des Lhospitallier pour la gare, accompagnées par M. Veluze.

Lien entre mythes et Histoire

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D'après Michel Vinaver, il existe dans ses pièces «un va-et-vient entre l'actualité (ce territoire indistinct, morcelé, sans repères) et l'ordre du monde tel qu'il est dit dans les mythes anciens. Il s'agit d'un va-et-vient, et non d'une relation explicative ni même métaphorique», il appelle ce phénomène une «navette mythique[4]». Dans ses Écrits sur le théâtre, Vinaver précise qu’il s’agit plutôt d’un «rapport ironique[5]» entre les événements qui se déroulent dans l’hôtel, le contexte de crise politique en conséquence du coup d’état du 13 mai, et le passé mythique de Mycènes.

tableau représentant le sacrifice d’Iphigénie
Le Sacrifice d’Iphigénie, tableau de Jacopo Amigoni (peint vers 1740)

Les mythes grecques, en particulier celui du sacrifice Iphigénie par son père Agamemnon, est évoqué par le titre de la pièce. Le passé antique est présent en fond avec les découvertes archéologiques de tombes de personnages mythologiques, et la localisation globale de la pièce: Mycènes. Aussi, certains personnages (les Grecs) portent des noms mythiques tels qu'Oreste, Aphrodite, Patrocle, Hermione. Vinaver précise à propos des liens possibles entre personnages de la pièce et personnages mythiques dans son «Auto-interrogatoire» que «Voici jetées en vrac, certaines correspondances, on pourra en trouver d'autres, et même en arriver à un point où rien dans la pièce n'est sans lien avec la mythologie[6]». Mais, selon lui il «faut voir la pièce autrement. Établir d'abord la primauté de l'histoire qui se passe dans cet hôtel en mai 1958[6]». Anne Ubersfeld questionne le point de vue de l’auteur et se demande à propos du lien entre l'histoire de la pièce et le mythe:

Mais alors à quoi lui sert le mythe? À boulonner le discours sur une fable solide ? Oui certes, mais c'est peu; surtout à permettre sur l'œuvre un regard multiple: «Esthétique médiévale, d'aucun point la pièce ne s'embrasse d'un seul regard (principe de la cathédrale)[7]»

Le sujet des personnages mythiques est aussi abordé dans les conversations des personnages, de façon fragmentaire, par exemple dans cet extrait:

M. VELUZE

[...] Avec ce relief tourmenté... On comprend que les Mycéniens aient été de tels guerriers. [...]

MME LHOSPITALLIER

J'en ai rêvé cette nuit! J'ai rêvé de Cassandre et de ses petits jumeaux qu'on égorgeait![1]

Notes de l’auteur sur son œuvre

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Michel Vinaver développe une critique de ses propres textes. Il considère que la banalité joue un rôle central dans son écriture:

Les douze pièces strient un seul et même territoire qui est celui de la banalité. Tout le travail consiste à remuer, au moyen de l'écriture dramatique, cette matière indistincte, l'enjeu étant que se constituent des éléments saisissables de «paysages[4]»

Aussi, pour lui, cette écriture «procède par établissement de connexions entre éléments disparates.[...] Il y a une poussée vers le sens. Aucune pièce ne se boucle sur un sens[4].»

Vinaver privilégie la parole au présent, du quotidien, dans ses pièces car «s'il y a magma de la matière quotidienne, c'est que s'est défaite ou raréfiée toute mémoire collective dans laquelle l'instant présent pourrait s'insérer ou prendre sens, qui informerait aussi sur les directions possibles de l'avenir[8].» Dans Iphigénie Hôtel, l'intérêt du dramaturge est de représenter le quotidien comme «l'ensemble des événements et des personnages en tant que liés dans une matière: celle d'une certaine vie quotidienne dans son mouvement. L'objectif n'est pas de faire ressortir tel événement ou tel personnage, mais au con traire de le fondre dans la matière mouvante du quotidien[9].»

L'action de chaque pièce avance par décalages, ils sont l'énergie du texte:

Le décalage (mais ça se recale tout aussitôt pour se décaler à nouveau et ainsi de suite) est le principe même de ce qui préside, par ailleurs, à la jonction du quotidien et du mythique, mais aussi l'accolement du grave et de l'insignifiant, de l'intime et du large, du pathétique et du neutre, du dialogue individualisé et de l'éruption chorale. Ainsi, il est partout: dans la matérialité du texte, et dans les contenus; dans le moléculaire et dans les grands ensembles[10].

