Isidore de Kiev
Isidore de Kiev, né à Monemvasia (Empire byzantin)[1] vers 1385 et mort à Rome le , fut métropolite orthodoxe de Kiev de 1437 à 1441, puis prélat et cardinal catholique (dès 1439).
| Isidore de Kiev | ||
Peinture florentine de Isidore, date inconnue. | ||
| Biographie | ||
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| Naissance | vers 1385 Monemvasia, Péloponnèse (Empire byzantin) |
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| Décès | Rome |
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| Titre cardinalice | Cardinal-prêtre de Ss. Marcellino e Pietro Cardinal-évêque de Sabina |
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| Évêque de l'Église catholique | ||
| Fonctions épiscopales | Métropolite de Moscou Camerlingue du Sacré Collège Doyen du Collège des cardinaux. |
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Il occupa à ce titre différentes fonctions dont celle de doyen du collège des cardinaux (dès 1461).
Biographie
modifierLes sources relatives à ses origines sont contradictoires. Selon certains, il était Grec, selon d'autres Bulgare hellénisé[2].
Après des études à Constantinople, il devient moine (en 1410 ou 1411) au monastère Saint-Michel de Monembasie, avant de devenir plus tard higoumène du monastère de Saint-Dimitri à Constantinople.
En 1434, il est ambassadeur de l'Église de Constantinople au concile de Bâle. En 1437, il est ordonné métropolite de Kiev et de Rus' par le Patriarche de Constantinople Joseph II[3].
A ce titre, il représente l'Église russe au concile de Florence en 1439. Il y siège aussi en tant que délégué du patriarche d'Antioche. Il est considéré comme l'un des plus fervents partisans de l'Union avec les Catholiques[4]. Le , Isidore de Kiev signe l'Acte d'Union à l'issue du concile, devenant donc membre du clergé rallié à Rome.
Le , Isidore est nommé légat du pape pour la Pologne-Lituanie et la Russie, avec la mission d'implanter l'union dans ces territoires. En remerciement de ses services, le pape Eugène IV le crée cardinal-prêtre du titre des saints Marcellin-et-Pierre le 18 décembre 1439[3].
De passage en Pologne et en Lituanie, il y est accueilli sans enthousiasme, voire avec hostilité, par les évêques catholiques locaux, qui redoutent que l'Union ne conduise à l'égalité des rites occidentaux et orientaux[5],[6].
Le métropolite Isidore et sa suite arrivent par la suite à Moscou le ; il y célèbre le même jour la Divine Liturgie, au cours de laquelle il prie pour le Pape et fait solennellement lire le texte d'Union des Églises, ce qui choque les fidèles présents. Selon les chroniques moscovites, Isidore est alors accusé d'hérésie, arrêté sur ordre du grand-prince Vassili II de Moscou, et destitué par un synode d’évêques locaux[7].
Emprisonné, Isidore réussit à s'enfuir et regagner l'Italie, apparemment avec la complicité du grand prince lui-même qui ne sait pas quoi faire de ce personnage encombrant[3].
En 1451, le Patriarche Grégoire III, qui n'a jamais réussi à imposer l'union avec Rome à Constantinople (la population et la majorité du clergé estimant que cette dernière a été conclue pour des raisons purement politiques) finit par s'enfuir au Saint-Siège, auprès du pape Nicolas V. Isidore est alors envoyé comme Légat du Pape à Constantinople (1452-1453), et se voit octroyer le titre de cardinal-évêque de Sabine (1452). Lorsque la Basilique Sainte-Sophie de Constantinople est finalement remise aux Unionistes, il y proclame solennellement l'Union le .
Isidore prend part activement à la défense de Constantinople assiégée par les Ottomans, en faisant emmener dans la ville 200 archers, recrutés sur ses propres deniers ou ceux du Pape (les sources divergeant à ce sujet)[8]. Quoiqu'il en soit, le , les Ottomans s'emparent de la ville. Pour échapper à une mort certaine, il échange ses habits de cardinal avec ceux d'un cadavre trouvé au hasard et tente de prendre la fuite[9],[10]. Il est malgré tout arrêté par des soldats Ottomans mais dans la confusion générale, ceux-ci ne l'identifient pas, le prenant pour une personne peu importante[9]. Ils l'envoient alors en Asie mineure pour être vendu comme esclave. Il réussit à s'enfuir et parvient à rejoindre la Crète, d'où il part pour Rome.
En 1459, il est nommé par le Pape patriarche latin de Constantinople (titre purement symbolique vu que la ville a été prise par les Turcs), et archevêque catholique de Chypre. En 1461, il devient doyen du collège des cardinaux. Il meurt à Rome en 1463.
Notes et références
modifier- ↑ V. Laurent, « Isidore de Kiev et la métropole de Monembasie », Revue des Etudes Byzantines 17,, , p. 150-157
- ↑ Boguslavskiĭ, V. V., Kuksina, E. I. (2001). Славянская энциклопедия: Киевская Русь-Московия.: ОЛМА-Пресс, p.516.
- 1 2 3 « ИСИДОР », sur pravenc.ru (consulté le ).
- ↑ (ru) « Исидор, митрополит Киевский и всея Руси, Русские православные иерархи, 992-1892 гг. Том II », sur Православный портал «Азбука веры» (consulté le ).
- ↑ Gill Joseph, Histoire des conciles œcuméniques: Constance et Bale-Florence, Edition de l'Orante, Paris 1965, p.267
- ↑ Jean-Marie Mayeur, Luce Pietri, André Vauchez, Marc Venard, De la réforme à la Réformation (1450-1530): Histoire du christianisme, Volume 7, Desclé, 1994, p.425
- ↑ Abbott Gleason, A Companion to Russian History, Blackwell Publishing, 2009, p.61
- ↑ Chambers, D.S.. Popes, Cardinals and War: The Military Church in Renaissance and Early Modern Europe. Royaume-Uni, I.B.Tauris, 2006.,p.50
- 1 2 Curta, Florin. Great Events in Religion: An Encyclopedia of Pivotal Events in Religious History [3 Volumes], Bloomsbury Publishing, 2016.
- ↑ Chambers, D.S.. Popes, Cardinals and War: The Military Church in Renaissance and Early Modern Europe. Royaume-Uni, I.B.Tauris, 2006., p.50
Bibliographie
modifier- (en) Marios Philippides et Walter Hanak, Cardinal Isidore, c.1390-1462, A late byzantine scholar, warlord and prelate, Routledge,
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la religion :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :