Jaén (Espagne)
Jaén est une commune espagnole, capitale de la province homonyme, au nord-est de l'Andalousie. Sa population, estimée en 2009 à 116 557 habitants, représente environ un sixième de la population totale de la province. La ville est encadrée par l'aire métropolitaine de Jaén, dont elle fait partie, et qui compte un tiers de la population totale de la province de Jaén. Elle est considérée par certains comme la ville la plus ancienne d'Europe : c'est ainsi que sa municipalité la présente dans sa communication touristique[1].
| Jaén | ||||
Héraldique |
Drapeau |
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Vue du quartier d'expansion nord de la ville de Jaén | ||||
| Administration | ||||
|---|---|---|---|---|
| Pays | ||||
| Statut | Commune | |||
| Communauté autonome | Andalousie | |||
| Province | Jaén | |||
| Comarque | Comarque urbaine de Jaén | |||
| District judic. | Jaén | |||
| Maire Mandat |
Julio Millán (es) (PSOE) 2024–2027 |
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| Code postal | 23001–23009 | |||
| Démographie | ||||
| Gentilé | (es) Jiennense, Jienense, Giennense, Gienense, Jaenero/a, Jaenés/esa, Aurgitano/a | |||
| Population | 112 235 hab. () | |||
| Densité | 265 hab./km2 | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 37° 46′ 00″ nord, 3° 46′ 59″ ouest | |||
| Altitude | 537 m |
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| Superficie | 42 430 ha = 424,30 km2 | |||
| Distance de Madrid | 335 km | |||
| Divers | ||||
| Saint patron | San Lucas | |||
| Localisation | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Espagne
Géolocalisation sur la carte : Espagne
Géolocalisation sur la carte : Andalousie
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| Liens | ||||
| Site web | www.aytojaen.es | |||
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Malgré le titre auto-proclamé de « capitale mondiale de l'huile d'olive », l'activité économique de la ville est basée sur plusieurs secteurs, comme les services, l'administration, l'industrie agroalimentaire, le bâtiment et un tourisme culturel naissant.
La ville de Jaén se dresse au pied de la colline Sainte-Catherine, et reste très marquée par l'urbanisme médiéval : placettes et ruelles au tracé irrégulier s'adaptant au caractère fortement pentu du site définissent l'aspect du centre historique. La cité est d'ailleurs dominée par la silhouette de la forteresse médiévale bâtie au sommet de la colline. Jaén se situe au sein d'une région aux terres fertiles, traversées par le fleuve Guadalquivir. Vers le sud et le sud-est se trouvent la sierra de Jaén et le mont Jabalcuz qui enserrent la ville. Au nord de la ville s'étend la vallée du Guadalbullón, rivière qui passe à proximité de la ville.
Toponymie
modifierSelon une hypothèse plausible quant à l'étymologie de ce toponyme, il viendrait du nom latin villa Gaiena, la ville de Gaius (colon romain), à travers la forme arabe Jayyān qui était en usage durant la période musulmane[2]. Il est important cependant de rappeler que le nom sous lequel était connu la ville sous le califat de Cordoue est Hadira[3].
Géographie
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| Nord-ouest : Cazalilla | Nord : Mengíbar y Villatorres | Nord-est : Begíjar |
| Ouest : Fuerte del Rey, Torredelcampo | Est : Mancha Real, La Guardia de Jaén, Pegalajar | |
| Sud-ouest : Los Villares | Sud : Valdepeñas de Jaén | Sud-est : Campillo de Arenas |
Relief
modifierLe site de Jaén fait qu'une sensible différence d'altitude existe entre les quartiers, ainsi le quartier de Las Lagunillas se situe à 420 m d'altitude et le Château de Sainte-Catherine à 815 m. Ces différences sont accentuées du fait de l'étendue de la commune : l'altitude y varie de 200 m dans le quartier de Las Infantas jusqu'à 1 872 m à La Pandera, au Sud.
