Jacques Joseph Viennet
Jacques Joseph Viennet, né le 4 avril 1734 à Arles (généralité de Provence, actuel département des Bouches-du-Rhône)[1], mort le à Quarante (département de l'Hérault)[2], est un homme politique de la Révolution française.
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Louis Viennet (petit-fils) Louis Viennet (arrière-arrière-petit-fils) |
Entre 1791 et 1798, il est député de l'Hérault à l'Assemblée nationale législative, à la Convention nationale, où il vote la réclusion de Louis XVI, puis au Conseil des Anciens.
Biographie
modifierJacques Joseph Viennet, né à Arles et baptisé paroisse Saint-Anne, est issu d'une famille bourgeoise.
Son frère, Louis Esprit Viennet, mort en 1803 à Paris (ancien 7e arrondissement)[3], est curé de l'église Saint-Merry, et prête serment à la constitution civile du clergé durant la Révolution française.
En 1752, Jacques Joseph Viennet est reçu chanoine à la collégiale Saint-Étienne de Capestang (département de l'Hérault). En 1754, il renonce à la carrière ecclésiastique et entre dans le régiment des dragons du Languedoc, au sein duquel il combat durant la guerre de Sept Ans.
En 1777, il épouse, paroisse Saint-Félix à Béziers, Élisabeth Guibert[4]. De leur union naît Jean-Pons-Guillaume Viennet, dramaturge et homme politique du XIXe siècle et membre de l'Académie française.
Mandat à la Législative
modifierLa France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Jacques Joseph Viennet, alors officier municipal de Béziers, est élu député du département de l'Hérault, le huitième sur neuf, à l'Assemblée nationale législative.
Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. Le 1er février, il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine. Le 8 avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance. Le 8 août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette.
Mandat à la Convention
modifierLa monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En , Jacques Joseph Viennet est réélu député de l'Hérault, le quatrième sur neuf, à la Convention nationale[5].
Il siège sur les bancs de la Plaine et affiche des proximités avec les partisans de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la réclusion, puis le bannissement » et se prononce en faveur de l'appel au peuple et en faveur du sursis à l'exécution de la peine. Il répond, lors du troisième appel nominal, relatif à la peine qui sera infligée à Louis XVI[6] :
La réclusion jusqu'à la paix ou jusqu'à ce que les puissances de l'Europe aient reconnu l'indépendance de la République ; le bannissement alors sous peine de mort.
Le , il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[7]. Celui-ci le dénonce, un mois plus tard dans son journal, comme « membre de la faction des hommes d’État »[8]. Le , il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[9].
Le 7 nivôse an III (le ), il est élu membre de la Commission des Vingt-et-Un, chargée d'examiner la conduite des anciens membres du Comité de Salut public (Bertrand Barère, Jacques-Nicolas Billaud-Varenne et Jean-Marie-Collot d'Herbois) et du Comité de sûreté générale (Marc Vadier)[10].
Sous le Directoire
modifierSous le Directoire, Jacques Joseph Viennet est réélu député de l'Hérault et siège au Conseil des Anciens.
Le 1er brumaire an V (le 22 octobre 1796), il est élu secrétaire du Conseil, au côtés de Jean-François Delmas (député de Haute-Garonne), d'Augustin de Kervélégan (député du Finistère) et de Joseph-Sébastien Lepaige (député des Vosges), sous la présidence de Jean-Girard Lacuée (député du Lot-et-Garonne)[11].
Jacques Joseph Viennet est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le )[12]. Il retourne à la vie privée après l'exercice de ce mandat.
Références
modifier- ↑ Archives départementales des Bouches-du-Rhône, « Registre paroissial de Notre-Dame-la-Principale, registre des baptêmes de 1734, vue 5 / 14, 203 E 18 »
, sur https://www.archives13.fr (consulté le ) - ↑ Archives départementales de l'Hérault, « État civil de Quarante, registre des décès de 1816 à 1835, vue 70 / 147, 5 MI 16/16 »
, sur https://archives-pierresvives.herault.fr (consulté le ) - ↑ Archives de Paris, « État civil reconstitué, registre des décès, vue 47 / 51, V3E/D 1472 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le ) - ↑ Archives départementales de l'Hérault, « Registre paroissial de Béziers, paroisse Saint-Félix, registre des baptêmes et des mariages de 1770 à 1779, vue 239 / 347, 1 MI EC 32/17 »
, sur https://archives-pierresvives.herault.fr (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Michel Pertué, « La liste des Girondins de Jean-Paul Marat », Annales historiques de la Révolution française, vol. 245, no 1, , p. 379–389 (DOI 10.3406/ahrf.1981.4254, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°99, « Convention nationale, séance du soir du 7 nivôse an III (27 décembre 1794) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 9 nivôse an 3 (29 décembre 1794) (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°33, « Conseil des Anciens, séance du 1er brumaire an V (22 octobre 1796) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 8 brumaire an 5 (29 octobre 1796) (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse an V (5 mars 1797) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 15 volumes, (1863-1890)
- « Jacques Joseph Viennet », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]