Iván Cepeda
Iván Cepeda Castro, né le à Bogota, est un homme politique colombien de gauche, militant des droits de l'homme et philosophe.
| Iván Cepeda | ||
Iván Cepeda en 2026. | ||
| Fonctions | ||
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| Sénateur de la République de Colombie | ||
| En fonction depuis le (12 ans, 2 mois et 9 jours) |
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| Élection | 9 mars 2014 | |
| Réélection | 11 mars 2018 13 mars 2022 21 juin 2026 |
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| Circonscription | Liste du parti (2014-2026) Candidat à la présidence de la République (depuis 2026) |
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| Législature | VIIe, VIIIe, IXe et Xe | |
| Prédécesseur | Rodolfo Hernández (indirectement, Présidence) | |
| Représentant à la Chambre de Colombie | ||
| – (4 ans) |
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| Élection | 14 mars 2010 | |
| Circonscription | Bogota | |
| Législature | VIe | |
| Facilitateur du processus de paix entre le gouvernement colombien et les FARC-EP | ||
| – (4 ans) |
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| Président | Juan Manuel Santos | |
| Prédécesseur | Fonction créée | |
| Successeur | Fonction supprimée | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Iván Cepeda Castro | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Bogota (Colombie) | |
| Nationalité | Colombienne | |
| Parti politique | PCC (1975-1987) UP (1987-1990) M-19 (1990-2003) PDA (2009-2025) PH (depuis 2025) |
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| Père | Manuel Cepeda Vargas | |
| Mère | Yira Castro | |
| Conjoint | Pilar Rueda | |
| Diplômé de | Université de Lyon Université Saint-Clément-d'Ohrid de Sofia |
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| Profession | Philosophe Écrivain Enseignant |
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Il est le porte-parole du Mouvement des victimes de crimes d'État (MOVICE) (es), une ONG née en 2003 pour réunir les familles des victimes de crimes contre l'humanité et les organisations qui travaillent pour les droits de l'homme.
Membre de la Chambre des représentants de 2010 à 2014, il est sénateur depuis 2014 en tant que membre du Pôle démocratique alternatif. Il est le candidat du Pacte historique à l'élection présidentielle colombienne de 2026.
Biographie
modifierJeunesse et premiers engagements
modifierNé à Bogota, Iván Cepeda est le fils aîné de Manuel Cepeda Vargas et Yira Castro, tous deux engagés politiquement à gauche. En 1965, à l'âge de 3 ans, lui et sa famille sont contraints à l'exil en raison de la répression politique, et pendant ses premières années, ils vivent à Prague. À la suite de l'invasion de la Tchécoslovaquie par le pacte de Varsovie, la famille se réfugie à La Havane, la capitale cubaine.
Sa famille retourne en Colombie en 1970 mais reste la cible de violences politiques[1],[2].
À 19 ans, Iván Cepeda émigre à Sofia en Bulgarie, où il étudie la philosophie à l'université de Sofia. Iván Cepeda revient en Colombie en 1987 et s'engage dans la campagne présidentielle de Bernardo Jaramillo Ossa, candidat de l'Union patriotique, un parti de gauche décimé par des agents de l'État et les paramilitaires. Jaramillo Ossa sera assassiné en 1990[3]. Iván Cepeda, critique à l'égard du modèle soviétique qu'il juge autoritaire, prend ensuite ses distances avec le Parti communiste colombien, au sein duquel il militait depuis son adolescence, et rejoint en 1990 l'Alliance démocratique M-19[4].
Le , son père, seul parlementaire de l'Union patriotique encore en vie, est assassiné dans les rues de Bogotá par un groupe paramilitaire. Alors qu’il prenait le bus pour aller à l’université, Iván Cepeda a croisé en chemin la voiture où gisait son père assassiné. Il est descendu du bus et, s'exprimant devant les caméras de télévision présentes sur place, a déclaré en pleurs : « Je demande au pays, au président Ernesto Samper et à tous ceux qui œuvrent pour la justice en Colombie, de faire quelque chose contre cette offensive contre les dirigeants de gauche, et que ce crime ne reste pas impuni, comme celui de tant d'hommes justes et courageux »[5].
