Jéroboam (bouteille)
Le jéroboam est une bouteille en verre conçue pour contenir, suivant les régions de production, l'équivalent de quatre, ou bien de six et deux tiers bouteilles de 75 cL (soit 3 L ; ou bien 5 L, proche du réhoboam de 4,5 L).

Cuvée Camille Cayran de la cave de Cairanne.
Dans le Bordelais, on nomme jéroboams les bouteilles d'une contenance de cinq litres. En Champagne et en Bourgogne, le jéroboam n'en contient que trois. Dans ce dernier cas, on pourra aussi le nommer double magnum.
Historique
modifierCe nom vient de deux rois d'Israël, Jéroboam Ier et Jéroboam II, qui régnèrent au premier millénaire avant Jésus-Christ. Pierre Mitchell, l'industriel de la verrerie royale de Bordeaux, est le créateur du Jéroboam, ainsi nommé par les Bordelais en 1725[1].
Fabrication
modifierLongtemps, la fabrication d'une bouteille de ce volume fut la spécialité des verriers italiens. Depuis les années 1990, ce marché est partagé entre Verallia (anciennement filiale de Saint-Gobain) et Saverglass qui ont installé leurs unités de fabrication à Oiry et à Feuquières.
Lors de la première cuisson, cette bouteille subit d'énormes tensions entre sa partie intérieure et sa partie extérieure. Pour les éliminer, elle subit d'abord une seconde cuisson puis chaque flacon est testé individuellement[2].
De plus, il y a encore de nos jours régulièrement quelques modifications sur les capsules de champagne provenant de jéroboams, les rendant particulières à ce format de bouteille et donc les différenciant de celles des bouteilles classiques.
Commercialisation
modifierEn 1982, un jéroboam Château Mouton Rothschild 1929 part aux enchères pour $13.000, alors un record dans le monde du vin[3].
En 2010, un voyageur transitant à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle achète en précipitation un jéroboam de romanée-conti 1986 pour 25.000 euros, un nouveau record[4].
Certains brasseurs embouteillent leur bière dans des jéroboams pour rendre leur produit plus exclusif[5].
Coutumes
modifierFormule 1
modifierDepuis sa première édition (1950), le championnat du monde de Formule 1 est sponsorisé par Moët & Chandon, et un jéroboam est offert au vainqueur. En 1966, Joseph Siffert fait accidentellement gicler le contenu de son jéroboam sur le public, un geste répété volontairement par le vainqueur de l'année suivante Dan Gurney, et qui s'est transformé en tradition dans le monde de la course automobile[6].
Inauguration de bâteau
modifierUne tradition veut qu'à sa mise à l'eau, un bâteau est inauguré en fracassant une bouteille de champagne pleine contre sa coque. Si la bouteille ne se casse pas, cela indique un mauvais présage pour le bâteau (cas du Queen Victoria). Pour éviter cela, l'utilisation d'un jéroboam est recommandé, car plus une bouteille est grande, plus il y a de chances de trouver des défauts dans la structure du verre (ex: bulles d'air)[7].
Galerie
modifierNotes et références
modifier- ↑ « Histoire des Objets - Les Objets - Bouteille Bordeaux », sur Musée des Boissons et de la Sommellerie
- ↑ Flacons de grand volume
- ↑ (en) « A jeroboam of 1929 Chateau Mouton-Rothschild fetched a record-breaking... », UPI, (lire en ligne)
- ↑ « La passagère n'aura pas attendu son avion ... en vin », sur ladepeche.fr, (consulté le )
- ↑ Sylvie Leboulenger, « Les petites bières montent en pression », LSA, (lire en ligne)
- ↑ « Sponsor de la 1ère course de F1 », sur maisons-champagne.com (consulté le )
- ↑ (en-GB) « How to break a bottle on a ship », news.bbc.co.uk, (lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- OIV, Lexique de la vigne et du vin, Édition en sept langues, Paris, 1963.
- Frank Schoonmaker, Le livre d'or du vin, Éd. André Gérard. Marabout, 1972, Verviers.