Isabel Miranda de Wallace
Isabel Miranda de Wallace, née le et morte le , est une cheffe d'entreprise, militante sociale et femme politique mexicaine.
Elle connait une forte médiatisation en 2006 après avoir affirmé que son fils avait été enlevé et assassiné. Il sera révélé 20 ans plus tard que ce récit était faux, son fils ayant, avec la complicité de sa mère, changé d'identité pour échapper à des narcotrafiquants avec qui il était en affaire[1].
Devenue une figure emblématique de la lutte contre la criminalité au Mexique, elle a été présidente de l'association Alto al Secuestro (« Stop aux enlèvements ») et a reçu le Prix national des droits de l'homme 2010 des mains du président Felipe Calderón. En tant que candidate du Parti d'action nationale (PAN) à la mairie de Mexico en 2012 elle se classe troisième sur quatre candidats[2],[3],[4],[5].
À partir de 2014, des enquêtes révèlent qu'elle aurait fait emprisonner et torturer des dizaines d’innocents pour protéger un narcotrafiquant[6].
Biographie
modifierIsabel Miranda de Wallace, née María Isabel Miranda Torres[7],[note 1], nait le .
Elle devient une personnalité publique de premier plan après le prétendu 'enlèvement et le meurtre de son fils, Hugo Alberto Wallace Miranda, le . En réponse, elle fonde l’association Alto al Secuestro AC qui apporte un soutien juridique et émotionnel aux familles et aux victimes d’enlèvement. En tant qu’oratrice, elle aborde des questions allant de la prévention de la criminalité et de la sécurité à la participation citoyenne et au bien-être de la famille[8].
Ses efforts en faveur des droits de l’homme sont reconnus au niveau national lorsqu’en 2010 elle reçoit le Prix national des droits de l’homme des mains du président Felipe Calderón. S'appuyant sur ses engagements, elle est présentée le comme candidate du Parti d'action nationale (PAN) à la mairie de Mexico pour le mandat 2012-2018[6],[9].
En , le magazine Proceso rapporte qu'en 1998 Wallace avait été accusée par les autorités de l'arrondissement de Tlalpan de résistance à l'arrestation et de tentative d'homicide. À cette époque, alors qu'elle dirigeait son entreprise, Showcase Publicidad, elle dirigeait un groupe d'employés qui empêchaient le retrait des panneaux d'affichage installés dans toute la ville de Mexico. En conséquence, elle est détenue à Reclusorio Norte pendant cinq jours avant d'être libérée grâce à l'intervention de son avocat, Ricardo Martínez Chávez[10], qui travaille au sein du Parquet général de justice du District fédéral. Elle est exonérée de certaines accusations, mais sanctionnée pour outrage à l’autorité[11].
Le , une enquête menée sur deux fronts est publiée : celle d’Anabel Hernández dans le magazine Proceso, et celle de Guadalupe Lizárraga, dans Los Angeles Press (enquête divisée en huit volets[10]), qui apportent des indices sur la vie de son fils Hugo Alberto Wallace Miranda. Lizárraga poursuit ses recherches et, en 2018, révèle la double identité officielle de Hugo Alberto Wallace Miranda et/ou Hugo Alberto Miranda Torres[10]. En la journaliste révèle une troisième identité de la supposée victime : Hugo Alberto León Miranda[10], et lui donne comme père biologique le docteur Carlos León Miranda. Elle dénonce également la fabrication d’une preuve ADN à partir d’une goutte de sang placée de manière frauduleuse par le Parquet général de la République (PGR)[12], sept mois après les faits. Cela l’amène à défendre l’innocence de sept personnes victimes de torture et d’emprisonnement, que Miranda accusait directement du prétendu enlèvement, ainsi que deux autres personnes présentées comme membres d’un groupe criminel. Ces éléments sont révélés dans son livre El falso caso Wallace (La fausse affaire Wallace)[13],[14].
Miranda de Wallace meurt le à l'hôpital ABC de Santa Fe, Mexico, des suites de complications après une intervention chirurgicale le . Elle a 73 ans[15],[16]. Sa mort est cependant incertaine.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Dans ce nom espagnol, le premier nom de famille, ou nom paternel, est Miranda, le second nom de famille, ou nom maternel, est Torres, et le nom marital est Wallace.
Références
modifier- ↑ Anne Vigna, « Au Mexique, la « fabrication de coupables » par les autorités policières et judiciaires », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) « Isabel Miranda de Wallace: Se rompió la partidocracia », Excélsior, (consulté le )
- ↑ (es) « Premio de Derechos Humanos 2010 a Isabel Miranda de Wallace », presidencia.gob.mx, (consulté le )
- ↑ (es) « Premian a Isabel Wallace en Derechos Humanos », El Universal, (consulté le )
- ↑ (es) « Panistas arropan a Wallace en registro », El Siglo de Torreón, (consulté le )
- 1 2 « Au Mexique, la machination infernale d’une « mère courage » », Le Monde, (lire en ligne
, consulté le ) - ↑ (es) « Isabel Miranda no tiene antecedentes penales, afirma la Procuraduría », Expansión, (consulté le )
- ↑ (es) « El inquilino y la señora Wallace », www.proceso.com.mx (consulté le )
- ↑ (es) « PAN: Partido Acción Nacional | Encabezará Isabel Miranda de Wallace candidatura del PAN al GDF » [archive du ], sur pan.org.mx, (consulté le )
- 1 2 3 4 (es-MX) « Los Ángeles Press », sur Los Ángeles Press (consulté le )
- ↑ (es) Comunicación e Información, SA de CV, « Wallace estuvo presa cinco días en el Reclusorio Norte », Proceso, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (es-MX) « PGR ayudó a fabricar pruebas a Isabel Miranda de Wallace », sur Los Ángeles Press (consulté le )
- ↑ (es) « PGR ayudó a fabricar pruebas a Isabel Miranda de Wallace », Los Ángeles Press (consulté le )
- ↑ (es) Moreno, « Caso Wallace: "Brenda le tomó las fotos..." », Excélsior, (consulté le )
- ↑ (es) « Muere Isabel Miranda de Wallace, activista y fundadora de Alto al Secuestro »
, Milenio, (consulté le ) - ↑ (es) « ¿De qué murió la activista Isabel Miranda de Wallace a los 73 años? », (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressource relative à l'audiovisuel :