Jalaleddine Naccache
Jalaleddine Naccache (arabe : جلال الدين النقاش), né en à Tunis et mort le , est un poète, parolier et dramaturge tunisien.
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Biographie
modifierNé en 1910 à Tunis, il apprend le Coran dans un kouttab puis entre à la Zitouna en 1923, et y obtient le diplôme de tatwi en 1932[1]. Cette formation lui donne une solide connaissance de la langue arabe et de la culture arabo-islamique classique[2]. Il travaille ensuite dans l'administration des habous puis dans le système judiciaire[3].
Il fréquente dès sa jeunesse les écrivains Mahmoud Bourguiba et Mustapha Khraïef[2]. Il côtoie par la suite de nombreuses figures de la vie culturelle, dont Khemaïs Tarnane, Sadok Thraya, Chafia Rochdi, Hassiba Rochdi et Oulaya[2]. Sa carrière littéraire prend son essor dans les années 1930 et ses textes paraissent dans des périodiques comme Al-âlam al-adabi (Le Monde littéraire), Athouraya et Al Nadwa[3], mais aussi Al Mabâhith et Al Amal[2].
Le développement de Radio Tunis, fondée en 1938, contribue à la diffusion des chansons dont il écrit les paroles[2]. Il y est lui-même actif[4].
Après l'indépendance, il écrit les paroles de Ala Khallidi sur une musique de Salah El Mahdi[5]. Le texte est retenu à l'issue d'une sélection à laquelle une cinquantaine de propositions sont présentées[2]. Adopté en 1958, Ala Khallidi demeure l'hymne national jusqu'en 1987.
Il meurt le [1].
Œuvres
modifierJalaleddine Naccache écrit en arabe littéral et dialectal. Une trentaine d'œuvres poétiques lui sont attribuées. Il se distingue particulièrement comme parolier et ses textes sont notamment interprétés par Hédi Jouini, Saliha et Chafia Rochdi[2]. Son essor coïncide dans les années 1930 avec le développement de La Rachidia, qui contribue alors à promouvoir la musique tunisienne[2].
Naccache écrit également pour le théâtre. Parmi ses œuvres théâtrales figurent المأمون العباسي (Al-Ma'mūn l'Abbasside), عصر المأمون (L'Époque d'Al-Ma'mūn) et الجاسوسة تبر (L'Espion est innocent)[2].
Il publie plusieurs autres ouvrages, parmi lesquels سقوط قرطاجة (La Chute de Carthage), المعز لدين الله (Al-Muʿizz li-Dīn Allāh), خير الدين (Kheireddine), رجال ممتازون (Hommes remarquables), مذكرات ملقن (Mémoires d'un souffleur), عبد الله بن المعتز (Abdullah ibn al-Mu'tazz) et تاريخ الأدب التونسي (Histoire de la littérature tunisienne)[3].
Style
modifierSes textes se caractérisent notamment par la variété des rimes et une prosodie adaptée à la mise en musique. Selon le poète Jlidi Laouini, ces caractéristiques expliquent en partie l'intérêt que lui portent les compositeurs[2]. Sa poésie aborde notamment l'éducation et l'acquisition du savoir ainsi que la misère et la pauvreté laissées par la période coloniale.
Il pratique également l'élégie et consacre des textes à plusieurs personnalités tunisiennes, comme Abou el Kacem Chebbi, Ali Riahi et Aly Ben Ayed[2]. Selon Noureddine Sammoud (en), Naccache recourt dans certaines de ses élégies au calcul de la valeur numérique des lettres, faisant correspondre la valeur numérique de la conclusion du poème à la date de mort de la personnalité[2].
Mohamed Salah Ben Amor rattache Naccache au courant traditionnel de la poésie tunisienne, en raison notamment de sa formation[2]. Il relève toutefois la coexistencedans son œuvre d'une poésie classique, notamment dans les panégyriques et les poèmes de circonstance, et d'une poésie lyrique davantage apparentée au romantisme arabe[6].
Postérité
modifierUne cérémonie commémorative lui est consacrée le à la Maison de la culture maghrébine Ibn-Khaldoun de Tunis à l'occasion du quarantième jour suivant sa mort[7].
En 1996, Mohamed Boudhina lui consacre une monographie[8].
En , à l'occasion du trentième anniversaire de sa mort, le Cité de la culture à Tunis accueille un colloque consacré à sa vie et à son œuvre ; un ensemble de photographies, de manuscrits et de vers rares y est présenté dans une exposition documentaire[2].
Références
modifier- 1 2 (ar) « الشاعر جلال الدين النًقاش...المؤرخ الشاعر » [« Le poète Jalaleddine Naccache… l'historien et poète »], Al Chourouk, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (ar) « شعراء وباحثون: "جلال الدين النقاش شاعر غنائي ومداح متمكن من أدواته البلاغية" » [« Poètes et chercheurs : « Jalaleddine Naccache est un poète lyrique et un panégyriste maîtrisant parfaitement les outils de la rhétorique » »], sur Tunis Afrique Presse, (consulté le ).
- 1 2 3 (ar) « جلال الدين النقاش » [« Jalaleddine Naccache »], sur taraajem.com (consulté le ).
- ↑ (ar) « في مدينة الثقافة: انطلاق ندوة تكريم الشاعر جلال الدين النقاش » [« À la Cité de la culture : ouverture d'un colloque en hommage au poète Jalaleddine Naccache »], Al Chourouk, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (ar) Mohamed Ben Rejeb, « العلاقات الثقافية التونسية المصرية : تاريخ طويل ومؤثرات فاعلة وود لا ينقطع » [« Relations culturelles tuniso-égyptiennes : une longue histoire, des influences marquantes et une amitié indéfectible »], La Vie culturelle (ar), no 332, , p. 13 (ISSN 0330-8863, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (ar) Mohamed Salah Ben Amor, « أصالة المبنى ولطافة المعنى في شعر جلال الدّين النّقّاش (1910–1989) » [« Classicisme de la forme et délicatesse du sens dans la poésie de Jalaleddine Naccache (1910-1989) »], sur masharif.com, (consulté le ).
- ↑ (ar) « أربعينية الفقيد الشاعر جلال الدين النقاش » [« Cérémonie du quarantième jour du défunt poète Jalaleddine Naccache »], sur Bibliothèque nationale de Tunisie (consulté le ).
- ↑ Boudhina 1996.
Bibliographie
modifier- (ar) Mohamed Boudhina, جلال الدين النقاش : 1328-1409 هـ الموافق لـ 1910-1989 م [« Jalaleddine Naccache : 1328-1409 H / 1910-1989 apr. J.-C. »], Hammamet, Éditions Boudhina, , 39 p. (ISBN 978-9973260949).
Liens externes
modifier- Ressource relative à la musique :