Jean-Baptiste Fabre
Jean-Baptiste Fabre, né le à Sommières (actuel département du Gard) et mort le à Celleneuve (aujourd'hui quartier de Montpellier dans l'Hérault), est un homme d'Église français du XVIIIe siècle, écrivain de langue française et de langue d'oc, auteur notamment du conte burlesque philosophique Istòria de Joan-l’an-pres.
Joan Batista Fabre
| Nom de naissance | Jean-Baptiste Castor Fabre |
|---|---|
| Naissance |
Sommières (Languedoc, |
| Décès | (à 55 ans) |
| Activité principale |
Prêtre, professeur, écrivain |
| Langue d’écriture | occitan (languedocien oriental), français |
|---|
Œuvres principales
Istòria de Joan-l’an-pres, Lo sermon de Mossur Sistre, L'opéra d'Aubais, Le Siège de Caderousse, Lo tresòr de la Substaciacion, L'Odissea travestida
Fils d'un maître d'école de Sommières, il fait des études secondaires au collège jésuite de Montpellier, puis au séminaire de Nîmes.
Ordonné prêtre en 1752, il est ensuite vicaire puis curé dans différentes paroisses de la province de Languedoc, avec une courte période comme professeur au collège de Montpellier (1762-1765) après avoir obtenu un doctorat à l'université de Montpellier.
Biographie
modifierOrigines familiales et formation
modifierSon père est régent d'école primaire au service de la municipalité de Sommières, sa mère s'occupe de l'école des filles.[réf. nécessaire]
N'étant pas l'ainé[réf. nécessaire], il est tonsuré à 12 ans, puis est élève du collège jésuite de Montpellier (actuel lycée Joffre) de 1745 à 1751. Il part ensuite au séminaire de Nîmes où il est ordonné prêtre en 1752.
Carrière
modifierIl commence en 1753 comme vicaire de la paroisse d'Aubais (actuel département du Gard), dans la Vaunage, à environ 6 km au sud-est de Sommières. C'est là qu'il conçoit (sans les rédiger) L'Opéra d'Aubais et son œuvre la plus connue, Istòria de Joan-l’an-pres (première version), littéralement « Histoire de Jean-l'ont-pris »).
En 1755, il devient curé de Vic-la-Gardiole et en 1756 de Castelnau-le-Lez deux paroisses proches de Montpellier[1] (actuel département de l'Hérault). C'est là qu'il rédige Istoria de Joan-l'an-pres et Le Trésor de la substantiation.
Profitant de la proximité de l'université de Montpellier, il soutient une thèse de philosophie[réf. nécessaire] qui lui permet de devenir professeur de rhétorique au collège royal de cette ville (à partir de 1762). Mais il trouve l'ambiance mauvaise (c'est l'époque de l'expulsion des jésuites de 1764) et obtient en 1765 la cure du Crès (aujourd'hui commune de l'unité urbaine de Montpellier). C'est là qu'il écrit la seconde version de Jan l'an prés, ainsi que Le Sermon de Monsieur Sistre.
En 1769, il devient curé de Saint-Michel de Montels[réf. nécessaire][2], puis de Cournonterral (à 20 km à l'ouest de Montpellier) à partir de 1773. Il y écrit Le siège de Caderousse.
Il devient curé prieur[réf. nécessaire] de Celleneuve en 1780.
Mort et funérailles
modifierMort le , il est inhumé le dans l'église Sainte-Croix de Celleneuve.
Œuvre
modifierEn français
modifierSon œuvre en français, en grande partie inédite, est consacrée à la poésie classique, aux contes et à la polémique.
En langue d'oc
modifierIl se révèle comme un très grand écrivain[réf. nécessaire] par son œuvre en occitan, précisément en dialecte languedocien oriental, beaucoup plus libre et inventive[réf. nécessaire]. D'abord conçus pour amuser les notables, nobles ou ecclésiastiques, qu'il fréquente, ses livres ont connu un grand succès populaire[réf. nécessaire] au XIXe siècle.
Il a aussi traduit en occitan les grands poètes de l'Antiquité classique comme Homère, Virgile, Horace, Martial ou Ovide.
Éditions récentes
modifier- Histoira dé Jean l'an prés (seconde version originale), Montpellier, Centre régional de documentation pédagogique (CRDP), 1988
- Lo sèti de Cadarossa, Buoux (Vaucluse), Edicions Occitanas, , 23 p.
