Iztaccíhuatl

volcan de subduction, Mexique

L'Iztaccíhuatl[1] (aussi écrit Ixtaccíhuatl) est un stratovolcan situé au centre du Mexique. C'est la troisième plus haute montagne du pays (5 215 m), après le pic d'Orizaba (5 675 m) et le Popocatepetl (5 452 m), et l'un des éléments centraux du parc national Iztaccíhuatl-Popocatépetl. Son nom vient du nahuatl pour « femme blanche » (iztac, « blanc/blanche », et cíhuatl, « femme »)[2].

Iztaccíhuatl
L'Iztaccíhuatl en 2004
L'Iztaccíhuatl en 2004
Géographie
Altitude 5 215 m
Massif Cordillère Néovolcanique
Coordonnées 19° 10′ 44″ nord, 98° 38′ 31″ ouest
Administration
Pays Drapeau du Mexique Mexique
États Mexico, Puebla
Ascension
Première 1889 par James de Salis
Géologie
Roches Andésite, dacite, rhyolite, basalte, trachyandésite
Type Volcan de subduction
Morphologie Stratovolcan
Activité Endormi
Dernière éruption Inconnue
Code GVP 341082
Observatoire Aucun
Géolocalisation sur la carte : Mexique
(Voir situation sur carte : Mexique)
Iztaccíhuatl
Géolocalisation sur la carte : État de Mexico
(Voir situation sur carte : État de Mexico)
Iztaccíhuatl
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Iztaccíhuatl

Géographie

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Iztaccíhuatl et Popocatepetl, Mexique.

Cette montagne possède quatre pics, le plus élevé culmine à 5 215 m d'altitude. Ils représenteraient la tête, la poitrine, les genoux et les pieds d'une femme endormie[3]. L'Iztaccíhuatl est à peine à 70 km de Mexico, d'où le sommet est visible quand les conditions météorologiques s'y prêtent. Souvent évalué à 5 282 mètres d'altitude, une étude de 2019 validée par l'Institut national de statistique et géographie (INEGI) calcule l'altitude précise de la plus haute des trois cimes du sommet à 5 215,128 mètres.

La première ascension dont on est sûr date de 1889, mais des traces archéologiques suggèrent que des peuples précolombiens avaient déjà dû l'escalader auparavant.

L'Iztaccíhuatl est au nord du Popocatepetl, et les deux sont reliés par le col de Cortés.

Géologie

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Le volcan est constitué d'une série de cônes imbriqués alignés selon un axe nord-nord-ouest – sud-sud-est, situés au sud de la caldeira de Llano Grande qui date du Pléistocène. La crête sommitale du volcan représente un volume de 430 km3.

Une activité volcanique de nature andésitique et dacitique s'est manifestée à partir d'évents situés près du sommet au cours de l'Holocène et du Pléistocène. Les zones proches de l'évent sommital sont recouvertes de couches de tufs et de coulées issues d'une éruption survenue il y a environ 11 000 ans. Les évents les plus récents se trouvent au sommet ainsi que dans une dépression située à 5 100 m d'altitude le long de la crête sommitale, à mi-chemin entre El Pecho et Los Pies.

La ceinture volcanique transmexicaine trouve son origine dans un système de fractures orthogonales. Dans sa partie centrale, la configuration du relief résulte initialement de la formation d'une faille majeure à la fin du Tertiaire (un processus qui s'est poursuivi au Quaternaire), créant un dénivelé de 1 000 m entre le plateau du Nord et la dépression du Balsas (es), au sud. Cette fracturation massive et relativement récente, associée à l'activité volcanique, a entraîné la formation de plusieurs lacs au cours du Pliocène et du Pléistocène, la structure du relief, la répartition des réseaux hydrographiques ainsi que les caractéristiques climatiques de part et d'autre de la ceinture volcanique. L'émergence progressive des volcans a ainsi créé une vaste barrière naturelle traversant le pays, bloquant l'écoulement des eaux de la région centrale vers l'océan Pacifique.

L'activité volcanique la plus ancienne dans la région du bassin de Mexico remonte au milieu de l'Oligocène supérieur (il y a environ 30 millions d'années) et marque la genèse de la Sierra Nevada. Ce processus — désigné sous le nom de formation de Xochitepec — a impliqué l'accumulation de produits volcaniques sur une période d'environ 20 millions d'années, donnant lieu à des strates d'une épaisseur considérable et à de vastes affleurements en surface qui s'étendent jusqu'aux sommets aplanis situés au nord-est de l'Iztaccíhuatl.