Sources d’Iphigénie Hôtel

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Catherine Brun mentionne que Vinaver écrit dans ses notes qu’Iphigénie Hôtel a été inspiré en grande partie par le roman Amour (Loving) de Henry Green[11], publié au Royaume-Uni en 1945. Michel Vinaver lui-même a traduit ce roman en français en 1954, publié aux éditions Gallimard. Le roman et la pièce de théâtre ont en commun le lieu de l'action: un hôtel. Les deux œuvres ont également de nombreux thèmes communs: la mort du maître d'hôtel au début, qui donne lieu à la montée en puissance d'un valet de chambre, la complicité de deux femmes de chambre, une relation amoureuse entre une des femmes de chambre et le valet, le vol de bijoux et la menace de la guerre. 

D’autres sources de Michel Vinaver, qu’il cite dans ses Écrits sur le théâtre,  sont: Sweeny Agonistes (1932) de T. S. Eliot, L'Apprenti (1946) de Raymond Guérin, qui est une parodie du théâtre du poète grec Aristophane[11]. Michel Vinaver précise aussi qu'il s'est également inspiré du film Voyage en Italie (1954) de Roberto Rossellini et du théâtre de Tchékhov[12].

D’autres œuvres en lien avec les mythes ont influencé Vinaver dans son écriture de la pièce: les tragédies grecques et ses réécritures évoquées dans la partie Résonances de l'édition de la collection î: Iphigénie en Tauride et Iphigénie à Aulis d'Euripide, Les Choéphores d'Eschyle, et Iphigénie de Racine[13].

Éditions

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Il existe trois différentes versions du texte publiées par l’auteur[14].

La pièce est d'abord publiée dans la revue Théâtre populaire (no 39, 3e trimestre,1960). Michel Vinaver précise que « la durée de la représentation d'Iphigénie Hôtel dans sa version intégrale [...] excéderait cinq heures[12]. » En 1963, il revoit son texte dans l'intention d'en faire une version plus courte, destinée au metteur en scène Jean Tasso. Cette version est publiée en 1964 par Gallimard dans la collection Le Manteau d'Arlequin. En 1976, Michel Vinaver travaille à nouveau la pièce avec le metteur en scène Antoine Vitez. Une troisième version de la pièce paraît en 1986, dans le volume I du Théâtre complet publié chez Actes Sud et L'Aire

Traductions

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Dans Écrits sur le théâtre 2, Michel Vinaver mentionne deux traductions[15]:

  • En allemand : Hotel Iphigenie, par Walter Guggenheimer, publiée en 1964 chez Suhrkamp Verlag et dans Theater heute.
  • En italien : Iphigenie Hotel, par Giannino Galloni, publiée en 1965 par Einaudi.

Représentations

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Création

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Antoine Vitez (à droite) avec René Kalisky (à gauche)
Antoine Vitez (à droite) avec René Kalisky (à gauche)

Quatre ans après la publication d'Iphigénie Hôtel, en février 1964, une première mise en scène est réalisée en Allemagne à Kiel par Joachim Fontheim, basée sur la traduction de Walter Guggenheimer. Il s'agit de la création de la pièce[16].

Iphigénie Hôtel n'est montée en France qu'après la tentative avortée de Jean Tasso[14]. La création française sera celle d'Antoine Vitez, en mars 1977, dans une scénographie de Yánnis Kókkos. Elle est présentée au Centre Georges-Pompidou, avec la participation du Jeune Théâtre national (JTN) et du théâtre des Quartiers d’Ivry où Vitez travaille[17].

Distribution de la création française

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Le metteur en scène fait le choix de supprimer quatre rôles : le photographe (Christophe), son assistante (Liliane) et ses deux, modèles Yvette et Judy. Il décide également de ne pas engager d'acteur pour jouer Oreste, mais de le remplacer par une forme humaine[18].