- Lou Siégé dé Cadarôussa, Le siège de Caderousse, avant-propos de Philippe Gardy, biographie illustrée, documents, 208 p., Montfaucon (Gard), A l'asard Bautezar !, 2023 (ISBN 9791094199213)
- Histoira dé Jean l'an prés, Histoire de Jean-l'ont-pris, présentation, traduction, notes de Claire Torreilles et Philippe Gardy, , illustrations, 160 p., Montfaucon, A l'asard Bautezar !, 2023 (ISBN 9791094199220)
Citations
modifier« M'avièt crompat un libre de quatre sòus per anar a l'escòla. Lo mèstre me balhèt una talòcha lo premièr jorn, e ieu te changere mon libre per un bòn talhon d'aubergina, e l'i tornere pas pus. Cependant, coma ma grand volièt que l'i anèsse, passave per obeissènça vers aquel ròdon, l'i fasièi una, dòs e jusqu'à tres cambirolats davant la pòrta, e m'anave regalar dins la campanha, onte aprenguere tot ce que de gents coma nautres an beson de saupre. »
« Elle m'avait acheté un livre de quatre sous pour aller à l'école. Le maître me donna une gifle le premier jour : j'échangeai aussitôt mon livre contre une belle tranche d'aubergine, et je n'y remis plus jamais les pieds. Néanmoins, comme ma grand-mère voulait que j'y aille, je passais par obéissance tout à côté, je faisais une, deux ou même trois pirouettes devant la porte, puis je partais me régaler dans la campagne, où j'ai appris tout ce que des gens comme nous ont besoin de savoir. »
Notes et références
modifier- ↑ Vic-la-Gardiole est à une douzaine de kilomètres au sud-ouest de Montpellier, non loin de Frontignan. Castelnau-le-Lez est au nord-est de Montpellier et fait partie de son unité urbaine.
- ↑ Aucune localité de ce nom : il existe dans l'Hérault une commune de Saint-Michel et une commune de Montels, mais elles ne sont pas très proches.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifierCertaines références le nomment « Favre » (forme retenue par la Bibliothèque nationale de France, notice « Favre, Jean-Baptiste ») au lieu de « Fabre ».
- François Pic, « Essai de bibliographie de l'œuvre imprimée de l'abbé Jean Baptiste Castor Fabre », Revue des Langues Romanes, , pp. 251-299 (lire en ligne)
- Marcel Coulon, Un bel écrivain inconnu L'abbé Favre 1725-1783, Montpellier, François Dezeuze (27, rue de l'Aiguillerie), 1927
- « Fabre (Jean-Baptiste) », dans Ivan Gaussen (préf. André Chamson), Poètes et prosateurs du Gard en langue d'oc depuis les troubadours jusqu'à nos jours, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Amis de la langue d'oc », (BNF 33021783), p. 66-68.
- Emmanuel Le Roy Ladurie, L'Argent, l'amour et la mort en pays d'oc, avec une des deux versions originales de « Jean-l'ont-pris »), Paris, Le Seuil, 1980.
- René André (abbé), Un grand écrivain sommiérois, l'abbé Jean-Baptiste Favre (1727-1783), Nîmes, Lecour, 1987, Notice BnF
- Catherine Bernié-Boissard, Michel Boissard et Serge Velay, Petit Dictionnaire des écrivains du Gard, Nîmes, Alcide, , 255 p. (ISBN 978-2-917743-07-2, présentation en ligne), p. 66-67
- Danielle Bertrand-Fabre, « Un écrivain sommiérois à redécouvrir : l'abbé Jean-Baptiste Fabre (1727-1783) », Sommières et son histoire, no 21, (lire en ligne)
Liens externes
modifier- « L'abbé Jean-Baptiste Fabre » sur le site de la mairie de Castelnau-le-Lez

- « Joan-Batista Favre presentat per ... Xavièr Asemà e Joan Roqueta » (Jean-Baptiste Fabre présenté par ... Xavier Asema et Jean Rouquette] sur le site jfbrun.eu (textes, en français, sans doute issus d'un numéro spécial de la revue Les cahiers de Saint-Guilhem, Hors série n° 2, « 1783-1983 Hommage à l'abbé J.-B. Fabre »
- « Fabre, Jean-Baptiste » sur le site AutorÒc 16-18 (bibliographie sur l'abbé Fabre et références bibliographiques des éditions de ses œuvres des origines à 2023)
Ressources institutionnelles
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