La topographie actuelle est essentiellement façonnée par l'activité volcanique et les coulées de lave de l'ère tertiaire. La chaîne de montagnes a acquis sa forme et son développement actuels grâce à la superposition répétée de systèmes volcaniques successifs ; ceux-ci associent des coulées andésitiques issues de grands cônes volcaniques — caractérisés par leur explosivité — à d'abondantes coulées de lave basaltique provenant de volcans de moindre taille. En conséquence, des dépôts de matériaux clastiques andésitiques alternent, dans certaines régions, avec des formations basaltiques de type malpaís (des terrains basaltiques au relief accidenté).

Le Quaternaire (d'il y a deux millions d'années à nos jours) est marqué par des mouvements tectoniques associés à la fracture de Clarion. Ces mouvements, conjugués à un climat pluvieux et au développement de glaciers, ont provoqué une érosion intense des hautes terres ainsi que le dépôt de matériaux alluviaux, lacustres et fluviaux dans les basses terres ; l'ensemble de ces dépôts est désigné sous le nom de « Formation alluviale clastique du Quaternaire ». Le paysage a été profondément modifié par ces changements : le ruissellement de surface a creusé de profonds ravins, tandis que les mouvements tectoniques ont engendré des fractures à l'origine de nombreux volcans et coulées de lave, formant des accumulations atteignant une épaisseur de 2 000 m, voire davantage. Les premiers mouvements le long de la fracture de Clarion ont donné naissance aux volcans Iztaccíhuatl et Ventorrillo, ce dernier étant le précurseur de l'actuel Popocatepetl. Ces structures sont constituées de laves andésitiques porphyriques à pyroxène. Les coulées supérieures de ces édifices volcaniques sont composées d'andésite à hornblende de teinte rosée ; l'épaisseur et la disposition structurelle des coulées varient en fonction de la topographie sous-jacente. Des coulées dacitiques et rhyodacitiques constituent l'unité du Popocatepetl, bien que sa base soit recouverte de cônes alluviaux atteignant une épaisseur considérable dans la partie sud.

L'Iztaccíhuatl présente une activité sismique et ne doit donc pas être qualifié de volcan dormant ou éteint. Il figure d'ailleurs sur la liste des volcans actifs du Mexique[4]. En 2026, une étude gravimétrique révèle la présence de deux chambres magmatiques sous le volcan, l'une au nord et l'autre au sud de la caldeira du Llano[5].

Dans la mythologie aztèque

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Dans la mythologie aztèque, Iztaccíhuatl était une princesse qui tomba amoureuse d'un soldat de son père le roi. Le souverain envoya ce militaire guerroyer dans l'État d'Oaxaca, lui promettant sa fille comme épouse s'il revenait victorieux de l'expédition (ce que le roi ne désirait pas). On raconta à la princesse Iztaccíhuatl que son amant était mort, mais son chagrin fut si grand qu'elle y laissa la vie. Or le valeureux guerrier s'acquitta avec succès de sa mission, et c'est en rentrant qu'il apprit la mort de la princesse. Ne supportant pas la perte de sa promise, il succomba à son tour. Les dieux les recouvrirent alors de neige et les changèrent en montagnes. Celle d'Iztaccíhuatl fut nommée « femme blanche » parce qu'elle ressemblait à une femme allongée sur le dos. Quant à lui, il devint le volcan Popocatepetl, faisant pleuvoir du feu sur la Terre en signe de rage, après la disparition de sa bien-aimée.

Notes et références

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  1. ↑ GeoNames Search, National Geospatial-Intelligence Agency
  2. ↑ Iztac, Gran Diccionario Nahuatl
  3. ↑ (es) « Volcán Iztaccíhuatl - Información y Características - Geografía » (consulté le )
  4. ↑ (es) Emir Olivares Alonso, « Hay de 14 a 18 volcanes activos en México », sur La Jornada de la UNAM, (consulté le ).
  5. ↑ (en) Román Alvarez et Miguel Camacho-Ascanio, « Two magmatic chambers beneath Iztaccíhuatl volcano revealed by 3D gravity modeling », Academia Earth and Planetary Science, vol. 1, no 2,‎ (DOI 10.20935/AcadEPS8344).

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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