Jacques Gagnot

(1753-1794) père carme martyr de la révolution française, béatifié

Jacques Gagnot, né le , est un prêtre de l'ordre des Carmes déchaux de la maison de Nancy. Lors de la Révolution, il est arrêté et condamné à être déporté en Guyane. Incarcéré sur un navire aux pontons de Rochefort, il meurt le sur l'île Madame. Il est béatifié par Jean-Paul II le .

Jacques Gagnot
Image illustrative de l’article Jacques Gagnot
Bienheureux
Date de naissance
Lieu de naissance Nancy
Date de décès (à 41 ans)
Lieu de décès Pontons de Rochefort
Autres noms père Hubert de Saint-Claude
Nationalité Drapeau de la FranceFrançais
Ordre religieux carmes déchaux
Béatification
par Jean-Paul II
Vénéré par Église catholique romaine, Ordre du Carmel
Fête 10 septembre ou 18 août

Biographie

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Jacques Gagnot est né à Frolais le [1]. Il est prêtre et carme à la maison de Nancy (connu sous le nom de père Hubert de Saint-Claude).

En 1790, le gouvernement en place sous la Révolution a peur que les prêtres ne soient plus obéissants au Pape qu'au nouvel état constitutionnel. Il exige donc des prêtres qu’ils prêtent serment de fidélité à la constitution civile du clergé. En 1792, à la suite de la chute de la monarchie et l'avênement de la Première République, les instances révolutionnaires durcissent leur attitude envers les prêtres qui refusent de prêter serment (part importante du clergé), et décident de déporter en Guyane une bonne partie des réfractaires appréhendés.

Les forces de police acheminent vers le port de Rochefort 829 prêtres et religieux réfractaires. Après un certain temps de détention, on embarque les prisonniers sur deux anciens navires négriers ayant servi pour la traite des esclaves. Ce sont les pontons de Rochefort.

À cette période, les Anglais effectuent un blocus des côtes françaises, et personne n'envisage sérieusement de réaliser le voyage prévu jusqu'en Guyane. Les deux navires restent donc à quai, près de l'île d'Aix, au large de l'estuaire de la Charente. À bord des pontons, les conditions de vie sont intenables : entassement, nourriture infecte, habits pleins de poux, épidémie de typhus, interdiction de parler latin et même de prier[2].

Croix de galets sur l'île Madame.

Face à l'hécatombe des prisonniers, les autorités décident, en , de débarquer les plus malades sur l'île Madame où a été aménagé un petit hôpital. Jacques Gagnot, d'abord déporté sur le navire les Deux Associés, fait partie du lot. Mais c'est trop tard pour lui, il meurt le [3] et il est enterré sur l'île Madame[4].

Au total, près de 550 prêtres et religieux (soit les 2/3 des personnes incarcérées) vont périr sur ces navires[5].

Jacques Gagnot a été béatifié comme martyr de la foi, le , par le pape Jean-Paul II, avec 63 autres prêtres et religieux martyrs eux aussi sous la Révolution française en 1794-1795[3].

Depuis 1910, chaque deuxième quinzaine d'août, a lieu un pèlerinage en souvenir des prêtres déportés[6].

Fête liturgique

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La fête liturgique dans l’Église catholique est fixée le jour de son décès, mais dans l'Ordre du Carmel, il est fêté le , en même temps que Jean-Baptiste Duverneuil et Michel-Louis Brulard, eux aussi carmes déchaux, morts en martyrs sur les pontons de Rochefort. Dans l'Ordre du Carmel, sa fête est célébrée avec rang de mémoire facultative[7].

Notes et références

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  1. Claude, « Jacques-gagnot », sur martyretsaint.com, Martyrs et Saints, (consulté le )
  2. Claude, « Martyrs des "Pontons de Rochefort" », sur martyretsaint.com, Martyrs et Saints, (consulté le )
  3. 1 2 « Bienheureux Jacques Gagnot », sur nominis.cef.fr, Nominis (consulté le )
  4. fmonvoisin, « Les Carmes Martyrs de Rochefort », sur imagessaintes.canalblog.com, Martyrs et Saints, (consulté le )
  5. Paulette Leblanc, « Les pontons de Rochefort », sur nouvl.evangelisation.free.fr (consulté le )
  6. « Île Madame », sur catholiques17.fr, Diocèse de La Rochelle (consulté le )
  7. Les heures du Carmel (trad. du latin), Lavaur, Éditions du Carmel, , 347 p. (ISBN 2-84713-042-X), p175

Annexes

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