Notes du metteur en scène et du scénographe

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Dans ses Écrits sur le théâtre, Antoine Vitez, le metteur en scène, explique avoir pour objectif de montrer au travers de la vente de l'hôtel par Oreste à Monsieur Diamant «toute l'histoire de la Grèce contemporaine, dans sa nature proche-orientale, tiers-mondiste et (comprendront-ils que je ne les insulte pas si je dis) ottomane. Le spectacle d'Iphigénie doit montrer cela aussi. Une pièce de théâtre montre toujours (toujours?) derrière l'histoire des gens une histoire du peuple[19].» Ce que le scénographe et costumier Yannis Kokkos complète par des vêtements directement ramenés de Grèce afin de «donn[er] à la fois une image de vérité et une image particulière qui écartait le danger naturaliste. [Il a] cherché à garder la liberté pour chaque personnage tout en assurant aux signes sociaux leur fonction[20].»

Kokkos et Vitez travaillent également sur la représentation de l'espace et des lieux de la pièce. Ceux-ci sont représentés de façon plus symbolique que dans la pièce:

Tous les lieux de l'hôtel Iphigénie dans Iphigénie Hôtel, de Michel Vinaver, sont condensés dans un simple sol carrelé, quelques meubles et accessoires réalistes et deux murs exprimant une Grèce quotidienne et mythique sous une lumière diffuse. Là aussi, la simple porte d'entrée de l'hôtel peut être «une porte des lions» banale, le lit d'Oreste et la réception, sièges du pouvoir, «trônes ordinaires[21].»

Mises en scène notables

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Photo en noir et blanc du metteur en scène Charles Joris
Le metteur en scène suisse Charles Joris
  • Mise en scène de Charles Joris et scénographie de Roberto Moscoco, 1991, présentation dans sa version intégrale (environ 4 heures de représentation) par la Théâtrale de Bienne (en Suisse)[16].

Adaptations

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Iphigénie Hôtel a donné lieu à un téléfilm, Hotel Iphigenie réalisé par Johannes Schaaf[23], avec un scénario de Johannes Schaaf, Jürgen Breest et Michel Vinaver. Le téléfilm est sorti le en Allemagne de l'Ouest.

