Jacques III de Matignon

aristocrate et militaire français

Jacques III de Matignon, né le à Torigni-sur-Vire et mort le à Paris, est un aristocrate et militaire français[1]. Il est le père de Jacques IV de Matignon qui devriendra Jacques 1er de Monaco par son mariage avec Louise-Hippolyte Grimaldi.

Jacques III Goyon de Matignon
Jacques III de Matignon
Portrait par Henri Gascar.

Surnom Jacques III de Matignon
Naissance
à Torigni-sur-Vire, Manche
Décès (à 80 ans)
à Paris
Origine Normandie - France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Cavalerie
Grade Maréchal de camp
Années de service Années 1660 – Années 1720
Commandement Gouverneur de Cherbourg,
Lieutenant général de Basse-Normandie
Conflits Guerre de Hollande
Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Faits d'armes
Campagnes de Louis XIV
Distinctions Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit
Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis
Sire de Matignon
Seigneur du château de la Roche Goyon (Fort la Latte)
Seigneur du duché d'Estouteville
Comte de Torigni-sur-Vire
Baron de Saint-Lô
Seigneur de Hambye
Hommages Hommage du prince Albert II de Monaco lors du tricentenaire de sa mort en 2025
Famille Maison de Matignon, allié à la maison Grimaldi

Emblème
Armoiries des Goyon Matignon

Jacques III est le cinquième garçon d'une fratrie de douze enfants, issu de François de Matignon (1607-1675) et d’Anne Malon de Bercy (v. 1610-1688. Un autre de ses frères porte également le prénom de Jacques, et devient homme d’Église[réf. nécessaire].

C'est lui qui reprit le patronyme familial Goyon[réf. nécessaire].

Carrière militaire

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Il est reçu à l'âge de 7 ans comme chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem[note 1] en 1651. Dès lors, il est appelé « chevalier de Malte ». En 1682, il devient lieutenant général de Basse-Normandie et gouverneur de Cherbourg.

Il est fait chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit le [3]. Il joue un rôle militaire important durant les guerres de Louis XIV, en particulier dans les années 1690–1720.

Mariage et alliance monégasque

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En 1675, pour se marier, à l'age de 31 ans, il renonce à l’ordre de Malte. Il épouse le sa cousine Charlotte de Goyon de Matignon (1657-1721) âgé de 18 ans, fille de Henri de Goyon, sire de Matignon. Ensemble, ils auront plusieurs enfants :

  • Jacques-François-Léonor de Matignon, sire de Matignon, qui devient duc de Valentinois et prince de Monaco sous le nom de Jacques Ier de Monaco, à la suite de son mariage avec Louise-Hippolyte de Monaco (1689–1751), princesse de Monaco, en 1715 ;
  • François de Matignon, né en 1690, dit « le marquis de Saint-Lô » et mort en bas âge en 1694 ;
  • Catherine-Élisabeth de Matignon, née en 1706, qui épouse son cousin Louis-Jean-Baptiste Goyon de Matignon, renforçant encore les liens au sein de la maison de Goyon ;
  • un garçon et une fille nés en 1691 et 1692, morts peu de temps après la naissance.

Le mariage de Jacques-François-Léonor de Matignon avec Louise-Hippolyte de Monaco permet à Jacques III de sceller une alliance entre sa maison et la dynastie régnante de Monaco. Leur fils succédera au prince Antoine Ier, assurant ainsi la transition vers la branche Grimaldi-Matignon.

Son fils Jacques Ier de Monaco et son épouse Louise-Hippolyte Grimaldi, leur mariage en 1715 scelle l’union des maisons de Matignon et de Monaco.

Héritages et possessions

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Possessions

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Jacques III de Matignon hérite ou acquiert au fil de sa vie un important patrimoine territorial, principalement situé en Normandie et en Bretagne. Certaines possessions sont issues de la lignée Goyon-Matignon, d’autres de ses alliances familiales ou de ses acquisitions personnelles.

Château de la Roche Goyon

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Le château de la Roche Goyon (Fort La Latte), possession majeure de Jacques III de Matignon.

Il est l’héritier du château de la Roche Goyon, aujourd’hui connu sous le nom de fort la Latte, situé sur la côte nord de la Bretagne. Le roi Louis XIV y fait entreprendre d’importants travaux de fortification à partir de la fin du XVIIe siècle, notamment l’ajout de batteries destinées à protéger les navires en attente d’entrée dans le port de Saint-Malo.

Si la forteresse devient propriété militaire du roi, Jacques III en conserve l’usufruit ainsi que le privilège de nommer ses gouverneurs. Il réside régulièrement au château et y supervise les aménagements défensifs.

Château de Torigni-sur-Vire

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Le château de Thorigni, appelé château des Matignon, en Normandie.

Jacques III nait au château de Torigni, dans la Manche, qui constitue la résidence principale des Matignon en Normandie. Il est également inhumé à Torigni. Ce château joue un rôle central dans l’administration de ses terres bas-normandes. Il y ajoutera un troisième pavillon à l'emplacement des restes de la tour médiévale.

Château de Hambye et le château de Valmont du duché d’Estouteville

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Le château de Valmont du duché d'Estouteville.

Il détient également le château de Hambye, située près de Coutances, qui est en très mauvais état, ainsi que plusieurs droits seigneuriaux en Normandie. Il possède aussi le château de Valmont mais ne s'en occupe que très peu.

