Jalout (en arabe : جالوت, aussi romanisé en Jālūt) est le nom d'un personnage coranique correspondant au personnage biblique de Goliath de Gath. Il apparaît à trois reprises dans un épisode contenu dans les versets 247 à 251[1] de la deuxième sourate, celle dite de « La Vache » (Al-Baqara)[2].

Dans le Coran

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Racontant comment le premier roi d'Israël Saül (arabe : طالوت, romanisé en Ṭālūt) et ses troupes combattent le géant Jalout et sa redoutable armée, le Coran rapporte l'intervention décisive de Daoud (David) qui terrasse l'ennemi des Israélites.

Le récit coranique est un mélange de deux passages bibliques de l'Ancien Testament (Bible hébraïque/TaNaKh) tirés du Livre des Prophètes : celui du combat entre David et Goliath raconté dans le Premier Livre de Samuel et celui du septième chapitre du Livre des Juges[3] qui raconte l'expédition menée par Gédéon contre Madian, le Coran substituant Saül à Gédéon[2].

Interprétations et traditions

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Si le récit coranique est sobre, les traditions ont créé une « vision romancée » de la mort de Goliath évoqué au verset 251. Ces ajouts proviennent, en particulier, de la littérature juive[2]. L'origine de ce développement narratif est, pour la recherche, Wahb ibn Munabbih, un juif yéménite converti à l'islam, mort vers 830[2]. L'histoire de Daoud et Jalout constitue le plus ancien récit du genre attesté dans la culture arabe, présente sur le plus ancien manuscrit arabe littéraire conservé, daté de 844[4].

La tradition musulmane personnifie en Jalout l'archétype de l'ennemi des Bani Israïl enfants d'Israël ») et le présente comme roi des Amalécites, membre des tribus ʿĀd ou des Thamud ou encore comme un Berbère[2].

Par ailleurs, la tradition établit également un parallèle entre le combat de David contre Goliath et la bataille de Badr, première grande bataille de l'historiographie islamique : David y préfigurerait Mahomet, tandis que Goliath symboliserait les polythéistes quraychites de La Mecque, notamment leurs principaux notables, parmi lesquels Abu Sufyan ibn Harb.

  1. Cité trois fois, aux versets 249, 250 et 251 ; cf. texte en ligne
  2. 1 2 3 4 5 Mohyddin Yahia, article « Goliath » in Mohammed Ali Samir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, pp. 371-372
  3. Jg 7. 1-7, cité par Mohyddin Yahia, cf. sources
  4. (en) Raif Georges Khoury, « Les papyrus arabes de Heidelberg disparus. Essai de reconstruction et d’analyse », Documents and the History of the Early Islamic World, , p. 251 (DOI 10.1163/9789004284340_014, lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

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  • Mohyddin Yahia, « Goliath », dans Mohammed Ali Samir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, Robert Laffont, (ISBN 9782221099568), p. 371-372
  • (en) James E. Lindsay, « Goliath », dans Jane Dammen McAuliffe (éd.), Encyclopaedia of the Qurʾān, t. II : E-I, Brill, (ISBN 9789004120358), p. 334-335

Voir aussi

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Liens externes

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  • « Le plus ancien codex sur papyrus connu », Wahb ibn Munabbih, Hadîth Dâwûd Histoire de David ») figurant sur le plus ancien codex sur papyrus connu concernant l'islam, daté de 844, sur expositions.bnf.fr, n.d. (consulté le )