Jean-Armand du Peyrer
Jean Armand du Peyrer, comte de Trois-Villes, dit « comte de Tréville », est un officier français né en 1598 à Oloron-Sainte-Marie (Béarn) et mort le à Trois-Villes (Soule).
| Nom de naissance | Jean Armand de Peyré |
|---|---|
| Alias |
Tréville |
| Naissance |
Oloron-Sainte-Marie |
| Décès |
Trois-Villes |
| Nationalité | Français |
| Activité principale |
Capitaine Lieutenant de la compagnie des Mousquetaires |
| Ascendants |
Jean de Peyré (Son père) Marie d’Aramitz (Sa mère) |
Il est devenu l'un des principaux personnages du roman d'Alexandre Dumas Les Trois Mousquetaires.
Famille
modifierNé à Oloron-Sainte-Marie, place du Marcadé, en 1598, Jean Armand du Peyrer est fils d'un marchand. Son père, Jean de Peyré, introduit dans la famille le nom de Trois-Villes, en 1607 : il achète, près de Sauguis-Saint-Étienne, dans la vallée basque du pays de Soule, le domaine de Trois-Villes (Eliçabia et Casamajor). Le domaine lui donne la noblesse, car, au Pays basque, elle s’attache à la terre. Il acquiert le droit de s’estimer gentilhomme et de siéger parmi les gentilshommes de la vicomté de Soule.
Biographie
modifierSes débuts
modifierEn 1616, à l'âge de dix-sept ans, Jean Armand du Peyrer renonce au négoce pour les armes et part pour Paris. Il s'y engage comme cadet-gentilhomme dans les Gardes françaises. Comme mousquetaire, Tréville prend part au siège de La Rochelle, de 1627 à 1628 ; il y est blessé. Il gagne la confiance du roi Louis XIII. Il est nommé en 1634 capitaine de la Compagnie des Mousquetaires du Roi tout juste créée. Certaines de ses recrues de 1640 viennent, directement ou indirectement, de son entourage familial, par exemple :
- Athos, un de ses cousins à la mode de Bretagne ;
- Porthos, recommandé par François de Guillon, seigneur des Essarts, beau-frère de Tréville, qui n'a pas de lien direct de parenté avec les autres ;
- Henri d'Aramitz ou d'Aramits, modèle d'Aramis, un de ses cousins germains.
Mariage
modifierIl se marie avec Anne de Guillon des Essarts, le . Il reçoit une dot de 90 000 livres ; elle lui permet d'acquérir la baronnie de Montory (Pays basque) et les droits de justice en Soule que le Trésor avait mis en adjudication. Cette acquisition va contrarier les États de Soule, et entraîneront l'affaire Matalas).
De cette union, naîtront deux fils : Armand Jean et Joseph Henry.
De Richelieu à Mazarin
modifierEn 1642, éclate l’affaire de Cinq-Mars et François-Auguste de Thou. Louis XIII n’aimait pas Richelieu mais ne pouvait s’en passer. Tréville partageait cette aversion. Cinq-Mars, qui complotait contre Richelieu, vient sonder Tréville. Celui-ci lui répond qu’il n'a jamais assassiné personne, mais que si le roi l'ordonne, il obéira.
Richelieu découvre le complot et fait exécuter Cinq-Mars et de Thou. Il n’a pu impliquer Tréville, mais exige son exil immédiat. Le roi cède.
Le , Richelieu meurt. Le roi rappelle Tréville et lui rend le commandement de la compagnie des mousquetaires. Le , Louis XIII meurt.
Tréville perd son protecteur. Anne d’Autriche, régente, le récompense en érigeant, en 1643, la seigneurie de Trois-Villes en comté. Les lettres d'érection donnent la liste de tous les conflits et fronts où Tréville a été engagé : La Rochelle, Caen, Saint-Jean-d'Angély, Clérac, Montauban, Privas, Alès, Le Pas de Suze, Corbie, Arras, Nancy, la campagne du Roussillon avec la prise de Perpignan et Collioure.
Entre lui et le nouveau ministre Mazarin, une sourde animosité s'installe. Mazarin voudrait attribuer à son neveu Mancini la charge de capitaine qu'occupe Tréville. Ce dernier refuse de céder. En 1646, le ministre fait dissoudre la Compagnie des Mousquetaires du Roi.
Fin de carrière
modifierLa carrière militaire de Tréville est terminée, il n’a pas quarante-sept ans, il se consacre à son domaine basque et finit par accepter le poste de gouverneur du pays de Foix. Il est aussi nommé (mais non reçu) chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit en 1658. Il fait édifier de 1660 à 1663 le château d'Eliçabéa à Trois-Villes, où il meurt en 1672.
Tréville laissa deux fils, tous deux morts sans postérité[1].
- Statue à Oloron Sainte-Marie
- Statue de Tréville à Oloron sculptée par Francis Clertan
- Le château d'Eliçabéa à Trois-Villes
Postérité
modifierLe parc d'activités de Tréville, situé sur les communes de Bondoufle, Vert-le-Grand et Plessis-Paté, abrite l'ensemble des directions des dix enseignes du groupe Intermarché. Ce groupe est issu du groupement Les Mousquetaires ; il porte ce nom à la fois en rapport avec le nom du groupement principal, et en l'honneur de du Peyrer.
Cinéma et télévision
modifierLe rôle de Tréville a été successivement interprété par :
- Maxime Desjardins dans Les Trois Mousquetaires (1921) ;
- Harry Baur dans Les Trois Mousquetaires (1932) ;
- Lumsden Hare dans Les Trois Mousquetaires (1935) ;
- Reginald Owen dans Les Trois Mousquetaires (1948) ;
- Félix Oudart dans Les Trois Mousquetaires (1953) ;
- Edmond Beauchamp dans Les Trois Mousquetaires (1959, téléfilm) ;
- Henri Nassiet dans Les Trois Mousquetaires (1961) ;
- Georges Wilson dans Les Trois Mousquetaires (1973) ;
- Lev Dourov dans D'Artagnan et les Trois Mousquetaires (1978) ;
- Hugo Speer dans Les Mousquetaires (The Musketeers) adapté pour la BBC par Adrian Hodges (en) (2014-2016) ;
- Marc Barbé dans le diptyque Les Trois Mousquetaires : D'Artagnan et Les Trois Mousquetaires : Milady (2023) de Martin Bourboulon.
Notes et références
modifier- ↑ Joseph Miqueu, Le Béarn des mousquetaires et des soldats du roi, Navarrenx, Cercle Historique de l'Arribère, , 185 p. (ISBN 978-2-918404-09-5).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Joseph Miqueu, Le Comte de Tréville, capitaine des Mousquetaires, Cercle Historique de l'Arribère, 172 p. (ISBN 9782918404163)
- (en) Esther Bell, C D Dickerson, III, Kimbell Art Museum, Fine Arts Museums of San Francisco et Musée du Louvre-Lens, The Brothers Le Nain : painters of seventeenth-century France (catalogue d'exposition) (ISBN 978-0-300-21888-6, OCLC 926820871).