Hôtel de Matignon, rue Saint-Dominique à Paris

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Cet hôtel situé à l'angle de la rue Saint-Dominique et de la rue des Rosiers, construit vers 1640 a été détruit en 1871 à l'occasion du percement du boulevard Saint-Germain. Il avait été acquis par ses parents François (1607-1675) et son épouse Anne de Malon de Bercy (v. 1610-1688) le de Marie Dauvet, veuve du comte de Nonant et procuratrice de Jacques de Plessis-Châtillon pour 110 000 livres. En 1661, 1662 et 1680, il avait fait l'objet d'agrandissements,et Jacques III, en 1684, en prévoyait son extension[4].

Hôtel de Matignon, rue de Varenne à Paris

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L’hôtel de Matignon et sa cour d'honneur.

En 1723, Jacques III de Matignon acquiert un vaste terrain rue de Varenne, à Paris, sur lequel un hôtel particulier était en construction pour le prince de Tingry. Ce dernier, accablé de dettes, est contraint de renoncer au projet, initialement conçu par l’architecte Jean Courtonne.

Jacques III reprend l’opération et poursuit les travaux, mais entre rapidement en désaccord avec Courtonne. Il confie alors la direction du chantier à Antoine Mazin, puis successivement à Pierre Lafon en 1723, et enfin à Nicolas Desmaisons en 1724. Ce dernier supervise l’achèvement du gros œuvre et le début de la décoration intérieure. L’édifice ne sera cependant jamais achevé de son vivant.

Dès 1724, Jacques III cède officiellement la propriété à son fils Jacques IV Goyon de Matignon, devenu Jacques Ier de Monaco, avec pour condition expresse que le bien soit transmis « à sa postérité masculine, de mâle en mâle », et que l’édifice conserve à perpétuité le nom d’hôtel de Matignon.

Cet hôtel particulier, resté dans la descendance Matignon jusqu'à Honoré IV qui le vend, et deviendra par la suite l’actuel résidence officielle du Premier ministre français.

Hôtel de Pons (dit aussi hôtel Tambonneau)

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En 1710, Jacques III achète l’hôtel de Pons, situé rue de l’Université à Paris, auprès des héritiers du comte de Marsan. Toutefois, à la suite d’un litige avec Charles Louis de Lorraine, il perd la propriété à l’issue d’un procès.

Contraint de quitter les lieux, il s’installe dans l’hôtel appartenant à son parent Charles Auguste de Goyon de Matignon, maréchal de France, situé rue Saint-Dominique. C’est dans cette demeure qu’il s’éteint, le , sans avoir pu voir l’achèvement des travaux de l’hôtel de Matignon.

Autres terres et droits seigneuriaux

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Jacques III possède ou administre également :

Décès et postérité

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Jacques III de Matignon meurt le à Paris et est inhumé à Torigni-sur-Vire, dans la Manche.

Il est l’ancêtre direct de l’actuelle maison princière de Monaco.

Hommages et commémorations

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À l’occasion du tricentenaire de sa mort[6], le prince Albert II de Monaco lui rend hommage lors d’un voyage officiel entre la Bretagne et la Normandie les et . Des cérémonies sont organisées au château de Torigni-sur-Vire et au Château de la Roche Goyon (Fort La Latte), en souvenir de l’alliance historique entre la maison de Matignon et celle des Grimaldi.

À cette occasion, l'office des timbres de la principauté de Monaco émet un timbre commémoratif à l’effigie de Jacques III de Matignon, rappelant les liens durables entre les deux familles[7].

Notes et références

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  1. ↑ Pour être admis dans l'ordre il faut détenir huit quartiers de noblesse. Cette admission est payante : « Passage » 1 000 écus d'or et « droit de la langue » 50 écus d'or[2].

Références

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Conférence de Nicolas Homshaw, De Torigny à Monaco, un aristocrate en quête de dignités : Jacques III Goyon de Matignon (1644-1725), lieutenant général au gouvernement de la Basse-Normandie sous Louis XIV[8]

  1. ↑ « Qui était Jacques de Matignon, l’ancêtre du Prince Albert de Monaco ? », Ouest-France,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  2. ↑ Homshaw 2025, p. 6.
  3. ↑ Homshaw 2025, p. 31.
  4. ↑ Homshaw 2025, p. 29.
  5. 1 2 3 4 Homshaw et 2025 p41.
  6. ↑ « Visite princière dans la Manche : qui était cet aïeul Jacques III de Matignon », sur actu.fr, (consulté le )
  7. ↑ « Tricentenaire de la mort de Jacques III de Matignon », sur oetp-monaco.com (consulté le )
  8. ↑ Admin, « Mercredi 14 octobre 2020 : conférence de Nicolas Homshaw (conférence en vidéo) », sur societearcheologie, (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Didier Marsaudon, Les sires de Matignon, éditions LGM, 2025, p.121-138
  • Mériadec de Goüyon, Du rocher de La Latte au rocher de Monaco, Les Gouyon Matignon, huit siècles d'histoires, leurs juveigneurs, leurs alliances et leurs demeures, éditions régionales de l'Ouest, Mayenne, 2007, p.69
  • Nicolas Homshaw, De Torigny à Monaco, un gentilhomme bas-normand en quête de dignités : Jacques III Goyon de Matignon (1644-1725), éditions Société d'archéologie et d'histoire de la Manche
  • Nicolas Homshaw (préf. Albert II de Monaco), Jacques III de Matignon : Histoire d'une ascension nobiliaire, Condé-sur-Noireau, LGM éditions, , 292 p. (ISBN 979-10-95165-29-3), p. 5.
  • Archives du Palais princier de Monaco
  • Saint-Simon, Mémoires

Articles connexes

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Liens externes

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