Jacqueline Ferrand
Jacqueline Ferrand, née le à Alès (département du Gard)[1], morte le à Sceaux (département des Hauts-de-Seine)[2], est une mathématicienne française spécialiste de la représentation conforme, de la théorie du potentiel et des variétés riemanniennes. Elle est mariée avec le mathématicien Pierre Lelong de 1947 à leur divorce en 1976, période pendant laquelle elle utilisera le nom de Jacqueline Lelong-Ferrand. Elle est l'une des premières femmes agrégées de mathématiques en France[3].
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Marie Odile Jacqueline Ferrand |
| Nationalité | |
| Formation |
École normale supérieure (- Université de Paris (doctorat) (jusqu'en ) |
| Activités | |
| Conjoint |
Pierre Lelong (de à ) |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Directeur de thèse | |
| Distinctions |
Biographie
modifierMarie Odile Jacqueline Ferrand est issue d'une famille d'enseignants originaires du Gard.
Son père, Paul Ferrand, né en 1874 à Bagnols-sur-Cèze (département du Gard), est enseignant au lycée Alphonse-Daudet de Nîmes. En 1908, il est reçu, le dix-neuvième et dernier, à l'agrégation de lettres[4]. En 1909, il épouse, à Alès, Jeanne Chambon[5]. Durant la Grande Guerre, il est mobilisé au sein de la 20e section de secrétaires d'État-major[6].
En 1936, Jacqueline Ferrand est reçue au sein de la promotion scientifique de l'École normale supérieure[7]. En 1939, elle est reçue, la première ex æquo avec Roger Apéry, à l'agrégation de mathématiques[8].
Entre 1939 et 1943, Jacqueline Ferrand est agrégée préparatrice à l'École normale supérieure de Sèvres, où elle est chargée notamment de développer l'enseignement des mathématiques et de l'amener au même niveau que celui des garçons. Elle soutient une thèse d'État en 1942[9], sous la direction d'Arnaud Denjoy, en deux parties intitulées « Étude de la correspondance entre les frontières dans la représentation conforme » et « Étude de la représentation conforme au voisinage de la frontière ».
Elle devient alors chargée de cours à l'université de Bordeaux en 1943, puis professeure à Caen en 1945, à Lille en 1948, et à la Faculté des sciences de Paris (puis à l'université Pierre-et-Marie-Curie) de 1956 jusqu'à sa retraite en 1984. Elle se marie avec Pierre Lelong en 1947 et aura quatre enfants ; le couple divorce en 1975[10].
Travaux mathématiques
modifierJacqueline Ferrand travaille principalement en analyse et en géométrie. Ses travaux concernent successivement les représentations conformes, les fonctions préholomorphes, les actions de groupes, la géométrie riemannienne, les transformations quasi-conformes et les structures géométriques de type fini. Ses travaux sont spécialement reconnus en 1942 au moment de sa thèse, en 1969 lorsqu'elle découvre l'invariant dit de Ferrand en lien avec l'utilisation des transformations conformes par André Lichnerowicz. En 1996, alors qu'elle a près de quatre-vingts ans, elle démontre le théorème qui répond à une question de Lichnerowicz. Son œuvre comprend près de 100 publications et 10 livres[11].
Ouvrages d'enseignement des mathématiques
modifierAu moment où elle est mère de quatre enfants jeunes, nés en 1949, 1951, 1952 et 1958, son activité mathématique est moins importante. Elle rédige une série de cours de premier cycle, qui deviendront des livres (éditions Armand Colin en 1964 et Dunod en 1967). Elle publie un cours de géométrie différentielle en 1963 (éditions Masson). Dans les années 1970, elle publie avec Jean-Marie Arnaudiès une série d'ouvrages qui couvrent le programme de mathématiques des deux premières années d'études universitaires (éditions Dunod)[12].
Distinctions
modifier- 1943 : Prix de la Fondation Girbal-Baral de l'Académie des sciences
- 1946 : Prix de la fondation Peccot du Collège de France
- 1974 : Prix Servant de l'Académie des sciences
Le prix Jacqueline-Ferrand, créé en 2018 par la Société mathématique de France pour « récompenser une opération pédagogique innovante dans le domaine des mathématiques », lui rend hommage.
Notes et références
modifier- ↑ Archives départementales du Gard, « État civil d'Alès, registre des naissances de 1918, acte n°59, vue 17 / 144, 5E 7278 »
, sur https://archives.gard.fr (consulté le ) - ↑ Association des anciens élèves, élèves et amis de l’École normale supérieure, « FERRAND Jacqueline - 1936 s | a-Ulm »
, sur www.archicubes.ens.fr (consulté le ) - ↑ Les mathématiques et l’enseignement féminin en France.
- ↑ André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 »
, sur https://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le ) - ↑ Archives départementales du Gard, « État civil d'Alès, registre des mariages de 1909, acte n°234, vue 240 / 247, 5E7299 »
, sur https://archives.gard.fr (consulté le ) - ↑ Archives départementales du Gard, « Registre des matricules militaires, bureau de recrutement d'Alès, classe 1894, matricule n°1378, 1 R 812 »
, sur https://archives.gard.fr (consulté le ) - ↑ Lucienne. Bibliothèque numérique de l'E.N.S. - P.S.L., « École normale supérieure. Promotion de 1936 »
, sur https://lucienne.ens.psl.eu (consulté le ) - ↑ André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 »
, sur https://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le ) - ↑ SUDOC 018380905
- ↑ « FERRAND Jacqueline - 1936 s », Association des anciens élèves, élèves et amis de l’École normale supérieure.
- ↑ (en) « Jacqueline Ferrand », dans Biographies of Women Mathematicians, Agnes Scott College (lire en ligne).
- ↑ Pierre Pansu, « Jacqueline Ferrand et son œuvre », Gazette de la SMF, no 141, , p. 119-126 (lire en ligne).
Liens externes
modifier- Ressource relative à la recherche :
- Serge Mehl, « Ferrand (ou Lelong-Ferrand) Jacqueline, française, 1918-2014 », sur ChronoMath
- « FERRAND Jacqueline - 1936 s », sur Mémoire normalienne de l’Association des anciens élèves, élèves et amis de l’École normale supérieure