Jacques Roman (éducateur)

L'abbé Jacques Roman, né le 24 février 1744 à Sisteron et mort le 7 juin 1823 à Paris, est un prêtre oratorien français, éducateur et administrateur de l’enseignement. Supérieur de plusieurs collèges de l’Oratoire avant la Révolution française, notamment à Marseille et à Lyon, il refusa de prêter serment à la Constitution civile du clergé et émigra en Italie. Rentré en France sous le Consulat, il participa à la mise en place de l’Université impériale sous Napoléon Ier, comme proviseur de lycée, inspecteur général et administrateur académique[1].

Jacques Roman
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Biographie
Naissance
Décès
(à 79 ans)
Paris
Formation
Collège de l'Oratoire de Marseille
Activité
Prêtre oratorien, administrateur et pédagogue
Famille
Autres informations
Distinction
Chanoine de Paris (1804) et d'Aix-en-Provence (1815)

Demeuré prêtre après la Révolution, il fut nommé chanoine de Paris puis d’Aix-en-Provence. Sa carrière illustre la continuité entre les réseaux éducatifs de l’Ancien Régime et les institutions scolaires du Premier Empire. Son expérience pédagogique et administrative contribua ainsi, de façon éminente, à la réorganisation de l’enseignement français au début du XIXe siècle[2].

Biographie

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Formation et entrée dans l’Oratoire

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Jacques Roman naît à Sisteron, en Provence, le 24 février 1744, dans une famille d'honorable bourgeoisie[2]. Après des études au collège de sa ville natale, il poursuit sa formation au collège de l’Oratoire de Marseille. Il entre dans la Congrégation de l'Oratoire à Aix-en-Provence le 25 novembre 1761 et est ordonné prêtre en 1768 par Jean-Baptiste de Belloy, alors évêque de Marseille, futur archevêque de Paris et cardinal[1].

L’enseignement oratorien

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Comme de nombreux oratoriens, Jacques Roman consacre l’essentiel de sa carrière à l’enseignement et à l’administration des collèges. Il est successivement supérieur du collège de l’Oratoire d’Aix-en-Provence (1769), professeur de philosophie au collège de Nantes (1775-1777), préfet des études au collège d’Arras (1777-1779), puis supérieur des collèges de Niort (1779-1782), de Marseille (1782-1788) et de Lyon (1788-1790)[2].

Au collège de Nantes, il compte parmi ses élèves Joseph Fouché, futur ministre de la Police générale, alors élève des Oratoriens. Cette relation jouera un rôle déterminant dans son retour en France après l’émigration[1].

Révolution française et émigration

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En 1790, alors qu’il dirige le collège de Lyon, Jacques Roman refuse de prêter le serment exigé par la Constitution civile du clergé. Devenu prêtre réfractaire, il quitte la France vers 1791 et séjourne pendant près de dix ans en Italie, notamment à Turin, Livourne et Pise[1].

Après dix ans d'exil, son retour en France, au début du Consulat, est facilité par l’intervention de Joseph Fouché, alors ministre de la Police générale, dans le cadre de la politique d’amnistie des émigrés menée par le gouvernement de Bonaparte[1].

Sous le Consulat et l’Empire : la refondation de l’Université

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En 1802, Jacques Roman est nommé premier proviseur du lycée de Marseille, nouvellement créé dans les anciens locaux des Bernardines, futur lycée Thiers. Il exerce cette fonction jusqu’en 1804, année où des désaccords avec la municipalité marseillaise le conduisent à quitter son poste pour Paris[3].

Grâce à la protection de son ancien évêque Jean-Baptiste de Belloy, devenu archevêque de Paris, il est nommé en 1804 chanoine du chapitre métropolitain de Paris[1].

En 1806, il reçoit la direction du Journal des Curés, publication destinée au clergé concordataire et encouragée par le gouvernement impérial[1].

Lors de la création de l’Université impériale, Jacques Roman est nommé inspecteur général de l’Université en 1809, et participe à l’organisation des lycées et des académies dans les premières années du système universitaire napoléonien [2].

Dans le cadre de ses fonctions, il effectue de nombreuses tournées d’inspection et rédige des rapports sur les établissements secondaires. Environ 130 rapports d’inspection attribués à Jacques Roman sont conservés dans les archives de l’Instruction publique, constituant une source importante sur l’organisation des collèges et lycées au début du XIXe siècle[1].

Après la chute de l’Empire, il quitte l’inspection générale en 1815. Nommé chanoine titulaire du chapitre d’Aix-en-Provence, il assure pour quelques mois, d'octobre 1815 à mars 1816, les fonctions de recteur de l’Académie de Lyon[3].

Il se retire ensuite de la vie publique et meurt à Paris le 7 juin 1823[2].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 Michel Manson, « Jacques Roman (1744-1823), de l’Oratoire à l’Inspection générale de l’Université », Textes rares,‎ .
  2. 1 2 3 4 5 Caplat 1986, p. 597.
  3. 1 2 Condette 2006.

Bibliographie

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  • Guy Caplat (dir.), Les Inspecteurs généraux de l'Instruction publique. Dictionnaire biographique (1802-1914), CNRS-INRP,
  • Jean-François Condette (dir.), Les Recteurs d'académie en France de 1808 à 1940. Dictionnaire biographique, INRP,
  • Michel Manson, « Jacques Roman (1744-1823), de l’Oratoire à l’Inspection générale de l’Université », Textes rares,‎

Liens externes

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