Défense des droits de l'homme
modifierAprès l'assassinat de son père, Iván Cepeda crée la Fondation Manuel Cepeda avec son épouse, Claudia Girón, pour identifier les auteurs du crime. Il fonde ensuite le Mouvement national des victimes (Movice), composé de 17 organisations qui cherchent à obtenir justice pour les crimes commis pendant le conflit armé[6]. Les menaces à son encontre se multiplient, ce qui le conduit à s'exiler en France en 2000. Pendant son séjour en France, il obtient une maîtrise en droits de l'homme à l'université de Lyon[4]. Il retourne ensuite en Colombie en 2003 pour reprendre son travail de défense des victimes de la violence étatique et paramilitaire en Colombie. En France, certains de ses articles ont été publiés dans Le Monde diplomatique[7].
Ivan Cepeda et le Movice ont significativement contribué à la prise de conscience et la reconnaissance de la responsabilité de l'État colombien dans la violence dans le pays, comme l'assassinat d'opposants politiques et les expropriations de terres des communautés rurales. Le travail de l'ONG a aidé à révéler le système de la « parapolitique », soit les alliances entre la classe politique, certains secteurs économiques et les groupes paramilitaires pour controler des régions entières[8].
Il est à nouveau visé par de nombreuses menaces de mort en 2025 après la condamnation de l’ancien président Álvaro Uribe (2002-2010) à douze ans d'assignation à résidence pour subornation de témoin. Iván Cepeda l'avait accusé d’avoir entretenu des relations étroites avec des groupes paramilitaires d’extrême droite. À la suite de ces accusations, l’ex-président avait à son tour incriminé le sénateur Cepeda pour ses propos, mais la justice avait décidé d’ouvrir une enquête contre Álvaro Uribe en 2018, lui reprochant d’avoir manipulé des témoins de façon systématique afin de discréditer les accusations du sénateur[9].
Carrière politique
modifierIván Cepeda se présente à la Chambre des représentants lors des élections législatives de 2010. Il obtient plus de 35 000 voix et est élu en tant que membre du Pôle démocratique alternatif. Lors des élections de 2014, Iván Cepeda choisit de se présenter au Sénat, obtenant un total de 84 126 voix et se faisant élire avec succès. Il est réélu en 2018, remportant 77 842 voix, puis de nouveau en 2022.
Au Sénat, il se fait connaître comme l'une des figures les plus visibles de la gauche[10], dénonçant publiquement des hommes politiques et entreprises pour leurs liens avec des paramilitaires[5]. Il maintient des liens étroits avec les mouvements sociaux[10].
Il participe entre 2012 et 2016 aux négociations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC[11]. Il négocie ensuite, sous le gouvernement de Gustavo Petro (2022-2026), avec l'Armée de libération nationale (ELN), mais les négociations n'ont pas abouti à la démobilisation du groupe rebelle[10]. Il participe également à des négociations pour la reddition de narcotrafiquants du Clan del Golfo[8].
Candidature à l'élection présidentielle de 2026
modifierIl est désigné le , lors de la primaire du Pacte historique, comme candidat à l’élection présidentielle de 2026 après avoir recueilli lors de cette primaire plus de 1,6 million de voix sur un total de 2,6 millions de votes[11]. Sa candidature a été soutenue par le Pôle démocratique alternatif, l'Union patriotique, le Parti communiste et les Comunes, ainsi que par divers syndicats, organisations paysannes ou indigènes et associations de victimes du conflit armé[5]. Il a pour colistière pour la vice-présidence la sénatrice indigène Aida Quilcué, figure de la défense des peuples autochtones[12],[13].
Sa campagne est décrite comme austère. Il se tient éloigné des réseaux sociaux et donne peu d’interviews aux médias, privilégiant une campagne de terrain[14]. Ses adversaires politiques le qualifient sans preuves « d'héritier des FARC » en raison de la relation de confiance qu'il a établie avec les chefs de la guérilla durant le processus de paix[15]. En février 2026, sa colistière Aida Quilcué est enlevée par des hommes armés et séquestrée pendant plusieurs heures[14].
Son programme met l'accent sur la poursuite de la « paix totale » (négociations de paix avec l'ensemble des acteurs du conflit armé), la réconciliation nationale et la défense des droits humains[5].
