Ismaïl Mustafa al-Falaki

Astronome égyptien

Ismāʿīl-Afandī Muṣṭafá, également connu sous les noms d’Ismâ’îl Mustafâ al-Falakî, Ismaïl Effendi Mustafa, Ismaïl Bey Moustapha, Ismaïl Mustafa al-Falaki ou Ismaïl Pacha el-Falaki, était un astronome et mathématicien égyptien . Effendi , Bey et Pacha correspondaient aux différents titres qu'il a occupés au cours de sa carrière ; « al-Falaki », signifiant littéralement « l'astronome », a été ajouté à son nom, né au Caire dans une famille d'origine turque en 1825, mort le .

Ismail Mustafa al-Falaki
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إسماعيل الفلكيVoir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

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L'astronomie égyptienne puise ses racines dans l'Antiquité. Elle fut ravivée au XIXe siècle par l'impulsion moderniste de Méhémet Ali, qui fonda à Sabtieh, dans le quartier de Boulaq au Caire, un observatoire qu'il tenait à maintenir en phase avec les progrès de cette science encore en développement. Le personnel de cet établissement fut recruté parmi les meilleurs élèves de l'École polytechnique (Muhandiskhana) de Boulaq[1], dirigée par Charles Joseph Lambert, ingénieur français. C'est ainsi qu'Ismaïl Mustafa entra à l'observatoire astronomique du Boulaq après ses études techniques.

Charles Joseph Lambert, désireux de donner un nouvel élan au mouvement intellectuel qui prenait forme dans le pays et de répondre aux aspirations du vice-roi Abbas Ier, obtint aisément l'accord du souverain pour l'envoi en Europe, en 1850, de trois jeunes ingénieurs choisis parmi les meilleurs diplômés de l'École polytechnique égyptienne de Boulaq. Mahmoud Hamdi al-Falaki, Ismaïl Mustafa et Hussein Ibrahim furent désignés pour achever leurs études en France.

Mahmoud et Ismaïl se consacrèrent à l'étude approfondie de l'astronomie et, grâce à leur érudition, la faveur publique leur accorda à jamais le titre d'al-Falaki (l'astronome).

Après avoir achevé ses études pratiques et théoriques, Ismaïl Mustafa se vit confier la mission particulière de veiller à la construction d'instruments astronomiques, afin de pouvoir assurer, à l'avenir, le parfait fonctionnement et la réparation éventuelle des appareils de l'Observatoire égyptien. À cette fin, il se consacra pendant une année entière à l'étude de la construction et de la réparation d'instruments de précision dans les ateliers de Brunner à Paris.

En 1858, une commission technique fut créée pour poursuivre, en adoptant les procédures instituées en Europe, le travail cadastral inauguré par la Kassaba sous Méhémet Ali. Cette commission suggéra au vice-roi Mohamed Saïd Pacha l'idée de construire des appareils géodésiques qui furent commandés en France.

Alors que Mahmoud al-Falaki était chargé, en Égypte, de la direction des travaux de cartographie générale, le vice-roi confia à Ismaïl Mustafa l'étude, en Europe, de l'appareil de précision étalonné par rapport au mètre destiné à mesurer les bases géodésiques et déjà construit par Jean Brunner à Paris. Ismaïl Mustafa fut chargé de mener les expériences nécessaires à la détermination des coefficients de dilatation thermique des deux règles, l'une en platine et l'autre en laiton, et de comparer l'étalon égyptien à un étalon connu. L'étalon espagnol, conçu par Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero et Frutos Saavedra Meneses, fut choisi à cet effet, car il avait servi de modèle pour la construction de l'étalon égyptien. De plus, l'étalon espagnol avait été comparé à la double règle n° 1 de Borda, qui servait de module de comparaison pour la mesure de toutes les bases géodésiques en France.

Au retour d'Ismaïl Mustafa en Égypte, après quatorze années passées en Europe, le khédive Ismaïl Pacha, tenant compte du sage conseil d'Urbain Le Verrier à son prédécesseur de hisser l'observatoire de Boulaq au même niveau que les établissements similaires en Europe, lui ordonna de créer un nouvel observatoire. Celui-ci fut établi en 1868 à Abbassia, puis transféré à Helwan en 1903. Ismaïl Mustafa al-Falaki prit alors la direction de l'observatoire d'Abbassia, qui devint l'observatoire khédival. Il fut élu membre de l'Institut Égyptien le [2].

En 1873, Ismaïl Mustafa fut délégué au Congrès international de statistique à Moscou, où le tsar lui conféra le grade de commandeur de l'ordre de Sainte-Anne.

Il fut directeur de l'École d'ingénieur du Caire de 1866 à 1887. Il fut également nommé directeur de l'École de géomètres qu'il avait fondée. Il enseigna la cosmographie, la géodésie et l'astronomie à l'Académie militaire et dans les deux écoles qu'il dirigeait.

Ismaïl Mustafa fut nommé membre du Comité de Conservation des Monuments de l'Art Arabe par le Khédive Tawfiq Pacha par le décret du .

Il est l'auteur de livres en arabe, dont un traité élémentaire d'astronomie et le premier volume d'un ouvrage sur le même sujet et la géodésie. Il prend sa retraite en 1886. Jusqu'à sa mort, il publie des calendriers astronomiques en arabe et en français, qui faisait office de calendrier officiel adopté par le pays et sur lequel s'appuyait le gouvernement égyptien.

En 1899, il reçut l'insigne de Grand Officier de l'ordre du Médjidié.

Publications

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  • Ismaïl effendi Moustapha, Recherche des coefficients de dilatation et étalonnage de l'appareil à mesurer les bases géodésiques appartenant au gouvernement égyptien, Paris, Imprimerie de V. Goupy et Cie, (lire en ligne)
  • Ismail bey Moustapha et colonel Moktar Bey, Notes biographiques de S. E. Mahmoud Pacha el Falaki (l'astronome) : Séance du 8 janvier 1886, Le Caire, Imprimerie nationale, (lire en ligne)

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ismail Mustafa al-Falaki » (voir la liste des auteurs).
  1. L'École polytechnique de Boulaq ou École polytechnique égyptienne de Boulaq est fondée vers 1835 sous l'impulsion de Méhémet Ali. Charles Joseph Lambert, saint-simonien venu en Égypte en 1834 avec Prosper Enfantin, ancien élève de l'École polytechnique et de l'École des Mines va s'intéresser aux projets de réforme de l'école avant d'en prendre la direction en 1837. Il va prendre pour modèle l'École centrale des arts et manufactures de Paris. Elle avait pour but de former des ingénieurs civils pour permettre la modernisation de l'Égypte en particulier le développement des infrastructures. L'école a formé des centaines d'ingénieurs entre 1837 et 1850. Elle va être progressivement fermée après la mort de Méhémet Ali car son successeur, Abbas Ier Hilmi, est un farouche opposant aux réformes modernistes de ses prédécesseurs. Les documents de Charles Lambert sur l'École polytechnique de Boulaq sont consultables à la Bibliothèque de l'Arsenal, Fonds Enfantin : Papiers de Lambert ms. 776 (lire en ligne), voir aussi Ghislaine Alleaume, L’école polytechnique du Caire et ses élèves. La formation d’une élite technique dans l’Égypte du XIXe siècle, thèse pour le doctorat d’État, Université Lumière Lyon 2, et Annalaura Turiano, « État, réformistes et philanthropes : un état des lieux de l’offre d’enseignement industriel dans l’Égypte coloniale (1882-1919) », Histoire de l'Éducation, no 148, , p. 41-70 (lire en ligne).
  2. Livre d'or de l'Institut égyptien, publié à l'occasion du centenaire de la fondation de l'Institut d'Egypte. L'Institut égyptien, 6 mai 1859-5 mai 1899, Le Mans, Imprimerie de l'Institut de bibliographie, (lire en ligne), p. 63

Articles connexes

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Annexes

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Bibliographie

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  • Pascal Crozet, « Les modèles d’enseignement à l’épreuve de la modernisation scientifique des pays non européens : le cas de l’Ecole d’ingénieur égyptienne au XIXe siècle », Bulletin de la Sabix, no 26 Colloque « L'Ecole polytechnique et l'international », , p. 27-38 (lire en ligne)

Liens externes

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