Climat
modifierLe climat est un climat méditerranéen continental : froid en hiver, avec des minimales atteignant jusqu'à 3 °C, avec des gelées abondantes ; et chaud en été, avec des températures atteignant 40 °C. L'oscillation thermique est importante durant toute l'année, dépassant parfois les 20 °C en une journée. Les pluies, très peu abondantes en été, sont concentrées durant les mois hivernaux, vers la fin de l'automne ainsi qu'au début du printemps.
| 1931-1980 | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre | Moy. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Temp. max. moy. (°C) | 12 | 13,8 | 16,6 | 19,9 | 24,1 | 29,9 | 34,5 | 34 | 29,3 | 22,5 | 16,5 | 12,5 | 22,1 |
| Temp. min. moy. (°C) | 4,7 | 5,6 | 7,3 | 9,5 | 12,8 | 16,9 | 20,5 | 20,5 | 17,6 | 12,8 | 8,3 | 5,2 | 11,8 |
| Précipitations (mm) | 75 | 80 | 83 | 61 | 49 | 20 | 4 | 5 | 28 | 54 | 57 | 76 | 49 |
Histoire
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Préhistoire
modifierLes lointaines origines de Jaén remontent, si nous nous en tenons[Qui ?] à l'archéologie, à l'époque chalcolithique[4]. Le gisement de Marroquíes Bajos, le plus remarquable de tous ceux qui entourent la ville, révèle[5] un macro-village, qui atteint son apogée 2500 ans av. J.-C., organisé en 5 cercles concentriques[6], avec un système de murailles[7], de palissades et de fossés d'eau dans chacun de ces cercles[8], et une surface qui oscille entre 120 hectares certains et 270 probables. Ce village est mis en relation avec la légende de l'Atlantide, en raison de sa concentricité comparable à la description de Platon dans le Critias[9],[10],[11].
Des restes archéologiques trouvés au mont Sainte-Catherine, dans le Caño Quebrado et les Marroquíes Bajos, l'actuelle rue de Cristo Rey[12], lient les premières installations à la culture de El Argar avant le IIe millénaire av. J.C. Aux alentours abondent les peintures rupestres, incluant des restes d'architecture mégalithique[13],[14].
Antiquité
modifierDurant la période protohistorique se détache la colline de la Plaza de Armas de Puente Tablas, un oppidum ibérique (population vivant sur un plateau fortement fortifié) de Puente Tablas, abandonné avant les Guerres puniques. Les excavations réalisées dans cette enclave ont déterminé l'existence d'un mur échelonné, avec des tours avancées faites de grandes pierres de taille, ce qui a donné son nom de place d'armes. Il y a eu d'importantes découvertes de céramiques à bord brisé et tourné datant de la fin du Ve siècle à la fin du IVe siècle av. J.-C. Le lieu ne s'est pas romanisé, et il y a même des restes de cultures tartésienne et médiévale. Les restes archéologiques témoignent également de présence ibérique dans le voisinage du château de Sainte-Catherine.
Située à un point de passage stratégique, Jaén a très tôt des Phéniciens et des Grecs comme habitants, et donc comme protagonistes historiques. La conquête carthaginoise du Guadalquivir aurait commencé en et se serait prolongée jusqu'en 231. La conséquence immédiate de cette présence fut la prompte exploitation des gisements de minerais de la sierra Morena. D'emblée, Jaén est devenue pour Hannibal et les Carthaginois une place forte, dont la population accrue devint plus forte et plus riche, jusqu'à en terroriser les Romains.
Vers , la ville est prise aux Carthaginois par Scipion l'Asiatique. Tite-Live la décrit comme une ville opulente, recevant divers noms : Auringe, Elinga, Advinge, Nijis, Orongis.
Ce n'était pas une ville très grande. Elle s'érigeait autour du torrent de la Madeleine, cœur de la ville antique, et peu de restes urbains nous sont restés : à peine quelques mosaïques au sein du Musée de Jaén. Il y a également des vestiges de cette époque au sein du gisement de Marroquíes Bajos[15].
Moyen Âge
modifierXIXe siècle
modifierCombat de Jaén, le durant l'expédition d'Espagne.
La Linares Lead Mining Company est fondée dès par des industriels britanniques des mines de plomb du nord de l'Angleterre, à Jaén, mais elle est confrontée à ses débuts à des problèmes de minerai, d'énergie et de transport. Elle a été précédée de deux ans par une Sté[Quoi ?] des Linares Lead Mining Company, française.
Période contemporaine
modifierPendant la guerre d'Espagne, tant dans la ville que dans le reste de la province, les collectivisations se sont succédé ; celles de la « collectivité de Las Infantas », gérée à la fois par l'UGT et la CNT, revêtent une importance particulière ; de même, le cinéma Asuán, disparu depuis lors, est collectivisé par le syndicat anarchiste[16].
La transition et l'avènement de la démocratie donnent un nouvel élan au développement de la ville. Depuis lors, la politique municipale a connu des fluctuations entre les principaux partis, tant au sein du gouvernement municipal que parmi les représentants des citoyens au sein des différentes administrations. L'un des événements historiques les plus marquants est l'attentat terroriste à la bombe perpétré par l'ETA au château en [17]. En , un ruban bleu de plus de 1 000 m est suspendu depuis les tours du château lui-même[18],[19].
Politique et administration
modifierLa ville de Jaén compte 113 457 habitants aux élections municipales du . Son conseil municipal (en espagnol : Pleno del Ayuntamiento) se compose donc de 27 élus.
Maires
modifier| Mandat | Maire | Parti | Majorité | |
|---|---|---|---|---|
| 1979-1983 | Emilio Arroyo López (es) | PSOE | ||
| 1983-1987 | Emilio Arroyo López José María de la Torre Colmenero (es) (1986) |
PSOE | ||
| 1987-1991 | José María de la Torre Colmenero | PSOE | ||
| Alfonso Sánchez Herrera (es) | AP | |||
| 1991-1995 | José María de la Torre Colmenero | PSOE | ||
| 1995-1999 | Alfonso Sánchez Herrera | PP | ||
| 1999-2003 | Miguel Sánchez de Alcázar (es) | PP | ||
| 2003-2007 | Miguel Sánchez de Alcázar | PP | ||
| 2007-2011 | Carmen Peñalver | PSOE | ||
| 2011-2015 | José Enrique Fernández de Moya | PP | ||
| 2015-2019 | José Enrique Fernández de Moya Francisco Javier Márquez Sánchez (es) (11/2015) |
PP | ||
| 2019-2023 | Julio Millán (es) | PSOE | ||
| 2023-2027 | Agustín González | PP | ||
| Julio Millán | PSOE | |||
Transports
modifierLa ville possède un réseau de tramways, inauguré en , mais jamais mis en service.
Culture
modifierMonuments
modifierDe par son histoire, la ville étant de fondation ancienne, il est possible de voir des bâtiments de toutes périodes. Par exemple :
- Le château : structure qui surplombe la ville, fondé par Hannibal sur une tour, il y eut des apports successifs, le vieux château où le roi habitait est fondé par Mohammed ben Nazar, la tour par Ferdinand III de Castille ;
- Les bains arabes, parmi les plus importants d'Europe, sont créés par Abd al-Rahman II ;
- Le palais de Villardompardo de la fin du XVIe siècle, construit par le vice-roi du Pérou Fernando Torres y Portugal, est aujourd'hui[Quand ?] musée des arts populaires, et celui des arts naïfs ;
- Les restes de la muraille qui ceinturait la ville avec ses douze portes ;
- Le palais provincial qui est la résidence de Ferdinand III de Castille ;
- Le monument commémoratif des batailles de Las Navas de Tolosa et de Bailén ;
- Le château de Otinar qui recèle des trésors archéologiques avec des peintures rupestres, un dolmen, des ruines de l'âge du bronze et une forteresse médiévale ;
- La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption en voie de classement au patrimoine mondial de l'UNESCO, de conception Renaissance en grande partie l'œuvre de Andrés de Vandelvira ;
- L'église Saint-André, ancienne synagogue, sur une base wisigothique ;
- L'église du Christ-Roi, siège de la Fraternité du Silence ;
- Le couvent royal de Saint-Dominique, auparavant un collège et à présent le siège des archives ;
- Le quartier juif avec une atmosphère médiévale ;
- L'hôpital de Saint-Jean de Dieu qui est la réunion de deux anciennes bâtisses du XVIe siècle ;
- L'ancienne université ;
- Le palacio de los Vilches, construit vers 1600-1605.
Personnalités liées
modifier- Francisco Hidalgo (1929-2009), dessinateur et photographe ;
- Fausto Olivares (1940-1995), peintre ;
- Enrique García-Berro (1959-2017), astrophysicien ;
- Manuel Ángeles Ortiz (1895-1984), peintre ;
- Rosario Pardo (1959-), actrice et écrivaine ;
- Joan Josep Laguarda i Fenollera (1866-1913), coprince d'Andorre de 1902 à 1906, évêque de Jaén de 1906 à 1909, puis de Barcelone de 1909 à sa mort.
Notes et références
modifier- ↑ (es) « La ciudad será promocionada como “la más antigua de Europa” », sur andaluciainformacion.es (consulté le ).
- ↑ (es) Eduardo José Jacinto García, « La toponimia de Jaén en las fuentes árabes medievales: Aproxomación lingüística » [PDF], Université de Jaén.
- ↑ (es) Cano García, Gabriel: Divisiones territoriales y comarcalizaciones en Andalucía. Pasado y presente, dans Geografía de Andalucía. volume VII, Ed. Tartessos, Cádiz, 1990, (ISBN 84-7663-012-3), p. 32.
- ↑ (es) « Hallada en Jaén una muralla calcolítica de 4.000 años », sur andaluciainformacion.es (consulté le ).
- ↑ (es) « Zona arqueológica de Marroquíes Bajos », sur arqueomas.com.
- ↑ (es) « Nuevos datos sobre la zona arqueológica de Marroquíes Bajos : el Quinto Foso. »
- ↑ (es) « Arturo Ruiz : « La muralla de Marroquíes es espectacular » », sur ideal.es.
- ↑ (es) « La paleomorfología de Marroquíes Bajos.Primeras propuestas » [PDF], sur www.ujaen.es.
- ↑ (es) « Tartessos o la Atlántida. Científicos del CSIC buscan sus restos en Andalucía », sur globedia.com
- ↑ (es) « Descubren símbolo de la ciudad de Atlantis en primitiva cerámica de Jaén, Andalucía », sur culturaclasica.com.
- ↑ (es) « The old Jaén, a prehistoric city of Andalucía similat to the Atlantis of Plato » [PDF], sur antiquos.com.
- ↑ (es) « Cristo Rey », sur guiasemanasanta.com.
- ↑ (es) « Restos arqueológicos esperan bajo tierra las inversiones que los sacarán a luz », sur canalpatrimonio.com
- ↑ (es) « Jaén, Marroquíes Bajos alumbra una basílica paleocristiana », sur ideal.es.
- ↑ (es) « Esculturas romanas », sur iberos.info.
- ↑ (es) Luis Miguel Sánchez Tostado, « La guerra civil en Jaén », sancheztostado.com (consulté le ).
- ↑ (es) Carmen del Arco; Jorge A. Rodríguez, « ETA coloca en el parador de Jaén su cuarta bomba contra objetivos turísticos en Andalucía », elpais.com, (consulté le ), « Una fiambrera con 250 gramos de amonal hizo explosión a las 9:30 de ayer en el parador de turismo de Jaén causando únicamente daños de escasa consideración en el edificio. ».
- ↑ (es) Rosa López, « Felgueroso alaba a los compañeros de Ortega encerrados hace 85 días », elpais.com, (consulté le ), La plataforma Jaén por la Paz confeccionó ayer un lazo azul de 1074 m que se colgará el próximo miércoles en el castillo de esta ciudad, al término de una manifestación..
- ↑ (es) ABC, « Incendiado el lazo azul de un kilómetro de longitud colgado en Jaén contra el terrorismo », (consulté le ).
- ↑ (es) Ministère de la Politique territoriale, « Alcaldes y Concejales », sur mpt.gob.es (consulté le ).
- ↑ (es) Ministère de l'Intérieur, « Mapa Electoral », sur infoelectoral.interior.gob.es (consulté le ).
Annexes
modifierBibliographie
modifier- (es) Juan José Cánovas Balboa et Ricardo Martínez López, Medio ambiente urbano en Jaén: La ciudad y su entorno, Asociación deportiva «Montañeros Jabalcuz», Diputación de Jaén y Caja de Jaén: Obra Socio Cultural, (OCLC 433354352), p. 141.
- (es) Andrés Cárdenas Muñoz, Jaén, la mirada de un siglo: 1900-1997, Diario Ideal Jaén, (OCLC 431835704).
- (es) Luis Coronas Tejada, Los judíos en Jaén, Universidad de Jaén: Diputación Provincial de Jaén, (OCLC 312014394).
- (es) Chueca García Fernando, « El Jaén desaparecido », Boletín del Instituto de Estudios Giennenses, vol. 1, no 153, , p. 279-282 (ISSN 0561-3590, OCLC 695313323, lire en ligne).
- (es) Fernando Chueca Goitia, « Alegoría de Jaén », Boletín del Instituto de Estudios Giennenses, no 185, , p. 95-98 (ISSN 0561-3590, OCLC 695308806, lire en ligne).
- (es) Jaén Diario, Diario Jaén. Periódico del Santo Reino, Medios de Comunicación Social del Estado. Jaén, 1977-1983 (OCLC 436570809).
- (es) Jaén Diario, Jaén (Publicada bajo el mismo título entre 1941-1977), Medios de Comunicación Social del Estado. Jaén, (OCLC 436609360).
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative à la géographie :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :