Jean-Alban Lefiot

avocat, député de la Nièvre à la Convention

Jean-Alban Lefiot, né le à Lormes (généralité de Moulins, actuel département de la Nièvre)[1], mort le à Paris (ancien 11e arrondissement)[2], est un homme politique de la Révolution française.

Jean-Alban Lefiot
Fonctions
Député de la Nièvre

(3 ans, 1 mois et 21 jours)
Gouvernement Convention nationale
Biographie
Nom de naissance Jean-Alban Lefiot
Date de naissance
Lieu de naissance Lormes (Nivernais)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Ancien 11e arrondissement de Paris (Seine)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Profession Avocat
députés de la Nièvre

Biographie

modifier

Carrière sous l'Ancien régime

modifier

Jean-Alban Lefiot est issu d'une famille de la bourgeoisie robine. Son père, Paul Lefiot, époux d'Anne Berle, est contrôleur des actes notariés.

Avant la Révolution, Jean-Alban Lefiot est avocat au présidial et bailliage royal de Saint-Pierre-le-Moûtier.

Mandat à la Convention

modifier

La monarchie constitutionnelle mise en place par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré à la tour du Temple.

En , Jean-Alban Lefiot, qui est alors procureur-syndic du district de Saint-Pierre-le-Moûtier, est élu député du département de la Nièvre, le troisième sur sept, à la Convention nationale[3].

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution[4]. Le 13 , il vote contre la mise en accusation de Jean-Paul Marat[5] :

Le défaut d'examen et de discussion me fait douter ; et dans le doute, je ne dois point être sévère : non.

Le 28 mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[6].

En , Jean-Alban Lefiot est envoyé en mission aux côtés de Jean-Baptiste-Benoît Monestier (député du Puy-de-Dôme), aux côtés de l'armée des Pyrénées-Orientales[7]. Ils sont rappelés à Paris en juillet[8]. En frimaire an II (), il est envoyé en mission, aux côtés de son collègue nivernais François Paul Legendre (député de la Nièvre) dans les départements du Cher et de la Nièvre[9], puis du Loiret et de la Nièvre, afin d'y organiser le gouvernement révolutionnaire et d'y prendre des mesures de salut public[10]. Il est rappelé à Paris en germinal an II ()[11].

Après la chute de Robespierre, Jean-Alban Lefiot rejoint, d'après l'historienne François Brunel, les « derniers Montagnards ». Lors de l'insurrection du 12 germinal an III (), alors que les anciens membres du Comité de Salut public (Bertrand Barère, Jacques-Nicolas Billaud-Varenne et Jean-Marie Collot-d'Herbois) sont décrétés de déportation, il signe la demande d'appel nominal[12]. Le 21 thermidor (), il est décrété d'arrestation sur motion du Comité de Législation pour avoir fait guillotiner quatre citoyens de Montargis qui avaient correspondu à Louis XVI pour désapprouver la journée du 20 juin 1792[13].

Dans ses Notes historiques, l'ancien conventionnel Marc Antoine Baudot (député montagnard de la Saône-et-Loire) impute à Jean-Baptiste Mailhe (député de Haute-Garonne) le rapport qui a fait décréter Lefiot d'arrestation[14] :

Les membres du Comité de législation firent la plupart du temps leur rapport d'accusation sans connaître en aucune manière le député qui devait en subir le sort. [...] Mailhe avait fait un rapport d'arrestation contre Lefiot, qu'il ne connaissait pas. Lefiot était un homme probe, doux et inoffensif ; il endura la persécution sans se plaindre .

Du Directoire à la monarchie de Juillet

modifier

Jean-Alban Lefiot est libéré à la faveur de l'amnistie votée à la clôture de la Convention. Sous le Directoire, il est chef de division au ministère de la Justice. Il reprend ensuite son métier d'avocat à Nevers avant d'être élu juge du tribunal de cassation de la Nièvre en 1798. Toutefois cette élection est annulée par le Directoire à cause de ses idées jacobines.

Durant les Cent-Jours, Lefiot est conseiller près la préfecture de la Nièvre. Il est frappé par la loi du 12 janvier 1816, qui contraint les régicides qui ont soutenu Napoléon Bonaparte durant les Cent-Jours. Il s'établit en 1816 à Aix-la-Chapelle, puis à Liège où il s'inscrit comme avocat.

Il rentre en France en 1830 après la chute de Charles X. Il reçoit une pension viagère de la part du gouvernement de la monarchie de Juillet, et meurt le à Paris.

Franc-maçon, il est membre de l'Amitié à l'Épreuve.

Sources

modifier
  1. Archives départementales de la Nièvre, « Registre paroissial de Lormes, baptêmes mariages et décès de 1745 à 1765, vue 97 / 246, 4 E 145/4 » Accès libre, sur https://archives.nievre.fr (consulté le )
  2. Archives de Paris, « État civil reconstitué, registre des décès, vue 20 / 51, V3E/D 891 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  3. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur www.gallica.bnf.fr, (consulté le )
  4. Froullé, Jacques-François (≃1734-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] » Accès libre, sur www.gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur www.gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur www.gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 5 » Accès libre, sur www.gallica.bnf.fr, 1889-1951 (consulté le )
  8. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 5 » Accès libre, sur www.gallica.bnf.fr, 1889-1951 (consulté le )
  9. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 9 » Accès libre, sur www.gallica.bnf.fr, 1889-1951 (consulté le )
  10. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 9 » Accès libre, sur www.gallica.bnf.fr, 1889-1951 (consulté le )
  11. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 12 » Accès libre, sur www.gallica.bnf.fr, 1889-1951 (consulté le )
  12. Françoise Brunel, « Les derniers Montagnards et l'unité révolutionnaire », Annales historiques de la Révolution française, vol. 229, no 1, , p. 385–404 (DOI 10.3406/ahrf.1977.1009, lire en ligne, consulté le )
  13. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°326, « Convention nationale, séance du 21 thermidor an III (8 août 1795) » Accès libre, sur www.gallica.bnf.fr, 26 thermidor an 3 (13 août 1795) (consulté le )
  14. Baudot, Marc Antoine (1765-1837), « Notes historiques sur la Convention nationale, le Directoire, l'Empire et l'exil des votants » Accès libre, sur www.gallica.bnf.fr, (consulté le )

Liens externes

modifier