Notes et références

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  1. 1 2 Michel Vinaver, Iphigénie Hôtel. Par-dessus bord, Arles, Actes Sud, coll. « Théâtre complet » (no 2), (ISBN 978-2-7427-4275-2), p. 112
  2. ↑ Michel Vinaver, Iphigénie Hôtel; Par-dessus bord (version hyper-brève), Arles, Actes Sud, (ISBN 2742742751), p. 4e de couverture
  3. ↑ Voir Jacques Soustelle.
  4. 1 2 3 Michel Vinaver, Mémoires sur mes travaux. Texte présenté en vue de la soutenance de l'Habilitation à diriger des recherches, Paris, université de La Sorbonne nouvelle, 1986. Cité dans Michel Vinaver, Iphigénie Hôtel. (dossier dramaturgique par Jean-Pierre Ryngaert), Arles, Actes Sud, coll. Répliques (no 7) 1993, p. 241.
  5. ↑ Michel Vinaver, Ecrits sur le théâtre : Réunis et présentés par Michelle Henry, vol. 1, Paris, L’Arche, (ISBN 2851814125), p. 204
  6. 1 2 Michel Vinaver, Écrits sur le théâtre : Réunis et présentés par Michelle Henry, vol. 1, Paris, L'Arche, (ISBN 2851814125), p. 198
  7. ↑ Anne Ubersfeld, Vinaver dramaturge, Paris, Librairie théâtrale, (ISBN 2-7349-0072-6), p. 87
  8. ↑ Michel Vinaver, Mémoires sur mes travaux. Texte présenté en vue de la soutenance de l'Habilitation à diriger des recherches, Paris, université de La Sorbonne nouvelle, 1986. Cité dans Michel Vinaver, Iphigénie Hôtel. (avec dossier dramaturgique par Jean-Pierre Ryngaert), Arles, Actes Sud, coll. Répliques (no 7), 1993, p. 242.
  9. ↑ Michel Vinaver, Ecrits sur le théâtre : Réunis et présentés par Michelle Henry, vol. 1, Paris, L'Arche, (ISBN 2851814125), p. 229
  10. ↑ Michel Vinaver, Mémoires sur mes travaux. Texte présenté en vue de la soutenance de l'Habilitation à diriger des recherches, Paris, université de La Sorbonne nouvelle, 1986. Cité dans Michel Vinaver, Iphigénie Hôtel. (avec dossier dramaturgique par Jean-Pierre Ryngaert), Arles, Actes Sud, coll. Répliques (no 7), 1993, p. 243.
  11. 1 2 Catherine Brun, « Michel Vinaver: Iphigénie Hôtel et l'utopie de l'objet théâtral », Genesis (Manuscrits-Recherche-Invention), numéro 26,‎ , p. 79 (lire en ligne)
  12. 1 2 Michel Vinaver, Écrits sur le théâtre : Réunis et présentés par Michelle Henry, vol. 1, Paris, L'Arche, (ISBN 2851814125), p. 179
  13. ↑ Michel Vinaver (avec dossier dramaturgie de Jean-Pierre Ryngaert), Iphigénie Hôtel, Arles, Actes Sud, coll. « Répliques » (no 7), (ISBN 2-7427-0059-5), p. 234-239
  14. 1 2 Catherine Brun, « Michel Vinaver: Iphigénie Hôtel et l'utopie de l'object théâtral », Genesis (Manuscrits-Recherche-Invention), numéro 26,‎ , p. 77 (lire en ligne)
  15. ↑ Michel Vinaver, Écrits sur le théâtre : Réunis et présentés par Michelle Henry, vol. 2, Paris, L'Arche, (ISBN 2851814133), p. 248
  16. 1 2 3 4 « Iphigénie Hôtel », sur Théâtre contemporain
  17. ↑ Antoine Vitez, Écrits sur le théâtre/3, La scène, 1975-1983, Paris, P.O.L., (ISBN 2867445078), p. 72
  18. ↑ "pour des raisons de décence, je préfère quand même qu'il n'y ait pas de vrai faux mort, mais plutôt, oui, une forme de cheveux qui dépassent, un bonnet de nuit, des mains de cire" Antoine Vitez, "Iphigénie-Hôtel de Michel Vinaver. 1977. Journal de travail", Écrits sur le théâtre/3. La scène. 1975-1983. Paris, P.O.L., 1996, p. 65.
  19. ↑ Antoine Vitez, Écrits sur le théâtre /*. La scène, 1975-1983, Paris, P.O.L, (ISBN 2867445078), p. 69
  20. ↑ Georges Banu, Yannis Kokkos, le scénographe et le héron, Arles, Actes Sud, coll. « Le temps du théâtre », , 3e éd. (1re éd. 1989) (ISBN 2-7427-5388-5), p. 62
  21. ↑ Georges Banu, Yannis Kokkos, le scénographe et le héron, Arles, Actes Sud, coll. « Le temps du théâtre », , 3e éd. (1re éd. 1989) (ISBN 2-7427-5388-5), p. 93
  22. ↑ « Iphigénie Hôtel », sur Compagnie 4Cats (consulté le )
  23. ↑ « Hotel Iphigénie », sur Internet Movie Database (IMDb) (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Michel Vinaver, Iphigénie Hôtel. Par dessus-bord, Arles, Actes Sud, coll. « Théâtre complet », 2e éd. (ISBN 978-2-7427-4275-2)
  • Michel Vinaver, Iphigénie Hôtel : Dossier dramaturgique par Jean-Pierre Ryngaert, Arles, Actes Sud, coll. « Répliques » (no 7), (ISBN 2-7427-0059-5)
  • Michel Vinaver, Écrits sur le théâtre : réunis et présentés par Michelle Henry, vol. 1 et 2, Paris, L'Arche,
  • Georges Banu, Yannis Kokkos. Le scénographe et Le héron, Arles, Actes Sud, coll. « Le Temps du théâtre », , 3e éd. (1re éd. 1989) (ISBN 2-7427-5388-5)
  • Anne Ubersfeld, Antoine Vitez, metteur en scène et poète, Paris, Édition des Quatre-Vents, (ISBN 2-907468-49-9)
  • Antoine Vitez, Écrits sur le théâtre/3. La scène, 1975-1983, Paris, P.O.L., (ISBN 2867445078)
  • Catherine Brun, « Michel Vinaver: Iphigénie Hôtel et l'utopie de l'objet théâtral », Genesis (Manuscrits-Recherche-Invention), no 26,‎ , p. 71-90 (lire en ligne, consulté le )
  • Catherine Brun, « L'origine et l'artefact: usages du théâtre antique chez Michel Vinaver », Revue d'Historiographie du Théâtre, no 3, T1,‎ (ISSN 2270-5554, lire en ligne, consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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