Il prône la poursuite des réformes sociales entamées par Gustavo Petro, avec notamment une augmentation substantielle du salaire minimum[16], une amplification de la réforme agraire en remettant un million d'hectares aux victimes du conflit armé, l’extension des prestations sociales et l’amélioration des services de base[17], ou encore la création d'une Banque du peuple vers laquelle pourraient se tourner les ménages les plus vulnérables afin de solliciter des micro-crédits leur permettant de développer leurs activités[18]. Il propose une meilleure redistribution des richesses grâce à une meilleure progressivité fiscale, l’augmentation des impôts sur les grandes fortunes et les résultats des grandes entreprises[18].
Il insiste également sur le concept « d’austérité républicaine », qui consiste en une réduction des salaires du président et de ses ministres, ainsi qu’un contrôle plus strict des dépenses des services publics[18].
La préservation de l'environnement et des droits des peuples autochtones ont occupé une place importante dans sa campagne. Il soutient la réduction de la dépendance de la Colombie aux combustibles fossiles, tout en se déclarant favorable à la poursuite de la politique du président sortant visant à orienter le pays vers les énergies renouvelables et à l’éloigner de tout nouveau développement pétrolier et gazier[19]. Sur le plan international, il propose une politique étrangère non alignée et refuse les pressions de Washington envers la Colombie, mettant l'accent sur la reconnaissance de l'État palestinien et l'intégration latino-américaine[5]. Il défend le concept de l’Amérique latine comme une zone de paix, en s’opposant à la présence des bases militaires étrangères et aux interventions armées américaines dans la région[18].
Vie privée
modifierIván Cepeda est marié à Pilar Rueda, anthropologue et fonctionnaire de la Juridiction spéciale pour la paix. Il sont parents de deux enfants[8].
Il a écrit des livres sur Sigmund Freud et Michel Foucault[15].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Iván Cepeda » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « Perfil de Iván Cepeda Castro », congresovisible.uniandes.edu.co (consulté le ).
- ↑ « José Obdulio Vs Iván Cepeda - Copolitica | Revista Digital » [archive du ], (consulté le ).
- ↑ (es) Espectador, « elespectator.com », ELESPECTADOR.COM (consulté le ).
- 1 2 « Iván Cepeda | La Silla Vacía - Noticias, historias, debate, blogs y multimedia sobre el poder en Colombia » [archive du ], (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (es) Sebastián Jiménez Valencia, « ¿Quién es Iván Cepeda, el candidato de Petro a las elecciones de 2026, y qué propone para llegar al poder? », sur CNN, (consulté le )
- ↑ (es) « Movice │ Movimiento Nacional de Víctimas de Crímenes de Estado – Movice » (consulté le ).
- ↑ « Iván Cepeda Castro », sur Le Monde diplomatique (consulté le ).
- 1 2 3 « Présidentielle en Colombie: Ivan Cepeda, l'exigence du droit et du dialogue avec les groupes armés », sur RFI, (consulté le )
- ↑ Jade Lucas, « En Colombie, un sénateur de gauche menacé de mort après la condamnation de l’ancien président Álvaro Uribe », L'Humanité, (lire en ligne).
- 1 2 3 (es) Santiago Torrado, « Iván Cepeda, el candidato elegido por el Pacto Histórico para defender las banderas de Petro », sur El País América Colombia, (consulté le )
- 1 2 « En Colombie, la gauche mise sur le philosophe Ivan Cepeda pour la présidentielle de 2026 », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ Margot Davier, « Après quatre années de présidence socialiste, les Colombiens sont appelés aux urnes », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « Élection présidentielle en Colombie : l’héritage de Gustavo Petro, premier président de gauche, en jeu », Le Monde, (lire en ligne)
- 1 2 « Présidentielle en Colombie : Ivan Cepeda, le favori de gauche qui fait campagne sans débats ni affiches », Libération, (lire en ligne [archive du ])
- 1 2 « Ivan Cepeda, défenseur des droits humains et penseur de la gauche colombienne », sur DHnet,
- ↑ « Présidentielle en Colombie : Ivan Cepeda, défenseur des droits humains et des réformes sociales », sur France 24,
- ↑ « Colombie : Le candidat de gauche Ivan Cepeda s'engage à intensifier les réformes économiques et sociales », sur www.zonebourse.com, (consulté le )
- 1 2 3 4 « Présidentielle en Colombie : deux visions radicalement opposées s'affrontent au deuxième tour », sur France 24,
- ↑ « Élection en Colombie: des répercussions sur l'avenir de la forêt amazonienne », sur Yahoo News,