James Ussher
James Ussher, parfois épelé Usher, en latin Usserius (né le – mort le ) a exercé les fonctions d’archevêque anglican d’Armagh et de primat d’Irlande entre 1625 et 1656. Ce théologien prolifique a notamment publié une chronologie biblique situant la Création dans la nuit précédant le dimanche avant Jésus-Christ (dans le calendrier julien).
| Évêque de Carlisle | |
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| - | |
Barnaby Potter (en) | |
| Archevêque d'Armagh | |
| - | |
Christopher Hampton (en) | |
| Archevêque |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Époque | |
| Formation | |
| Activités | |
| Père |
Arland Ussher (d) |
| Mère |
Margaret Stanihurst (d) |
| Conjoint |
Phoebe Challoner (d) (à partir de ) |
| Enfant |
Elizabeth Tyrrell (en) |
Formation
modifierUssher est né à Dublin, en Irlande, dans une famille anglo-irlandaise aisée. Son plus jeune frère, le seul autre à avoir atteint l’âge adulte, devint un éminent spécialiste de l’arabe et de l’hébreu. D’après son chapelain et biographe, Nicholas Bernard (en), Ussher apprit à lire grâce à deux de ses tantes, aveugles et vieilles filles. Démontrant une grande aptitude pour les langues, James entra à la Dublin Free School, puis au tout nouveau Trinity College le , à l’âge de treize ans (il fut le second étudiant inscrit). Son père aurait souhaité qu'il devienne avocat, mais il préféra l'église. Ayant obtenu son diplôme en 1598, il devint membre de l’université en 1600. En 1602, son oncle Henry Ussher, archevêque d’Armagh et primat d’Irlande, le nomma prêtre à la Trinity College Chapel.
Début de carrière
modifierEn 1619, Ussher commença un voyage de deux ans en Angleterre. Son seul enfant, Elizabeth, est née à Londres cette même année. James Ussher devint un personnage incontournable après sa rencontre avec Jacques Ier d'Angleterre. Il fut nommé évêque de Meath en 1621 et devint un personnage d’envergure nationale en Irlande. Ussher accéda au Privy Council en 1623, tout en poursuivant ses travaux érudits. De 1623 à 1626, Ussher partit à nouveau en Angleterre et fut dispensé de ses obligations épiscopales afin d’étudier l’histoire ecclésiastique. L’homme, en 1625, succéda finalement à son oncle aux fonctions d’archevêque d'Armagh et de primat de toute l’Irlande.
Travaux
modifierUssher était un calviniste convaincu, et en tant que primat il accéda à la tête de l’Église d'Irlande, protestante. Comme beaucoup de ses contemporains, il affichait un anti-catholicisme farouche, ce qui guida ses premiers travaux. Le ton de ses écrits reflète la dureté des débats théologiques au début de l’époque moderne. Par exemple, son Judgement of the Arch-Bishops and Bishops of Ireland (1626) commence ainsi :
- « La religion des papistes est superstitieuse et idolâtre ; leur foi et leur doctrine erronées et hérétiques ; leur Église apostasique ; leur accorder la tolérance ou consentir à ce qu’ils puissent exercer librement leur religion est ainsi un grave péché. »
Ussher s’engagea dans d’intenses disputes avec les théologiens catholiques romains. Dès la période de ses études, il avait mis au défi un parent jésuite, Henry Fitzsimon, de débattre publiquement de l’identification du pape avec l’Antéchrist. Il passa les 18 années suivantes à lire tous les pères de l’église grecque et latine afin de pouvoir retracer le cours du christianisme et ses changements[1]. Il écrivit beaucoup sur la théologie ou l’histoire ecclésiastique, et ces thèmes remplacèrent peu à peu les diatribes anti-catholiques. Ses recherches sur l’ancienne Église irlando-celtique ont fait autorité jusqu’au XXe siècle. De Graeca Septuaginta Interpretum Verisone (1655) constitua la première étude sérieuse de la Septante.
Entre 1603 et 1612, il effectua plusieurs séjours en Angleterre, notamment pour fournir des livres au Trinity College et pour lui-même : il avait ainsi réuni plus de 10.000 volumes. En 1640, pendant l’un de ses nombreux voyages, il n’a pu rentrer chez lui car un soulèvement catholique en Irlande et un massacre y avaient rendu précaire la position des protestants. Les rebelles ont saccagé la résidence d’Ussher à Drogheda et dispersé ses papiers, mais ont épargné sa bibliothèque, qui fut finalement donnée au Trinity College[1]. L'archevêque fit pression pour que des mesures fermes soient prises à l’encontre des catholiques irlandais, mais l’anecdote selon laquelle il aurait réussi à empêcher la réintroduction du gaélique aux célébrations religieuses a depuis été réfutée. Le portrait traditionnel d’Ussher est celui d’un savant détaché des choses terrestres, au mieux médiocre en tant qu’homme politique ou administrateur. En réalité, il fut un évêque et un archevêque efficace, et sut s’imposer en politique, ce qui ne l’empêcha pas de préférer les recherches érudites chaque fois qu’il le pouvait.
Son ouvrage majeur reste une chronologie biblique, « Annales Veteris et Novi Testamenti » (1650)[1], dans lequel il estime que Dieu créa le Ciel et la Terre le soir du dimanche avant Jésus-Christ[2]. Bien qu'il s'agisse d'une proposition de calcul parmi beaucoup d'autres, les durées de plusieurs épisodes étant spéculatives et sujettes à interprétation, ses dates seront incorporées dans les notes de nombreuses versions de la Bible pendant plus de deux siècles, et sont encore reçues par certains mouvements créationnistes. Ce travail d’érudition magistral lui a valu une reconnaissance internationale. L’Université de Leyde lui a offert un poste de professeur honoraire.
Notes et références
modifier- 1 2 3 « un-jour-dans-lhistoire /21 mars 1656. James Ussher », sur Croire-Publications, (consulté le )
- ↑ L'Univers et l’infini par Joseph Silk. Le quatrième jour de la création correspond à l'équinoxe d'automne (égalité jour-nuit), au commencement du jour (donc le soir, selon la tradition juive), six heures avant minuit.
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :