Jawhar al-Siqilli
Jawhar al-Siqilli (en arabe : جوهر الصقلي, (Jawhar al-Siqillī), soit en français : Jawhar le Sicilien[1]), né en , en Sicile, et mort le , au Caire, est un général fatimide d'origine sicilienne.
| Émir de Sicile (en) |
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| Nom dans la langue maternelle |
جوهر بن عبد الله الرومي |
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| Grade militaire | |
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| Conflits |
Conquête fatimide de l'Égypte First Qarmatian invasion of Egypt (en) |
Au service du calife fatimide Al-Muizz li-Dîn Allah, il étend les frontières de l'Empire fatimide, en conquérant l'Égypte.
Il fonda aussi la ville du Caire (al-Qahirah) et la grande mosquée al-Azhar, qui est la seconde plus vieille université du monde.
Biographie
modifierOn ne connait pas le nom de ses ancêtres à l'exception du nom de son père Abdullah. La raison en est que Jawhar était lié à un groupe de Mawali (non arabes) siciliens qui avaient été portés en esclavage de l'émirat de Sicile à la ville tunisienne de Kairouan, qui à cette époque était la capitale du califat fatimide en Afrique du Nord-Ouest. Ses ancêtres étaient des chrétiens byzantins[2], et en général pour les non-arabes à cette époque, il n'était pas prévu de tracer leurs origines avec leurs noms non islamiques.
En 953, Jawhar est libéré par l'émir al-Mu'izz, qui cette année succéda à son prédécesseur Al-Mansur, et bientôt il prit de l'importance. Il est nommé secrétaire d'al-Mu'izz. Jawhar à la tête de l'armée fatimide composée par les tribus berbères Maghraouas et Kutama prit M'Sila. Il essaya de pénétrer au Maghreb al-Aqsa (Maroc actuel). Sur son chemin, il rencontre Yala Ibn Mohamed, chef des Banou Ifren, pour négocier. Yala Ibn Mohamed se met au côté des Fatimides. Mais après, Jawhar ordonne à ses soldats de tuer Yala Ibn Mohamed. Les Banou Ifren ripostent contre cette décision. Par la suite, la guerre éclate entre les Banou Ifren et les Fatimides[3].
Dans l'an 959 il est nommé vizir et commandant en chef de l'armée. La même année, il entreprend, et réussit - grâce à ses troupes berbères - la conquête de nombreux territoires au Maghreb. Il résida là et gouverna le pays pendant des années.
Après une longue convalescence, le mois de février de l'an 969, Jawhar, qui était désormais considéré comme irremplaçable par l'émir al-Mu'izz est chargé de conquérir l'Égypte. Un peu plus tard il prendra la ville d'Alexandrie sans grands problèmes, et il se dirige vers la ville de Fostat qui immédiatement donne sa reddition.
À la suite de cette victoire, il est nommé gouverneur d'Égypte. Les sources rapportent qu'il s'efforce d'empêcher ses soldats de se livrer au pillage et à la confiscation de butins de guerre, en leur accordant des récompenses et des distinctions. Son administration est généralement décrite comme tolérante et favorable à la population.
Le même jour de la conquête, le , Jawhar trace le dessin de la nouvelle ville et procède à la fondation, sur 136 hectares, d'al-Qahirah (la moderne ville du Caire) et à la construction du son château (Qasaral). En 970, il commence la construction de la mosquée (et université théologique) al-Azhar de la nouvelle ville, centre de la propagande chiite sur l'Égypte. Elle fut inaugurée deux ans plus tard. Les contingents de l'armée, d'origine berbère, furent installés par cantonnements, qui devinrent rapidement des quartiers. Jawhar fit aussi construire un palais (le palais de l'Est) pour accueillir le calife. Le la mosquée fut consacrée et ouverte au culte et le , tout était prêt pour accueillir le calife Al-Muizz li-Dîn Allah, qui y transféra sa capitale.
Dans l'année 970 il avait envoyé ses hommes à la conquête de la Syrie, et avec succès. Mais la situation avait changé quand les Qarmates intervinrent au côté des Syriens. En 972 les Syriens et les forces Qarmates attaquèrent l'Égypte, mais Jawhar en prenant le commandement de ses hommes réussit à les vaincre. De cette façon la Syrie fut reprise de manière stable.
Il mourut au Caire le à plus de 80 ans. La tombe qu'on peut voir aujourd'hui dans le côté nord de l'université d'al-Azhar est considérée comme étant la tombe de Jawhar mais cela est controversé. La tombe pourrait appartenir à un esclave turc, un certain Amir Jawhar Qanqabali.
Référencement
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ Son nom, al-Siqilli, est orthographié as-Siqilli, al-Saqali ou as-Saqalli dans différentes transcriptions. La Sicile même était connue sous le nom de Saqaliah ou Siqiliah dans différents époques et dialectes arabes. Son nom complet est Abu al-Hasan Jawhar ibn Abdullah.
- ↑ d'où un de ses surnom d'al-Rûmî : ar-rūmī, الرومي
- ↑ Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères
Bibliographie
modifier- (en) Professeur Henry Louis Gates, Jr., Professeur Emmanuel Akyeampong et Mr. Steven J. Niven, Dictionary of African Biography, vol. 2, Oxford, Oxford university press, 2720 p. (ISBN 978-0-19-538207-5, lire en ligne), p. 201
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'Islam, Éd. PUF, , (ISBN 213054536X), p. 429, article Jawhar al-Saqlabî ou al-Siqillî.
- (en) SIS. Egypt State Information Service
- (en) Biographie complete de Jawhar as-Siqilli
- (en) Court Biographie