Je suis Noires

film de Rachel M'Bon et Juliana Fanjul, sorti en 2022

Je suis Noires est un documentaire suisse réalisé par Rachel M'Bon et Juliana Fanjul, sorti en 2022.

Je suis Noires
Réalisation Rachel M'Bon
Juliana Fanjul
Sociétés de production Akka Films
Radio télévision suisse
Pays de production Drapeau de la Suisse Suisse
Genre Documentaire
Durée 52 minutes
Sortie 2022

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Genèse et production

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L'idée du documentaire émerge chez Rachel M'Bon, autrice et réalisatrice suisso-congolaise[1]. En , elle crée le compte Instagram Noires, dans lequel elle recueille des témoignages de femmes racisées en Suisse afin d'interroger la manière dont la société perpétue des stéréotypes[2],[3].

Inspiré notamment par le film Ouvrir la voix d'Amandine Gay[4], ce projet conduit à l'écriture d'un premier scénario, qui attire l'attention de la société de production Akka Films puis de la Radio télévision suisse, coproductrice du film[1]. M'Bon s'associe à la réalisatrice Juliana Fanjul, d'origine mexicaine, avec laquelle elle coécrit et coréalise le film[1].

Le titre Je suis Noires comporte une faute d'orthographe volontaire, destinée à rendre compte de la pluralité des expériences d'être Noire en Suisse[5].

Thématique

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Je suis Noires est un film choral donnant la parole à six femmes noires de différents âges et milieux sociaux, qui témoignent de leurs expériences, notamment à l'école, dans les milieux universitaire et professionnel, et dans la vie quotidienne[1],[2], un sujet quasi absent du débat public[6]. Les femmes présentées sont décrites non comme des victimes, mais comme des personnes ayant développé des trajectoires de résilience et d'affirmation de soi[7]. Le parcours personnel de Rachel M'Bon constitue le fil conducteur. Elle aborde notamment son rapport à l'assimilation culturelle, son identité afro-descendante et les stéréotypes auxquels elle a été confrontée dès l'enfance[1].

Remettant en question l'image d'un pays épargné par les discriminations raciales[1], le film illustre comment le sexisme et le racisme affectent les femmes et explore leurs stratégies d'adaptation comme le refus ou la négation de leurs origines, le désir d'être perçue comme blanche ou le recours à des coiffures dissimulant les caractéristiques afro[6],[8].

Les coréalisatrices expliquent dans Le Temps que le documentaire cherche à interpeller les spectateurs sur la manière dont les clichés, même perçus comme positifs, peuvent participer à des perceptions stéréotypées[9]. Elles soulignent que la Suisse, malgré l'absence d'un passé colonial officiel, n'est pas exempte de racisme et que cela mérite d'être questionné[9],[7]. Dans ce cadre, elles ont voulu donner la parole à des Suissesses pour montrer qu'il ne s'agit pas d'un problème réservé aux étrangers[9].

Dans un entretien accordé au Corriere del Ticino, Rachel M'Bon ajoute mettre en lumière le caractère polymorphe du racisme, allant des micro-agressions quotidiennes aux discriminations plus graves ou « sophistiquées »[7].

Diffusion et critiques

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Présenté en avant-première dans la compétition « Documentaire de création » du Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève le [10],[2], le film est ensuite projeté en Suisse romande, notamment dans des établissements secondaires dans le cadre d'un programme organisé par la Licra et financé en partie par le Service de lutte contre le racisme de la Confédération pour aborder la question du racisme et des stéréotypes dans la société suisse[5].

Il bénéficie d'un soutien de Swiss Films pour une diffusion internationale, comme à l'université du Minnesota et au Macalester College aux États-Unis[11]. Il trouve également un écho en France, au Canada et en Italie[12].

Il est par ailleurs programmé dans des festivals comme les Journées de Soleure[13].

La critique de Colin Schwab pour Cineman qualifie le documentaire de « passionnant » pour sa capacité à offrir une enquête sociale et une exposition personnelle des vécus raciaux, tout en rendant visible une réalité souvent marginalisée dans le débat public[6]. Giogria Del Don pour Cineuropa note pour sa part que la force du film réside dans la manière dont il aborde des vécus restés trop longtemps silencieux, bien qu'elle critique que les personnes blanches et non blanches soient traitées comme des groupes monolithiques[10].

Conséquences

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Le documentaire donne naissance au hashtag #JeSuisNoires[1] et à la fondation en par Rachel M'Bon et Sylvia Nyamekye de l'association NWAR (Now We Are Rising) pour accompagner le film d'initiatives visant à valoriser et visibiliser les personnes noires et/ou racisées sur les plans culturel, social et politique[11].

M'Bon participe aussi en au lancement du centre culturel itinérant Afropea, créé avec Olivia Fahmy et Joël Vacheron, qui vise à combler un manque de représentation et de valorisation des cultures africaines, afro-descendantes et noires en Europe[2].

Fiche technique

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Distribution

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Récompenses

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Le film reçoit le Prix du cinéma suisse 2023 dans la catégorie « Meilleur court métrage »[15],[5].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 « Rachel M'Bon, autrice de Je suis Noires : «Jusque sur les pistes de ski, on me ramène à mon altérité» », Heidi.news, (lire en ligne, consulté le ).
  2. 1 2 3 4 Célia Héron, « La cinéaste Rachel M'Bon manie l'art de questionner sans polariser », Le Temps, , p. 20 (ISSN 1423-3967, lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  3. « Réseaux sociaux : zoom sur les femmes noires de Suisse », sur Radio télévision suisse, (consulté le ).
  4. Alice Randegger, « Se battre contre le racisme en Suisse, c'est se battre contre quelque chose qui n'existe pas », 24 heures, (ISSN 1661-2256, lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  5. 1 2 3 Marie-Amaëlle Touré, « «Ces questions liées au racisme, nous les explorons uniquement en surface» », Le Temps, , p. 8 (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
  6. 1 2 3 4 Colin Schwab, « Je suis Noires - Passionnant documentaire sur la condition des femmes d'origine africaine en Suisse », sur cineman.ch, (consulté le ).
  7. 1 2 3 (it) Viviana Viri, « «Il razzismo in Svizzera è difficile da estirpare» », Corriere del Ticino, (ISSN 1660-9646, lire en ligne, consulté le ).
  8. Marion Police, « Le cheveu, c'est politique, rappelle le documentaire Je suis Noires », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
  9. 1 2 3 « «Un cliché positif est aussi réducteur qu'un cliché négatif» », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
  10. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Critique : Je suis Noires », sur Cineuropa, (consulté le ).
  11. 1 2 Mathieu Loewer, « En campagne avec Je suis Noires », Le Courrier, (ISSN 1424-1404, lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  12. Melissa N'Dila, « Rachel M'Bon : «Le racisme ne se vit pas de la même manière selon que l'on est un homme ou une femme» », Elle, (ISSN 0013-6298, lire en ligne, consulté le ).
  13. Haute école d'art et de design Genève, « Le Département Cinéma aux 58e Journées de Soleure », sur hesge.ch, (consulté le ).
  14. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Je suis Noires », sur Cineuropa (consulté le )
  15. Stéphane Gobbo, « Prix du cinéma suisse : Trois hivers sacré, des réalisatrices et des actrices romandes à la fête », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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