Jean-Baptiste Gobel

homme politique français

Jean-Baptiste Gobel, né le à Thann (intendance d'Alsace, actuel département du Haut-Rhin)[1], mort guillotiné le 24 germinal an II (le ) à Paris[2], est un prélat, évêque auxiliaire de Bâle en 1771 puis évêque constitutionnel de la Seine pendant la Révolution française.

Jean-Baptiste Gobel
Fonctions
Évêque titulaire de Lydda
à partir du
Évêque auxiliaire de Bâle
à partir du
Député français
Évêque constitutionnel
Vicaire général de Bâle
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Ordre religieux
Consécrateur
Joseph-Nicolas de Montenach (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Jean-Baptiste Gobel est issu d'une famille de la bourgeoisie de robe. Son père, François Joseph Gobel, est conseiller au conseil souverain d’Alsace[3].

Après de brillantes études à Porrentruy puis chez les Jésuites à Colmar, Jean-Baptiste Gobel achève ses études au collège germanique de Rome, en .

Ordonné prêtre en , il va rapidement gravir les échelons de la hiérarchie grâce à sa capacité de travail, son érudition et son sens des rapports humains. En , à 44 ans, le prince-évêque de Bâle, Simon Nicolas de Montjoie d'Hirsingue, le nomme évêque auxiliaire avec le titre d’évêque in partibus de Lydda. Vivant au-dessus de ses moyens, il a grand besoin d’argent[4]. En , le nouveau prince-évêque, Joseph Sigismond de Roggenbach, le relève de ses charges administratives et lucratives ce qui va pousser Gobel, vers les idées « réformistes ».

Il est élu député aux États généraux de 1789 par le clergé du bailliage de Belfort et Huningue. Il participe à la rédaction de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, étant co-auteur, avec Boniface de Castellane, de l'article 10 sur la liberté d'opinion.

Le , il est le premier évêque à prêter serment à la Constitution civile du clergé, en faveur de laquelle il s'était déclaré dès le . Sa popularité est telle qu'il est élu évêque dans plusieurs diocèses. Il choisit celui de la Seine et, malgré les difficultés qu'il rencontre pour prendre possession de son siège, il est sacré le par huit évêques, dont Talleyrand. Jean-Marie Jacob, élu évêque des Côtes-du-Nord en , reçoit la consécration épiscopale de ses mains, le , à Notre-Dame de Paris.

« Qui rit vendredi, dimanche pleurera. Dernière procession constitutionnelle pour l'enterrement du serment civique qui se fera le ___ 1792. »
Caricature de 1792 représentant Jean-Baptiste Gobel à la tête d'une procession de membres du clergé affublés de longs nez avec à l'arrière un diable portant une bière emplis de serments civiques. La scène évoque le massacre des prêtres réfractaires en septembre 1792.

Membre actif du Club des jacobins, il fait étalage d'anticléricalisme (il se déclare notamment opposé au célibat des prêtres). Il pousse le gouvernement à occuper l’évêché de Bâle. La France, prétextant la présence des Autrichiens, envahit l'évêché le . Gobel se fait nommer commissaire civil au pays de Bâle où il sera accusé d'avoir abusé de son pouvoir.

Le 17 brumaire an II (7 novembre 1793), accompagné de Pierre-Gaspard Chaumette, de Jean-Nicolas Pache et d' Antoine-François Momoro, Jean-Baptiste Gobel se présente à la tribune de la Convention nationale et abdique solennellement ses fonctions ecclésiastiques. Il coiffe le bonnet phrygien et reçoit l'accolade du président de la Convention, Moyse Bayle (député des Bouches-du-Rhône)[5].

Les disciples de Jacques-René Hébert, dans la ligne de leur politique antichrétienne, veulent marquer les esprits avec la démission de l'évêque de Paris. Du coup, Robespierre, le rival d'Hébert, considère Gobel comme un athée, bien que celui-ci n'ait jamais professé l'athéisme.

Robespierre estime cependant que le culte déiste de l'Être Suprême est menacé par l'opposition des hébertistes athées, et Gobel est condamné à mort et guillotiné avec Chaumette le .

François-Joseph Lothringer, son ancien vicaire épiscopal, écrit dans sa lettre de rétractation publiée dans Les Annales catholiques au tome III, Paris 1797[6] :

« Gobel a voulu cependant expier, autant qu'il a été en lui, sa criminelle conduite, avant de mourir, et je serais coupable de ne pas faire connaître son dernier acte de religion.

Gobel ne pouvant être approché, à la Conciergerie, par aucun ministre de la religion, m'envoya par une main inconnue sa confession écrite de sa main, et voici ce qu'il me marque :

« Mon cher abbé, je suis à la veille de ma mort ; je vous envoie ma confession par écrit ; dans peu de jours je vais expier, par la miséricorde de Dieu, tous mes crimes et mes scandales contre sa sainte religion.

J'ai toujours applaudi dans mon cœur à vos principes. Pardon, cher abbé, si je vous ai induit en erreur. Je vous prie de ne me point refuser les derniers secours de votre ministère, en vous transportant à la porte de la Conciergerie, sans vous compromettre, et à ma sortie me donner l'absolution de mes péchés, sans oublier le préambule, ab omni vinculo excommunicationis[7]. Adieu, mon cher abbé, priez Dieu pour mon âme, à ce qu'elle trouve miséricorde devant lui. »

 J. B. J., évêque de Lydda

 »

Les Annales font remarquer qu'en signant : « évêque de Lydda » et non « archevêque de Paris » il reconnaît qu'il n'avait pas droit à ce dernier titre et s'il demande à être relevé de son excommunication, il reconnaît par là l'autorité du pape qui l'avait fulminée contre lui.

Notes et références

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  1. Archives d'Alsace, « Registre paroissial de Thann, baptêmes mariages et sépulture de 1720 à 1736, vue 95 / 224, EDEPOT/309 » Accès libre, sur https://archives68.alsace.eu (consulté le )
  2. Archives de Paris, « État civil reconstitué, actes de décès du 13 au 14 avril 1794, vue 21 / 50, 5Mi1 1133 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  3. Archives nationales de France. Salle de lecture virtuelle, « Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d'office : années 1727, 1728 et 1729 » Accès libre, sur https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  4. « L'origine des dettes de Gobel évêque suffragant de Bâle », Archives de l'Église d'Alsace, 1989, vol. 48, p. 56-74.
  5. Barbier, Gaston, Claveau, Louis, Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 78, séance du 17 brumaire an II (7 novembre 1793) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  6. Élisabeth Liris et Jean-Maurice Bizière, La Révolution et la mort, Toulouse, Presses Univ. du Mirail, 1991, p. 94.
  7. [Je vous absous] de tout lien d'excommunication.

Voir aussi

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Sources primaires

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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